Marginales

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lundi, février 15 2010

Les journaflics ont compris d'où vient la menace : c'est nous !

Dans un ouvrage récent [1] Mathieu Rigouste montre comment les militaires ont bien senti dès le début des années 1960 l'intérêt que pouvait représenter les médias de masse (presse, télévision, radio) pour diffuser dans la population « l'esprit de défense ».

La synthèse des travaux de la 18e session de l'Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN) établissait ainsi, en 1965 : « Il faut que le citoyen soit constamment conscient des valeurs qu'il veut défendre, ainsi que des menaces qui pèsent sur elles (…) Il faut qu'il soit constamment associé aux mesures prises pour les protéger et qu'il ait le sentiment d'y participer, d'y adhérer. » La 19e session, en 1966, précisait « L'ignorance est le grand mal dont souffrent les Français en matière de défense de ces valeurs ». La tâche de l'ORTF étant de « faire prendre conscience au citoyen du "patrimoine" qu'il a à défendre, des menaces qui existent... »

« Faire connaître la menace, tel est bien le premier objectif prioritaire d'une information nécessaire. »

''L'article qui suit de Mona Chollet (elle a eu le courage de regarder jusqu'au bout la soirée thématique d'Arte intitulée assez ironiquement « main basse sur l'info ») nous apprend que la menace qui risque de remettre en cause les trois saintes valeurs du capitalisme triomphant dont nous ignorons les bienfaits (propriété, travail, argent) : c'est nous !

Bon, j'extrapole, en fait c'est la Toile (avec un T kapital) qui ressemble furieusement à l'image que ce beau linge se fait d'un monde qui ne serait plus à son service : un cauchemar !''

Notes

[1] L'ennemi intérieur. La généalogie coloniale et militaire de l'ordre sécuritaire dans la France contemporaine, La Découverte, 2009

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vendredi, décembre 11 2009

Jean-Marc Rouillan : une année de liberté… volée !

Nous relayons l'invitation des camarades de « Ne laissons pas faire » qui se battent pour faire sortir de prison les militants d'Action directe... Rappelons que Jean Marc Rouillan et Georges Cipriani ont accompli tous les deux leur peine de sûreté, (soit 18 années de prison). Si comme les juges le prétendaient à l'époque, ils sont des « assassins » de droit commun, ils seraient sortis de prison depuis longtemps. Ce qui leur vaut l'acharnement de l'État, c'est bien sûr d'avoir exécuté un patron et un général de l'armée française (le monde à l'envers !) mais surtout d'avoir assumé, collectivement, une identité politique qui prône la destruction du capitalisme et l'émancipation du genre humain.

Vous pouvez signer la pétition lancée il y a un an par « Les Mots en marche » et le journal CQFD...

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jeudi, décembre 3 2009

Ce que fait la justice ?

« La justice pénale est en train de devenir une justice fonctionnelle (cf. « paix perpétuelle »). Une justice de sécurité et de protection. Une justice qui, comme tant d’autres institutions, a à gérer une société, à détecter ce qui est périlleux pour elle, à l’alerter sur ses propres dangers. Une justice qui se donne pour tâche de veiller sur une population plutôt que de respecter des sujets de droit. » Cette citation de Michel Foucault éclaire le rôle d'une justice aux ordres d'un État qui voudrait nous imposer une paix perpétuelle.

Dans un récent billet, nous rappelions le rôle de la police (qui tue impunément), ici, ce sont les juges dont la fonction elle aussi « crève les yeux ». Faire respecter la paix perpétuelle au bénéfice de ceux qui en jouissent et au détriment de tous les autres. La prison qui vient pour les « dix de Tarnac » ressemble à celle dont continuent de profiter de nombreux prisonniers politiques révolutionnaires détenus en France... Citons Georges Ibrahim Abdallah, Georges Cipriani ou Jean-Marc Rouillan qui sont en taule depuis près d'un quart de siècle au seul motif qu'ils n'ont toujours pas renié leur opinion politique, refusé un prélévement d'ADN ou pas dit ce qu'ils n'ont de toute façon pas le droit de dire. Rappelons à ceux qui crient à l'innocent ou au coupable que ceux-là ont purgés la peine que la justice leur avait infligé et que les autres n'ont pas encore été jugés ! Malheureusement, cela ne devrait pas empêcher les juges de faire leur travail d'injustice : mettre en prison ces dix là [1] avec les 65 000 milles autres prisonniers français pour mieux les punir d'avoir voulu échapper à leur haute surveillance.

La presse bourgeoise par la voix du Figaro, a déjà tiré les conclusions de l'article (que vous pouvez lire aussi ici) des « dix de Tarnac » publié chez son voisin vespéral, Le Monde : « Selon l'avocat, ses clients n'ont pour l'instant violé les obligations de leur contrôle judiciaire qu'une seule fois, au moment de la rédaction de leur texte. En lui accordant une telle publicité, les dix mis en examen se placent d'eux-mêmes sous haute surveillance. « Même dans les affaires de droit commun », souligne une avocate pénaliste parisienne, violer les modalités de son contrôle judiciaire est une rupture de contrat que la justice n'accepte pas. Selon elle, dès le fait avéré, les renvois en prison sont quasiment systématiques. »

Ce que fait la justice, ma brave dame, mon brave monsieur : « elle n'accepte pas » (que l'on se moque du contrat de surveillance qu'elle a rédigé à la sueur de son front), « elle renvoit en prison ».

Qu'on en finisse avec la police, la justice, l'argent, la propriété et le travail obligatoire, désertons ce système en faillite et libérons nous de tous ces malades !

Notes

[1] Une bonne nouvelle : la chambre de l’instruction de la cour d’appel a finalement décidé d’assouplir le contrôle judiciaire, maintenant seulement (sic) l’interdiction aux personnes mises en examen de « recevoir, rencontrer ou d’entrer en relation » entre elles. Vous pouvez lire ici le communiqué de l'AFP du 18 décembre. Sans donner suite à la demande d'une levée totale du contrôle judiciaire, cette mesure d'apaisement montre que le rapport de force est toujours en faveur des mis en examen. L'un de leur avocat commentant cette décision « espère » qu'un non-lieu tombera le plus rapidement possible.

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dimanche, octobre 11 2009

La police et la presse travaillent à Poitiers !

Suite à une manifestation contre les prisons à Poitiers, le samedi 10 octobre, et devant les mensonges véhiculées avec complaisance par la presse aux ordres (pour justifier la répression et l'enfermement de tous ceux qui osent encore dénoncer les conditions faites aux dominés ou s'opposer au monde morbide de Bouygues et consorts ?), nous diffusons ci-après le communiqué du collectif anti-carcéral de Poitiers. Nous appelons chacun à la solidarité avec les militants raflés ce samedi et plus largement avec tous les prisonniers de la guerre sociale. Nous sommes inquiets du sort réservé aux militants arrêtés et qui seront jugés ce lundi en comparution immédiate [1]. Nous rappelons que la violence policière a mutilé et tué de nombreuses personnes cette année sans que la justice bourgeoise soit sollicitée pour faire un « exemple » (mais on nous assure que des enquêtes sont en cours !)... De fait les jugements, quand ils ont enfin lieu, sont seulement révoltants, lire par exemple le très récent jugement de l'affaire de l'auto-tamponneuse-de-la-police à Marseille qui a coûté la vie à un gamin de 14 ans en juin 2007 ou encore le non-lieu rendu ce 12 octobre pour les deux policiers qui ont tués Moushin et Laramy à Villiers-le-Bel en novembre 2007...

N'hésitez pas à reprendre le communiqué ci-dessous et à vous tenir au courant sur des sites comme le Jura libertaire, Non-fides ou sur le blog du collectif contre la prison de Vivonne.

On voit que la contestation de la police, de la justice et des prisons a des raisons bien simples. Tout cet attirail ne sert pas à punir les criminels, il sert à protéger les plus puissants d'entre-eux afin qu'ils puissent continuer à tondre les moutons tranquilles...

Qu'on en finisse avec les prisons, libérons tous les prisonniers !

Notes

[1] Les condamnations sont tombées ce mardi à 1h30 du matin. 3 des 8 personnes jugées ont reçu des peines de prison ferme ! Même la presse aux ordres fait remarquer que les peines sont lourdes (mais le ministre avait demandé des sanctions !) pour les personnes arrêtées et des actes de vandalisme qui au final n'ont occasionné que de faibles dégâts matériels. Pour le détail des peines, vous pouvez le trouver ici.

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mercredi, juillet 22 2009

Ce que fait la police ?

Le court texte qui suit a été écrit en réaction aux tirs tendus de flash-ball par la police française ayant visé un petit groupe de manifestants qui avaient organisé un repas de quartier en protestation à l'expulsion du squat de « la clinique » le soir du mercredi 8 juillet 2009 à Montreuil.

Ces tirs tendus à hauteur de la tête ont touché violemment cinq personnes dont Joachim, 34 ans, qui a reçu une balle en pleine face qui lui a explosé l'œil. C'est la sixième personne à subir des dommages irréversibles à la suite d'un tir de flash-ball en moins de six mois : Joan, 25 ans, le 19 mars 2009 à Toulouse; Xavier, 14 ans, le 30 mars à Bastia; Samir, 18 ans, le 1er mai à Clichy-sous-Bois; Alexandre, 21 ans, et Bruno, 31 ans, le 9 mai à Villiers-le-Bel... Dans tous les cas (sauf celui de Bastia - jamais recensé - et pour cause le lycéen qui a passé deux jours dans le coma a décidé de ne pas porter plainte : « puisque ça ne sert à rien ! ») des enquêtes ont été ouvertes dont les résultats se font attendre... Le père de la dernière victime demande dans [une pétition lancée le 18 juillet que l'usage de cette arme soit interdit.

Rappelons aussi que la police française tue régulièrement. Les dernières victimes s'appellent Ali Ziri, 69 ans, « arrêté » par la police le 9 juin à Argenteuil et Mohamed Benmouna, 21 ans, « suicidé » en garde-à-vue le 6 juillet près de Firminy. Le dernier rapport d'Amnesty international (avril 2009) intitulé « Des policiers au-dessus des lois », présente quelques cas de violences injustifiables, dénonce le racisme et l'impunité des policiers français et préconise « une meilleure accessibilité à la justice pour les victimes de violences policière ». Un autre dossier qui mérite d'être lu et diffusé très largement et qui s'intitule sobrement « ratonnades » recense les très nombreux « assassinats » perpétrés ou couverts par la police depuis 1971. Il est tentant de mettre en parallèle les faits avec les déclarations d'un conseiller de Mme Amara concernant les émeutes qui ont suivi le « suicide » de Mohamed Benmouna à Firminy : « Ils vont participer à la réparation de ce qu'ils ont détruit. C'est une manière pédagogique de leur dire que même si l'on souffre, on ne casse pas tout ».

Pas de justice, pas de paix !

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lundi, avril 27 2009

12 heures contre l'antiterrorisme à Forcalquier !

Une journée de rencontre en solidarité aux prisonnier-e-s et mis-e-s sous contrôle judiciaire est organisée le 8 mai 2009 par le comité de sabotage de l'antiterrorisme de Forcalquier[1]. La journée du 25 janvier dernier avait rassemblé plus de 200 personnes sur la place du village, gageons que ce rendez-vous rassemblera tous ceux qui en ont ras-le-bol de la république bananière et qui veulent s'organiser face à la répression de l'État et à l'immobilisme des syndicats. Faisons converger nos luttes et souhaitons que ce mois de mai soit enfin celui d'une grève générale prolongée.

Demandez le programme !

Notes

[1] En présence, notamment, d'Éric Hazan, éditeur à La fabrique qui fera un exposé sur « le langage comme outil de soumission et de contrôle » et présentera le lendemain les 10 ans de ses éditions à l'invitation d'Éditer en haute Provence

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vendredi, mars 13 2009

Concert de soutien aux prisonniers politiques d'action directe

La chanteuse Dominique Grange offre un concert de soutien aux ex-membres d’Action directe emprisonnés. Rendez-vous le 3 avril à Forcalquier. Un article de synthèse rédigé par Paco pour Le Mague.

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lundi, mars 9 2009

Grève générale, désobéissance et démocratie !

Le printemps qui vient sera-t-il, enfin, celui d'une attaque générale contre le système capitaliste ? Ce qui est certain comme nous le disait François Maspero en octobre dernier c'est que « les armes de la critique, ne peuvent plus se dispenser de la critique des armes » (cf. le texte de Simone Weil ci-après)... En clair, face à la déferlante des manifestations et des insurrections présentes et à venir, les manifestations « pacifiques » des patrons et des flics pour défendre le système ne pourront plus passer pour des actes de protection de « nos » libertés ailleurs que dans les pages de la presse bourgeoise ! Mais si on lit bien les derniers articles de la presse aux ordres sur la Guadeloupe, on voit que les scribes du pouvoir sont prêts à justifier les interventions musclées de la police et de l'armée (comme ils l'on fait pour Israël) pour protéger des biens bien mal acquis... Pour l'instant, le pouvoir tente d'éteindre l'incendie en lachant du fric et en tentant de criminaliser le LKP. Mais le chien créole et l'Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG) veillent, un régal !

Des textes circulent ici et là qui prolongent l'avertissement formulé ici en septembre dernier. L'un d'entre eux Ne sauvons pas le système qui nous broie ! - Manifeste pour une désobéissance générale repris par plusieurs brochures, sites internet, etc. [1] est publié par les éditions du Passager clandestin (disponible aussi en libre accès au format PDF). Il rappelle par des exemples récents que la démocratie sait se transformer en « démocrature » pour sauver le capital et appelle à une désobéissance générale pour abolir le système. Les brochures comme Mauvaises intentions publiées par des groupes autonomes continuent de nourrir les raisons d'une révolte qui cherche à s'étendre et à renverser le train-train d'une contestation sociale qui n'est plus à espérer mais à construire (cf. la lecture de la Mise au point du comité invisible rédigée en janvier 2009 [2]). Un autre texte critique intitulé Terreur et simulation proche des thèses de la revue Krisis analyse les faux flous et les vrais usages du « terrorisme » en période de « crise de la socialisation capitaliste » et finit par s'adresser aux révoltes à venir en demandant « moins d'extrémisme dans les formes et plus de radicalité dans le contenu ». Enfin, je signale deux ouvrages, celui de Claude Guillon, Notre patience est à bout. 1792-1793, Les écrits des Enragé(e)s et celui de Jacques Rancière La Haine de la démocratie qui sont d'utiles contrepoints face à la confusion et au dévoiement des mots entretenus par les élites qui nous gouvernent.

Nous donnons à lire ci-après une partie du message qui accompagne la parution au passager clandestin du Manifeste pour une désobéissance générale... ainsi qu'un texte de réflexions de Simone Weil sur la guerre que nous avons retenu pour le prochain numéro de la revue Marginales qui sortira peut-être enfin des presses au printemps neuf...

Notes

[1] Divergences en Belgique, No pasaran, Altermonde sans frontières, Délit de poésie, Les inventeurs d'incroyance, etc. en France.

[2] Je mets le lien avec le site Indymédia de Nantes parce que le texte y est disponible en format ouvert mais aussi pour la lecture édifiante des quelques réactions à ce texte qui dénoncent la « posture » du comité invisible et de son éditeur.

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mardi, janvier 27 2009

Lettre à la Gestapo

Cette lettre d'Armand Robin adressée à la Gestapo en octobre 1943 est publiée dans le numéro 30 de l'excellente revue bibliographique À contretemps qui consacre son numéro à ce poète et écrivain trop peu connu et publie quelques petites merveilles que vous pouvez aussi lire sur leur site internet... Bizarrement, elle n'a pas été suivie par l'arrestation de son auteur qui est mort bien plus tard, en 1961, suite à son passage dans un commissariat parisien à l'Infirmerie spéciale du dépôt (de sinistre réputation) et dans des conditions jamais éclaircies. Georges Brassens qui était ami avec Armand Robin racontera plus tard à Louis Nucera qu'il « avait pris l'habitude de téléphoner tous les soirs au commissariat de son quartier. Il demandait le commissaire, déclinait son identité, donnait son adresse et disait : “Monsieur j'ai l'honneur de vous dire que vous êtes un con.” »

On le voit l'auteur du Temps qu'il fait de La Fausse parole et de nombreux autres livres publiés ici et là par de petits éditeurs avait l'art de se faire des amis. Parions que la lecture de cette lettre stupéfiante vous donnera envie de découvrir ses livres.

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lundi, janvier 12 2009

En prison pour avoir coupé la télé ?

En France le 22 avril 2007 (le soir du premier tour des élections présidentielles), ils sont allés couper des câbles pour éteindre la télé. Lorsqu’ils se sont fait arrêter, ils ont assumé leur acte : l’un d’eux parce qu’il était chômeur et vivait en caravane a fait de la préventive avant d'être libéré. Tous deux ont été soumis à un contrôle judiciaire très strict.

Le verdict du procès de ce « sabotage » sera rendu lieu le 14 janvier à Millau. La justice millavoise réclame entre 5 et 10 ans de prison pour « association de malfaiteurs » ! 10 ans pour Guilhem car en récidive légale - il avait participé à une action anti-pub - et 5 ans pour Rémi qui n'a pas de casier judiciaire.

Combien de temps faudra-t-il pour que ces actes de sabotage qui indiquent le degré de ras-le-bol soient enfin reconnus pour ce qu'ils sont : des actes politiques, des actes de résistance à la farce démocratique et à ses valets ? La « justice » osera-t-elle condamner à plusieurs années de prison des personnes qui ont coupé un cable et interrompu des émissions de télévision ?[1]

Notes

[1] Le verdict est tombé. Six mois de prison avec sursis ont été requis mercredi 14 janvier 2009 par le tribunal de Millau contre les deux prévenus. Le magistrat a retenu le chef d'inculpation de "dégradation de bien public en réunion" et a demandé que la peine de six mois avec sursis soit assortie d’une obligation de remboursement et de travaux d’intérêt généraux. Seul TDF a demandé des dommages et intérêts, pour un montant de 8.569,39 euros. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 25 février.

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samedi, décembre 6 2008

Un écrivain emprisonné pour délit d'ambiguité !

En décidant de révoquer le régime de semi-liberté de Jean-Marc Rouillan pour des mots ambiguës publiés par la presse les juges « antiterroristes » ont décidé de remettre en prison un individu pour ce qu'il n'a pas dit.

Cette décision confirme les propos de Jean-Marc Rouillan qui disait déjà en 2002 : « Je ne sortirai que si j’accepte de payer, et le paiement de cette rançon, c’est une déclaration, un texte politique qui condamne mon action dans l’organisation armée, mais bien au-delà, dans toutes les organisations auxquelles j’ai participé, comme le MIL, les GARI, jusqu’aux manifestations de l’après 68. Dans leur délire réactionnaire à vouloir tout édulcorer, l’histoire de la contestation armée dans ce pays n’est pas définitivement écrite, et cela tant que nous ne l’aurons pas co-signée de notre repentance. Cette repentance, c’est la rançon. La rançon du chantage. Tant qu’il me restera un soupçon de lucidité, je refuserai le chantage et je ne me renierai pas. »

Nous reproduisons ici le communiqué du comité de soutien et appelons à signer les pétitions qui réclament la libération de Jean-Marc Rouillan. Nous vous incitons aussi à consulter les textes de soutien publiés dans la rubrique « paroles libres » du site de la revue Marginales.

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mercredi, novembre 19 2008

Le crochet à évasion

C’est en observant une bouilloire que James Watt inventa la machine à vapeur. Martin Tomasson, lui, inventa le Crochet à évasion. Le bureau des brevets du ridicule, de la peine et des ténèbres n’avait plus qu’à s’en charger. Il l’inventa en 1918, alors que les journaux étaient pleins de récits d’atrocités. C’est sa lucidité tendue à l’extrême qui fut à l’origine de l’invention. Dans la langue de la peur, elle avait pour nom : corde munie d’un crochet à évasion :

Si la guerre civile éclate ici aussi et si quelqu’un vient m’assassiner, il faut que mon crochet à évasion soit prêt, pour que je puisse m’échapper au moyen de celui-ci en me balançant de branche en branche dans la cime des arbres. Ainsi, je ne laisserai aucune trace sur le sol et ceux qui me traquent pour me tuer ne sauront pas où je suis passé.

Le dispositif est très simple. Il est constitué d’un banal crochet de fer courbé d’une certaine façon et fixé à l’extrémité d’une corde. Je lance la corde par-dessus une branche, dans l’arbre voisin, et me hisse dans celui-ci. Puis je détache le crochet et le jette par-dessus la branche suivante de l’arbre suivant. Ainsi fut découverte la liane mobile, réinventée à une époque tardive par un jeune singe très développé fuyant à travers les forêts du monde sous le coup de la peur.


Crochet à évasion Image trouvée sur le site de l'Échelle inconnue

« Cela veut dire que l'on aurait les flics les plus cons du monde », disait hier, 18 novembre, le père de l'un des membres du « comité invisible » arrêté le 11 novembre dernier. Et que dire de la presse dite « grande », des syndicats et des politiques bafouant la présomption d'innocence qui ont suivi et relayé les rapports des services secrets, se sont désolidarisés de militants politiques (parce qu'ils ne sont pas encartés dans leurs boutiques ?) tandis que ceux-ci étaient arrêtés et mis en garde à vue dans les pires conditions pour « rien ». Mieux encore, la police qui a avoué (sans qu'on lui demande rien !) suivre depuis plus de six mois la vie privée de ce « comité invisible » semble incapable de produire autre choses que des pièces risibles pour justifier leur arrestation (horaires de train, matériel d'escalade, pinces coupantes, brochures anarchistes...).

L'un des crimes de ceux qui souhaitaient rester invisibles (c'est raté !), semble selon Michèle Alliot-Marie de n'avoir pas parlé pendant les 4 jours de la garde à vue. Et peut-être, comme Jean-Marc Rouillan de n'être pas prêt de renier ce qu'ils ont écrit dans le petit livre L'Insurrection qui vient... et pour cause, ayant vu de près le fonctionnement de l'État et de ses petits soldats au bord de la crise de nerf.

Comme nous le rappelait Philippe Godard signataire d'une des pétitions initiées par « Les Mots en marche »[1] à propos de la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, « lorsque cette politique que nous combattons frappe directement l’un d’entre nous, quels que soient nos points de désaccord avec lui, ce sont bien les politiques émancipatrices dans toute leur diversité que nous défendons en soutenant l’individu plus particulièrement frappé par le pouvoir. »


La littérature, disais-je dans un billet de janvier 2007, a l'étrange capacité à nous parler de façon intime de ce qui nous agite au présent. Prenons ce texte de Harry Martinson extrait de Il faut partir, le deuxième volume d'un récit autobiographique écrit par l'auteur dans le début des années 1930 et publiées par les éditions Agone dans la collection « Marginales » en 2002.

Ne trouvez-vous pas que le texte qui suit résonne avec la volonté des invisibles que nous sommes ?

Notes

[1] • Sur le site de la revue Marginales : http://marginales.free.fr/spip.php?rubrique43. • Sur le site du mensuel CQFD : http://www.cequilfautdetruire.org/petitions/?petition=1. • Sur le site des « Mots en marche » : http://lesmotsenmarche.free.fr

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lundi, avril 30 2007

Le pays du dedans

Jann-Marc Rouillan est incarcéré depuis le 26 février 1987 pour ses activités au sein du groupe Action directe. Il est notamment l’auteur de Je hais les matins (Denoël, 2001), La Part des loups (Agone, 2005) et Capital humain (L’Arganier, 2007). Le texte qui suit a été publié dans le numéro 6 de la revue Marginales.

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