Pas de roman, bonne nouvelle !

Accueil | Contre-feux, revue littéraire | Les espaces de l'édition indépendante| La librairie

vendredi, juillet 31 2009

L'amour au soleil


br88Sous une charmante couverture signée Daniel Maja, grand maître de l’humour décalé, la revue Brèves – anthologie permanente de la nouvelle consacre son numéro 88 à un thème inépuisable : l’amour. Dix auteurs se sont attelés à ce sujet rebattu et donc particulièrement casse-gueule. Ils s’en tirent avec brio étincelant dans des textes marqués au coin de l’originalité, pour la plupart intimistes, qui jouent sur toute la gamme des émotions et états d’âme, de la tristesse à l’euphorie en passant par l’humour, la tendresse ou la férocité. Mis en appétit par Ava Gardner, la première nouvelle de ce recueil, on dévore les suivantes avec une délectation qui ne se dément pas au fil des pages. Au sommaire de ce numéro figurent également un entretien avec l’excellent Claude Bourgeyx, qui nous livre quelques-uns de ses secrets de création, ainsi qu’un florilège de dessins de presse de Claude Maja. Plus les rubriques habituelles sur l’actualité de la nouvelle et les recensions de parutions récentes. Pour ne pas bronzer idiot, et plutôt que de vous encombrer des pavés de saison, pensez à emporter Brèves dans vos bagages d’été. Vous vous sentirez plus léger et déjà en vacances ! (Pierre Bosc / Rayon Sud)

Les auteurs : Gilles Moraton, Jean-Claude Garrigues, Emmanuel Leriche, Marc Vidal, Nathalie Potain, Diego Vecchio, Isabelle Sofjer, Didier Coste, Michaël Collins, Claude Bourgeyx.
(144 p. - 12 € chez PLN, 1, rue du Village, 11300 Villelongue

mercredi, janvier 28 2009

Kiosq(ue)

arton3162-93fab.jpg
« Contrairement aux pays anglo-saxons, la nouvelle, en France, est plutôt méprisée. Alors que nous avons depuis Marguerite de Navarre et son Heptaméron de magnifiques auteurs de nouvelles : le récent succès télévisuel de Maupassant (après un premier noir et blanc, magnifique) te montre bien que c’est surtout les critiqueux officiels qui, à force de s’empiffrer de repas à la Goncourt chez le plus chic Charcutier des Lettres, ou oublient de déguster ces plats sans graisse littéraire ni cholestérol éditorial que sont les nouvelles. Loin des nullités adipeuses de Marc Lévy, loin de la sexo-vaseline verbeuse de Catherine Millet, loin du saindoux pseudo-philosophiques du Bazar de l’Hôtel des Livres (BHL) et du graillon littératurlure de l’incestueuse officielle des Lettres Franchouillardes (tu reconnaîtras qui tu veux), tu trouveras souvent chez les nouvellistes de vrais talents d’écriture et d’invention. Encore faut-il faire l’effort d’être un lecteur – contre sa propre paresse de consommateur de papier imprimé… Car un livre n’est pas achevé tant qu’il n’est pas lu par un vrai lecteur. Comme je suis curieux et ouvert, je devine que la nouvelle est pour toi une source de joie littéraire et esthétique. C’est pourquoi je te signale deux revues entièrement consacrées à l’actualité de la nouvelle : Brèves et Harfang
Chacune, dans un registre différent, est exemplaire. Chacune – et à mon avis ce n’est pas un hasard – est adossée à une association sans but lucratif, loi 1901 : on est loin du système Galligrasseuil.

Dans Brèves, tu trouveras des nouvelles, des critiques, des entretiens, des brèves évidemment, un accueil pour les plasticiens, l’actualité littéraire, etc. Si ton libraire préféré ou ta médiathèque d’élection ne te proposent pas cette revue, changes-en vite ! Mais d’abord propose leur de faire leur métier de découvreur et pas seulement de vendeurs (fût-ce gratuitement en médiathèque) ! Dans Harfang, tu trouveras d’excellentes nouvelles, des concours de qualité, quelques critiques et un peu d’actualité. Tu trouveras surtout une grande diversité d’écritures dans laquelle tu feras ton miel de lecteur actif. »

Pol-Jean Mervillon à ses lecteurs de Kiosq (janvier 2009).

vendredi, janvier 16 2009

BREVES, anthologie permanente de la nouvelle

Combien de revues littéraires les vingt dernières années ont-elles vu naître pour rapidement disparaître ? Combien de publications sur la nouvelle, genre qui, paradoxalement, se " vend(ait) mal " mais envahi(ssai)t les pages ouvertes aux jeunes auteurs et fai(sai)t l'objet de multiples concours, dans des circuits parallèles à ceux des grandes maisons d'édition ? Brèves, en toutes circonstances, maintient son cap obstiné. A Brèves, dans l'Aude, crue ou sécheresse, tempête ou calme plat, on a l'esprit de suite, on traverse coûte que coûte, et c'est tant mieux. Daniel et Martine Delort savent où ils vont. Ils ont su composer avec le temps, avec les modes, avec les obstacles techniques, administratifs et financiers (sûrement), humains (peut-être), sans faire de concessions aux lois du commerce. Et tout en ayant vocation à éditer des livres, ils continuent depuis 87 numéros à publier leur revue, qui mêle en toute harmonie dossiers et entretiens littéraires, auteurs consacrés ou inconnus, textes inédits, notes critiques, recensions et informations. Voilà sans doute la publication la plus complète, la plus sérieuse et la moins prétentieuse de la famille. Courant le risque de la nouveauté (donc de l'erreur) mais demeurant dans les strictes limites du texte narratif court, elle a fait beaucoup pour la réhabilitation d'un genre qui, naguère boudé par le monde littéraire, retrouve depuis peu ses lettres de noblesse. Beaucoup plus en tout cas que les éditoriaux désolés des grands organes. Sans effets médiatiques, sans éclats démagogiques, Brèves nous donne à lire des écrivains souvent mal connus et qui gagnent à l'être mieux, des textes venus d'ailleurs ou de tout près, en langue française ou traduits, nous renseigne sur l'essentiel de la production actuelle ; et nous montre ainsi que la nouvelle, genre à part entière qui porte en germe ou en concentré les qualités essentielles de l'art littéraire, ne peut se faire connaître que par elle-même. Que demander de plus ? Peut-être que, arrivée au bel âge d'une séduisante jeunesse, Brèves se fasse encore mieux apprécier du grand public. Nous tentons d'y contribuer.

Jean-Pierre Longre - maître de conférence – Université Lyon III

jeudi, janvier 15 2009

L'œil d'un libraire

Ecrit le Vendredi 13 juin 2008 dans la rubrique “bonheur du jour...”.(Mollat.com)

Brèves - anthologie permanente de la nouvelle
C’est toujours un petit moment de joie de recevoir l’une des seules (la seule ?) revues exclusivement consacrée à un genre que vous savez cher à notre cœur : la nouvelle, auquel nous rajoutons sempiternellement des adjectifs censés marquer la négligence dont on l’accable. Brèves sort son numéro 85, c’est dire la constance du duo qui l’anime avec une ferveur jamais démentie depuis 1981, Martine et Daniel Delort, à la tête de la maison L’Atelier du Gué, structure éditoriale qui a toujours privilégié l’artisanat et le souci du bien faire. Chaque trimestre nous attendons donc la livraison de cette “actualité de la nouvelle” qui choisit d’explorer un thème, un pays, qui présente un nouvelliste, une époque, un mouvement, qui nous offre surtout des inédits d’auteurs confirmés et nous incite à aller voir de plus près leurs bibliographies.
Le numéro 84 nous avait invités à redécouvrir quelques “retourneurs d’idées”, le numéro 85 sans thématique précise, illustré joliment par le travail de Claude Adélaïde Brémond, relieur, propose un florilège de Georges-Olivier Chateaureynaud, Jacques Jouet, Marc Villard, Hélène Duffau entre autres. De son côté l’insatiable Eric Dussert, connu pour son alamblog, et qui a ici pour mission d’aller retrouver ou remettre en lumière des méconnus, des discrets ou des secrets s’attache à Alain Mercier dont, avouons-le, nous n’avions jamais entendu le nom bien qu’il fut proche du regretté Yves Martin. La partie Actualité de la nouvelle proprement dite est une vraie mine d’or qui permet de remarquer le recueil passé inaperçu du petit éditeur qu’on a négligé cette fois-là à tort. Bref, une fois encore, ce court moment de découvertes largement allongé tient ses promesses.