Vienne et moi

Présentation de l'éditeur
Günter Brus, co-fondateur de l’Actionnisme viennois, compte parmi les artistes autrichiens les plus reconnus. Toutefois, il suffit de lire Vienne et moi pour se persuader qu’il n’en a pas toujours été ainsi.
Dans cette autobiographie aux allures de roman picaresque, l’auteur apparaît comme un jeune peintre qui tire le diable par la queue, cherchant vainement la reconnaissance auprès de la société viennoise. Ce récit morcelé, où le regard acerbe et les calembours le disputent à l’onirisme, est aussi un chant d’amour à sa femme Ana. Au-delà de son propre parcours, l’auteur retrace celui de toute une génération d’artistes, à qui la vieille Autriche opposera ses résistances. Cette Vienne, décor d’opérette où les vieux fantômes du nazisme errent encore, ne lui pardonnera pas d’avoir déplacé la pratique artistique de l’atelier à la rue et osé remplacer la toile par son propre corps. Mais, même face aux tracasseries judiciaires dont il sera l’objet et qui finiront par le conduire d’abord en prison puis en exil, Günter Brus ne se départit jamais de son esprit facétieux.
Günter Brus
Günter Brus est né en 1938 à Ardning en Autriche et vit à Graz. Mondialement connu pour son rôle dans l’Actionnisme Viennois de 1964 à 1971, Günter Brus est un artiste aux multiples facettes qui n’hésite pas à passer d’un moyen d’expression à un autre, une fois explorées les possibilités du premier. Parvenu dans ses actions jusqu’à ses propres limites physiques et psychiques – sa dernière action « Zerreißprobe », « Tentative d’auto-déchirement », a failli lui coûter la vie –, Günter Brus revient au dessin et à la peinture à partir de 1971 en créant un genre nouveau, les « Bild-Dichtungen » ou « images-poèmes », dans lequel il s’emploie à repousser, là encore, les limites de l’imaginaire. Les quelque 60 000 dessins qu’il compte depuis lors à son actif ont ainsi été exposés dans le monde entier. L’État autrichien, qui en 1968 l’avait condamné à la prison à la suite de l’action jugée scandaleuse « Kunst und Revolution », lui a rendu hommage en 1996 en lui décernant le « Grosser Österreichischer Staatspreis ». Puis, en 2004, c’est le Prix Kokoschka, la plus haute distinction artistique autrichienne, qui est venu consacrer son oeuvre. Or, s’il est un aspect de Brus que le public connaît encore mal, c’est bien son oeuvre littéraire, pourtant aussi riche et aussi excessive que ses actions ou ses images-poèmes. S’employant à combler cette lacune, les Éditions Absalon ont publié, en 2007, la première traduction française (et mondiale) de son recueil de proses brèves, qualifiées par lui de « nouvelles bonzaïs », Amor & Furor (trad. Catherine Henry). Après Vienne et moi (trad. Jacques Lajarrige), c’est le recueil d’aphorismes et de « poésies théoriques » Nach uns die Malflut ! (titre français non arrêté) qui paraîtra en 2010.
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