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Henri ThomasHenri Thomas est né dans les Vosges le 7 décembre 1912, d’un père cultivateur et d’une mère institutrice.
Son père meurt à la fin de la guerre 14-18. Il fait ses études au collège de Saint-Dié puis au lycée Henri IV à Paris, en Lettres et en Philosophie où il devient l’élève d’Alain. En 1934, il renonce au concours d’entrée à l’Ecole Normale Supérieure et le désir d’une vie plus libre le pousse au voyage et à l’errance. Il rencontre Gide et ses premiers poèmes paraissent en 1938 dans la revue “Mesures”. En 1940, il est au régiment de Tirailleurs algériens en Moselle d’où il entretient une correspondance avec Gide et Malaquais, puis la même année, Gallimard édite Le Seau à charbon.
Des poèmes paraissent en 1941 chez le même éditeur sous le titre Travaux d’aveugle.
Il se marie en 1942 avec Colette René Gibert qui deviendra l’une des “filles de cœur” d’Antonin Artaud. À cette période, il fréquente beaucoup André Gide, Jean Paulhan, Marcel Arland, il continue de publier dans diverses revues et sa première traduction est éditée : Sur les falaises de marbre de Ernst Jünger. En 1945, Henri Thomas devient le secrétaire d’un hebdomadaire créé par Pierre Herbart “Terre des Hommes” puis il travaille comme traducteur à la B. B. C., activité qu’il ne quittera qu’en 1957.
Il créé en 1947, avec Marcel Bisiaux, André Dhôtel et Alfred Kern la revue 84. Henri Thomas se sépare de Colette Gibert en 1952 ; deux ans plus tard, naîtra Nathalie Thomas fille d’Henri et de Jacqueline Le Beguec qu’il épouse en 1957. En 1958, il part enseigner la littérature française à l’université Brandeis (Boston) où il retrouve Yves Bonnefoy. Il revient en France en 1960, année où il obtient le prix Médicis pour son roman John Perkins publié chez Gallimard. Il vit seul à Paris après la mort de sa seconde épouse Jacqueline Le Béguec, en 1965 et fait de fréquents séjours en Bretagne.
En 1970, il obtient le prix Valéry Larbaud pour l’ensemble de son œuvre. Il fonde, en 1978, la revue “Obsidiane” dirigée par François Boddaert et son œuvre est couronnée l’année suivante par la Société des Gens de Lettres. Il s’installe en 1982 sur l’île de Houat où il vit une période d’intense créativité puis choisit en 1988 d’habiter Quiberon. Après un grave accident de santé en 1991, il est hospitalisé à Vannes puis installé dans une maison de retraite parisienne. Il meurt le 3 novembre 1993.
Présentation d’Henri Thomas par les éditions Le Temps qu’il fait.
« Un homme raconte son histoire, et ce sera celle de tous et de personne » : cette édition originale des premières années du Journal de Henri Thomas, qui vont de 1934 — fin de son adolescence sensible et imaginative, jusqu’au lendemain de la mort d’Antonin Artaud —, a été établie par sa fille, Nathalie Thomas, préfacée par Jérôme Prieur et annotée par Luc Autret. Fils d’un paysan vosgien, mort des suites de la grande guerre, et d’une institutrice, Henri (...) [Lire la suite]
Éditeur › Claire Paulhan
Dans ce bref roman inédit, qui date de 1975, Henri Thomas — dont on connaît la fascination pour les troubles petits déchirements intérieurs — tourne une fois encore autour de ce point obscur des relations entre les êtres qui nous fait peur... et, dit-il, « je crois que cela pourrait aussi bien nous faire rire. » ISBN : 2.86853.166.0, 120 pages, parution 1993, format 12 x 19 (...) [Lire la suite]
Éditeur › Le temps qu’il fait › Littérature
« Ce qu’il lui montrait là, et qu’ils ont regardé ensemble un bon moment, penchés l’un près de l’autre, il l’avait découvert à l’instant même où elle lui prenait le bras. Mais lui que l’impatience avait étranglé, il avait tout le temps maintenant, il reprenait au commencement toute une histoire, en un coup d’œil. Ils regardaient une touffe de graminées qui poussait sur l’entablement étroit du pont, directement au-dessous (...) [Lire la suite]
Éditeur › Le temps qu’il fait › Littérature
« Une matinée passée toute entière à fortifier la même résolution, à la promener sous le ciel qui lui convient, à la retrouver pour ainsi dire à l’état pur au fond de la fatigue, et de la faim, amène sans qu’on s’en doute de grands changements ; celui qui promène ainsi une pensée glisse peu à peu bien loin de ce qui l’entoure ; il abandonne toute une part de lui-même, il tombe dans une sorte d’indifférence ensommeillée à l’égard de tout ce qui n’est (...) [Lire la suite]
Éditeur › Le temps qu’il fait › Littérature
Nos plus intimes tourments sont l’effet induit des maux de notre temps. Le malheur de Thomas est celui du siècle naissant. Son errance, le vertige où il va, sa route écartée lui sont dictés par l’action combinée, contradictoire, des termes réunis dans le titre de son premier livre : le village — la périphérie, l’arriération, la gêne, les fourrés, l’ignorance et la nuit, l’âpre hiver — et son opposé, les études, c’est-à-dire le centre, la (...) [Lire la suite]
Éditeur › Le temps qu’il fait › Littérature
L’énigme de l’œuvre d’Henri Thomas (comme celle de sa singulière personnalité) tient un peu dans cette note, empruntée au présent livre : « Quelqu’un rêve que je suis vivant. Quand il cessera de rêver — quand il s’éveillera — je mourrai. » Elle tient dans une heureuse confusion entre le rêve et la réalité, entre la conscience de soi et la perception de l’autre. Ainsi se produit — à vue, dans ce carnet — une sorte (...) [Lire la suite]
Éditeur › Le temps qu’il fait › Littérature
Début septembre 1985 - début juillet 1960, Henri Thomas vit aux États-Unis, à Waltham, tout près de Boston. Il enseigne la littérature française à l’Université Brandaïs. Il noircit, c’est une vieille habitude, quelques carnets. Dans Compté, pesé, divisé, publié par lui en 1989, Thomas cite un passage de De profundis Americæ : « Le culte du dollar commence très tôt. L’enfant de six ans (child consumer) est instruit à reconnaître les signes extérieurs de la richesse, et à (...) [Lire la suite]
Éditeur › Le temps qu’il fait › Littérature
« Les personnages de ce petit roman ne se séparent pas de l’auteur : Ils sont l’auteur, mais jeune, en plusieurs personnes, et surtout en Roger Bourcier, il est tellement l’auteur, qu’il est impossible de parler de lui sans évoquer le paysage de Saint-Samson, près de Morlaix, où est né ce récit, et le jeune homme que j’étais, appliqué à la tâche de vivre et d’écrire, à la tâche d’étudiant volontairement raté et de vivant insatisfait. Tout ce qui lui (...) [Lire la suite]
Éditeur › Le temps qu’il fait › Littérature
Henri Thomas (1912-1993), poète, romancier, traducteur considérable, fut un homme libre tout autant qu’un écrivain inclassable. Celui qui avait très tôt élu le langage comme patrie produisit une œuvre d’une grande diversité, et d’une remarquable cohérence, qui tient de bout en bout le pari d’un équilibre entre « une certaine familiarité et une étrange inquiétude ». Au sommaire, textes de Jean-Pierre Abraham, Noël Arnaud, Pierre Bergounioux, François Boddaert, (...) [Lire la suite]
Éditeur › Le temps qu’il fait › Colloques & Cahiers

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