« Ce n'est pas ce qui est, mais ce qui pourrait et devrait être, qui a besoin de nous »
Cornelius Castoriadis
Poésie américaine contemporaine
Publié le vendredi 1er février 2008
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Je pourrais saisir ce couteauet l’enfoncer violemmentdans cette adorable délicate cavité,cette empreinte du baiser de l’ange,incisura jugularis, douceursupra manubrium :incision jugulaire, la mieux placée de toutes.Et de toutes mes forces, trancherbien profondément, vers le bas,entre les seins, à travers os,cœur, utérus, viscèreset tout ce quiécœure,jusqu’au petit frein,cette chose menue farouche qu’on frotte,lyre d’un chant sacré secret,et sistre, aussi, d’Isis et de toi.Déchiquetée,massacrée,tout toi une chatte,depuis cette douceur – incision,la mieux placée de toutes – au point où le couteaune peut plus remuer :c’est, comme l’a dit le vrai dieu,le seul remède contre ce qui me détruit,pour quoi je n’ai pas d’autres mots que ton nom.Et l’eau chaude qui ruissellesur mes bras et mes mainsfait du bien.
Remonte ton collant,allonge-toi sur le dos.Lève le genou gauche jusqu’à ta boucheet reste ainsi.Maintenant ferme les yeuxet boucle-la.
© Nick Tosches, Inc.
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Julia Dorner
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