« Ce n'est pas ce qui est, mais ce qui pourrait et devrait être, qui a besoin de nous »
Cornelius Castoriadis
Etude
Littérature irakienne contemporaine
lundi 12 mars 2007, par Daniel Delort
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L’exil est un e prison aux murs invisibles , transparents et infranchissables. Pour nous, qui vivons sur une terre où prend racines notre passé , la notion d’exil est une notion abstraite qui nous renvoie à l’Histoire , sans jamais nous faire toucher du doigt le douloureux arrachement qui enferme l’âme dans la nostalgie et le regard intérieur.
Pour Jabbar Yassin Hussin , l’exil a été un quotidien qu ’il lui a fallu assumer vingt-sept années durant, en France, loin de l’Irak et des rives du Tigre où il est né. Aux artifices que secrètent l’éloignement et la disparition, Jabbar leur a adjoint la mémoire et l’écriture … pour être de ce monde tout en n’y étant pas , pour ne pas perdre le fil qui crinduit à sa propre identité.
De la dizaine de livres qu’il a publiés en France, nous retiendrons une voix, non pas celle qui aurait pu nous dire l’amertume et le désarroi , mais celle qui tient solidement liées les racines de tous les individus en un seul fagot universel, celle qui nous inocule le courage et l’espoir d’un monde enfin arraché à la nuit . Depuis la chute de Saddam Hussein , Jabbar est retourné plusieurs fois en Irak , la mémoire lui est revenue, et avec elle, les longues années d’attente qui sont aujourd’hui derrière lui…
Il lui faudra sans doute encore beaucoup parler d ’exil pour anéantir l’oubli, et peut être, lui faudra-t -il aussi beaucoup de mots pour écrire définitivement et une fois pour toutes : Jabbar, ou la fin de l’exil.
Daniel Delort.
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