



traduit de l’anglais (Canada) par Lori Saint-Martin et Paul Gagné
À Toronto, Masao, Canadien d’ascendance japonaise, veille jalousement sur sa fille, Miyo, affligée de difformités congénitales. Un jour, cet homme taciturne a un accident de voiture et Miyo doit se rendre seule au travail pour la première fois de sa vie, au centre-ville où elle révise des documents juridiques pour un gros cabinet.
Un matin, à la suite d’un incident dans le métro, Miyo est secouru par un jeune homme, David, qui s’éprend d’elle. D’abord soupçonneuse, Miyo est peu à peu séduite et finit par s’abandonner, mais cet amour inespéré, soumis à la loi tragique des sentiments contradictoires, croît aux dépens de l’amour du père et brise le cercle parfait des liens fermés. Dès lors Masao se met à dépérir, puis s’éteint, emportant dans la tombe les secrets de sa femme morte à la naissance de Miyo, de sa jeunesse en Mandchourie et d’un sacrifice à l’empereur Hirohito qui pourrait bien être un crime de guerre.
Masao mort, Miyo apprend l’existence d’une demi-soeur installée à Tokyo et entreprend un voyage au Japon avec sa belle-mère, Setsuko, pour débrouiller ses origines. Au plus fort de la saison des cerisiers en fleurs, auprès d’Hanako l’enragée, Miyo découvre à Hiroshima les secrets de son mal, et, au temple de Yakusuni, rencontre le fantôme du jeune lieutenant Masao qui but un jour le saké d’adieu à la manière des héros suicidaires, mais qui, sa vie durant, fidèle aux exhortations de l’empereur vaincu à la voix de fillette, accepta de « supporter l’insupportable » : n’être pas mort ; avoir survécu.
Sensible au désarroi de toute une génération de Japonais nés à l’étranger, les nisei, disgraciés au Japon et déconsidérés dans les pays alliés durant la Seconde Guerre mondiale (parfois internés dans des camps comme au Canada), Kerri Sakamoto brosse la peinture du Japon actuel qui tourne en dérision les rites d’autrefois (les jeunes ne saluent plus Hirohito, mais le disque-jockey Atomic), où le passé tombe en poussière dans les musées négligés, dans l’ombre des centres commerciaux et des banques. Où le mot kamikaze désigne désormais les fous. Où les prêtres shintoïstes récitent d’anciennes écritures inintelligibles. Où la dévotion mystique à l’empereur a été remplacée par la démence des fonctionnaires qui se tuent au travail pour l’État.
La fille du kamikaze est un roman sur les culpabilités réciproques des êtres et sur les cruautés de l’histoire qui imprime ses stigmates sur les esprits et sur la chair par-delà les générations.
Kerri Sakamoto est née et vit à Toronto. Elle est scénariste et critique d’art. La fille du kamikaze n’est pas son premier roman : elle a déjà publié Le champ électrique, couronné par divers prix prestigieux : lauréate du Prix du Commonwealth pour le premier roman et finaliste au Prix du Gouverneur général.
Nombre de pages : 288.
ISBN : 2-922868-22-2

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