Le destin des images

Les cinq textes ici réunis ont en commun de poser des questions.
Les interrogations des quelques lignes qui précèdent ouvrent l’essai-conférence qui donne son titre au livre : Le destin des images. Dans La phrase, l’image, l’histoire, ce sont les Histoire(s) du Cinéma de Godard qui servent à questionner la relation entre la puissance des mots et celle du visible. La peinture dans le texte déplace le terrain du jeu : « “ Trop de mots.” Le diagnostic se répète dans tous les lieux où l’on dénonce soit la crise de l’art, soit son asservissement au discours esthétique : trop de mots sur la peinture, trop de mots qui commentent et dévorent sa pratique, habillent et transfigurent le “n’importe quoi” qu’elle est devenue ou se substituent à elle dans les livres, les catalogues et les rapports officiels, jusqu’à gagner les surfaces mêmes où elle s’exposait et où, sa place, s’écrit la pure affirmation de son concept, l’auto-dénonciation de son imposture ou le constat de sa fin. Je n’ai pas l’intention de répondre à ces assertions sur leur terrain. Je voudrais plutôt m’interroger sur la configuration de ce terrain et sur la manière dont les données du problème y sont disposées. » Les ambivalences du graphisme est entièrement construit sur une étrange question en forme de devinette : « Quelle ressemblance y-a-t-il entre Stéphane Mallarmé, poète français écrivant en 1897 Un coup de dés jamais n’abolira le hasard , et Peter Behrens, architecte, ingénieur, designer allemand qui, dix ans plus tard, s’occupe de dessiner les produits, les publicités et même les bâtiments de la compagnie d’électricité AEG ? » Enfin, S’il y a de l’irreprésentable s’ouvre sur la question ébauchée par le titre même : « La question posée par mon titre n’appelle évidemment pas de réponse par oui ou par non, elle porte bien plutôt sur le si : quelles conditions peut-on déclarer irreprésentables certains événements ? À quelles conditions peut-on donner à cet irreprésentable une figure conceptuelle spécifique ? Bien sûr, cette investigation n’est pas neutre. » On l’aura compris-et les lecteurs de Rancière s’en doutaient déjà - aucune des investigations qui composent ce livre n’est neutre.