Maïca Sanconie

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vendredi, juillet 4 2008

"Et l'amour et la mer"... Premières rencontres littéraires de Palavas - 26-27 juillet 2008

PROGRAMME PROVISIONNEL
Association Les Quai du Livre
Palavas
26-27 juillet 2008

Premières rencontres littéraires de Palavas

Organiser des rencontres autour du livre en plein de mois de juillet, c’était une gageure ! Et pourtant, c’est la pari que nous avons fait. Oui, nous pensons que vacances et détente ne sont pas incompatibles avec le plaisir de la rencontre et de la lecture. D’abord, parce que ces moments de disponibilité sont peut-être des plus favorables à la découverte et à l’émerveillement. Ensuite parce que les possibilités offertes par les lieux de Palavas nous ont semblé idéales. Enfin parce que les éditeurs et les auteurs, grands ou petits, proches ou un peu plus éloignés, ont accepté de jouer le jeu avec nous et de vous offrir cette première édition des Quais du Livre.
Le moment, le bord de mer... Une thématique nous est venue à l’esprit, comme le début d’un beau poème : “Et la mer et l’amour...” Il y aura donc des lectures de grands et beaux textes sur le thème de la mer (Moby Dick, le chef-d’œuvre de Melville, Le vieil homme et la mer, la fable cruelle de Hemingway, Tu, mio , hymne à l’amour et à l’adolescence, de Erri De Luca). Des jeux littéraires, une table ronde avec plusieurs auteurs de langue française nous entraîneront dans le territoire des « transports amoureux », qu’il s’agisse du conte de Minh Tran Huy, La princesse et le pêcheur ou des réflexions de Régine Detambel sur la vieillesse, pas aussi sage qu’on l’imagine. Nous essaierons aussi d’entrer dans la petite fabrique du roman en questionnant les écrivains sur leur pratique : « Comment ça s’écrit ? » sera en effet l’intitulé d’une autre table ronde à laquelle participeront auteurs et éditeurs.
Il y aura aussi un invité d’honneur, l’Italie, avec la présence de trois romanciers aux voix et aux univers différents : Luigi Guarnieri, Melania Mazzucco, et Claudio Piersanti. Ils nous parleront du renouveau du roman historique en Italie, mais aussi de la société italienne de ces dernières années, que leurs oeuvres questionnent avec gravité, ironie, légèreté... Un film inédit en France, tiré d’un roman devenu classique en Italie, I Vicerè nous permettra de prolonger cette réflexion et d’aborder le thème de l’adaptation cinématographique d’une oeuvre romanesque.
Nous avons aussi pensé aux plus jeunes : des ateliers pour enfants et adolescents animeront également ces deux journées.
Que ce soit sous le chapiteau au bout des quais pour rencontrer les auteurs et leur demander une dédicace, dans la belle salle du Palais des Congrès pour les tables rondes ou à une terrasse de café pour des « croissants cinématographiques », nous souhaitons que ces deux jours instaurent un dialogue convivial, dans lequel toutes les générations de lecteurs seront les bienvenues, pour une fête de l’intelligence partagée !

La manifestation se déroulera dans plusieurs lieux :
- un chapiteau au bout des quais, près de la plage, qui abritera les stands de livres. Y auront lieu les dédicaces des auteurs. Une partie de l’espace sera consacrée aux jeux et aux ateliers pour enfants.
-l’école de voile, (ou le petit théâtre, le samedi) où se dérouleront les lectures liées au thème de la mer.
-la bibliothèque, où se dérouleront les ateliers pour adolescents.
- le Palais des Congrès, où auront lieu les tables rondes et les spectacles.

SAMEDI
14 h 30 -16 h00

atelier enfants : Malika Doray, auteur-illustrateur
atelier adolescents : Hélène Ramdani, Le Navire en Pleine Ville Editions
atelier d’écriture : "L’atelier du Transport amoureux sur la mer", Maïca Sanconie et Chantal Danjou, auteurs

Lectures
15 h-15h 45 : Christian Bontzolakis : extraits de Moby Dick (H. Melville)
16 h –16h 45 : Marc Galabru : extraits de Le vieil homme et la mer (E. Hemingway)

17h 00 – 19 h00
Tables rondes
1.« Le roman fait des histoires »(L’écriture romanesque et l’histoire) (Luigi Guarnieri, Melania Mazzucco) animée par Marina Giaveri
2.« Au transport amoureux » (l’amour en littérature , Min Tran Huy, Maïca Sanconie, Elise Fontenaille, Chantal Danjou, Régine Detambel) animée par Pascal Jourdana

19 H 15 :sélection des lecteurs des Quais du livre

21 h 00 Palais des Congrès :
projection du film « I Viceré », de Roberto Faenza, 2007 (adapté du roman homonyme de Federico De Roberto, version italienne sous-titrée : une grande fresque historique qui se déroule en Sicile au milieu du XIXe siècle).

DIMANCHE
10h –11 h 00 Petit déjeuner-débat : « Du roman au film » - débat autour du film de la veille au soir. modératrices : Marguerite Pozzoli, Marina Giaveri et Elise Fontenaille

14h 30-16h30
atelier enfants : Malika Doray, auteur-illustrateur
atelier adolescents : Hélène Ramdani, Le Navire en Pleine Ville Editions
atelier d’écriture : "L’atelier du Transport amoureux sur la mer", Maïca Sanconie et Chantal Danjou, auteurs

Lectures
15 h-15h 45 : Christian Bontzolakis : extraits de Tu, mio (Erri de Luca)
16 h –16h 45 : Richard Bohringer, extraits de son dernier livre

17h 00 – 19 h
tables rondes :
1.« Comment ça s'écrit ? » (dans le secret de l’écriture romanesque) ( Alain Lacroix, Pascal Arnaud, Minh Van Tran , Elise Fontenaille, Régine Detambel ?) animée par Pascal Jourdana, journaliste, critique littéraire
2.« Non solo mafia » (la société italienne dans le miroir des romans) (Piersanti, Pascale) animée par Marina Giaveri, Marguerite Pozzoli, Melania Mazzucco

19 H 15 : sélection des lecteurs des Quais du livre

AUTEURS PRESENTS :
ITALIE, invités d’honneur :
Luigi Guarnieri
Melania Mazzucco
Claudio Piersanti

Auteurs français :

Christian Bonzolakis
Régine Detambel
Malika Doray
Chantal Danjou
Elise Fontenaille (à confirmer)
Alain Lacroix
Maïca Sanconie
Minh Tran Huy

Hommage à Pierre de Marbeuf. (1596-vers1650)
Sonnet

Et l'amour et la mer ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas par l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l'eau pouvait éteindre le brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
que j'eusse éteint ton feu de la mer de mes larmes.

samedi, avril 19 2008

Comptes rendus ?

A l’occasion de la conférence de Pierre Bergounioux : « La littérature comme lutte à mort des consciences »

Séminaire Flaubert 2007-2008, Ethique et esthétique
Ecole Normale Supérieure, Salle Dussane (Paris) 12 avril 2008

Pour la Corrézienne que je suis par naissance, deux auteurs contemporains me permettent de surmonter le vertige ressenti dans l’aberration où je me trouve : écrire en tant que sujet d’une histoire vécue là, dans ces prés, ces bois, ces champs, mais dont je n’ai pas hérité puisque fille, c’est-à-dire annulée dans l’histoire des noms des pères et rendue au hasard de l’enfantement anonyme des mères. Pierre Michon et Pierre Bergounioux m’ont ouvert un passage dans ce foisonnement d’émotions violentes, par l’adéquation entre leurs écritures et leurs connaissances intimes de ces paysages familiers, de la façon dont les corps se heurtent à la force vive des misères anciennes, des secrets perçus à l’inflexion des accents, de l’attraction morbide et suave des étangs, des ruisseaux, des robes fauves des troupeaux dont jaillissait le lait blanc et épais, ou le sang repus. Mon propre père, le jour où j’ai soutenu ma thèse, avait expliqué à mes professeurs qu’à une époque encore proche, chez nous, violer une fille coûtait moins cher que de voler un lapin. Paronomase incestueuse ? Ou reconquête paniquée, inconsciente bien sûr, de la puissance paternelle du nom que j’incarnais à ses dépens, que je volais pour exister dans le monde des idées, peut-être même pour exister seulement ? C’est en entendant Pierre Bergounioux évoquer le modèle paysan de « la dévolution patrimoniale » que le père de Flaubert avait appliqué à sa descendance, que j’ai compris, mutadis mutandis, la vérité de ma situation.

Gustave Flaubert, fils cadet de ce grand bourgeois né paysan, était symboliquement mort au monde puisque écarté de la transmission du patrimoine, et la littérature avait été sa « machine de guerre » pour échapper à ce destin de spectre. Ecrire pour être, en quelque sorte. Pas seulement survivre, mais obtenir la reconnaissance de ce qu’il était, de ce qu’il pensait, de ce qu’il défendait ou condamnait. Ecrire contre le sort qui lui était réservé. Pierre Bergounioux a dépeint Flaubert dans le cadre de la société de la monarchie de Juillet, puis du Second Empire. Il l’a fait revivre au sein d’une Europe littéraire qu’il a décrite par touches claires jusqu’à notre époque, nous a rendu ses batailles plus contemporaines, ses propres batailles à lui aussi, évoquant Barthes et Sartre à l’articulation d’une pensée confrontant la philosophie aux sciences sociales.

J’étais allée à cette conférence pour écouter Pierre Bergounioux, ou plutôt, l’entendre parler de littérature. Dans le couloir, j’avais reconnu la haute silhouette maigre, le visage émacié vu sur les photographies. Mais je ne m’attendais pas à la vigueur de sa présence, à l’énergie de ses gestes. Sa parole était un flux constant, abondant, sa voix sourde mais assez forte pour être entendue sans micro du fond de l’amphi où j’étais assise. Il a parlé pendant une heure et demie, le regard aveugle, le buste oscillant au mouvement de sa pensée. Son visage semblait chercher la lumière des fenêtres, à sa droite, dans un tropisme convenant à l’espace de sa parole. Car il parlait comme un livre, regardant à peine ses notes. Pendant une heure et demie, il a déployé l’architecture du monde littéraire français du XIXe siècle, soutenu par ses trois piliers : Balzac, Stendhal, et Flaubert. Il a révélé la puissance du réalisme, ses raisons d’être (sociales, historiques, politiques, philosophiques…), et la façon dont Flaubert s’en est emparé pour pourfendre la société où il vivait, n’épargnant que de rares personnages, comme la mort qu’il incarnait. Car à travers lui « c’est la mort qui parle », conclut Bergounioux en répondant aux questions de l’auditoire, soudain tourné vers nous, avec dans les yeux un feu ardent, une vivacité encore accrue, une joie qu’il cèle brusquement dans un regard intérieur lorsqu’on l’interroge sur la relation qu’il entretient avec Flaubert dans sa propre écriture. « Je n’ai jamais osé y penser », affirme-t-il, fidèle à sa position de témoin passionné de cette « lutte à mort des consciences ».

lundi, mars 10 2008

Hommage de Raffaele La Capria à l'écrivain italienne Anna Maria Ortese, à l'occasion du dixième anniversaire de sa mort, le 9 mars 1998.

Une créature nocturne et inquiète
par Raffaele La Capria

Anna Maria Ortese est morte. La nouvelle ne m’a pas pris au dépourvu. Quand Luigi Compagnone est mort, j’ai tout de suite pensé à elle et je me suis dit que “par sympathie”, elle le suivrait rapidement. Cela arrive aux personnes qui ont entre elles un lien si fort, si complémentaire, dirai-je, que l’une ne peut plus se concevoir sans l’autre.

Il peut paraître étrange que je dise cela alors que tout le monde a pu lire, dans La mer ne baigne pas Naples, le portrait impitoyable qu’Anna Maria a fait, non seulement de Compagnone, mais de nous tous qui étions alors, avec elle, les très jeunes collaborateurs de “Sud”, la revue née à Naples entre 1945 et 1947, et dirigée par Pasquale Prunas. Mais ce même Compagnone avait compris qu’Anna Maria avait vu, avec son regard de nécromancienne, dans la réalité napolitaine qu’elle décrivait, et dans les portraits qu’elle traçait de ses amis, le miroir, noir et renversé, de son propre désespoir. Bien sûr, derrière ce livre, on sent qu’il y avait une illusion énorme, en tout cas égale à la déception qui l’a poussée, ensuite, à l’écrire. Et de toute façon, peu d’écrivains – c’est une certitude – ont su raconter Naples comme Anna Maria Ortese. Son regard est celui d’une visionnaire ; il la conduit au-delà du réalisme apparent, et sa description des rues et de la foule de sa Tolède(1) nous entraîne en plein XVIIè siècle napolitain. Son style aussi devient “XVIIè siècle” : il y a quelque chose de grandiose dans sa représentation, quelque chose d’hispanisant dans sa sombre splendeur. Elle est parfois impitoyable, parce qu’elle était un grand écrivain et qu’elle savait qu’à Naples, “s’émouvoir, c’était comme s’endormir sur la neige”. Et Compagnone, toujours lui, lui reconnaissait une “invraisemblable candeur”.
Ce n’est qu’à la fin de sa vie qu’Anna Maria a obtenu la reconnaissance qui lui était due depuis des années. Seulement à la fin de sa vie, elle a pu connaître une certaine aisance et une existence quasi normale. Elle n’a jamais connu la paix, persécutée qu’elle était par la malchance, et disait d’elle-même : “Je suis un miroir taché. Les choses que je vois ne sont ni belles, ni vraiment heureuses.”
Dans ses derniers, et très beaux livres, L’Iguane et La douleur du chardonneret, on perçoit son angoisse, à travers les paroles terribles que prononce Elmina, un personnage dans lequel on pourrait reconnaître l’auteur lui-même : “Le bonheur est un mal. Aimer les créatures est un mal... Seule la vie est un mal, seule la joie est un mal !”
Ces jours-ci, justement, je suis en train de corriger les épreuves d’un livre dans lequel j’évoque tous les amis de mon “amarcord”, mais où je parle d’elle aussi. Et je me souviens d’un épisode qui me revient après tant d’années en regardant, sur la couverture de l’édition Adelphi, le portrait d’Anna Maria telle qu’elle était quand je l’ai connue, alors que La mer ne baigne pas Naples n’avait pas encore troublé les eaux de ses amitiés parthénopéennes et que La douleur du chardonneret, avec son chant, était encore à venir. Je regarde son pâle visage de jeune fille, la douce intransigeance de son expression, ses yeux pleins d’ombre et comme remplis de présages, sa bouche à peine effleurée par un petit pli amer, et je la revois – mais peut-être est-ce un souvenir purement fantastique – un jour où, par je ne sais quelle imprévisible et étrange coïncidence, nous étions partis faire une promenade sur l’île de Procida.
C’est par une matinée splendide que nous avions embarqué à bord du bateau à vapeur, sur une mer lisse et bleutée ; mais je crois qu’Anna Maria, sitôt monté la passerelle, avait déjà regretté sa décision. Je portais un pull-over blanc ou bleu ciel, peut-être ; elle, elle était tout de noir vêtue, sans doute portait-elle encore un deuil familial. Noirs étaient ses cheveux, noirs ses yeux, dans son visage blanc de petite Espagnole : elle était vraiment telle qu’elle apparaît sur la couverture de l’édition Adelphi.
Elle se réfugia aussitôt dans le salon intérieur du bateau. On eût dit que toute la lumière de cette matinée de printemps était pour elle insoutenable, qu’elle lui faisait mal aux yeux, qu’elle la blessait au plus profond d’elle-même ; et elle, comme un de ces papillons de nuit qui, le jour, avec leurs sombres ailes croisées, cherchent refuge dans un coin secret de la maison, se tenait à l’écart, dans l’angle le plus isolé du salon. Les yeux tournés à l’intérieur d’elle-même, elle ne voyait rien du spectacle extérieur, ni la splendeur de la mer qui baigne Naples, ni la ligne changeante du paysage ni la beauté des côtes ; et elle ne vit même pas l’île qui venait à notre rencontre, avec toutes ses blanches maisons morcelées.
Cet excès de lumière qui éclatait dans l’air devait lui paraître irrespectueux, voire indécent : il l’offensait. C’est ce que je pensai. Et je la regardais à la dérobée, avec appréhension, comme si toute cette lumière pouvait mettre sa personne en danger, la dissoudre peu à peu jusqu’à la faire s’évanouir ; et je me reprochais de l’avoir emmenée avec moi, l’exposant à tant de danger imprévu. Je me souviens que – comme cela arrive souvent – une lune transparente, diaphane, naviguait telle une hostie dans le ciel diurne, consumée par la lumière, elle aussi incongrue, de cette belle journée ; créature nocturne, faite pour l’ombre, où rayonne le mieux sa nébuleuse splendeur, comme le futur auteur de La mer ne baigne pas Naples.

(Corriere della Sera, mardi 10 mars 1998) Traduit de l’italien par Marguerite Pozzoli, grâce à l’aimable autorisation de l’auteur.

(1) Allusion au roman d’Anna Maria Ortese, Le port de Tolède, où Naples est représentée sous le nom de la ville espagnole.

vendredi, février 8 2008

Fête du livre italien, 1-3 février 2008, à Paris

Bibliodiversité à l’italienne

C’est dans l’Espace des Blancs-Manteaux, au cœur du Marais, que s’est déroulée, ler, 2 et 3 février dernier, la première édition de la Fête du livre italien. Organisée par Gennaro Capuano, à l’origine de l’initiative “Leggere per 2” et libraire à Florence, cette manifestation a vu la participation d’un vaste public, venu suivre les différentes rencontres et flâner parmi les nombreuses tables d’éditeurs. Au centre de l’espace figuraient, justement les livres de nombreux petits ou moyens éditeurs – une rencontre était d’ailleurs consacrée à la “bibliodiversité”, visant à protéger la liberté et l’indépendance du livre. Cependant, des « grands » comme Einaudi avaient aussi répondu à l’appel. La gastronomie n’avait pas été oubliée, avec un stand de délicieux produits régionaux et une soirée d’inauguration qui a permis de déguster du vrai parmesan, coupé avec maestria, et du jambon de Parme, le tout arrosé de Lambrusco. Une exposition consacrée aux cafés littéraires italiens et présentant de nombreux documents originaux (livres, photographies, cartes postales et lettres d’écrivains), organisée par la librairie Grandangolo de Modène, rappelait le rôle social et culturel de ces prestigieux cafés, comme le café San Marco de Trieste, où Claudio Magris a sa table attitrée. Plusieurs rencontres et tables rondes ont permis d’évoquer des questions aussi différentes que la traduction d’auteurs italiens en France, la situation politique de Naples, le livre pour enfants, la littérature du sud... Le but des organisateurs était de montrer que, loin des clichés réducteurs, l’Italie fait preuve d’une grande vitalité en matière de lecture, et que le livre signifie échange, circulation d’idées, confrontation des points de vue. La fête s’est clôturée sur un concert de musique et de chansons napolitaines, tantôt traditionnelles – tarentelles et tamurriate – tantôt contemporaines, avec des airs de Pino Daniele.
Merci aux organisateurs qui ont su mêler des expressions culturelles aussi différentes, lors d’un week-end de grande qualité, accessible au plus grand nombre – toutes les rencontres étaient gratuites – sans jamais perdre de vue une exigence de qualité et de réflexion. A l’anno prossimo, en espérant que les éditeurs français seront plus nombreux à participer à cette manifestation. La présence d’un public passionné et curieux devrait les inciter à moins de frilosité !

Marguerite Pozzoli

mercredi, février 6 2008

Base de données "Au transport amoureux"


L'amour tient depuis toujours une grande place dans la littérature et curieusement, ce thème est moins célébré que d'autres, comme s'il était relégué au second rôle. Pourquoi ne pas lui rendre ses lettres de noblesse ? Pourquoi laisser la part belle à la littérature dite sentimentale ?

Après la publication de mon roman De troublants détours( Quidam, 2004) je souhaite mettre en oeuvre l'idée exprimée par le personnage d'Innocenza (p. 74) : créer une base de données rassemblant les livres consacrés à l'amour depuis l'antiquité (romans, pièces de théâtre, recueils de poésie, essais, anthologies). Les romans sentimentaux sont proscrits.

La base de données reprend le nom de la librairie décrite dans le roman : "Au transport amoureux".

J'invite les internautes à établir chacun une liste, par ordre alphabétique des noms des auteurs, dans les cinq genres mentionnés ci-dessus. Il n'est pas obligatoire que le nom " amour" soit mentionné dans le titre de l'ouvrage.

Merci de me communiquer vos listes ou suggestions, et je les incluerai au fur et à mesure dans la liste ci-dessous. Votre nom restera associé au livre que vous avez cité.

  • Romans

Duras, Marguerite, "L'Amant" (Alicai Hungerer)

Levy, Marc, "Mes amis, mes amours" (Marine Delacroix)

Manzoni, Alessandro : I Promessi Sposi (Kenneth Berri)

Musso, Guillaume, "Parce que je t'aime "(Marine Delacroix)

Stendhal, "La Chartreuse de Parme" (Alicia Hungerer)

Vian, Boris : L'Ecume des jours (Isabelle Schlauder et Nathalie Pommeret)

Wharton, Edith : The Age of Innocence (Kenneth Berri)

  • Pièces de théâtre

Shakeaspeare, William : Romeo and Juliet (Maïca Sanconie)

  • Recueils de poésie

Petrarca, Il Canzionere (Kenneth Berri)

  • Essais

Mascolo, Dionys : De l'amour, URDLA, Collection Bréviaires, Villeurbane, 1993 (Maïca Sanconie)

Rougemont, Denis : L’Amour et l’occident (Maïca Sanconie)

  • Anthologie

Perret, Benjamin : Anthologie de l'amour sublime, Albin Michel, Paris, 1956 (Maïca Sanconie)

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