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Georg Chaimowicz ou la mort blanche

Parcours d’artiste

samedi 30 juin 2007, par Joël Roussiez

Le romancier et poète Joël Roussiez revient dans cet article sur la carrière artistique de de son ami, le peintre autrichien Georg Chalmowicz, récemment disparu en 2003.

Le texte qui suit est paru initialement dans la revue La main de singe, publiée par Comp’Act.


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J’avais un ami et c’était un grand peintre ; pourquoi ne pas commencer ainsi ; Il s’appelait Georg Chaimowicz et vivait à Vienne où je vivais aussi. Tous les soirs il hantait quelques bistrots qu’on disait intellectuels car on y croisait les journalistes, les artistes et des amateurs, des décideurs, le ministre Scholten par exemple. Ces bistrots n’étaient pas nombreux, la ville ne s’était pas réveillée depuis la fin de l’empire, on lui avait coupé les bras, l’arrière pays à l’est était fermé. Mon ami était juif, il avait dû immigrer durant la guerre évidemment, le milieu dans ces cafés était composé d’une intelligentsia juive et non juive issue d’une longue tradition culturelle viennoise, on y parlait couramment plusieurs langues de l’Europe occidentale (peu d’Europe Centrale), mon ami parlait espagnol, italien, français et anglais en plus de l’allemand ; ces gens se situaient politiquement à gauche… En fait, ces cafés étaient les seuls lieux vivants dans le centre de la ville, le reste dormait, je l’ai dit. Mon ami, le peintre Georg Chaimowicz disait que Oswald Und Kalb, le café le plus célèbre, était son bureau, il y réglait des affaires, y mangeait, discutait comme beaucoup. Mais il allait aussi ailleurs, à Alte Wien, une institution, et autres Bane’s, cafés moins clairs dans leur définition, café de zone et plus jeune, café de traîne. Il traînait parce qu’il aimait ça mais aussi parce qu’il souffrait d’insomnie, il traînait parce qu’il aimait boire et manger aussi comme il aimait pérorer amicalement et entretenir des polémiques. Il arrivait, le soir tard, qu’un ivrogne le traitât de sale juif ou quelque chose d’approchant, il le traitait ainsi parce qu’il était toujours là, parce qu’il était âgé et lui jeune, parce que c’était un ivrogne en manque de provocation mais mon ami en profitait, il prenait à témoin celui qui se trouvait là en affirmait solennellement : tu vois, ça recommence, dans ce pays de merde !. Comme beaucoup d’autrichiens, il critiquait fortement son pays. Durant les dix dernières années de sa vie, il dessina de nombreux comics, comme il les nommait ; c’était des dessins satiriques qui parurent dans une nouvelle édition de Simplicissimus par exemple qui reprenait une veine critique à la viennoise dont le Canard Enchaîné serait pour nous l’équivalent ; ces dessins satiriques, on les retrouvent dans quelques livres : Bloody America (Ed Splitter, 1992) qui dénonce l’épopée sanguinaire de la conquête de l’Amérique Latine, Raten Dämerung dont le nom dit tout et d’autres encore dont je ne veux pas encombrer ce récit. Car au fond, mon ami avec l’âge était gagné par une sorte de frénésie de dénonciation. Moi, je le trouvais amusant de se laisser emporter par ses guerres et il ne manquait pas de s’en amuser aussi, l’évêque de Salzbourg s’en prenait dans la poire et voilà ! Chaque année, il se rendait à Vence où il louait une maison depuis la grande époque des années soixante. Il y fut représentant de l’Autriche pour un salon du livre, il y reçut Canetti, il entendit parler de Gombrowicz, il lui parla, je ne sais plus très bien, il connut Mathieu et d’autres peintres et sculpteurs, mais on ne se fréquente pas entre soi. A cette époque, il fut assimilé à l’Actionnisme Viennois car sa peinture était très expressive, il est représenté en photo avec tous les autres : H. Nitsch, F. Ringel, A. Rainer …. Mais malgré cette assimilation, il ne les fréquenta pas et les critiqua fortement, mon ami était très personnel, il suivait sa propre voie que je suis venu tenter d’approcher ces jours à Vence.

Jamais je n’avais pu m’y rendre, tantôt il n’y était pas, tantôt je n’étais pas en France ; et c’est maintenant qu’il est mort que j’y vais car la maison va être vidée, tout va partir pour la Fondation Chaimowicz à Vienne ; on n’emportera pas les murs, ni la décoration, ni l’arrangement…, oui, à l’intérieur tout était arrangé par lui, par ses mains, nulle trace d’un autre, sa marque partout, comme en ses toiles et dessins sa signature. Il est remarquable en effet, que ses toiles donnent une grande importance à la signature, celle-ci s’expose en quelque sorte. On aurait tort d’y voir un narcissisme exagéré (ce qui peut être évidemment mais n’a aucune importance) plutôt que la marque d’une soumission au dessin. En effet, on remarquera que la signature est faite des mêmes traits et formes que le dessin, elle l’organise aussi car elle vient se mettre là où il y a en quelque sorte un déséquilibre, un trou. Mon ami avait horreur du vide, me semble-t-il, et dans sa maison tous les espaces sont occupés par un tableau, une ensemble d’éléments qui suggère une silhouette, un assemblage, une juxtaposition, bref il y a toujours une forme qui s’y est installée. Lorsque je suis rentré…, mais bref : nous entrons, un petit hall, ce n’est pas une grande maison, avec un dessus de coffre d’Afrique posé sur une pierre peinte par lui, la ridelle d’un char sicilien très décorée, un ci un là beaucoup de beaux objets mais agencés. On passe à la cuisine, c’est un endroit étroit, tout y est en ordre, on voit des figures se dessiner, une pelle à poussière accrochée à un porte manteau où trônent deux sabots, rouge le porte manteau et bois les sabots, la pelle est bleu fluorescent, à long manche, objet de design des années soixante dix, à côté une roue de vélo dans les rayons de laquelle sont des cuillères en bois, et sur les murs une jambe de plastique, des figurines en fer blanc, de l’Archi boldo avec des fruits, une chaise bricolée avec les réclames d’Ici Paris car Paris, c’est ici ! des plats à frire les œufs, pas un, pas deux, cinq pas moins, ils n’ont jamais servi mais ils sont jolis, sur l’étagère une sorte de sculpture, une tête de bonhomme, on a peint des yeux, cela suffit etcetera.

On pourrait dire aussi que ce n’est pas tant le vide qui heurtait mon ami, bien que sa vie d’engloutissement de vin, de nourriture y fasse inexorablement penser, que l’horreur du moche qui vient choquer les yeux. Ou bien encore que la peinture, la sculpture, les arts plastiques si l’on veut, comme tous les arts sont des activités, ils ne s’exercent donc pas uniquement sur l’œuvre ou à l’œuvre mais, comme le désir peut-être, ont une propension à se répandre, à déborder… Chez mon ami, dans sa maison à Vence donc débordement : un tableau façon Morellet, un livre clouté sous un plastique, une figure, un morceau de fenêtre gothique, l’atelier encombré de coffres à œuvres, pleins, pleins à ras bord, d’œuvres, de sculptures etc., et le bureau, deux banquettes avec des coussins de toutes les couleurs, des peluches enfantines, bariolées, tout un assemblage enfantin, rien de hasardeux, semble-t-il, même le petit banc pour poser les pieds a été peint et le support de quoi, des crayons, de quoi ? lui aussi peint, et des tableaux, pas beaucoup aux murs mais des plantes sèches des lianes de houblons en fleur accrochées, suspendues, un morceau de bambou sous la sellette du lavabos pour décorer un vieux reste de glace qu’on y avait mis, le cuir ou carton est resté collé, il est craquelé comme un tableau de sable à Tapies, alors le bambou, ça fait pas mal, lorsqu’on se douche on est content, et puis la chambre, une collection de tirelire en forme de cochon, à Krampus en Autriche, fête du diable si l’on veut, on s’offre des trèfles à quatre feuilles ou des cochons, c’est la chance qu’on s’offre, l’abondance… Et du cochon encore dans les toilettes, avec un saucisson, non deux saucissons, de faux-vrais en plastique, protubérances de pine, deux morceaux de lard, un bout se saucisson en trompe l’œil, deux couples de fourchettes et couteaux collés à la Hu-Hu ou à la Scotch, celle qu’il préférait, il s’en servit pour faire des sculptures ; tout ça pour qu’on le sache ce qu’on crache à la toilette, où qu’on mange trop, bref, pour qu’on rigole du dérisoire probablement, bonne blague pour les amis, Madame Lambert (la propriétaire) trouvait cela vraiment à rire et à rire ! « et la chaîne qui était la queue d’un singe ! » et la chasse en arbre de jungle , on en passe, le couloir couvert d’une fresque sombre, la chambre encore : des dizaines, des centaines peut-être de petites figurines en portes clefs juste au-dessus du lit accrochées à un natte en paille de pure style Côte d’Azur certainement ; un tableau au-dessus, une lampe bricolée avec une casserole en allu, des tiroirs pleins de papier à lettre du temps où il fut attaché pour le salon, pour faire des collages, il y a ainsi des cartons ou des piles de journaux pour on ne sait jamais.

Mon ami avait donc construit tout cela, s’était amusé, avait composé. Ce qu’il a fait dans son œuvre en diffère mais on y retrouve la répétition de thèmes et la déclinaison en séries.

Mon ami, le peintre Georg Chaimowicz est un peintre peu connu en France, il l’est davantage en pays de langue allemande et davantage encore parmi les communautés juives de ces pays. Cette reconnaissance donne à penser que c’est par ses thèmes que touche d’abord une œuvre. En effet, ses tableaux déclinent le marche-au-pas, le Juge, le soldat, le bouffeur d’argent des morts, portrait d’une masse, chandelier à sept branches … beaucoup de figures empruntées à la symbolique de la dernière guerre et, en quelque sorte, accusées par le trait. Cependant, son œuvre est d’abord expressive, je veux dire qu’on n’y reconnaît particulièrement rien de bien clair et ce serait mentir que d’y voir représenter le simple portrait menaçant du juge ou le satirique du soldat, pour ne prendre que ces exemples. On a l’impression que mon ami a cherché à saisir des forces, sa peinture des années soixante semble sortie de gestes assez violents et rapides, plus tard ces gestes se simplifieront jusqu’à s’estomper et n’apparaître que dans une trace de blanc sur du blanc par exemple, un morceaux de bois blanc qui projette une ombre, une surface de papier blanc froissée dans un coin…Avec l’âge les forces s’assagissent ? Ou bien est-ce le blanc de l’absence de l’être ? L’interprétation symbolique d’une œuvre quelle soit psychologique ou métaphysique est toujours réductrice en ce qu’elle fixe ce qui fut d’abord une activité. Si l’on veut mieux saisir ce dermier aspect, il faut parcourir les variations des thèmes comme des récits. Car on y voit, me semble-t-il, le déploiement de l’activité, ses avancées rapides, ses lenteurs, ses surprises, ses reprises, ses soulignements et ses effacements ; bref c’est en parcourant par exemple un de ses livres, en le feuilletant rapidement que cela saute aux yeux. Pour confirmer cette idée de récit, Georg Chaimowicz a construit de nombreuses séries ; à Vence il y en a plein des cartons. Comment fonctionne une série, je l’ai découvert à Vence, je fouillais dans une de ses meubles fabriqués par lui et encombrant l’ensemble de la salle à manger atelier, de l’atelier car rien pour manger, je l’ai découvert donc : une photo représentant trois personnage fêtant l’anniversaire de l’un d’eux à Monaco dans une boîte chic, mon ami a cherché les traits les plus significatifs, cela donne un dessin assez figuratif, puis, il a insisté sur tel trait, ou tel autre et le dessin ainsi se transforme, on y reconnaît des formes mais jamais les mêmes, on est ainsi entraîné à « lire » en quelque sorte la série. On poursuit ainsi jusqu’à ce que se forme un mouvement d’ensemble, une petite histoire qui se termine par un trait, un relief, quelque chose d’infime qui en marque la fin. Certaines séries comportent plus de cent dessins, d’autres moins, certains soirs il me confiait qu’il en était à quarante dessins sur un thème qu’il était épuisé, on se moquait des comptes mais il en était fier et l’on buvait à sa santé. L’idée de la série est aussi visible dans l’œuvre entière de mon ami, seulement qu’à la différence d’une véritable série, elle se déploie dans un temps plus long. Certains pourraient voir dans son « chemin en chemin vers la perte d’image (ou le détachement de l’image) « Weg im Weg zum Bildlosen », la représentation de la voie de, ou vers, l’abstraction, pourtant les titres font toujours référence à ce qui est représenté. « chaque action a un antécédent » disait-il mais cela ne contredit rien.

Bien sûr, on ne s’est pas privé de voir dans cette disparition en quelque sorte du sujet du dessin, l’allégorie de celle du peuple juif, n’a-t-on pas fait la même chose avec Perec ? Je ne voudrais pas dire qu’il n’y ait pas eu de telles pensées chez mon ami, je n’en sais rien ; à propos des juifs, il disait : c’est mon peuple, comme on dit : c’est ainsi ! et déclarait kascher tout ce qu’il mangeait, même le porc, parce que c’était lui qui le mangeait. Mon ami adorait faire des jeux de mots, « conquête, quête des cons ! » était un de ses favoris, « prost ! ta-ta », en était un autre, lorsqu’il offrait un dessin à l’un ou à l’autre qui avait son anniversaire, non seulement son trait se faisait plus continu mais il y ajoutait des bons mots, valises ou calembour ; cela se rapprochait alors de l’écriture, il ne faut pas le nier. Sa signature aussi en est le signe car ce sont des lettres que le répertoriage du tableaux en chiffres rend hiéroglyphiques, sa signature tient beaucoup de place, comme il en tenait beaucoup ; et alors ? Alors peut-être que ce qu’il nous livre avant tout c’est le récit d’une vie qui se développe à partir de quelques thèmes parmi lesquels les autoportraits qui, des représentations exaltées de la jeunesse, passent par l’homme dessinant et ses trois mains pour s’estomper derrière des bouts de journaux, des papiers à lettre d’hôtel, autoportraits sans visage et bientôt sans corps.

Mon ami, je l’ai dit est mort maintenant et je suis entré dans sa maison d’été, celle où il allait l’été, où il avait vécu avec sa femme – à ce propos sa mort avait inspiré à mon ami des bulles de bande dessinée vides sans mot, « Surface » tout simplement. La maison était silencieuse, c’était le printemps, chaque chose semblait être à sa place cependant l’accumulation de compositions sur les murs et partout ne disait rien qu’une sorte d’arrangement bizarre, au fond plus impersonnel que l’œuvre ; c’est ce qu’il m’a semblé. J’y ai reconnu ses bonnes blagues et sa manière d’occuper la place, mais les petits objets accumulés m’ont un peu effrayé, ainsi que m’avait effrayé l’exposition « Lieber Papa » composées uniquement des cartes postales envoyées à son père retenu par les Nazis. Pourquoi ? Je me le suis demandé, je me suis demandé que voulait signifier mon ami, je me suis demandé s’il n’avait pas tout arrangé parce qu’il savait qu’il ne reviendrait plus , j’ai parcouru des séries, je m’y suis plongé un peu, j’ai cherché ici à me l’expliquer un peu, j’ai compris qu’il y avait récit mais récit de quoi, récit de quelques thèmes sans arrêt travaillés, jusqu’à la disparition de mon ami. Mais ils racontaient quoi ces récits ? Et je voyais devant moi ces objets d’enfants qui me choquaient le plus, je voyais qu’il avait arrangé tout ça autour de lui, pas seulement pour nous, c’était ainsi, et ça avait été longtemps ainsi depuis la mort de sa femme, je ne sais ; c’était autour du lit que c’était bizarre… « chaque action a un antécédent » disait-il et peut-être, me suis-je dit, réécrivait-il l’histoire à l’envers, d’antécédent en antécédent ? Il n’y avait là rien d’étonnant cependant, beaucoup de gens accumulent ces choses, se fixent sur leur passé, y palpent les traces d’une existence enfuie mais cela fonctionne-t-il ? Est-ce au fond une aide pour mourir ? Moi, la présence de ces jouets d’enfants ne me rassuraient pas, à moi qui savait que je ne le reverrai plus, ils ne me résumaient pas l’existence de mon ami Georg Chaimowicz, son absence avec eux devenait dégoûtante en quelque sorte ; ce n’était pas joyeux, et je n’y voyais plus un jeu. Puis j’ai encore réfléchis, je me suis penchée davantage sur les œuvres et il m’a semblé comprendre que s’il y avait quelque chose de morbide à se pencher ainsi sur le passé, il y avait une quête d’abord et que cette quête était con puisqu’elle ne devenait jamais conquête, ce qu’il avait toujours dit en riant. Je restais d’abord en plan, puis feuilletant le catalogue de sa dernière rétrospective, je découvrais que les Portrait d’une Masse toujours déclinés jusqu’à se résoudre en trace blanche comme un retour à l’origine, ainsi qu’à l’enfance évidemment, allaient jusqu’à ne représenter que la signature de mon ami sur un fond non blanc mais gris et s’intitulaient non plus portait mais Jonction d’une Masse. Je vis aussitôt l’usage que je pouvais faire de cette idée, d’emboîtage, de joint, de jonction, la masse n’était plus à représenter mais on la rejoignait ainsi sortait-on de la disparition…

Mais il n’y a rien sur ce tableau ?

Oui, bien sûr, c’est vrai, faudrait-il dire que c’est sans corps et dans la mort qu’on rejoint, mais qu’on rejoint quoi ? Une masse, disait mon ami et peut-être que je le comprenais maintenant, car c’est la matière que l’on rejoint le plus sûrement ? Toujours est-il qu’on rejoignait quelque chose d’indistinct puisque sur le tableau il n’y avait rien de représenté pas plus que sur le dernier autoportrait, on ne saisissait les contours gommés par une matière blanche…

Je n’avais rien dit de l’œuvre de mon ami, réellement, je devais l’admettre, seulement j’avais essayé de comprendre que c’était une œuvre, qu’elle se développait, engendrait des récits…, c’est à dire qu’elle n’était pas une juxtaposition de tableaux mais à prendre comme un mouvement qu’on pouvait feuilleter ; qu’y faire si finalement cette constatation me conduisait à réfléchir davantage sur le sens de l’existence et sur celui de l’œuvre de ce grand peintre que venaient de me rappeler ces objets de la maison de Vence et particulièrement ceux reliés à l’enfance. Sur les œuvres, il restait néanmoins que chaque tableau exprimait avec force quelques traits qui en venaient alors à l’existence de manière plus miraculeuse compte tenu de ce que désormais je savais. Et je tournais autour des signatures comme autour du tampon d’un peintre chinois, calligraphie indéniable d’un geste impromptu, et cependant mûri, qui par son emplacement et son trait affirmait le tableau et le confirmait dans sa beauté…,

J’avais pris des photos, je suis sortis sur le balcon, il faisait très beau, les amis revinrent, on trinqua à sa santé : « Ce vieux Georg ! »

Merci à Joël Roussiez d’avoir accepté que ce texte soit rendu disponible aux internautes sur Contre-feux, la revue littéraire de Lekti-ecriture.com.


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