Pour une juste cause

En février 1943, le mot « Stalingrad » fait le tour du monde : ce mot aux sonorités tranchantes, où une oreille russe perçoit non seulement le nom de Staline, mais ce qui constitue la base de ce nom, « stal », l’acier, deviendra le symbole de la citadelle sur laquelle s’est brisé le ras de marée allemand.
C’est à cette époque, immédiatement après les combats auxquels il a assisté en tant que correspondant de L’étoile rouge et dont il a rendu compte dans ses chroniques, que Vassili Grossman entreprend sa fresque monumentale, Pour une juste cause, dont la seconde partie, déjà connue du lecteur français, portera le titre Vie et Destin. Pour une juste cause dévoile une réalité profonde des années de guerre : la liberté inaliénable, indestructible de l’être. Cette liberté transcende la vie et la mort, réveille une image intérieure qui est au-delà des contingences.