Lire en Fête : Si Naples m'était conté... à Versailles.
Par Maïca Sanconie le vendredi, octobre 17 2008, 10:52 - actualités - Lien permanent
Pour leur cinquième édition de « Paroles d’Italie », l’association Paroles d’encre, implantée à Versailles et animée par Martine et Alain Gottvallès, avait choisi de mettre l’accent sur la ville de Naples, associée au thème de la littérature de jeunesse. Domenico Starnone, qui aurait dû présenter son roman Via Gemito (Fayard) étant cloué au lit par une mauvaise grippe, le programme fut écourté et condensé sur la journée du dimanche.
C’était donc l’écrivain et traducteur Jean-Noël Schifano qui, le dimanche 12 octobre, en début d’après-midi, inaugurait les débats en présentant son Dictionnaire amoureux de Naples (Plon). Erudit, passionné, volcanique – il devait d’ailleurs parler, avec ferveur, du musée qu’il a réalisé sur le Vésuve et dont un livre d’art rendra compte prochainement – Jean-Noël Schifano a été un remarquable directeur du « Grenoble », l’Institut Français de Naples. Je me souviens, en particulier, d’une soirée échevelée autour du lancement d’un chocolat qui reproduisait la forme caractéristique du célèbre volcan. Rarement un homme et une ville auront fusionné à ce point, et Naples l’a bien senti, qui a fait de cet écrivain son seul citoyen d’honneur français… Nous enchaînions ensuite, Jean-Noël Schifano et moi-même, sur un hommage à Anna Maria Ortese, qu’il a eu la chance de connaître personnellement et dont il a traduit le premier livre publié en France, L’Iguane (Gallimard). Nous avons évoqué sa personnalité et son écriture, et plus particulièrement deux recueils récemment publiés par Actes Sud : Tour d’Italie et Aurora Guerrera.
Puis, Laurent Gaudé lisait un extrait de son dernier roman, La porte des Enfers (Actes Sud) ; passage emblématique, puisqu’il décrivait l’arrivée de ses personnages devant l’entrée de l’au-delà, après avoir bu un café comme seul savent le préparer les Napolitains, un concentré de saveurs, explosif et ineffable. Dans un autre registre, il enchaînait ensuite sur la présentation et la lecture d’un extrait de son premier livre pour enfants, La tribu des Malgoumi (Actes Sud Junior) ; l’inventivité, l’humour et le rythme de cet extrait ont d’ailleurs enchanté le public de tout âge. Nous sommes restés dans la littérature de jeunesse avec Frédéric Morvan, qui a adapté et traduit pour L’Ecole des loisirs certaines nouvelles tirées du Conte des Contes de Basile, le génial conteur napolitain, trop méconnu en France. Toutes ces interventions étaient ponctuées par des chants napolitains : berceuses, pizziche, tarentelles introduites et interprétées avec tout le talent de Joséphine Lazzarino, une artiste formée à l’école de Giovanna Marini.
Un buffet italien devait clôturer, dans l’amitié, cette belle après-midi offerte par les deux amoureux de la littérature italienne que sont Martine et Alain, pourtant frappés par deux deuils récents. Nous leur disons merci de tout cœur.
Marguerite Pozzoli
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