Rio de Janeiro, la ville métisse

Textes de Luiz Felipe de Alencastro, Serge Gruzinski & Tierno Monénembo réunis et présentés par Patrick Straumann.
Le livre est conçu autour d’une réédition d’une partie de l’œuvre du peintre français Jean Baptiste Debret - les lithographies du Voyage Pittoresque et Historique au Brésil (1816-1831) illustrant la ville de Rio de Janeiro - en mettant l’accent sur sa valeur de source historique sur la naissance de la nation brésilienne : comment Debret a-t-il saisi cette nation en devenir, comment s’est-elle représentée ?
La qualité esthétique du travail de Debret est considérable. Il est incontestable, en revanche, que son œuvre, en ce qu’elle révèle aujourd’hui de son époque, joue un rôle fondamental dans l’histoire du Brésil.
Ses dessins illustrent une ville en pleine mutation, à la fois électrisée par l’installation récente de la Cour Portugaise qui en fit la capitale de son Empire et imprégnée de sa spécificité culturelle et historique, qui finira par amener le Brésil, en 1822, à proclamer l’Indépendance.
En tant qu’étranger, sa perception lui permet de révéler des aspects de la société que le regard brésilien néglige, ignore, nie. Animé par une préoccupation de documentaliste, peu d’aspects de la ville de Rio de Janeiro échappent à son sens de l’observation. Debret capte comme personne la dynamique sociale typique de la capitale en pleine évolution politique. Ainsi, les activités des noirs et des esclaves de la région reçoivent dans ses travaux une dimension particulière.
Les illustrations sont accompagnées d’extraits de commentaires très pertinents de Debret sur ses illustrations et de trois textes d’auteurs contemporains que nous avons invités à réagir à ce formidable témoignage historique : un historien, un écrivain et un anthropologue, originaires respectivement du Brésil, d’une nation africaine et de France, prolongent la vision de Debret.
Leurs regards croisés témoignent de l’actualité de l’œuvre de cet artiste et sont autant de réactions contemporaines à ce moment unique où, à peine sortie de la nuit coloniale, une nation cherche déjà à se doter d’une image propre.