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Le Dernier Corsaire (1914-1918)
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Le Dernier Corsaire (1914-1918)

Félix De Luckner

Éditeur : La bibliothèque

Prix : 21 euros
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Héros national, assez souvent considéré comme le Nelson allemand, Félix de Luckner (1881-1966) était le capitaine d’un navire corsaire, qui coula quatorze cargos alliés entre janvier et juillet 1917. Il relate dans son ouvrage comment il coula un certain nombre de navires alliés (marchands ou non), sombra à son tour, se réfugia sur une île du Pacifique, fut fait prisonnier, puis s’évada.

Publié pour la première fois en 1927 (chez Payot), cette histoire vraie de voilier pirate à l’âge de la radio et de la navigation à moteur laisse stupéfait.

Traduit de l’allemand par Louis Berthain. Lettre d’introduction de Michèle Polac.

« Le deux août, vers neuf heures et demie du matin, au moment d’envoyer à terre le canot des permissionnaires, nous vîmes s’enfler la mer à l’horizon. Est-ce un mirage ? Mais l’énorme ondulation approche, toujours plus haute : une lame de fond, due à quelque tremblement de terre. Personne d’entre nous n’avait vu pareil phénomène, et nos officiers se disputaient sur sa nature et sur ses causes mais le danger me parut pressant : “Coupe le câble de l’ancre ; pare le moteur ; tout le monde sur le pont.” La lame approche toujours. Je répète d’une voix plus forte : “Le moteur en marche.” On pompe de l’air comprimé. En vain. [...] Il ne reste que quelques secondes pour notre salut. Nos oreilles pleines d’angoisse attendent toujours. Trop tard. La lame s’est élevée au-dessus de nos têtes, et, saisissant nos planches, les a jetées sur le récif de corail. Les mâts et le couronnement s’écroulent. Le choc a détaché des blocs de corail lourds de plusieurs quintaux et qui retombent sur le pont. La vague a passé, et les quelques planches qui représentaient l’empire allemand dans cet hémisphère gisent en morceaux sur le récif. Au moment du choc, tout le monde s’était abrité de son mieux contre les agrès pleuvant sur le pont. Le calme revenu, je regardai autur de moi : personne. Étais-je le seul sauvé ? Quelle maudite chance. Je finis pourtant par crier vers l’avant d’une voix morne : “Où êtes-vous, les gars ?” Et de l’avant m’arriva cette inoubliable réponse : “Commandant, le chêne tient encore”. Le chêne allemand ! Comme un éclair cette pensée me traversa l’esprit : le cœur bat encore. Notre petite troupe avait résisté à cette catastrophe comme notre patrie à l’assaut du monde : “Le chêne tient encore et nous ramènera à la maison” ».

Dans la presse

Si vous n’avez jamais entendu parler de Luckner, vous avez de la chance : ce livre étonnant vous tend ses pages ! Loin de l’horreur des tranchées, de cette boucherie absurde que fut la Première Guerre mondiale, Félix de Luckner (1881-1966) y a commandé un grand voilier corsaire, le Seeadler, écumant l’Atlantique puis le Pacifique, s’en prenant aux bâtiments et à leurs cargaisons, mais toujours en sauvant d’abord les équipages, et en les traitant si bien que nombre d’entre eux lui rendront hommage après le conflit. Un seul mort à déplorer parmi ses ennemis et aucun parmi ses hommes, en dépit d’aventures incroyables. À l’instar du fameux maquillage du bateau pour franchir le blocus anlgais de la mer du Nord, ou de cette traversée de 2300 milles sous les tropiques, dans une baleinière de 6 mètres, après que leur voilier a succombé à un tsunami. Paru pour la première fois en français en 1927, ce récit, souvent drôle et tendre, très bien écrit et traduit, s’écoule comme l’eau sous la carène, avec jubilation. O.C., Voiles et voiliers, mai 2006.


Parution : 20/01/2006, ISBN : 2 909688 38 0, 304 pages, format 14 x 20,5 cm, parution janvier 2006.

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