-
Littérature palestinienne
poésie
7 juin 2003, par Zuhayr Abou Châyeb
L’air a vieilli Et, suffoquant, il a fui mes poumons Il a assouvi les morts avant de s’en aller
Il a déployé l’étendue pour ses coursiers assoiffés Il a annoncé la ruine
L’air est mort Aux arbres j’ai porté sa dépouille Et j’ai consolé le terreau Et sans honte je suis sorti de mon corps Je suis l’esclave de l’air Mon âme me fait tendre vers le haut Je tombe, mon corps est mon trou Je suis l’esclave de l’air et son tombeau Mon ombre remorque le sable Aride est mon ombre Et sur mon sang des (...)
-
Ecrire en Palestine
Poésie
27 mai 2003, par Mahmoud Darwich
Le poème de Mahmoud Darwich intitulé Identité, qui est présenté ici, a été écrit en 1964. Il a trouvé un écho particulièrement vif dans les populations palestiniennes.
Inscris !
Je suis Arabe
Le numéro de ma carte : cinquante mille
Nombre d’enfants : huit
Et le neuvième... arrivera après l’été !
Et te voilà furieux !
Inscris !
Je suis Arabe
Je travaille à la carrière avec mes compagnons de peine
Et j’ai huit bambins
Leur galette de pain
Les vêtements, leur cahier d’écolier
Je les tire (...)
-
Document
À propos de la poésie de Mahmoud Darwich
9 mai 2003, par Jean-Michel Maulpoix
Les premiers poèmes de Mahmoud Darwich font entendre un lyrisme amoureux dans lequel l’attachement au pays natal et l’expression du sentiment amoureux tendent à se confondre. La part des éléments naturels est alors décisive. Symbole de la patrie, la terre est célébrée comme la « première mère ». Elle constitue aussi la recherche et l’affirmation, par la poésie, de sa propre existence physique. Pose dans ces premiers textes une dimension sensorielle dont elle ne s’écartera pas.
Par la suite, l’engagement (...)
-
Ecrire en Palestine
Poésie
7 mai 2003, par Mahmoud Darwich
Ici, aux pentes des collines, face au crépuscule et au canon du temps
Près des jardins aux ombres brisées,
Nous faisons ce que font les prisonniers,
Ce que font les chômeurs :
Nous cultivons l’espoir.
Un pays qui s’apprête à l’aube. Nous devenons moins intelligents
Car nous épions l’heure de la victoire :
Pas de nuit dans notre nuit illuminée par le pilonnage.
Nos ennemis veillent et nos ennemis allument pour nous la lumière
Dans l’obscurité des caves.
Ici, nul « moi ». (...)
-
Ecrire en Palestine
Nouvelle
21 avril 2003, par Mahmoud Abou Hash’hash
J’étais là-bas... Tu ne m’as pas entendu ? J’y étais, crois-moi. J’ai suivi Je tracé de ton plan : une rue pleine des pas morts des passants puis, en prenant à gauche, un café où les hommes iraient jusqu’à miser leur vie et derrière le café, une maison avec deux fenêtres de fer et une porte, une porte noire. J’y suis allé. Aucun doute, c’était là, les autres chemins que j’avais essayés ne m’avaient pas mené à une maison à deux fenêtres. Quant à la porte, toutes les maisons là-bas ont une porte noire.
C’était (...)
-
Voyage en Palestine
Chronique
15 avril 2003, par Elias Sanbar
« - FAUST Mais d’un éclat guerrier les campagnes se parent
Ah ! Les fils du Danube aux combats se préparent !
Avec quel air fier et joyeux
Ils portent leur armure !
Et quel feu dans leurs yeux !
Tout cœur frémit à leur chant de victoire ;
Le mien seul reste froid, insensible à la gloire. »
(La Damnation de Faust, Gérard de Nerval, Hector Berlioz)
Qu’il est étrange ce printemps de foot, de grisaille hivernale, de démission et de scepticisme généralisés. Les Américains qualifient de "long (...)
-
Voyage en Palestine
15 avril 2003, par Elias Sanbar
Ce court voyage en compagnie de la délégation du Parlement international des écrivains a débuté par des réminiscences de l’enfance, non parce que je rendais encore une fois visite à mon pays noyé, mais du fait des termes choisis pour désigner notre projet.
Nous avions en effet décidé de "rendre visite" à un ami, Mahmoud Darwich, et ces mots, malgré la situation déjà tendue et le fait que l’ami en question subissait également un siège imposé par les forces d’occupation, soulevaient en moi des résonances (...)
-
Ecrire en Palestine
Poésie
4 avril 2003, par Mourid Barghouti
Ce texte est extrait de la revue Autodafé (http://www.autodafe.org), revue du Réseau International des Villes refuges.
A la maison pleine de beauté
Je suis revenu, épuisé, comme
tous ceux qui reviennent.
Je me suis assis là où retentit la voix
de la sage-femme : C’est un garçon !
Son nom est Mourid !
Un instant, j’ai oublié le sombre
nuage de l’âge
Mes souvenirs remontant à l’enfant
Qui, de son berceau gothique,
Erra dans le pays, serein et contraint,
Puis revint.
La maison Raad est en (...)
-
Ecrire en Palestine
3 avril 2003, par Mourid Barghouti
Ce texte est extrait de la revue Autodafé (http://www.autodafe.org), revue du Réseau International des Villes refuges.
« Les Palestiniens sont comme le cancer. Il existe toutes sortes de remèdes à l’apparition du cancer. Pour l’instant, je pratique la chimiothérapie. »
Moshe Y’alon, chef d’État-major de l’armée israélienne
« Nous devrons un jour réduire le nombre de Palestiniens vivant dans les territoires. »
Eitan Ben Eliahu, commandant en chef de l’armée de l’air israélienne
« Il faut qu’à chacune de (...)
-
Ecrire en Palestine
Nouvelle
2 avril 2003, par Mahmoud Al-Rimawi
Un silence lugubre - mélange de stupeur et d’accablement - pesait sur l’assemblée, quand dans le voisinage un mouton entama un long bêlement paresseux, pareil à un bâillement. Quelque chose faisait que son bêlement s’élevait et s’amplifiait, sans pour autant changer de ton. Son cri était plus fort que le son de nos voix et il avait le choix de bêler ou de s’arrêter de bêler, tandis que nous, nous ne savions pas quoi dire, et pour peu que nous trouvions quelque chose, nous avions immédiatement des doutes (...)