Aristote au Mont-Saint-Michel

on considère généralement que l'occident a découvert le savoir grec au moyen âge, grâce aux traductions arabes. sylvain gouguenheim bat en brèche une telle idée en montrant que l'europe a toujours maintenu ses contacts avec le monde grec. le mont-saint-michel, notamment, constitue le centre d'un actif travail de traduction des textes d'aristote en particulier, dès le xiie siècle.
On découvre dans le même temps que, de l'autre côté de la méditerranée, l'hellénisation du monde islamique, plus limitée que ce que l'on croit, fut surtout le fait des arabes chrétiens. même le domaine de la philosophie islamique (avicenne, averroès) resta en partie étranger à l'esprit grec.
Ainsi, il apparaît que l'hellénisation de l'europe chrétienne fut avant tout le fruit de la volonté des européens eux-mêmes. si le terme de « racines » a un sens pour les civilisations, les racines du monde européen sont donc grecques, celles du monde islamique ne le sont pas.
Cher Éditeur, bien que ton ignorance soit universelle et confirmée par le présent pape, il est toujours vrai que la pensée helléniste n'a été connu en Europe et mème dans l'empire contrôlé par Byzance, que suite à l'Âge d'or de l'Islam qui a fait revivre les textes et la pensée helléniste de la Syrie à Samarkand, et à l'ouest du Magreb à l'El Andalus. Et pour le Mont Saint-Michel, c'est encore plus clair, car c'est un transfert direct de Jérusalem par des croisés des deux premières croisades.
Ayant des ancêtres bretons, je me suis fort intéressé à leurs monuments relié aux premièrs croisades et leurs influences.
Mais ce que je ne comprends pas est le blocage européen sur ce que furent les conséquences de l'avènement du christianisme devenant la religion d'État, par diktat de Constantin, l'empereur romain. Il établissait le pape à Rome, lui à Byzance. Dans tout l'empire, à l'Est comme à l'Ouest, l'hellénisme et même la langue grecque étaient bannis. Les bibliothèques sont brulées les philosophes chassés. Les syriaques, résistant et voulant défendre l'hellénisme, doivent s'enfocer dans les steppes, les déserts ou les montagnes. C'est l'essor de leur nouvelle religion qui permettra aux arabes, dans leur soif de comprendre le monde, qui feront revivre les trésors de l'hellénisme. Et ce n'est qu'après l'an mille qu'un empereur de byzance pourra se réclamer de l'hellénisme de l'Antiquité grecque, Les chrétiens de Byzance qui rapportaient ce savoir, permettant de déchiffrer des textes sauvés des flammes chrétiennes, revenaient de Samarkand, de Bagdad, de Syrie, de Jérusalem...
Le temps n'est jamais immobile. Lorsqu'on parle d'Avicennes ou d'Averroès, déjà le monde Arabe et l'Islam sont en pleine décadence. Mais, malgré votre incompréhension typique d'européen chauvin et borné, il faut reconnaître qu'en 250 ans, à l'apogée de son Âge d'Or un petit peuple de berger et de marchand itinérants on créé une civilisation grandiose alimenté par les civilisations de trois continents.
Et vous ne pouvez ré-écrire le passé. Le maître était arabe et l'élève fut européen, français ou ... grec (l'enfant prodigue ayant renié ses propres ancêtres)