



« bolo’bolo est une modeste proposition pour un nouvel arrangement sur notre vaisseau spatial après la disparition de la Machine-Travail planétaire. Bien que bolo’bolo ait débuté comme un simple recueil de désirs, nombre de réflexions sur la possibilité de réalisation de ces désirs se sont ensuite accumulées autour de lui. bolo’bolo peut être réalisé à l’échelle mondiale en cinq ans si nous commençons maintenant. »
Nous nous trouvons aujourd’hui devant une situation paradoxale : d’un côté le capitalisme (ou l’’économie’, qui n’a jamais été que capitaliste) semble parvenu à son terme ; de l’autre, il semble qu’il n’y ait pas réellement d’alternative à lui opposer (qui soit autre chose que son prolongement sous un autre nom, comme le furent les différentes formes de ’socialismes’ au cours de ce siècle). Ceux qui s’attachent à faire l’inventaire des contradictions et des ravages du capitalisme sont obstinément muets sur ce que pourrait être son ’lendemain’, comme si la guérison les effrayait plus que le mal lui-même. Le bilan du système est catastrophique : 35.000 enfants meurent chaque jour des suites des maladies causées par la pauvreté, la part du revenu du cinquième de la population la plus pauvre de la planète est passée de 4 à 1 % entre 1960 et 1990, 389 milliardaires gagnent autant que la moitié du reste des habitants de cette planète, la misère liée au chômage, l’exclusion, la vie dans les favelas, les banlieues, les slums, etc. Mais, aussi bizarre que cela puisse paraître, le système n’est pas plus à l’avantage de la minorité qui est ’dedans’, qui ’travaille’ et qui ’profite’ de la civilisation occidentale, que de la grande majorité qui s’en trouve exclue, marginalisée, en attente d’un accès légal ou illégal au ’paradis’.
Tandis que les uns sont tués peu à peu par des rythmes de travail de plus en plus insupportables, les autres sombrent dans un vide social, dans une situation exaspérante de recherche d’emplois précaires, d’espoirs déçus, de doutes. À la misère sociale s’ajoute la destruction écologique, du fait que nous utilisons six fois plus de ressources que ne peut le supporter la Terre. Nous avons déjà largement entamé le capital de notre planète et la soudaine généralisation du mode de vie occidental provoquerait une catastrophe écologique quasi immédiate. Or, il ne fait pas de doute que nous sommes en route vers cette ’croissance’.
Parution en 1998, ISBN : 2-84162-0028-x, 216 pages.

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