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Contre-feux, revue littéraire de Lekti-ecriture.com

« Ce n'est pas ce qui est, mais ce qui pourrait et devrait être, qui a besoin de nous »
Cornelius Castoriadis


Littérature palestinienne

Dernier ajout – samedi 7 juin 2003.

La production littéraire palestinienne - et plus généralement celle du Proche-Orient - reste pour une grande part innaccessible aux lecteurs de langue française, en dehors de quelques grands noms comme celui de Mahmoud Darwich, dont les livres sont pris en charge en France par la maison d’édition Actes Sud. Il semblait nécessaire aux éditeurs du magazine littéraire Contre-feux de faire découvrir au public francophone cette partie de la littérature du Proche-Orient.

Ces dernières décennies, les auteurs palestiniens aient privilégié les formes courtes : nouvelles et poésies. Ces deux types d’écriture sont présentées de manière privilégiée sur Contre-feux.


  • Littérature palestinienne

    Ecarte moi ce sable

    poésie

    7 juin 2003, par Zuhayr Abou Châyeb
    L’air a vieilli Et, suffoquant, il a fui mes poumons Il a assouvi les morts avant de s’en aller Il a déployé l’étendue pour ses coursiers assoiffés Il a annoncé la ruine L’air est mort Aux arbres j’ai porté sa dépouille Et j’ai consolé le terreau Et sans honte je suis sorti de mon corps Je suis l’esclave de l’air Mon âme me fait tendre vers le haut Je tombe, mon corps est mon trou Je suis l’esclave de l’air et son tombeau Mon ombre remorque le sable Aride est mon ombre Et sur mon sang des (...)
  • Ecrire en Palestine

    Identité

    Poésie

    27 mai 2003, par Mahmoud Darwich
    Le poème de Mahmoud Darwich intitulé Identité, qui est présenté ici, a été écrit en 1964. Il a trouvé un écho particulièrement vif dans les populations palestiniennes. Inscris ! Je suis Arabe Le numéro de ma carte : cinquante mille Nombre d’enfants : huit Et le neuvième... arrivera après l’été ! Et te voilà furieux ! Inscris ! Je suis Arabe Je travaille à la carrière avec mes compagnons de peine Et j’ai huit bambins Leur galette de pain Les vêtements, leur cahier d’écolier Je les tire (...)
  • Document

    Chant de la Palestine

    À propos de la poésie de Mahmoud Darwich

    9 mai 2003, par Jean-Michel Maulpoix
    Les premiers poèmes de Mahmoud Darwich font entendre un lyrisme amoureux dans lequel l’attachement au pays natal et l’expression du sentiment amoureux tendent à se confondre. La part des éléments naturels est alors décisive. Symbole de la patrie, la terre est célébrée comme la « première mère ». Elle constitue aussi la recherche et l’affirmation, par la poésie, de sa propre existence physique. Pose dans ces premiers textes une dimension sensorielle dont elle ne s’écartera pas. Par la suite, l’engagement (...)
  • Ecrire en Palestine

    Etat de siège

    Poésie

    7 mai 2003, par Mahmoud Darwich
    Ici, aux pentes des collines, face au crépuscule et au canon du temps Près des jardins aux ombres brisées, Nous faisons ce que font les prisonniers, Ce que font les chômeurs : Nous cultivons l’espoir. Un pays qui s’apprête à l’aube. Nous devenons moins intelligents Car nous épions l’heure de la victoire : Pas de nuit dans notre nuit illuminée par le pilonnage. Nos ennemis veillent et nos ennemis allument pour nous la lumière Dans l’obscurité des caves. Ici, nul « moi ». (...)
  • Ecrire en Palestine

    Le curieux

    Nouvelle

    21 avril 2003, par Mahmoud Abou Hash’hash
    J’étais là-bas... Tu ne m’as pas entendu ? J’y étais, crois-moi. J’ai suivi Je tracé de ton plan : une rue pleine des pas morts des passants puis, en prenant à gauche, un café où les hommes iraient jusqu’à miser leur vie et derrière le café, une maison avec deux fenêtres de fer et une porte, une porte noire. J’y suis allé. Aucun doute, c’était là, les autres chemins que j’avais essayés ne m’avaient pas mené à une maison à deux fenêtres. Quant à la porte, toutes les maisons là-bas ont une porte noire. C’était (...)
  • Voyage en Palestine

    La guerre est finie ?

    Chronique

    15 avril 2003, par Elias Sanbar
    « - FAUST Mais d’un éclat guerrier les campagnes se parent Ah ! Les fils du Danube aux combats se préparent ! Avec quel air fier et joyeux Ils portent leur armure ! Et quel feu dans leurs yeux ! Tout cœur frémit à leur chant de victoire ; Le mien seul reste froid, insensible à la gloire. » (La Damnation de Faust, Gérard de Nerval, Hector Berlioz) Qu’il est étrange ce printemps de foot, de grisaille hivernale, de démission et de scepticisme généralisés. Les Américains qualifient de "long (...)
  • Voyage en Palestine

    En Palestine, et après

    15 avril 2003, par Elias Sanbar
    Ce court voyage en compagnie de la délégation du Parlement international des écrivains a débuté par des réminiscences de l’enfance, non parce que je rendais encore une fois visite à mon pays noyé, mais du fait des termes choisis pour désigner notre projet. Nous avions en effet décidé de "rendre visite" à un ami, Mahmoud Darwich, et ces mots, malgré la situation déjà tendue et le fait que l’ami en question subissait également un siège imposé par les forces d’occupation, soulevaient en moi des résonances (...)
  • Ecrire en Palestine

    La maison de Raad

    Poésie

    4 avril 2003, par Mourid Barghouti
    Ce texte est extrait de la revue Autodafé (http://www.autodafe.org), revue du Réseau International des Villes refuges. A la maison pleine de beauté Je suis revenu, épuisé, comme tous ceux qui reviennent. Je me suis assis là où retentit la voix de la sage-femme : C’est un garçon ! Son nom est Mourid ! Un instant, j’ai oublié le sombre nuage de l’âge Mes souvenirs remontant à l’enfant Qui, de son berceau gothique, Erra dans le pays, serein et contraint, Puis revint. La maison Raad est en (...)
  • Ecrire en Palestine

    Les majordomes de la guerre et leur langage

    3 avril 2003, par Mourid Barghouti
    Ce texte est extrait de la revue Autodafé (http://www.autodafe.org), revue du Réseau International des Villes refuges. « Les Palestiniens sont comme le cancer. Il existe toutes sortes de remèdes à l’apparition du cancer. Pour l’instant, je pratique la chimiothérapie. » Moshe Y’alon, chef d’État-major de l’armée israélienne « Nous devrons un jour réduire le nombre de Palestiniens vivant dans les territoires. » Eitan Ben Eliahu, commandant en chef de l’armée de l’air israélienne « Il faut qu’à chacune de (...)
  • Ecrire en Palestine

    Malédiction

    Nouvelle

    2 avril 2003, par Mahmoud Al-Rimawi
    Un silence lugubre - mélange de stupeur et d’accablement - pesait sur l’assemblée, quand dans le voisinage un mouton entama un long bêlement paresseux, pareil à un bâillement. Quelque chose faisait que son bêlement s’élevait et s’amplifiait, sans pour autant changer de ton. Son cri était plus fort que le son de nos voix et il avait le choix de bêler ou de s’arrêter de bêler, tandis que nous, nous ne savions pas quoi dire, et pour peu que nous trouvions quelque chose, nous avions immédiatement des doutes (...)

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