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Cornelius Castoriadis


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Borislav Pekic

Dernier ajout – mercredi 6 juillet 2005.

Né en 1930 au Monténégro, Borislav Pekic, « l’écrivain aux phrases les plus longues de la littérature serbe », est mort à Londres en 1992. Ces romans, nouvelles, drames et essais « traitent des problèmes moraux, intellectuels, politiques, historiques qui ont fait des destinées humaines ce qu’elles sont ». Pour ce septique à l’imagination puissante, « l’homme est fiché sur le pal de l’histoire, auquel il essaie de s’arracher avec des ricanements et des imprécations ».

Figure majeure des lettres yougoslaves, Borislav Pekic a débarqué dans la littérature du côté où on l’attendait le moins, avec un roman inspiré du Nouveau Testament, Le Temps du miracle (1965). Son oeuvre majeure, La Toison d’or (1978-1986), nous livre près de huit siècles d’histoire mouvementée des Balkans en une fantasmagorie littéraire qui retrace l’ascension sociale et la chute d’une puissante famille serbe d’origine aroumaine : une saga en sept volumes nourris de la mythologie qui accompagne l’errance de ce peuple et tourne en dérision les mirages de la société marchande.

Où l’on voit que la quête de La Toison d’or se confond avec une recherche du profit et du gain qui n’épargne que les tempéraments artistes…

Le dossier présenté ici sur Borislav Pekic a pu être mis en place sur le magazine littéraire Contre-feux grâce à la collaboration des éditions Agone, et son élaboration fut coordonnée par Héléna Autexier, des éditions Agone.


  • Une introduction à La Toison d’Or de Borislav Pekic

    L’écrivain qui profanait les tombeaux de l’histoire officielle

    Étude

    15 février 2005, par Jasmina Lukic
    Il semble qu’on ait tendance à croire qu’il suffit de se documenter pour écrire un bon roman historique. Un peu de la même manière que pour rédiger un compte-rendu scientifique. Oui, si vous êtes prêt à vous satisfaire d’un roman historique aussi vivant qu’un cadavre. Si vous voulez qu’il soit vivant, il vous faudra aller bien au-delà des documents, c’est-à-dire de ce qu’on nomme les faits. Et seule l’imagination peut vous conduire dans ces contrées. Pas n’importe laquelle, une imagination (…)

  • À propos de La Toison d’Or

    6 janvier 2005, par Milivoj Srebro
    Borislav Pekic (1930-1992), l’une des figures de proue des Lettres serbes, n’est pas complètement inconnu en France. Trois de ses livres ont été déjà publiés en français jusqu’à présent : L’ascension et la chute d’Icare Gubelkian, Le Plaidoyer du gardien de plage et Le Temps du miracle. Cependant, il a fallu attendre longtemps, plus de quinze ans, avant qu’un éditeur francophone ne relève le défi et se lance dans la publication de son œuvre majeure, le volumineux roman La Toison d’or (…)

  • Le supplice du pieu d’aubépine

    ou Comment les firmes thébaines Nako, Sina, Darda, Kurta, Dumba & co ont percé les Siméon pour voir s’ils étaient des vampires

    6 janvier 2005, par Borislav Pekic
    J’étais assis dans la boutique. Le soleil était déjà couché, mais il laissait traîner derrière lui un chaud rayonnement estival, sans lumière, que je pouvais moi aussi sentir sur ma peau. Depuis que j’étais renté de Tsarigrad, je ne supportais pas l’astre du jour. Je recherchais les ténèbres, dans lesquelles je vivais, au demeurant. Je pense que c’était parce que je m’y sentais davantage l’égal des autres personnes. Dans le noir, leurs yeux ne leur servaient pas à grand-chose, et le seul (…)

  • Un point de vue hétérodoxe sur l’histoire des Balkans

    Des Aroumains aux Tsintsares

    Destinées historiques et littéraires d’un peuple méconnu

    1er janvier 2005, par Nicolas Trifon
    L’entrée des aroumains dans le circuit culturel européen remonte à 1774, année de la parution à Leipzig du livre de Johann Thunmann intitulé Recherches sur les peuples européens de l’Est. L’auteur rend hommage à son informateur, Constantin Hagi Ceagani, parti à pied, dit-on, de Budapest pour Vienne, contre la volonté d’un père qui le destinait au commerce. Lors du périple européen qui le conduit de Rome à Cambridge et de Paris à Amsterdam, le jeune homme fait escale à deux reprises à Halle (…)

  • Extrait du troisième registre de La Toison d’or

    La métamorphose de Kyr-Siméon

    29 décembre 2004, par Borislav Pekic
    Le texte présenté à la lecture est extrait des Profits de Kyr-Siméon, troisième registre de la Toison d’or, paru aux éditions Agone en septembre 2004.
    Son père se montrait de jour en jour de plus en plus insupportable, insouciant des intérêts de la Firme. Il était même devenu somnambule. On l’avait surpris à la pleine lune gambadant à quatre pattes autour du puits, tel un poulain autour de l’abreuvoir, et il avait fallu l’empaqueter dans des draps pour le ramener à la maison sans que les (…)

  • Une introduction à la Toison d’or

    29 décembre 2004, par Borislav Pekic
    « Ce que je fais est indubitablement une remythologisation.
    Je tente d’expliquer l’histoire de la société et son avenir, l’avenir de l’homme, par son passé le plus reculé, où se cache la vérité qui l’a poussé de l’avant… Le mythe n’est pas la vie passée au crible de la pensée, il est le vécu exprimé en images. »
    J’avais onze ans quand, dans le grenier de ma grand-mère - continent perdu, Atlantide de mon enfance où j’ai vécu des aventures passionnantes comme je ne devais plus en connaître (…)