



Un volume de 192 pages, format 12 x 17
isbn 2-912667-19-4
[Il existe un tirage de tête : 45 exemplaires sur vergé gris de Rives à 50 euros. Contacter directement l’éditeur.]
Pour ainsi dire est un ultime volume de Papiers collés. Toute la manière de Perros est là, notes, aphorismes, textes courts ; ses thèmes de prédilection aussi : l’amitié, l’incommunicabilité, le théâtre, l’écriture...
La structure même du volume est identique à celle des trois premiers opus de papiers collés :
la première partie, la plus longue, est constituée de notes et d’aphorismes ;
la seconde regroupe des comptes rendus de livres sous le titre « Lectures » (Le livre de Monelle de Marcel Schwob, L’œil clair de Jules Renard, Passe-temps de Léautaud, la correspondance de Valéry, etc.) ;
la troisième partie, « Portraits », est constituée de textes sur Michel Butor, Jean Paulhan, Brice Parain, Albert Camus, etc. ;
une préface à un livre sur Douarnenez, un compte rendu de match de football et le journal tenu par Perros lors de son voyage au Caire en 1950 constituent la partie « Textes » ;
une dernière partie, absente des précédents Papiers collés, rassemble sous le titre « Propos », des interviews de Georges Perros (par les élèves du lycée de Douarnenez par exemple), ou des réponses à des enquêtes (sur la notion “d’avant-garde” ou les liens unissant l’écrivain à la société).
Tous ces textes étaient inédits ou très peu connus, leur publication fait de Pour ainsi dire un des plus importants livres posthumes de Georges Perros.
Cette note, prise pas tout à fait au hasard, donne le ton :
Tout ce que j’écris serait ridiculisé s’il m’arrivait de créer une œuvre digne de ce nom. Il est assez étonnant que quelques hommes me lisent et me le fassent savoir. Mais aussi pourquoi ne jetai-je pas au panier toutes ces « envies » ? Il est sûr qu’un homme qui aurait l’imprudence de publier des notes qu’il a prises en vue d’un roman, les notes de chantier, perdrait toute envie d’écrire ce roman. Combien d’écrivains s’interdisent de parler, si peu que ce soit, de leur travail en train ! D’où tout ce que j’écris n’aurait de véritable sens que si on en trouvait l’amas après ma mort. Cette suite de manques à gagner, de velléités, de promesses mal tenues, d’ébauches, il y a certainement là un défaut d’honnêteté, une mauvaise coquetterie, que ceux qui me publient reconnaissent, mais en pensant qu’il faut de tout pour faire un monde littéraire. Tous les genres. Or, en l’occurrence, le genre consiste à n’en avoir aucun. Chaque fois que je suis pris d’écriture, je suis persuadé que c’est la dernière fois. Que je vais enfin me foutre la paix. Il y a près de trente ans que dure ce cruel manège. Cruel parce que tout se fait trop vite pour que j’en profite. J’écris comme on change de gare, le feu au cul. Ce qui fait que j’arrive toujours soit en retard, soit en avance. Mais pas le temps d’attendre non plus.
« Pour ainsi dire » est un ultime volume de « Papiers collés » où l’on retrouve le meilleur de Georges Perros. [...]
Georges Perros, ce lyrique retenu, ce tendre pudique, ce bavard empêché, cet humoriste résigné, ne voulait pas faire une œuvre. Il disait de ses livres que c’étaient des valises à ouvrir après sa mort. On y trouverait des galets de sa plage, des photos de marins, des partitions de Schubert, des bougies de moto, des pipes, des fragments de mémoire, des ébauches de dessins, des palimpsestes, des regrets, des illusions perdues et beaucoup d’humanité. Dans « Pour ainsi dire », il y a en plus le vent salé.
Jérôme Garcin, Le nouvel Observateur
Je n’ai pas connu Georges Perros. Je le regrette d’autant que je relis les livres que j’ai gardé de lui avec le sentiment qu’il a été de ceux qui ont mis le doigt sur la plaie. La plaie de la vie, notre seul bien, et que les arts, chacun à sa manière, l’écriture surtout, tente de cautériser. [...]
Il se trouve toujours un éditeur, généralement peu connu et de province, pour dénicher des inédits qui nous parlent encore et de nous et de lui.
Maurice Nadeau, La Quinzaine Littéraire
Ultime volume de “Papiers collés”, Pour ainsi dire rassemble des textes inédits. [...] « J’écris comme je me mouche. Ce n’est pas écrire. Ça fait de l’accumulation et ne devrait pas être publié », écrivait l’auteur. Finitude a fait la sourde oreille et en procure une belle édition.
J.-D. Wagneur, Libération
Une élégante édition qui n’a vraiment rien d’un fond de tiroir.
Alexandre Fillon, Lives Hebdo

Georges Perros (pseudonyme de Georges Poulot) est né et mort à Paris (31 août 1923 - 24 janvier 1978). [...] Il débute au théâtre en jouant La Célestine, et dans les lettres en participant aux premières manifestations lettristes. Un prix de comédie lui vaut d’être engagé à la Comédie- Française. Distraction ou indifférence (le rêve, alors, d’une absolue transparence), il s’y laisse oublier (1949-1950) passant le plus clair et le plus obscur de [son] temps dans une mansarde de Meudon à poursuivre le commentaire en abîme, nonchalant, éperdu d’idées, d’humeurs, de situations de lectures (Valéry, Kierkegaard), qui commencé avec les poèmes et les journaux intimes de l’adolescence, trouve dans la note sa forme privilégiée. La rencontre providentielle de Jean Grenier au Caire, lors d’une tournée, exténue le peu de goût qu’il conserve pour le métier de comédien. L’auteur des lles lui fait connaître Jean Paulhan et le milieu de la N.R.F. Dès lors, la revue publie nombre des notes qui formeront les trois tomes de Papiers collés (1960, 1973, 1978) ainsi que des vers de Poèmes bleus (1962) et d’Une vie ordinaire (1967). Lecteur au T.N.P. de Vilar puis aux éditions Gallimard, il vit, à partir de 1959, en Bretagne. Il s’y marie avec une amie russe venue l’y rejoindre. Paradoxalement, le centre de gravité de cette existence imprudente, enfin trouvé dans l’éloignement, la résistance, la pauvreté énergiquement et, autant que possible, gaiement assumée, figure alors, pour quelques intellectuels parisiens, une pensée réconfortante, un point de fuite rêvé ou de chute éventuelle - un lieu en tout cas ouvert en permanence aux vicissitudes de l’amitié. Saturant l’espace de la fumée de sa pipe et de sa moto, Georges Perros ne cesse de travailler à sa manière : écrit, dessine, chante, va ici et là ranimer les courages et défier les prétentions, est invité chaque semaine à parler de son ignorance aux facultés de Brest et de Quimper, jusqu’à ce qu’un cancer l’atteigne à la gorge ; réalisant un de ses projets d’avenir : le petit lopin de terre si durement, si paresseusement, si atrocement gagné, mon Dieu, sous les pins qui dominent la baie de Douarnenez.
Gilbert Minazzoli Dictionnaire des auteurs
Les œuvres :
Papiers collés. Gallimard, 1960.
Poèmes bleus. Gallimard, 1962.
Une vie ordinaire. Gallimard, 1967.
Papiers collés II. Gallimard, 1973.
Papiers collés III. Gallimard, 1978.
Lectures. Le temps qu’il fait, 1981.
Je suis toujours ce que je vais devenir. Calligrammes, 1982.
L’occupation et autres textes. Joseph K., 1996. (ouvrage regroupant tous les textes parus en plaquettes entre 1977 et 1992)
Lectures pour Jean Vilar. Le temps qu’il fait, 1999.
Pour ainsi dire. Finitude, 2004.
Les correspondances :
Jean Grenier/Georges Perros, Correspondance 1950-1971. Calligrammes, 1980.
Faut aimer la vie, lettres à Jean Roudaut (1968-1978). Eibel/Fanlac, 1981.
Jean Paulhan/Georges Perros, Correspondance 1953-1967. Calligrammes, 1982.
Michel Butor/Georges Perros, Correspondance 1955-1978. Ubacs, 1983, 2 volumes.
Revue Ubacs n°8/9, 1984. Contient des lettres à Henri Anger, Hervé Carn, Maxime Caron, Henri Thomas et Yves Landrein.
Bernard Noël/Georges Perros, Correspondances. Unes, 1998.
Lettres à Carl Gustaf Bjurström 1958-1976. La Part Commune, 1998.
Brice Parain/Georges Perros, Correspondance 1960-1971. Gallimard, 1998.
Lettres à Lorand Gaspar. La Part Commune, 2001.
L’Autre région, Lettres à Maxime Caron. Finitude, 2002.




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