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« Ce n'est pas ce qui est, mais ce qui pourrait et devrait être, qui a besoin de nous »
Cornelius Castoriadis


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Birago Diop

Dernier ajout – vendredi 11 juillet 2003.

Birago Diop est un écrivain sénégalais d’expression française, mort en 1989, dont l’écriture s’est imprégnée des traditions orales de son pays, notamment celle des griots, les conteurs sénégalais.

Durant les années 1930, il fut proche du mouvement de la Négritude, qui comptait alors dans ses membres Léopold Senghor et Aimé Césaire.

Ce dossier sur Birago Diop a été mis en place grâce à la collaboration et aux autorisations du petit fils de Birago Diop. Qu’il en soit remercié chaleureusement.


  • Ecrire en Afrique

    Une commission

    Conte

    11 juillet 2003, par Birago Diop
    Quand elle est seule au pied des mortiers, la poule ne gratte que d’une patte.
    Car elle a, pense-t-elle, largement le temps de choisir ses grains.
    Penda n’était certes point seule dans M’Badane, mais elle n’avait qu’à se montrer pour que les plus belles jeunes filles parussent presque laides. Des jeunes filles du village, Penda était la plus belle et, loin de se montrer difficile comme chacun pouvait s’y attendre, elle ne demandait qu’à trouver un mari, car elle avait peur de vieillir, (…)

  • Ecrire en Afrique

    Woundou El Hadj

    Conte

    24 mai 2003, par Birago Diop
    Depuis son plus jeune âge Woundou-le-Chat en avait entendu sur le compte de son cousin Sirou-le-Chat-Sauvage que seuls les plus pauvres des pauvres ne pouvaient accuser un jour ou l’autre d’un quelconque méfait, n’ayant pas grand peine à suivre le conseil donné à chacun « Si tu n’as pas de poulet, que Sirou n’entende pas un mot désagréable de toi. » La volaille étant le bétail des moins favorisés du sort, nul ou presque personne n’était donc vraiment pauvre dans le pays et tout le monde (…)

  • Ecrire en Afrique

    Sarzan

    Conte

    14 mai 2003, par Birago Diop
    Les ruines s’amoncelaient indistinctes des termitières, et seule une coquille d’oeuf d’autruche, fêlée et jaunie aux intempéries, indiquait encore, à la pointe d’un haut piquet, l’emplacement du mirab de la mosquée qu’avaient bâtie les guerriers d’El Hadj Omar. Le conquérant toucouleur avait fait couper les tresses et raser les têtes des pères de ceux qui sont maintenant les plus vieux du village. Il avait fait trancher le cou de ceux qui ne s’étaient pas soumis à la loi coranique. Les (…)

  • Ecrire en Afrique

    L’héritage

    Conte

    7 mai 2003, par Birago Diop
    La douce journée qui s’achevait était à l’image de la vie du vieux Samba : calme et limpide, remplie de labeur, de sagesse, de bonnes actions.
    Les souffles qui portaient la nuit s’attardaient au faîte du tamarinier, attendant que le corps usé laissât s’envoler l’âme pour la guider vers la demeure des ancêtres. Dans les cases blotties comme des poussins peureux autour de celle de l’aïeul, le silence lourd pesait sur les femmes et les enfants. Seul, le crépitement des brindilles jetées au feu (…)

  • Ecrire l’Afrique

    Les mamelles

    Conte

    19 avril 2003, par Birago Diop
    Quand la mémoire va ramasser du bois mort, elle rapporte le fagot qu’il lui plaît…
    L’horizon bouché m’encercle les yeux. Les verts de l’été et les roux de l’automne en allés, je cherche les vastes étendues de la savane et ne trouve que les monts dépouillés, sombres comme de vieux géants abattus que la neige refuse d’ensevelir parce qu’ils furent sans doute des mécréants… Mauvais tisserand, l’hiver n’arrive pas à égrener ni à carder son coton ; il ne file et tisse qu’une pluie molle. (…)

  • Ecrire en Afrique

    Fari l’ânesse

    Conte

    15 avril 2003, par Birago Diop
    Sortir de son propos - souvent à peine y être entré - pour mieux y revenir, tel faisait à l’accoutumée Amadou Koumba, dont je rapporterai les dits et dont un jour sans doute je conterai les faits.
    Souvent, sur un mot de l’un de nous, il nous ramenait loin, bien loin dans le Temps. Souvent aussi, un homme qui passait, le geste d’une femme, faisaient surgir de sa mémoire des contes et les paroles de sagesse que le grand-père de son grand père avait appris de son grand-père. Le long de la (…)

  • Ecrire en Afrique

    Le salaire

    Nouvelle

    14 avril 2003, par Birago Diop
    Diassigue-le-Caïman, raclant le sable de son ventre flasque, s’en retournait vers le marigot après avoir dormi, la journée durant, au chaud soleil, lorsqu’il entendit les femmes qui revenaient de puiser de l’eau, de récurer les calebasses, de laver le linge. Ces femmes, qui avaient certainement plus abattu de besogne avec la langue qu’avec les mains, parlaient et parlaient encore. Elles disaient, en se lamentant, que la fille du roi était tombée dans l’eau et qu’elle s’était noyée, que fort (…)

  • Ecrire l’Afrique

    L’os de Mor Lam

    Théâtre

    4 avril 2003, par Birago Diop
    L’os de Mor Lam est une pièce de théâtre qui fut écrite dans les années 1960 par Birago Diop. Elle fut éditée pour la première fois à Dakar en 1966 par les Nouvelles Editions Africaines.
    Introduction
    Les habitudes de la vie imposées par la TRADITION se révèlent mal adaptées aux besoins de Mor Lam. Disons que Mor Lam s’adapte mal à ses obligations.
    Son désir de se trouver seul, dans sa demeure, pour savourer son OS, explique toute l’importance de (…)

  • Poésie

    Souffle

    1er avril 2003, par Birago Diop
    Ecoute plus souvent Les Choses que les Etres La Voix du Feu s’entend, Entends la Voix de l’Eau. Ecoute dans le Vent Le Buisson en sanglots : C’est le Souffle des ancêtres. Ceux qui sont morts ne sont jamais partis : Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire Et dans l’ombre qui s’épaissit. Les Morts ne sont pas sous la Terre : Ils sont dans l’Arbre qui frémit, Ils sont dans le Bois qui gémit, Ils sont dans l’Eau qui coule, Ils sont dans l’Eau qui dort, Ils sont dans la Case, ils sont dans la (…)

  • Contes africains

    Un jugement

    1er avril 2003, par Birago Diop
    Certes, Golo, le chef de la tribu des singes, avait un peu exagéré en visitant, cette nuit-là, le champ de pastèques de Demba. Il avait dû convoquer le ban et l’arrière-ban de ses sujets, qui ne s’étaient pas contentés d’arriver à la queue leu leu et de faire la chaîne pour se passer les pastèques une à une. Ils avaient, en bandes, sauté et franchi la haie d’euphorbes. Les euphorbes sont les plus bêtes des plantes, elles ne savent que larmoyer, mais pour qu’elles larmoient, il faut qu’on (…)

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