Pascal Commère
Accueil Pascal CommèreLe temps qu’il fait Pascal CommèreLittérature
La solitude des plantes
Accueil Pascal CommèreNavigation thématique Récit - Pascal CommèreLittérature française contemporaine / Récit

La solitude des plantes

Pascal Commère

Éditeur : Le temps qu’il fait

Prix : 14 euros
Achat du livre
Envoi du livre La solitude des plantes - Pascal Commère, en 24 heures
La solitude des plantes--Pascal Commère

Pascal Commère Imprimer la fiche du livre

Inscription à la lettre Lekti
Votre E-Mail :
Thématiques associées  au livre :

Littérature française contemporaine

Thématique abordée par le livreRécit

Découvrir d'autres livres :

La traversée

Laurent Girerd


Prix : 14 euros


À eux mêmes inconnus

Jean-François Bonhomme & Gilles Ortlieb


Prix : 35 euros


Sur la mort commune et haïssable

Jil Silberstein


Prix : 9,50 euros


Les Dali de Dieuzaide

Jean Dieuzaide


Prix : 25 euros


Autonomes mais prises dans un tout, les dix-huit histoires qui forment ce livre ne cessent de communiquer entre elles. Les six personnages qui les animent passent de l’une à l’autre, sortent puis reviennent. Apparaissent alors, outre la figure du père sur une photographie - emblème de l’absence -, le grand frère, la mère, le cadet, sans oublier le grand-père et sa chatte Ciboulette... Mais il y a aussi le petit vélo, Nounche, le voisin, le balai de la mère et ces foutues mouches. Toutes choses et créatures qui obsèdent, deviennent insuportables...

« Ils sont tous fous ici » affirme le narrateur. Tous, mais chacun pour soi, dans son coin. Comme si la petite folie, avec son ennui, ses manies, protégeait un temps de la grande - la vraie. Celle qui conduit le grand-père, devenu seul à son tour, dans un hôpital psychiatrique, puis à l’hospice ; muré, comme ses congénères, dans l’amnésie et le silence. Dans la solitude. La solitude des plantes...

« Je ne sais pas comment cela a commencé ; mon frère s’ennnuyait, je crois, depuis toujours. Ce n’était pas à cause de quelque chose qui lui manquait, ou parce qu’il attendait ; c’était sa façon de passer le temps. Et le temps passait.

Mes parents - mon père, ma mère, mais il y a si longtemps que je ne sais pronnoncer ces mots - ne comprenaient pas ou mal. Les autres enfants s’amusaient, s’inscrivaient à un club de sport ou de musique ; mon frère ne demandait rien, restait dans un coin. Les mots qu’il prononçait dans la journée pouvaient se compter sur les doigts d’une main. Mais mes parents ne comptaient pas, ni mon père, ni ma mère ; en tout cas, pas les mots. Ils se bornaient à penser : mais qu’est-ce qu’il a donc ? Et ils répétaient cela, pour eux-mêmes, sans en parler vraiment. On ne parlait pas beaucoup dans la famille. Dans les grandes occasions seulement, quand une décision était prise.

C’est alors qu’ils avaient décidé de s’installer ici, à la campagne. L’air pur lui ferait du bien, pensaient-ils. Il y a de l’espace surtout, beaucoup de place où l’on peut courir, sans jamais rencontrer personne... Mes parents pensaient chacun de leur côté, jamais ensemble. Ils ne mettaient pas cela en commun ; les pensées, c’était comme le linge, ça ne s’échangeait pas. À leurs yeux, la campagne était un monde où l’on peut courir, à l’abri de tout, même de l’ennui. Il suffisait de suivre un chemin, et la campagne en était pleine - c’était même cela la campagne : des chemins avec des champs et des couleurs. Jamais ces couleurs ne passaient, les saisons n’existaient pas.

Les premiers temps, mon frère disparut pendant des journées entières, personne ne sut où il allait. Ou bien il se cachait dans un coin de la cour et on ne l’entendait pas, fermait les yeux comme s’il dormait. Mais il ne dormait pas, il pensait à d’autres choses ; des choses si petites que seuls des êtres infiniment petits peuvent les approcher. Ou bien il regardait ses mains, comme si quelque chose y était écrit. Personne d’autre que lui n’y pouvait lire.

C’est alors que j’arrivai. Je ne fis pas de bruit, et je crois que personne ne me remarqua. Ni mon frère, ni mes parents. À vrai dire savaient-ils, eux (mon père, ma mère) que j’existais, et le souhaitaient-ils vraiment ? Leur attention était tout tournée vers mon frère, peut-être parce qu’eux-mêmes s’ennuyaient. Je les voyais souvent moroses, comme perdus dans un monde vide. Aucune lumière ne s’y allumait. Je lisais cela dans leurs yeux quand il m’arrivait de croiser leur regard.

Mon frère ne devait rien savoir, ne s’en souciait pas. Seul son propre ennui le retenait, et cet ennui épaississait vers le soir. Quand les premières feuilles du tilleul jaunissaient dans la cour, il plongeait dans un rêve ; un rêve qu’il poursuivait mi-éveillé dans son coin. Une fois de plus je l’apprenais par ses yeux, à cette saison ils glissaient vers le bas de son visage. Mon frère n’avait plus la force de les retenir. C’était cela, je crois, qui alertait le plus mes parents. Car ces signes ne trompaient pas, ils ne pouvaient pas ne pas les voir. »


ISBN : 2.86853.251.9, 152 pages, format 14 x 19 cm, parution 1996.

‹ Livre précédent Ι Livre suivant ›

Les autres livres de Pascal Commère

Les commis

Pascal Commère

Prix : 12 euros

D’un pays pâle et (...)

Pascal Commère

Prix : 17 euros

Le vélo de Saint-Paul

Pascal Commère

Prix : 16 euros

Consulter la fiche auteur de Pascal Commère

Les livres associés :

Lettre de Tchétchénie

Philippe Bohelay et (...)


Prix : 13 euros

Le Foulard d’Orphée

Danièle Robert


Prix : 9 euros

Paris fut

Jacques Audiberti


Prix : 22 euros

Rêves de femmes

Textes de Pierre Bourgead


Prix : 19 euros

Oxbow-p.

Samuel Rochery


Prix : 15,50 euros

Nous disions donc, Matteo,

Dominique Buisset


Prix : 13 euros

Lekti-ecriture.com, acheter vos livres en toute sécurité

Paiement en ligne sécurisé

 -
Lekti-ecriture.com travaille avec la librairie Clair-Obscur, librairie indépendante française.

Vous achetez vos livres au sein d'une interface sécurisée, et vous les recevez rapidement (envois effectués sous 24 à 48 heures). Vous pouvez, au choix, payer les livres commandés par Carte Bancaire, chèque, virement bancaire, ou mandat Cash. Les envois sont effectués par la librairie en France et partout dans le monde.* Les frais de port sont offerts à partir de 25 euros en France métropolitaine.

Pour tout renseignement complémentaire, contact@lekti-ecriture.com.

En savoir plus sur la librairie Clair-Obscur, les délais de livraison et disponibilités, la sécurité et la confidentialité, consulter les conditions générales de vente.

Première visite Votre compteVotre panier
Les autres composantes de Lekti-ecriture.com : Contre-feux, revue littéraire || La librairie Lekti-ecriture.com || Le bloc-notes || La bibliothèque sonore
Syndiquer Les espaces de l'édition indépendante