



Alors que depuis la préhistoire jusqu’au milieu du XXe siècle l’homme a perfectionné ses outils manuels, nous assistons aujourd’hui dans les campagnes à l’abandon progressif de ces outils au profit d’une mécanisation commencée il y a cinquante ans mais dont l’accélération se double , avec l’e xode rural, d’une diminution du nombre des individus qui manoeuvrent encore les outils, ou qui sauraient éventuellement le faire.
L’exercice physique , la formation et le jeu des muscles étaient et demeurent souhaitables. Mais l’excès de fatigue et l’usure à quoi sont contraintes les populations du travail manuel amènent les derniers cultivateurs à refuser de plus en plus les manipulations de force. Nous ne pouvons que les comprendre. Toutefois, dans l’instant où l’image n’en est pas encore effacée sur nos rétines , il peut être profitable pour une mémoire collective d’établir l’inventaire affectif des gestes et des instruments qui furent ceux du travail nourricier. Voici donc, sans représentation graphique et en essayant de ne pas trop figer ces objets qui n’eurent de sens que mouvants, une évocation des outils agricoles employés dans une ferme de la Mayenne . En hommage aux mains qui les tinrent .
Jean-Loup Trassard
Jean-Loup Trassard est né le 11 août 1933 à Saint-Hilaire-du-Maine en Mayenne où il connaît une enfance campagnarde rythmée par les travaux agricoles et qui influencera toute son œuvre d’écrivain et de photographe. Très tôt, il apprend la photographie auprès de son père, photographe lui-même : « Mon père m’a d’abord offert une boîte Kodak. Je crois même que j’en ai eu deux successives. Puis assez vite il a trouvé, en occasion, un Vestpocket à soufflet, me disant que ce modèle lui avait laissé un très bon souvenir. Je ne connaissais alors que trois sujets : le fils du cultivateur voisin, compagnon quotidien durant bien des années, puis mon chien, une bâtarde noire à pattes blanches, puis mon vélo bien astiqué, la pédale élégamment appuyée sur la marche du perron... » Il fréquente l’école primaire de son village puis le lycée de Laval et poursuit des études de droit à Paris. En juillet 1960, Jean Paulhan le publie dans la Nouvelle Revue Française. En avril 1961, Georges Lambrichs édite son premier livre, L’amitié des abeilles, dans la collection Jeune Prose chez Gallimard. À partir de 1983, l’auteur expose régulièrement son travail de photographe. Il vit une partie de l’année à Paris et une partie en Mayenne où il élève des bœufs autour de sa maison natale.
ISBN : 2.86853.224.1, parution 1981, puis 1995, 88 pages, format 16,5 x 24 cm.




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