LA SPIRALE DE LA PAROLE, Guillaume Bergon, Caméras animales, 123 pages, 12 €.

L’édition de livres par Caméras animales reprend avec ce titre de Guillaume Bergon, le 2ème de ce jeune auteur. 100 textes courts, ou chapitres, d’un livre expérimental. On est tenté d’y picorer ça et là des expressions d’un mal-être (« J’ai pris du papier et un stylo. Puis plus rien. Mes paupières me font mal. » page 87) ou d’un refus , d’un dégoût pour le milieu littéraire (« Je m’en tiens, après des années de lecture et d’écriture, à un fait très simple, ce qui n’est pas écrit avec le sang de l’esprit ne mérite pas d’être dit. » page 99). Mais ce ne serait pas la bonne méthode de lecture, non, il faut oser plonger dans le texte totalement, se laisser aspirer par la spirale des mots, afin de percevoir la pulsation d’un texte vivant, en recherche (« J’ai l’idée précise du langage que je veux créer. » page 121), avançant sur un rythme obsédant comme autant de coups frappés à une porte.

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Le lecteur peut décrocher parfois, être agacé, mais reconnaît l’obsession des mots, la quête d’un langage qui manifestement lui tient à cœur (au sens propre bien sûr).

Christiane Rolland Hasler