



Professionnels du consensus généralisé, philosophes télévisuels, prêcheurs de la paix des tombeaux, adeptes de la version policière du politique : telles sont quelques-unes des cibles d’Eric Hazan dans Faire mouvement, entretiens conduits avec une complicité sans complaisance par le philosophe Mathieu Potte-Bonneville.
Ces entretiens montrent comment une existence en zigzags professionnels peut se dérouler sur une ligne droite politique. Ils retracent quelques voies empruntées pour se défaire des fausses alternatives, de l’idéologie des fins et des travestissements de l’histoire.
On y trouvera des discussions animées sur la démocratie, sur la notion de peuple juif, sur la révolution, le colonialisme, la Palestine. On y reconnaîtra au passage des influences - Marx, Gramsci, Foucault, Rancière - et des dégoûts partagés.
Faire mouvement, ou comment faire surgir du dissensus dans les plaines de la domination.
Eric Hazan, éditeur et écrivain, dirige La Fabrique éditions. Il a publié récemment L’Invention de Paris (Seuil, 2002), Chronique de la guerre civile (La Fabrique, 2004) et LQR, la propagande du quotidien (Raison d’Agir, 2006).
Mathieu Potte-Bonneville est philosophe. Co-fondateur et animateur de la revue Vacarme, il est également l’auteur de Michel Foucault, l’inquiétude de l’histoire (Presses universitaires de France, 2004) et de Amorces (Les Prairies ordinaires, 2006).
Osez Hazan
Chirurgien, éditeur d’art, créateur de La fabrique, auteur de L’Invention de Paris, Eric hazan a eu plusieurs vies mais une seule ligne politique, pure et dure. Cet homme-là ne s’est jamais installé, jamais accommodé du monde dans lequel il vit, jamais résolu à perdre ses illusions ni une once de sa liberté. Il continue, pour condamner le « capitalo-parlementarisme », d’invoquer Robespierre et Saint-Just. Au seuil de ses 70 ans, il persiste à être en colère et à avoir l’espoir chevillé au corps. S’il n’en reste qu’un, dans la France à-quoi-boniste de 2005, c’est lui... Pour mieux connaître Eric Hazan, il faut lire les entretiens tempétueux qu’il a accordés à Mathieu Potte-Bonneville. Il parle peu de lui, beaucoup de ses multiples engagements, qui sont sa seule ligne de vie (certains étant d’ailleurs discutables, notamment à propos du Proche-Orient). Et il est intarissable sur la capitale, à laquelle ce Louis-Sébastien Mercier d’extrême gauche a consacré, en 2002, un ouvrage magnifique pour célébrer sa tradition libertaire, ses révolutions, sa force de rupture et d’invention. Si Paris c’est l’esprit de la Commune, alors Eric Hazan est très parisien. »
Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur, 26 mai-1er juin 2005.
Éveilleur de lucidité
Dans ces lendemains de référendum stupéfiants d’autisme autoritaire de la part de ceux qui détiennent les pouvoirs politique, idéologique et médiatique, la lecture du livre d’entretiens d’Eric Hazan avec Mathieu Potte-Bonneville agit comme un contrepoison. Contrepoison à ce qui se nomme un peu grossièrement la propagande, plus justement les représentations imposées de l’histoire, les prétendues évidences consensuelles aux allures de tabous, ou les vessies arrangées en lanternes. Faire mouvement - un beau titre qui désigne un camp politique autant qu’une philosophie de la vie -, dessine d’abord le portrait d’un homme, Eric Hazan... Un portrait par définition non figé, c’est-à-dire non pas composé de pied en cap, avec le souci du détail et de l’anecdote, mais saisi à la volée dans les « zigzags » de sa biographie, dans la diversité de ses intérêts et la richesse de sa pensée, avec une ligne de convergence : la politique. Eric Hazan est en effet un animal politique, au sens où l’on dit de l’homme qu’il est un animal social : elle le nourrit, en traverse toutes les fibres en même temps qu’elle oriente chacune de ses activités : elle le nourrit, en traverse toutes les fibres en même temps qu’elle oriente chacune de ses activités structure son unité... Voilà la marque d’un esprit indépendant, pour qui l’engagement spécifique (là où on se trouve, devant sa porte et même chez soi) n’est pas un vain mot... Pour les lecteurs, notamment ceux des plus jeunes générations, qui s’interrogent sur ce que signifie aujourd’hui « l’idée communiste », il faut lire ce qu’en dit en quelques mots précis Eric Hazan. L’idée communiste (ou l’idéal) est à l’horizon de toute son action et de sa réflexion... Hazan opposé l’idée communiste à la « fragmentation » opérée par la démocratie libérale sur tous les plans : fragmentation du corps social, du corps humain, de l’information... « Se dire communiste, c’est travailler au déblaiement de ce champ de décombres pour pouvoir y construire du commun. »... Eric Hazan est de ces rares esprits libres, éveilleurs de lucidité. Autant dire qu’il nous est éminemment précieux. »
Christophe Kantcheff, Politis, 9-16 juin 2005.
ISBN 2-35096-005-6, 160 pages, format 21 x 14 cm, parution avril 2005.



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