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  <title>Maïca Sanconie - Balzac</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Mon, 15 Sep 2008 15:34:51 +0200</pubDate>
  <copyright>Maïca Sanconie</copyright>
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    <title>Comptes rendus ?</title>
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    <pubDate>Sat, 19 Apr 2008 16:42:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Maïca Sanconie</dc:creator>
        <category>actualités</category>
        <category>Balzac</category><category>Flaubert</category><category>Pierre Bergougnoux</category><category>Pierre Michon</category><category>Stendhal</category>    
    <description>    &lt;p&gt;A l’occasion de la conférence de Pierre Bergounioux&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;La littérature comme lutte à mort des consciences »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Séminaire Flaubert 2007-2008,  Ethique et esthétique&lt;br /&gt;
Ecole Normale Supérieure, Salle Dussane (Paris) 12 avril 2008&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Pour la Corrézienne que je suis par naissance, deux auteurs contemporains me permettent de surmonter le vertige ressenti dans l’aberration où je me trouve&amp;nbsp;: écrire en tant que sujet d’une histoire vécue là, dans ces prés, ces bois, ces champs, mais dont je n’ai pas hérité puisque fille, c’est-à-dire annulée dans l’histoire des noms des pères et rendue au hasard de l’enfantement anonyme des mères. Pierre Michon et Pierre Bergounioux m’ont ouvert un passage dans ce foisonnement d’émotions violentes, par l’adéquation entre leurs écritures et leurs connaissances intimes de ces paysages familiers, de la façon dont les corps se heurtent à la force vive des misères anciennes, des secrets perçus à l’inflexion des accents, de l’attraction morbide et suave des étangs, des ruisseaux, des robes fauves des troupeaux dont jaillissait le lait blanc et épais, ou le sang repus. Mon propre père, le jour où j’ai soutenu ma thèse, avait expliqué à mes professeurs qu’à une époque encore proche, chez nous, violer une fille coûtait moins cher que de voler un lapin. Paronomase incestueuse&amp;nbsp;? Ou reconquête paniquée, inconsciente bien sûr, de la puissance paternelle du nom que j’incarnais à ses dépens, que je volais pour exister dans le monde des idées, peut-être même pour exister seulement&amp;nbsp;? C’est en entendant Pierre Bergounioux évoquer le modèle paysan de «&amp;nbsp;la dévolution patrimoniale&amp;nbsp;» que le père de Flaubert avait appliqué à sa descendance, que j’ai compris, &lt;em&gt;mutadis mutandis&lt;/em&gt;, la vérité de ma situation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gustave Flaubert, fils cadet de ce grand bourgeois né paysan, était symboliquement mort au monde puisque écarté de la transmission du patrimoine, et la littérature avait été sa «&amp;nbsp;machine de guerre&amp;nbsp;» pour échapper à ce destin de spectre. Ecrire pour être, en quelque sorte. Pas seulement survivre, mais obtenir la reconnaissance de ce qu’il était, de ce qu’il pensait, de ce qu’il défendait ou condamnait. Ecrire contre le sort qui lui était réservé. Pierre Bergounioux a dépeint Flaubert dans le cadre de la société de la monarchie de Juillet, puis du Second Empire. Il l’a fait revivre au sein d’une Europe littéraire qu’il a décrite par touches claires jusqu’à notre époque, nous a rendu ses batailles plus contemporaines, ses propres batailles à lui aussi, évoquant Barthes et Sartre à l’articulation d’une pensée confrontant la philosophie aux sciences sociales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J’étais allée à cette conférence pour écouter Pierre Bergounioux, ou plutôt, l’entendre parler de littérature. Dans le couloir, j’avais reconnu la haute silhouette maigre, le visage émacié vu sur les photographies. Mais je ne m’attendais pas à la vigueur de sa présence, à l’énergie de ses gestes. Sa parole était un flux constant, abondant, sa voix sourde mais assez forte pour être entendue sans micro du fond de l’amphi où j’étais assise. Il a parlé pendant une heure et demie, le regard aveugle, le buste oscillant au mouvement de sa pensée. Son visage semblait chercher la lumière des fenêtres, à sa droite, dans un tropisme convenant à l’espace de sa parole. Car il parlait comme un livre, regardant à peine ses notes. Pendant une heure et demie, il a déployé l’architecture du monde littéraire français du XIXe siècle, soutenu par ses trois piliers&amp;nbsp;: Balzac, Stendhal, et Flaubert. Il a révélé la puissance du réalisme, ses raisons d’être (sociales, historiques, politiques, philosophiques…), et la façon dont Flaubert s’en est emparé pour pourfendre la société où il vivait, n’épargnant que de rares personnages, comme la mort qu’il incarnait. Car à travers lui «&amp;nbsp;c’est la mort qui parle », conclut Bergounioux en répondant aux questions de l’auditoire, soudain tourné vers nous, avec dans les yeux un feu ardent, une vivacité encore accrue, une joie qu’il cèle brusquement dans un regard intérieur lorsqu’on l’interroge sur la relation qu’il entretient avec Flaubert dans sa propre écriture. «&amp;nbsp;Je n’ai jamais osé y penser », affirme-t-il, fidèle à sa position de témoin passionné de cette «&amp;nbsp;lutte à mort des consciences ».&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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