



Préface de Michel BUTOR
Un volume de 160 pages en couleurs, format 16,5 x 22
isbn 2-912667-26-7
[Il existe un tirage de tête : 25 exemplaires numérotés enrichis d’une gravure originale de Georges Perros, à 140 euros. Contacter directement l’éditeur.]
Près de quatre-vingt-dix œuvres graphiques de l’écrivain Georges Perros sont rassemblées dans cet ouvrage : 72 dessins reproduits en couleurs et 15 gravures. Elles sont illustrées d’un choix de texte de l’auteur et son ami Michel Butor signe la préface.
Une œuvre étonnante et méconnue est ainsi mise à jour.
Georges Perros a toujours dessiné. Depuis les années quarante - vagues croquis sur des pages arrachées à des carnets ou des cahiers - jusqu’à quelques semaines de sa mort en janvier 1978 ( un dessin très sombre est envoyé à Michel Butor deux semaines à peine avant la fin ). Mais sa véritable production graphique naît au début des années soixante, au moment de la publication de son premier livre, Papiers Collés ( 1960).
Il y a une véritable recherche graphique dans ces petits dessins, aux formats proches de celui d’une carte postale, qu’il utilise d’ailleurs assez régulièrement pour sa correspondance. Les techniques sont variées ( encres, gouache, feutre,... ) et sont plus souvent dictées par l’état des finances familiales, rarement au beau fixe, que par une volonté artistique.
La correspondance qu’il entretient avec son complice Michel Butor nous permet d’ailleurs de comprendre l’importance qu’avait pour lui cette activité : il la présentait comme un passe-temps inutile mais, dans le même temps, avoue y consacrer des semaines entières :
“Pour calmer l’écheveau nerveux, je fais de la peinture à l’eau. C’est très économique, à la portée d’un enfant. Le temps ne dédaigne pas de venir s’y intéresser, par-dessus l’épaule, l’œil un rien narquois. C’est très loin de valoir la photographie, mais je le répète, c’est moins cher. Et beaucoup plus personnel, inutile de faire un dessin !” ( 1958 )
“En ce moment, je colle des tas de saloperies - allumettes, sables, algues, fleurs, sur des bouts de carton. Marrant.” ( 1960 )
“Je me suis remis au dessin, à l’encre de chine, à la gouache. Tout y passe, les vaches du pré voisin, n’importe quoi. Ce doit être le foie. Mais ça repose des manuscrits.” ( 1968 )
“Dernière semaine passée à dessiner, comme un dingue. Tracé de nerfs.” ( 1972 )
“Je m’exténue en petits dessins. Ça ne fait pas de mal, ou bien, à personne. Mais je me sens si bien tout seul dans ma turne. Un vrai salaud !” ( 1976 )

Des dessins d’écrivain ? Prenons garde de ne pas trop vite les cataloguer, de ne pas les laisser basculer dans l’anecdotique ; ici la démarche artistique est patente. Perros cherche, invente, expérimente, avec plus ou moins de bonheur, et construit peu à peu une œuvre qui reste à découvrir.
A l’occasion de la sortie de ce livre, une exposition présentant plus de cent-vingt œuvres graphiques de Georges Perros est organisée par le Musée des beaux-arts de Bordeaux, du 9 mars au 30 mai 2005.
« [...] Toute sa vie, entre les pages de ses "Papiers collés", Georges Perros a glissé des dessins collés. Il y montrait sa vraie nature, celle d’un pessimiste enjoué qui trouvait, dans l’exécution de ces croquis cruels et de ces tableaux énigmatiques, l’occasion de repousser l’angoissante hypothèse d’écrire un livre. »
Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur
« L’œuvre graphique est une facette méconnue de Georges Perros. Mais c’est un aspect de son travail qu’il ne faut pas négliger tant il témoigne d’un talent en perpétuel recherche. »
Laurent Frétigné, Ouest-France
Georges Perros (pseudonyme de Georges Poulot) est né et mort à Paris (31 août 1923 - 24 janvier 1978). [...] Il débute au théâtre en jouant La Célestine, et dans les lettres en participant aux premières manifestations lettristes. Un prix de comédie lui vaut d’être engagé à la Comédie- Française. Distraction ou indifférence (le rêve, alors, d’une absolue transparence), il s’y laisse oublier (1949-1950) passant le plus clair et le plus obscur de [son] temps dans une mansarde de Meudon à poursuivre le commentaire en abîme, nonchalant, éperdu d’idées, d’humeurs, de situations de lectures (Valéry, Kierkegaard), qui commencé avec les poèmes et les journaux intimes de l’adolescence, trouve dans la note sa forme privilégiée. La rencontre providentielle de Jean Grenier au Caire, lors d’une tournée, exténue le peu de goût qu’il conserve pour le métier de comédien. L’auteur des lles lui fait connaître Jean Paulhan et le milieu de la N.R.F. Dès lors, la revue publie nombre des notes qui formeront les trois tomes de Papiers collés (1960, 1973, 1978) ainsi que des vers de Poèmes bleus (1962) et d’Une vie ordinaire (1967). Lecteur au T.N.P. de Vilar puis aux éditions Gallimard, il vit, à partir de 1959, en Bretagne. Il s’y marie avec une amie russe venue l’y rejoindre. Paradoxalement, le centre de gravité de cette existence imprudente, enfin trouvé dans l’éloignement, la résistance, la pauvreté énergiquement et, autant que possible, gaiement assumée, figure alors, pour quelques intellectuels parisiens, une pensée réconfortante, un point de fuite rêvé ou de chute éventuelle - un lieu en tout cas ouvert en permanence aux vicissitudes de l’amitié. Saturant l’espace de la fumée de sa pipe et de sa moto, Georges Perros ne cesse de travailler à sa manière : écrit, dessine, chante, va ici et là ranimer les courages et défier les prétentions, est invité chaque semaine à parler de son ignorance aux facultés de Brest et de Quimper, jusqu’à ce qu’un cancer l’atteigne à la gorge ; réalisant un de ses projets d’avenir : le petit lopin de terre si durement, si paresseusement, si atrocement gagné, mon Dieu, sous les pins qui dominent la baie de Douarnenez.
Gilbert Minazzoli Dictionnaire des auteurs
Les œuvres :
Papiers collés. Gallimard, 1960.
Poèmes bleus. Gallimard, 1962.
Une vie ordinaire. Gallimard, 1967.
Papiers collés II. Gallimard, 1973.
Papiers collés III. Gallimard, 1978.
Lectures. Le temps qu’il fait, 1981.
Je suis toujours ce que je vais devenir. Calligrammes, 1982.
L’occupation et autres textes. Joseph K., 1996. (ouvrage regroupant tous les textes parus en plaquettes entre 1977 et 1992)
Lectures pour Jean Vilar. Le temps qu’il fait, 1999.
Pour ainsi dire. Finitude, 2004.
Les correspondances :
Jean Grenier/Georges Perros, Correspondance 1950-1971. Calligrammes, 1980.
Faut aimer la vie, lettres à Jean Roudaut (1968-1978). Eibel/Fanlac, 1981.
Jean Paulhan/Georges Perros, Correspondance 1953-1967. Calligrammes, 1982.
Michel Butor/Georges Perros, Correspondance 1955-1978. Ubacs, 1983, 2 volumes.
Revue Ubacs n°8/9, 1984. Contient des lettres à Henri Anger, Hervé Carn, Maxime Caron, Henri Thomas et Yves Landrein.
Bernard Noël/Georges Perros, Correspondances. Unes, 1998.
Lettres à Carl Gustaf Bjurström 1958-1976. La Part Commune, 1998.
Brice Parain/Georges Perros, Correspondance 1960-1971. Gallimard, 1998.
Lettres à Lorand Gaspar. La Part Commune, 2001.
L’Autre région, Lettres à Maxime Caron. Finitude, 2002.




Lekti-ecriture.com travaille avec la librairie Clair-Obscur, librairie indépendante française.
Vous achetez vos livres au sein d'une interface sécurisée, et vous les recevez rapidement (envois effectués sous 24 à 48 heures). Vous pouvez, au choix, payer les livres commandés par Carte Bancaire, chèque, virement bancaire, ou mandat Cash. Les envois sont effectués par la librairie en France et partout dans le monde.* Les frais de port sont offerts à partir de 25 euros en France métropolitaine.
Pour tout renseignement complémentaire, contact@lekti-ecriture.com.
En savoir plus sur la librairie Clair-Obscur, les délais de livraison et disponibilités, la sécurité et la confidentialité, consulter les conditions générales de vente.