« La justice pénale est en train de devenir une justice fonctionnelle (cf. « paix perpétuelle »). Une justice de sécurité et de protection. Une justice qui, comme tant d’autres institutions, a à gérer une société, à détecter ce qui est périlleux pour elle, à l’alerter sur ses propres dangers. Une justice qui se donne pour tâche de veiller sur une population plutôt que de respecter des sujets de droit. » Cette citation de Michel Foucault éclaire le rôle d'une justice aux ordres d'un État qui voudrait nous imposer une paix perpétuelle.
Dans un récent billet, nous rappelions le rôle de la police (qui tue impunément), ici, ce sont les juges dont la fonction elle aussi « crève les yeux ». Faire respecter la paix perpétuelle au bénéfice de ceux qui en jouissent et au détriment de tous les autres. La prison qui vient pour les « dix de Tarnac » ressemble à celle dont continuent de profiter de nombreux prisonniers politiques révolutionnaires détenus en France... Citons Georges Ibrahim Abdallah, Georges Cipriani ou Jean-Marc Rouillan qui sont en taule depuis près d'un quart de siècle au seul motif qu'ils n'ont toujours pas renié leur opinion politique, refusé un prélévement d'ADN ou pas dit ce qu'ils n'ont de toute façon pas le droit de dire. Rappelons à ceux qui crient à l'innocent ou au coupable que ceux-là ont purgés la peine que la justice leur avait infligé et que les autres n'ont pas encore été jugés ! Malheureusement, cela ne devrait pas empêcher les juges de faire leur travail d'injustice : mettre en prison ces dix là [1] avec les 65 000 milles autres prisonniers français pour mieux les punir d'avoir voulu échapper à leur haute surveillance.
La presse bourgeoise par la voix du Figaro, a déjà tiré les conclusions de l'article (que vous pouvez lire aussi ici) des « dix de Tarnac » publié chez son voisin vespéral, Le Monde : « Selon l'avocat, ses clients n'ont pour l'instant violé les obligations de leur contrôle judiciaire qu'une seule fois, au moment de la rédaction de leur texte. En lui accordant une telle publicité, les dix mis en examen se placent d'eux-mêmes sous haute surveillance. « Même dans les affaires de droit commun », souligne une avocate pénaliste parisienne, violer les modalités de son contrôle judiciaire est une rupture de contrat que la justice n'accepte pas. Selon elle, dès le fait avéré, les renvois en prison sont quasiment systématiques. »
Ce que fait la justice, ma brave dame, mon brave monsieur : « elle n'accepte pas » (que l'on se moque du contrat de surveillance qu'elle a rédigé à la sueur de son front), « elle renvoit en prison ».
Qu'on en finisse avec la police, la justice, l'argent, la propriété et le travail obligatoire, désertons ce système en faillite et libérons nous de tous ces malades !
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