



Traduit par Gabriel Iaculli et Gojko Lukic
Vivre est pour chacun le but primordial ; or, personne n’y parvient définitivement ; donc, nul n’existe vraiment. Ce syllogisme subversif, soufflé une nuit par le Saint-Esprit à l’oreille d’Anan, fait basculer le jeune homme dans le Néant originel, au grand découragement de ses parents. Car leur fils décide de renaître pour exister enfin et pour tout recommencer de zéro dans le monde immatériel où il expose ses théories dans un roman provocant, œuvre de sabotage où toutes les conventions du monde temporel sont niées radicalement, à commencer par le temps historique, d’où l’idée d’Anan de vivre perpétuellement le 23 juillet 1949 plutôt qu’en 1968 dans un pays communiste où règne l’omniscient parti, où les murs ont des oreilles.
En rupture avec les hommes qui préfèrent descendre du singe que de Dieu, Anan se livre au dynamitage de notre monde qui détruit toute parole vivante et réduit toute totalité en atomes, où les liens sont rompus avec les univers supérieurs, les dieux ravalés au rang des mythes. C’est qu’Anan oppose l’âme et la vie éternelle à la raison, aux matérialistes et aux esprits cartésiens, à Darwin et à Freud, ce qui lui vaut un séjour à l’asile d’aliénés. À ses yeux, l’histoire des sociétés et des cultures humaines, ainsi que l’existence individuelle, est fondée sur un tas de mensonges. Dans ce monde absurde où il est impossible de dire un seul mot - fût-ce bonjour - qui ne soit une mystification, tout est soumis à l’endoctrinement - la religion, la politique, l’organisation sociale, les valeurs -, jusqu’à la notion de père, qui n’est que « le prétexte dont se sert un homme pour coucher avec votre mère ». Quand on parle de soi, on invente, on ne dit que ce qu’on voudrait être, mais aucune motivation narcissique n’échappe à Anan, qui s’amuse à retourner tout l’être comme un doigt de gant.
Loufoque et irrévérencieux, ce roman éclaté, relation d’une crise d’adolescence mystique et métaphysique, est aussi délicieusement iconoclaste. Toutes les règles romanesques y sont battues en brèche : nul suspense dans ces pages ; tout est annoncé à l’avance, les destins sont éventés. Les personnages, conscients d’être des héros de roman, aspirent à une existence autonome, mais ils se heurtent aux malices de l’auteur qui les emboîte dans une mise en abyme, miroir au fond duquel s’agite le monde renversé, perverti, où le retournement des signes, des visages, des gestes, des lois - de l’être tout entier - aurait corrompu l’essence même des vertus, de la vérité et de l’amour. Mais une rayure a fissuré ce miroir, par où s’écoule la vie éternelle. Du coup, Anan peut revivre, et l’horizon profane de l’infidélité contemporaine s’évanouit magiquement par cette fêlure.
Né en 1953, Svestislav Basara poursuit une carrière diplomatique et est l’auteur de plusieurs romans, recueils de nouvelles et essais. Ses livres ont été traduits en anglais, en grec, en italien, en hongrois, en slovaque, en français.
Il a déjà publié en France, aux Éditions Gaïa : De bello civili, version Vitamine C (1996), Le pays maudit (1998), Histoires en disparition (2001), Phénomènes, Copie d’un manuscrit brûlé (2004).
En librairie depuis le 24 février 2005
80 pages
ISBN : 2 -922868-26-5



Lekti-ecriture.com travaille avec la librairie Clair-Obscur, librairie indépendante française.
Vous achetez vos livres au sein d'une interface sécurisée, et vous les recevez rapidement (envois effectués sous 24 à 48 heures). Vous pouvez, au choix, payer les livres commandés par Carte Bancaire, chèque, virement bancaire, ou mandat Cash. Les envois sont effectués par la librairie en France et partout dans le monde.* Les frais de port sont offerts à partir de 25 euros en France métropolitaine.
Pour tout renseignement complémentaire, contact@lekti-ecriture.com.
En savoir plus sur la librairie Clair-Obscur, les délais de livraison et disponibilités, la sécurité et la confidentialité, consulter les conditions générales de vente.