Pas de roman, bonne nouvelle !

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dimanche, juillet 20 2014

En souscription CELESTIN FREINET

•••••••• TOUCHÉ

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vendredi, juillet 4 2014

FRÉDÉRICK, par Thierry-Clair-Victor

FRÉDÉRICK
Thierry Clair-Victor, Éditions de Soledade, 8€
(uniquement par correspondance, 6 bis, rue Boyer 75020 Paris).

Une tradition bien ancrée dans le roman français du XIXe siècle consiste à intituler l'œuvre par le prénom du protagoniste: voyez Delphine (Madame de Staël, 1802) ou Marthe (Huysmans, 1876) par exemple... Le roman d'apprentissage en est friand. Il déploie, en général, un arrière-plan politique qui trame le décor et les préoccupations des personnages. Ainsi Delphine renvoie à la Révolution. Tout comme Nanon (George Sand, 1872 – laquelle récidive avec régularité depuis Valentine, 1832; Lélia, 1833; Jacques, 1834; André, 1835; Simon, 1836...). Il semble que la période romantique ait été une période faste. Sans doute une étude systématique de cette particularité produirait-elle une réflexion féconde sur cette tendance...



FRÉDÉRICK
La longue nouvelle de Thierry Clair-Victor répond aux trois caractérisants évoqués ci-dessus: c'est un texte d'apprentissage, son héros éponyme s'appelle Frédérick et ses préoccupations sont à la fois amoureuses, littéraires et politiques. L'action est à Paris, avant les années Mitterrand. L'amour est l'avers de la médaille anarchisante dont se pare ce curieux héros en quête d'une identité qui se révélera dans la mort : « J'ai commencé à vivre le jour où j'ai compris que j'allais mourir », notera Frédérick en entête de son journal. » Tel est l'incipit. L'amour se décline entre figures féminines (Coriandre, cousine de Virginie, Virginie et « les amours de complaisances » - I., D. ou Sophie), la tentation homo (Coriandre lui permet de vaincre « sa peur vis-à-vis de l'homosexualité ») et le narcissisme (il envoie à Virginie un texte d'H. F. Thiefaine qui se clôt par « Je n'ai jamais aimé que moi »). L'amitié passe par Louis (son tuteur car Frédérick est orphelin depuis l'âge de cinq ans), R.C. (un poète sans ambition par rapport à ses poèmes), Nil qui le fascine et envisage le suicide, D. (« il était doux... »). L'amour au goût de bourgeoisie, c'est la mort de l'amour. Cette classe abhorrée « se vautre trop dans l'abject et le faux pour pouvoir garder une certaine pureté. » De plus, elle déteste l'amour, « génitrice ou mal baiseuse. » Pour Frédérick, « L'amour, la plénitude des jours. ».

La littérature, l'art et la philosophie surfilent le texte. La référence au code culturel crée le lien affectif ou le dissout. Le Théâtre, pour Frédérick, c'est Don Juan de Montherlant et Caligula de Camus (mort faisant le trottoir et absurde! ). Le cinéma, c'est Fellini (Satyricon) et Bunuel. L'art, ce sont les cours de dessin, les expos (Picasso) et les cartes postales (Van Gogh, Vlamink), Monet aussi. La littérature est un remède « Quand Frédérick seul s'ennuyait il retournait aux livres. » On s'échange des conseils de lecture. Les mêmes écrivains reviennent. Sartre, Aragon, Baudelaire et les poètes romantiques : Nerval, Lautréamont... Nietzsche est la référence philosophique majeure. Zarathoustra est un « surlivre » pour Coriandre. La musique? Uniquement Chopin.

La politique, c'est l'extrémisme. Terrorisme et Bande à Baader. On le traite de fasciste quand il veut prendre les armes mais il n'en a pas le courage. Il a peur de l'engagement : « En décidant de tuer, il se disait qu'il répondrait au nom des libertés spoliées. » Pour Frédérick, « Accepter l'état c'est accepter la loi. » Autrement dit, la mort. Il considère que « Les pays de l'Est, avec leurs structures moins industrialisées, auraient plus de chance de réussir un véritable changement politique. » Il hait la morale chrétienne : « En Amérique du sud, la torture sous le regard de l'église. ».

Thierry Clair-Victor, né en 1960, a écrit son texte entre 1976 et 1982. Fiction de jeunesse et d'excès? Soit! Guère irréprochable sur le plan de la construction? D'accord ! Mais profondément vrai dans sa désespérance. De plus, il est servi par un style étonnant de maturité, coulé dans des phrases courtes, de préférence nominales. Ce qui donne à la narration sa rapidité. On passe du récit à la troisième personne (narrateur) au récit à la première personne (extraits de Journal et Correspondance). On songe parfois à Vailland (quoique son Frédéric est communiste et que la Révolution, pour eux, n'a pas eu lieu !). Par l'art de la formule (« Il est rare de trouver un interlocuteur à son Moi. »).



À défaut, offrons à l'auteur les lecteurs qu'il mérite !

michel lamart

samedi, février 15 2014

IL Y A 32 ANS, chez l'épicier

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mercredi, février 5 2014

LE ROCHER D'ABRAHAM

LE ROCHER D’ABRAHAM, Georges Rose
Éditions du Petit Pavé, mars 2013, 131 pages, 14 euros.

petit pavéDocteur en ethnologie, Georges Rose a écrit de nombreux recueils de poèmes et de nouvelles, des récits, des pièces de théâtre, etc. Il a obtenu plusieurs prix de poésie. Il « pratique et enseigne le Taï Chi Chuan, art interne et poétique du geste », comme l’indique le site de l’un de ses éditeurs, les Éditions Henry.

Vingt-trois nouvelles ; des titres brefs, qui évoquent des personnes (Le tailleur, Le directeur, Les peintres …), parfois désignées par leurs prénoms (Adonis et Daphné, Solange et Marthe), des lieux (Au théâtre, Dans le métro, Dans la rue …). Des phrases courtes le plus souvent. Le texte avance, d’ellipse en ellipse ; et souvent, en quelques lignes, en quelques pages, l’auteur nous fait parcourir des années, des décennies, toute une vie. Des notations fines, précises ; une psychologue très fouillée, présentée par petites touches successives, qui se renforcent les unes les autres, qui parfois se contredisent. Des personnages qui se regardent, qui se frôlent, qui parfois vivent ensemble, se caressent, se pénètrent, avec une espèce de brutalité douce et respectueuse, qui parfois s’aperçoivent à peine, se perdent de vue, se retrouvent ou ne se retrouvent pas : « Chacun parle sa propre langue, son propre corps, sa propre nuit. » Un univers feutré, sensuel, rude, chaleureux. On pourrait penser à la peinture : impressionnisme, pointillisme ; au monde du spectacle (une nouvelle s’intitule Au théâtre) : les personnages sont souvent des artistes, acteurs, musiciens (ils jouent Bach, Beethoven …) ; des sportifs aussi : il y a de très belles pages sur la montagne, l’alpinisme.

Ils sont dans la vie, ou ils sont hors de la vie, à côté, comme le psychanalyste de la nouvelle la plus profonde, la plus riche, qui découvre ou croit découvrir que Freud s’est trompé : le complexe d’Œdipe c’est en réalité Le complexe d’Oreste, et ce ne sont pas les fils qui ont envie de coucher avec leur mère mais les mères qui ont envie de coucher avec leur fils Et les lieux sont ce qu’ils sont : le métro, c’est bien le métro ; mais en même temps ils sont autre chose, non pas symboles ou allégories, mais bel et bien autre chose : le métro est vide, la ville aussi, la terre entière sans doute : « Tout y était sauf les gens. C’était peut-être cela la mort. »

Mais l’univers existe-t-il ? est-il ce qu’il semble être ? « Le monde n’est qu’une fenêtre ». Après la mort d’une femme, une autre femme a envie de demander à une amie : « Tu crois que le monde est une illusion ? Nous tous ? »

Jean-Loup Martin

vendredi, janvier 31 2014

INVENTAIRE DE LA NOUVELLE

!!Un outil indispensable

godenne repertoire

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