Pas de roman, bonne nouvelle !

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lundi, novembre 25 2013

NO ET MOI

Delphine de Vigan,
« No et moi »
Le Livre de poche

vigan« On est capable d'envoyer des avions supersoniques et des fusées dans l'espace, d'identifier un criminel à partir d'un cheveu ou d'une minuscule particule de peau, de créer une tomate qui reste trois semaines au réfrigérateur sans prendre une ride, de faire tenir dans une puce microscopique des milliards d'informations. On est capable de laisser mourir des gens dans la rue. » (page 82)
Voilà pour le constat ! Un état des choses telles qu'elles sont. L'histoire se joue principalement entre deux personnages, une adolescente de 13 ans et une sdf, à peine plus âgée. L'une est douée, surdouée même, et pourtant mal dans sa peau, tétanisée de peur devant un exposé à faire, l'autre mal dans sa peau également pour d'autres raisons, sale et mal habillée, sans domicile fixe, sans attache. Un lien va peu à peu s'établir entre ces deux êtres, un lien qui donne à espérer à une intelligence du cœur qui rendrait tout possible : viens chez moi... Et de croire que si les choses sont comme elles sont, elles pourraient n'être pas immuables ? Tout tenter, franchir l'infranchissable, rémédier à l'irrémédiable, aller jusqu'au bout, ne jamais renoncer.... Cependant, nul n'est à l'abri....

C'est un très beau récit qui se lit d'un trait, tendre, grave, ironique.

LA PETITE FILLE DE MONSIEUR LINH

Philippe Claudel
« La petite fille de Monsieur Linh »
livre de poche

Un vieil homme debout à la poupe d'un bateau qui s'éloigne doucement de son pays d'origine. Dans ses bras une petite valise et un nouveau né, sa petite fille, sauvée des décombres. Intriguant ce bébé dans les bras d'un vieillard …. mais Monsieur Linh reste imperturbable, peu sensible aux regards des autres en ce qui concerne son précieux ballot.

claudelLa petite fille de Monsieur Linh est un roman sur l'exil. Monsieur Linh a dû fuir son pays, chassé par la guerre, son fils et sa belle-fille sont morts là-bas. C'est alors l'arrivée dans un pays nouveau, mais seul, perdu. Avec pour lui la mémoire, et un certain devoir aussi, pour ne pas oublier ; avec sa souffrance, ses morts... Tout cela nous est raconté avec une grande pudeur (on ne nous force pas dans nos sentiments) ; la narration est simultanée (au présent), ce qui nous rend proche du personnage : on vit avec lui, on avance avec lui, et comme lui, on ne sait pas où on va (puisque le récit n'est pas rétrospectif). Mais le narrateur est externe au récit, et alors nous ne sommes plus que lecteur, impuissant, incapable d'agir pour aider ce petit homme. Au milieu de cela, de cette ambiance tout de même violente, on peut toutefois se raccrocher à quelque chose. Et c'est d'ailleurs le sujet même de ce roman, c'est le besoin que l'Homme a de se tenir à quelque chose, à un repère. Le besoin d'amour aussi, car les repères ne suffisent pas, et c'est en quelque sorte l'amour de Monsieur Linh pour Bark qui le sauve, qui lui permet de revivre. C'est donc un livre engagé, et qui laisse réfléchir quant à l'accueil des immigrés : que leur offrons-nous ? Qu'est-il vital de leur offrir?

Le lecteur entre dans le méandres de la vie de cet homme, et le suit intimement dans les péripéties de son aventure. C'est un récit troublant, bref, brûlant et tendre, où se mêle complexité et simplicité.

dimanche, juin 30 2013

LA PART DU DIABLE

LA PART DU DIABLE et autres nouvelles noires, Michel BAGLIN, Le bruit des autres, 200 pages, 15 euros.

BAGLIN
Né en 1950, poète, essayiste, romancier, journaliste, critique, éditeur, revuiste, Michel Baglin est une figure importante de la littérature d’aujourd’hui, bien connue des lecteurs de « Brèves » et de « L’Atelier du Gué » qui ont publié des essais : Poésie et Pesanteur (1984) et François de Cornière (1984), des nouvelles : L’Innocence de l’Ordre (1981), des articles.
Il est l’auteur de plus de trente ouvrages. Il a été le créateur et l’animateur d’une revue importante, « Texture », à laquelle a succédé le site revue-texture.fr., site sur lequel précise : « J’écris sur une réalité qui ne cesse, il me semble, de se dérober, diluée par les habitudes, les rôles sociaux, les langages inadaptés. Mes personnages sont ainsi toujours un peu exilés et comme absents de leur propre vie, en proie à "la perte du réel". Ils ont pourtant soif de présence, des autres, envie de descendre dans le paysage, et cherchent désespérément à retrouver leur pesanteur intime, à s’incarner. » Les personnages de Michel Baglin « s’incarnent » dans ces treize nouvelles noires. Treize : est-ce un hasard ? un clin d’œil ? un signe ? En tout cas, noires, elles le sont, noires comme le « polar », noires comme l’humour, noires comme l’âme de certains personnages, mais pas forcément désespérées.

La dernière nouvelle de ce recueil, Palimpseste, est une clef pour entrer dans l’univers subtilement poétique, ironiquement décalé, insidieusement angoissant de Michel Baglin. C’est une vertigineuse mise en abîme, en abysse : un écrivain, dans une chambre d’hôtel, se souvient d’un réfugié espagnol qu’il a hébergé quand il a fui l’Espagne franquiste ou plutôt l’imagine à partir de ses souvenirs ou plutôt le construit à partir de ce « décor » comme Simenon ou plutôt Maigret qui « quand il erre dans un lieu, s’imprègne, respirant l’atmosphère et les gens pour essayer de capter quelque chose des personnages invisibles qui s’y meuvent en silence » et ainsi Maigret « ne se comporte pas en policier mais en écrivain ». Et ces personnages, l’auteur les « rate souvent » mais souvent aussi « ils se mettent à exister très fort. Et moi avec eux. » Ce sont les dernières phrases de ce recueil magistral. Et le lecteur peut assurer à l’auteur que les personnages de ces treize nouvelles « existent très fort ».

Certaines sont bien des nouvelles policières. Elles sont d’ailleurs assez terrifiantes par leur côté implacable, par la manière dont se construit le piège dans lequel vont tomber les victimes mais aussi les enquêteurs et même les assassins. Dans La beauté du geste, une femme, une ivrogne, invente, de toutes pièces, à titre « posthume », un crime qui n’a jamais été commis, et fait passer pour assassin un homme innocent qui en fait est mort en essayant vainement de sauver sa femme, un homme qui évidemment ne peut donc plus se battre pour rétablir la vérité, et ainsi elle assouvit une vague vengeance. Le lecteur n’est pas près d’oublier cette « pocharde » et son « bagout ». Mais il ne doit pas oublier non plus le début de cette nouvelle : c’est une espèce d’« art poétique » où la narrateur (l’auteur ?) explique comment il commence un « roman ». Ces personnages apparemment « réalistes » existent-ils ?

Certaines nouvelles frôlent le fantastique, avant de s’en dégager : ainsi dans Une place au soleil, Henri Duparc est victime de son voisin, dont il subit « l’influence néfaste », qui pourrait être le diable, mais qui n’est en fait, si l’on ose dire, qu’un assassin banal. Ou encore, dans La sirène de minuit, un jeune homme imprudent et peut-être présomptueux « se jette à l’eau » pour poursuivre une « sirène », qui est sans doute une « folle », schizophrène, et manque se noyer, avant de retrouver le sol ferme et la « réalité », mais les derniers paragraphes nous ramènent au mythe, à Ulysse qui avait su, lui, opposer la ruse à la perversité des sirènes.

D’autres nouvelles s’enracinent dans la réalité la plus cruelle : par exemple l’explosion de l’usine AZF à Toulouse, peu après les attentats du 11 septembre 2001, dont l’une des nouvelles les plus fortes et les plus tragiques de ce recueil, intitulée précisément Idées noires (ce n’est pas un hasard !), analyse les désastreuses conséquences psychologiques, sociales, humaines, et montre comment certains ont tout perdu : travail, famille, dignité, équilibre, envie de vivre, et ont été ainsi détruits dans leur humanité. Toutes ces nouvelles instaurent un climat envoûtant, entre tragique, humour et poésie, entre fantastique, « polar » et « réalité », entre ironie et tendresse : équilibre fragile et pourtant solide, solidement assumé par un auteur passé maître dans l’art d’ensorceler son lecteur, lequel est un heureux « Ulysse » fasciné par les « personnages-sirènes » de Michel Baglin.

Jean-Loup Martin

Michel Baglin, nouvelliste s'entretient avec Greg Lamazères sur TLT à propos de ce recueil.

lundi, juin 10 2013

SUR LA ROUTE

Diarrhée DIARHHÉE AU MEXIQUE, de Bienvenu Merino, reparaît avec une préface d’Éric Dussert, l’orpailleur des Lettres.
Et l’on redécouvre ce grand texte (d’une quarantaine de pages) qui fait honneur à la littérature habitée (et non en habits). Car Bienvenu Merino est un voyageur vrai (au sens du beatnik à la Kerouac, à la Théo Lesoualc’h, tout breton est odysséen) qui écuma le monde et particulièrement l’Amérique amazonienne à la recherche du prisme qui décuple. Ce livre est un fragment de son Journal de marche (800 pages) et un chef d’œuvre qu’Éric Dussert a raison d’adosser aux noms d’Artaud et de Sade, de Jarry et de Rabelais. (Guy Darol)

http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/Diarrhee-au-Mexique.html

mardi, juin 4 2013

FÊTE DE LA NOUVELLE

Dimanche 9 Juin

A partir de 14h30 Château de Chamerolles - Chilleurs-aux-bois En déambulant dans le château de Chamerolles et ses jardins, le public découvrira des nouvelles à voir et à entendre. Comédiens, musiciens, artistes plasticiens, danseurs... offriront, au détour d'un salon, d'un bosquet, d'une tour, quelques oeuvres éphémères adaptées des recueils sélectionnés pour le Prix Boccace ainsi que des nouvelles pour les plus jeunes. Isabelle Flaten, Arnaud Modat, Emmanuelle Pagano, Leïla Sebbar, les auteurs en lice pour le Prix rencontreront le public suite aux spectacles. Une carte blanche est également proposée aux membres du jury Jean-Marie Blas de Roblès, Christiane Baroche, Vincent Engels, Amélie Prévost, Hervé Le Tellier qui nous présenteront des recueils de nouvelles qui les ont marqués. La remise du Prix Boccace viendra clore cette Fête de la Nouvelle.

(Téléchargez le programme http://www.tuconnaislanouvelle.fr/index.php?page=la-fete-de-la-nouvelle-le-29-mai-2011 )

__ Dimanche 23 Juin__ L'arbre à palabres 15h30 Parc des Longues Allées Saint-Jean de Braye Gratuit Ah, il s'en raconte de belles, sous l'arbre à palabres de Saint-Jean de Braye! Des histoires à dormir debout ou allongé sous son ombre... Des histoires de sages et de fous. Des histoires vraies, ou pas, ou qui sait ? Venez écouter les comédiens Aurélie Audax, Philippe Polet et Christophe Thébault vous raconter des histoires pour petits et grands. Ces textes ont été écrits par la classe de cm1-cm2 de l'école Louise Michel, des groupes de séniors et d'ados sous la houlette d'Ella Balaert.

Nouveau concours de nouvelles Thème : Papier(s) L'association « Tu Connais la Nouvelle? » et la ville de Saint-Jean-de-Braye organisent depuis plus de 18 ans un concours de nouvelles ouvert à toute personne âgée de plus de 16 ans, résidant en France ou ailleurs. Ce concours attire des passionnés du monde entier (Belgique, Etats-unis, Burkina Faso, Slovénie...) et a vu éclore quelques jeunes pousses! Le thème de cette année est « Papier(s) » Trois prix allant de 225 euros à 400 euros récompenseront les meilleures nouvelles. Récompense suprême, celles-ci seront par ailleurs éditées dans le recueil «Papier(s)» qui paraîtra le 1er juin 2014 aux côtés d'auteurs nouvellistes reconnus. Vous avez donc jusqu'au 10 janvier 2014 pour nous faire parvenir vos textes par voie postale. Nous vous remercions de télécharger et accepter le règlement avant tout envoi de votre texte. (http://www.tuconnaislanouvelle.fr/index.php?page=concours-de-nouvelles)

__Prix Boccace : participez au comité de sélection __Le PRIX BOCCACE est choisi parmi les recueils de nouvelles édités entre dans l'année. Le jury élit le lauréat parmi les recueils proposés par le comité de sélection retient cinq recueils. Nous vous proposons de participer à ce comité de lecture ! Comment ? Adressez-nous avant le 13 juillet 2013 une lettre dans laquelle vous nous expliquerez les raisons de votre candidature, vos goûts en matière de littérature contemporaine. Vous y joindrez également une courte critique de 15 lignes sur votre dernier livre « coup de coeur ». Vous y indiquerez votre date de naissance, votre profession et votre adresse exacte. Attention : Les candidats devront obligatoirement résider dans le département du Loiret. Chaque membre du comité lira l'ensemble des recueils reçus (34 en 2013) En savoir plus : http://www.tuconnaislanouvelle.fr/index.php?page=le-comite-de-selection

Vient de paraître : le recueil « Derrière la porte » Ella Balaert, Alain Bellet, Joëlle Cuvilliez, Fabienne Jacob, Stéphane Michaka et Bertrand Runtz ont accompagné collégiens, lycéens et apprentis dans l'écriture de ces « clips littéraires ». Les lauréats tout public du concours de nouvelles les rejoignent dans ce recueil. Et l'illustrateur Stanislas Gros vous propose son interprétation du thème. Esthétique et sensibilité sont au rendez-vous de ce dernier recueil de nouvelles.

mardi, mai 28 2013

WILLLIAM FAULKNER À DINAN

Mercredi 5 juin à 18 heures, BIBLIOTHEQUE DE DINAN Salle Mathurin-Monier.

FAULKNERPour clore la saison 2012-2013, le Club-lecture de la Bibliothèque municipale de Dinan propose une rencontre intitulée Cet étrange William Faulkner, animée par l’auteur de nouvelles Alain Emery, mercredi 5 juin à 18 heures, Salle Mathurin-Monier. Après celui de Jean Giono, à l’occasion de l’ouverture de la saison en septembre dernier, c’est au portrait attachant du Prix Nobel de Littérature 1950 que s’attèle, avec bonheur, Alain Emery. En s’appuyant à la fois sur son oeuvre,ses entretiens et les différentes biographies écrites à son sujet, Alain Emery retrace le parcours conquérant mais chaotique d’un des plus grands – et des plus obscurs – écrivains du XXème siècle.

lundi, mars 11 2013

Un entretien avec Michel Baglin, nouvelliste (sur Télé Toulouse)

baglin.jpghttp://www.tlt-vod.com/Mstr.php?lk=03659228864120&Em=36&Vd=2490

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