



Un volume de 80 pages, format 12 x 17
isbn 2-912667-09-7
[Il existe un tirage de tête : 35 exemplaires sur vélin quartz à 35 euros. Contacter directement l’éditeur.]
L’Autre Région, c’est le Nord. Le Nord où, en 1961, un jeune homme de vingt-et-un ans décide d’écrire à l’auteur de ce livre étrange qu’il vient de lire, ces Papiers collés qui ont su le toucher. Georges Perros lui répond, il se dit “heureux du signe [qu’on lui fait] de là-haut”. Il parle aussi des poèmes que Maxime Caron a joints à sa lettre, il encourage le jeune homme : “La médiocrité, ça n’existe pas. C’est le défaut de passion qui est grave. L’abdication.” D’autres lettres suivront, l’échange durera seize ans, l’amitié aussi, jusqu’à ce que la mort s’en mêle.
Entre eux il est souvent question de poésie. Georges Perros prodigue ses “conseils à un jeune poète” avec toute la sensibilité et surtout l’humanité qui rendent ces lettres si attachantes. On sent là une amitié durable que trois rencontres furtives ont soudée, malgré quelques silences imposés par la vie.
Avec Perros, chaque parution est un plaisir. Rendons grâce à Finitude d’avoir publié les lettres que l’écrivain de Douarnenez avait adressées à Maxime Caron, un jeune admirateur du Nord de la France. Caron n’a jamais oublié Perros, et on lira avec une certaine émotion, le poème qui clôt ce petit livre, un Requiem qui rappelle seize ans d’amitié, et trois trop brèves rencontres.
Norbert Czarny, La Quinzaine Littéraire
Publier des lettres du poète d’Une vie ordinaireaujourd’hui demeure chose qui vient... « à ras d’homme », après celles à Lorand Gaspar, à Michel Butor, à Bernard Noël, à Jean Roudaut, et à d’autres encore... Et ces lettres vers l’Autre Région, recueillies avec bon goût par Finitude, sont, et n’importe quelle suite de mots vers un de ses destinataires l’est, d’un Perros qui sait proser comme personne (ce « personne » n’est en rien fanfaronnade rhétorique).
Jeanpyer Poëls, La Nouvelle Revue Française

Georges Perros (pseudonyme de Georges Poulot) est né et mort à Paris (31 août 1923 - 24 janvier 1978). [...] Il débute au théâtre en jouant La Célestine, et dans les lettres en participant aux premières manifestations lettristes. Un prix de comédie lui vaut d’être engagé à la Comédie- Française. Distraction ou indifférence (le rêve, alors, d’une absolue transparence), il s’y laisse oublier (1949-1950) passant le plus clair et le plus obscur de [son] temps dans une mansarde de Meudon à poursuivre le commentaire en abîme, nonchalant, éperdu d’idées, d’humeurs, de situations de lectures (Valéry, Kierkegaard), qui commencé avec les poèmes et les journaux intimes de l’adolescence, trouve dans la note sa forme privilégiée. La rencontre providentielle de Jean Grenier au Caire, lors d’une tournée, exténue le peu de goût qu’il conserve pour le métier de comédien. L’auteur des lles lui fait connaître Jean Paulhan et le milieu de la N.R.F. Dès lors, la revue publie nombre des notes qui formeront les trois tomes de Papiers collés (1960, 1973, 1978) ainsi que des vers de Poèmes bleus (1962) et d’Une vie ordinaire (1967). Lecteur au T.N.P. de Vilar puis aux éditions Gallimard, il vit, à partir de 1959, en Bretagne. Il s’y marie avec une amie russe venue l’y rejoindre. Paradoxalement, le centre de gravité de cette existence imprudente, enfin trouvé dans l’éloignement, la résistance, la pauvreté énergiquement et, autant que possible, gaiement assumée, figure alors, pour quelques intellectuels parisiens, une pensée réconfortante, un point de fuite rêvé ou de chute éventuelle - un lieu en tout cas ouvert en permanence aux vicissitudes de l’amitié. Saturant l’espace de la fumée de sa pipe et de sa moto, Georges Perros ne cesse de travailler à sa manière : écrit, dessine, chante, va ici et là ranimer les courages et défier les prétentions, est invité chaque semaine à parler de son ignorance aux facultés de Brest et de Quimper, jusqu’à ce qu’un cancer l’atteigne à la gorge ; réalisant un de ses projets d’avenir : le petit lopin de terre si durement, si paresseusement, si atrocement gagné, mon Dieu, sous les pins qui dominent la baie de Douarnenez.
Gilbert Minazzoli Dictionnaire des auteurs
Les œuvres :
Papiers collés. Gallimard, 1960.
Poèmes bleus. Gallimard, 1962.
Une vie ordinaire. Gallimard, 1967.
Papiers collés II. Gallimard, 1973.
Papiers collés III. Gallimard, 1978.
Lectures. Le temps qu’il fait, 1981.
Je suis toujours ce que je vais devenir. Calligrammes, 1982.
L’occupation et autres textes. Joseph K., 1996. (ouvrage regroupant tous les textes parus en plaquettes entre 1977 et 1992)
Lectures pour Jean Vilar. Le temps qu’il fait, 1999.
Pour ainsi dire. Finitude, 2004.
Les correspondances :
Jean Grenier/Georges Perros, Correspondance 1950-1971. Calligrammes, 1980.
Faut aimer la vie, lettres à Jean Roudaut (1968-1978). Eibel/Fanlac, 1981.
Jean Paulhan/Georges Perros, Correspondance 1953-1967. Calligrammes, 1982.
Michel Butor/Georges Perros, Correspondance 1955-1978. Ubacs, 1983, 2 volumes.
Revue Ubacs n°8/9, 1984. Contient des lettres à Henri Anger, Hervé Carn, Maxime Caron, Henri Thomas et Yves Landrein.
Bernard Noël/Georges Perros, Correspondances. Unes, 1998.
Lettres à Carl Gustaf Bjurström 1958-1976. La Part Commune, 1998.
Brice Parain/Georges Perros, Correspondance 1960-1971. Gallimard, 1998.
Lettres à Lorand Gaspar. La Part Commune, 2001.
L’Autre région, Lettres à Maxime Caron. Finitude, 2002.




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