Bibliodiversité à l’italienne
C’est dans l’Espace des Blancs-Manteaux, au cœur du Marais, que s’est déroulée, ler, 2 et 3 février dernier, la première édition de la Fête du livre italien. Organisée par Gennaro Capuano, à l’origine de l’initiative “Leggere per 2” et libraire à Florence, cette manifestation a vu la participation d’un vaste public, venu suivre les différentes rencontres et flâner parmi les nombreuses tables d’éditeurs.
Au centre de l’espace figuraient, justement les livres de nombreux petits ou moyens éditeurs – une rencontre était d’ailleurs consacrée à la “bibliodiversité”, visant à protéger la liberté et l’indépendance du livre. Cependant, des « grands » comme Einaudi avaient aussi répondu à l’appel. La gastronomie n’avait pas été oubliée, avec un stand de délicieux produits régionaux et une soirée d’inauguration qui a permis de déguster du vrai parmesan, coupé avec maestria, et du jambon de Parme, le tout arrosé de Lambrusco. Une exposition consacrée aux cafés littéraires italiens et présentant de nombreux documents originaux (livres, photographies, cartes postales et lettres d’écrivains), organisée par la librairie Grandangolo de Modène, rappelait le rôle social et culturel de ces prestigieux cafés, comme le café San Marco de Trieste, où Claudio Magris a sa table attitrée. Plusieurs rencontres et tables rondes ont permis d’évoquer des questions aussi différentes que la traduction d’auteurs italiens en France, la situation politique de Naples, le livre pour enfants, la littérature du sud... Le but des organisateurs était de montrer que, loin des clichés réducteurs, l’Italie fait preuve d’une grande vitalité en matière de lecture, et que le livre signifie échange, circulation d’idées, confrontation des points de vue. La fête s’est clôturée sur un concert de musique et de chansons napolitaines, tantôt traditionnelles – tarentelles et tamurriate – tantôt contemporaines, avec des airs de Pino Daniele.
Merci aux organisateurs qui ont su mêler des expressions culturelles aussi différentes, lors d’un week-end de grande qualité, accessible au plus grand nombre – toutes les rencontres étaient gratuites – sans jamais perdre de vue une exigence de qualité et de réflexion. A l’anno prossimo, en espérant que les éditeurs français seront plus nombreux à participer à cette manifestation. La présence d’un public passionné et curieux devrait les inciter à moins de frilosité !
Marguerite Pozzoli
Derniers commentaires