



Gérard Arseguel ne cesse de suivre une sente improbable, un chemin de bas-côté, qui traverserait patiemment les paysages du coeur esseulé, tout en tâchant de les aimer et d’essayer, humblement, de leur donner voix - la moins fausse possible. Un peu comme fit d’un jardin son ami Jean Tortel - mais avec plus encore de désœuvrement à l’œuvre - au sens où le poète "résolument moderne" est un poète désœuvrant. L’auteur au sens actif du terme est de plus en plus tenté de disparaître. Il voudrait se contenter de laisser parler les textes que le monde ne cesse de produire et qui parviennent jusqu’à lui. À tel point que Gérard Arseguel est peut-être l’inventeur du poème passif... En 1979, il publie Une méthode de discours sur la lumière, "écrit par prélèvements à la Dioptrique de Descartes et au Traité de Géographie de Louis Planel", et que cela n’empêche pas d’être un vrai poème, vibratoire et tendu. En 1990, À feu doux relate la séparation d’un couple par la simple juxtaposition des "mots" qu’une femme laisse à son mari sur la table de la cuisine durant leurs derniers mois de vie commune, et ce livre est dédié... " à son auteur" .
L’Almanach des montagnes, est un texte de cette même veine passive. L’auteur procède par collage de phrases découpées dans le journal le plus modeste qui soit - visiblement une gazette de campagne.
Il va chercher le poème entre les lignes de la prose utilitaire, informative et souvent informe de la presse locale. Entre les lignes de la prose pauvre. Et le poème qu’il obtient, parce que c’en est un, surprend par sa fraîcheur et son ironie, par son humour et son désespoir toujours simultanés, enfin par la pluralité lectures possibles, la fertilité de ces lieux communs ainsi distanciés d’être devenus des vers.
Né à Toulouse en 1938, Gérard Arseguel est l’auteur discret d’une œuvre abondante qui, de Décharges (1979) au Journal du bord de terre (2003), ne cesse de suivre une sente improbable, un chemin de bas-côté.
Nous publions aux éditions fissile son dernier livre, L’Almanach des montagnes, un texte de sa veine passive où l’auteur procède par collages de phrases découpées dans le journal le plus modeste qui soit – visiblement une gazette de campagne. Il va chercher le poème entre les lignes de la prose utilitaire, informative et souvent informe de la presse locale : entre les lignes de la prose pauvre. Et le poème qu’il obtient, parce que c’en est un, surprend par sa fraîcheur et son ironie, par son humour et son désespoir toujours simultanés, enfin par la pluralité des lectures possibles, la fertilité de ces lieux communs ainsi distanciés d’être devenus des vers. Voir aussi Moriturus n° 3-4 et n° 5.
Collection cendrier du voyage, paru en avril 2006 à 500 exemplaires sur centaure naturel. Format 11 x 16 cm, 68 pages.


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