Marguerite Pozzoli est traductrice d’italien et responsable du domaine italien pour les éditions Actes Sud. Elle présente ici le Prix européen des jeunes lecteurs (2007).

Le 20 mars 2007, pour la quatrième année consécutive, six cents lycéens venus de dix pays d’Europe (France, Italie, Luxembourg, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Pologne, Tchéquie, Chypre et Roumanie) ont désigné le vainqueur du Prix européen des jeunes lecteurs.

Reçus au Parlement européen de Strasbourg, ils ont pu rencontrer des auteurs (Amin Maalouf et Patrik Ourednik), des traducteurs (Anita Concas, Gregor Seferens, Paola Gallo, Marguerite Pozzoli, Gilles Authier et Marianne Canavaggio) et des éditeurs (D. Arsand pour Phébus et G. Berréby pour Allia) concernés par les six livres choisis par les responsables de l’association “Livres en Europe”. Il s’agissait de Sang impur de Hugo Hamilton, Siegfried, une idylle noire de Harry Mulisch, Le pays où l’on ne meurt jamais d’Ornela Vorpsi, Le périple de Baldassare d’Amin Maalouf, Mon nom est rouge d’Orhan Pamuk et Europeana, une brève histoire du XXè siècle de Patrik Ourednik. Pendant que la plupart des lycéens, qui avaient accès à des traductions simultanées en anglais, français et allemand, dialoguaient avec les invités, leurs trente quatre délégués débattaient pour décider du vainqueur. A la fin de la journée, c’est le livre de Harry Mulisch qui se voyait récompensé, après des débats qui permettaient aux élèves de confronter leurs points de vue et leurs arguments.

Le mérite de cette manifestation est de promouvoir la lecture dans un cadre élargi – nous savons à quel point les programmes scolaires français font peu de place à la culture dans sa dimension européenne. Il s’agit aussi de permettre la rencontre entre les lycéens et les écrivains, traducteurs et éditeurs ; la diversité et la pertinence des questions posées prouvent la qualité du travail effectué en amont, et l’intérêt réel porté à la création littéraire. Le choix des oeuvres n’est pas laissé au hasard : outre qu’il doit s’agir d’auteurs vivants pour permettre cet échange, les livres doivent être suffisamment traduits, afin d’être accessibles aux élèves ; enfin, leur sujet doit, selon Emmanuel Bouju, président de Livres en Europe, “non seulement plaire aux lycéens, mais aussi et surtout les frapper, les faire réfléchir et réagir, susciter le débat.”

Une initiative qui demande un énorme investissement à ses organisateurs (“Livres en Europe” et “Texto”, soutenus par le CNL, le Ministère délégué aux Affaires européennes de la Région Alsace et de la DRAC Alsace, ainsi que par le Parlement européen et la Ville de Strasbourg), et à laquelle nous souhaitons longue vie.

Marguerite Pozzoli