De ma cellule à Saorge
Par Maïca Sanconie le samedi, avril 14 2007, 09:56 - Cellules - Lien permanent
Après un séjour à la résidence d’écrivains du monastère de Saorge en août 2005, Maïca Sanconie a demandé à plusieurs auteurs et traducteurs ayant partagé cette expérience de rédiger un texte sur la cellule qui leur avait été attribuée durant leur visite.
__Le texte qui suit est celui de Marguerite Pozzoli (France), traductrice d'italien.
Quand j’enseignais en prison, le mot “cellule” évoquait pour moi l’enfermement de ceux qui me quittaient avec une poignée de main, après chaque heure de cours. Le mot était lié au bruit des portes métalliques, sept portes que je devais franchir avant de les retrouver, et après, une fois les cours terminés. Je rentrais la tête pleine de regards, de mots simples mais essentiels.
J’ai logé dans une “cellule” à Saorge : c’était pour moi un lieu de luxe et de liberté. Luxe de la blancheur, du parfum des draps frais, de la fleur qu’une main avait déposée dans un vase. Il y avait des fresques, mais on les voyait à peine, on les devinait plutôt. Bizarrement, elles étaient recouvertes de badigeon blanc, comme pour les protéger, en attendant quelque chose. J’étais un peu vexée : certains avaient des cellules avec de belles fresques très significatives. Des têtes de mort, des fouets. J’aurais aimé connaître le sujet de “mes” fresques, j’avais envie de gratter, de l’ongle, pour savoir, mais je n’osais pas. J’étais hôte, c’est tout, il ne fallait pas laisser de trace. Quand je m’étais couchée, la première nuit, j’avais eu l’impression d’être veillée par des paupières closes. Derrière ces paupières dormaient des secrets. Il fallait les laisser tranquilles.
Mon père était mort quelques mois plus tôt. Son dernier regard, vitreux, ne me voyait plus. Puis ses paupières sont restées fermées, pendant que la vie s’en allait de lui au rythme de son souffle. Personne ne l’a veillé. Il aurait aimé ce cloître franciscain, lui qui avait fait une retraite, dans sa jeunesse, pour s’apercevoir après qu’il n’avait pas la vocation. Mais il y avait toujours, dans son portefeuille, une image de saint François. Je l’ai su la veille de sa mort. C’était un homme secret. Ma cellule est très ouverte, la fenêtre donne sur la vallée. Quant à la porte, elle n’a pas de clef, mais un loquet en bois, d’origine, paraît-il.
Je lis, je traduis. Je suis bien. Je ne suis rien venue chercher ici, aucune réponse. Mais j’ai trouvé de la lumière, et c’est l’essentiel.
Marguerite Pozzoli
Commentaires
bonjour, je suis un ancien du monastère, où j'ai séjourné deux mois chaque année de 1951à1956. J'ai pratiquement dormi dans toutes les cellules, dont les deux qui donnent sur l'esplanade,où apparament vous avez passé votre séjour. L'une face à l'escalier principal, l'autre dont l'acces passe par le petit couloir qui se trouve à sa droite. J'avais neuf ans la première année, et quinze ans la dernière année. J'en ai gardé un souvenir merveilleux et inoubliable. Actuellement je suis en train d'écrire un livre sur l'été1951 passé au monastère. Cela me fait toujours un énorme plaisir de reparlé de ce monastère que je revois fréquemment et je pourrai éventuellement donner des renseignement sur ce monastère avant qu'il soit réabilité .Cordialement Lamacchia Gérard
Des cellules du monastère de Saorge
Ces souvenirs du temps passé dans les cellules du monastère de Saorge ont fait remonter des souvenirs et tout un tas de fait et d'anecdotes enfouis au fond de moi même.Quand je repense à ces cellules strictes et austères avec de la chaux blanche sur tous les murs,un sol de ciment brut et où il n'y avait ni volets ni lumière.C'est la joie de mon enfance qui défile dans ma tête comme un film ininterrompu.Ces cellules qui pendant des années étaient restées sans vie de 1939 à1950. Ces plafonds en croisé d'ogives sur lequels mon regard se promenait lorsque j'étais couché sur ces paillasses sommaires.Un bonheur indescriptible me transportait à des siècles en arrière à essayer d'imaginer les moines qui avaient vécu ici. C'est vrai qu'il n'y avait ni commodité ni confort aucun chauffage mais le bonheur des yeux était partout. Dans chaque cellule la petite fenêtre laissait apparaitre des paysages merveilleux tous différent les uns des autres selon dans laquelle on se trouvait.On pouvait aussi apercevoir les fresques à l'intérieur du cloitre avec ces cadrans solaire ainsi que le magnifique clocher.J'ai pratiquement dormi dix mois de ma jeunesse tantôt dans l'une tantôt dans l'autre.C'est en repensant à ce passé des années 50 que 58 ans plus tard je me suis décidé d'écrire ce livre sur le monastère de Saorge occupé deux mois d'été par de jeunes enfants démunis. Ce livre est aujourd'hui terminé il s'intitule:
"Un merveilleux voyage du Suquet à Saorge" par Gérard Lamacchia .
25 Mars 2008
Cellules du monastère suite ...
Bonjour,
Pour faire suite au commentaire sur le monastère de saorge concernant la vie du monastère dans les années de 1951 à 1956. Des détails sur tous les sujets, que je relate dans un livre sur cette époque. Le réfectoire, le cloître, les cellulles ainsi que ces dépendances tel que l'esplanade et le jardin privatif derrière le monastère.Ce livre relate vraiment la résurection du monastère occupé par des enfants pauvres après la guerre. Avant cela il avait été occupé par nombreux de soldats Italiens et pratiquement laissé à l'abandon à l'après guerre. Pour que cette mémoire ne tombe pas dans l'oubli j'ai écris ce livre. "Un Merveilleux voyage du Suquet à Saorge". Ce livre relate le rêve d'un enfant qui pour la première fois a la possibilité de partir en vacance dans un vieux monastère où sans le vouloir il va se retrouver au centre de tout un tas d'évènement mystérieux dont il a réelement été le témoin visuel.
Ce livre n'est pas en grande diffusion mais si toute fois Maîca Sanconie était interessée qu'elle me le face savoir sur ma boite de mail: gerard.lamacchia83@orange.fr
cordialement lamacchia gérard