Marginales

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vendredi, août 29 2008

Avertissement

J'ai vu un ballon libre s'arracher subitement au sol, entraînant avec lui les gens qui tenaient les amarres et qui n'eurent pas le simple réflexe de survie de lâcher prise à temps. En quelques secondes, ils se retrouvèrent à vingt ou trente mètre du sol. Ceux qui n'avaient pas lâché prise tombèrent de cent ou trois cents mètre. La règle d'or de la survie se formule comme suit : sachez lâcher prise.

Autrement dit : ne vous cramponnez jamais, quand votre gardien vous conseille de lâcher prise...

... TOUT DE SUITE !

Supposez un peu que vous teniez l'une de ces amarres... Auriez vous lâchez prise à temps, à savoir si tôt que vous vous sentiez entraîné ? Je vais vous dire un truc intéressant. Vous avez bien plus de chance de savoir lâcher prise à temps maintenant que vous avez lu ce paragraphe, que si vous ne l'aviez pas lu. Si la littérature sert à quelque chose, c'est bien d'avertissement.

LÂCHEZ PRISE

William S. Burroughs, Les Terres occidentales, Christian Bourgois, « Titres », 2007.

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mardi, mai 27 2008

Littérature & engagement

Tournée en librairie avec deux auteurs de la revue Marginales du 12 au 18 juin 2008

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jeudi, mai 15 2008

Farce (première partie)

par le collectif Manifeste Rien

Vendredi les 23 et Samedi 24 mai 2008

à 20h30 à la Distillerie (Aubagne, 13)

Réservation et renseignements : 08 72 96 21 03

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mercredi, mars 12 2008

Changement de diffusion en librairie et en bibliothèque

Depuis janvier 2008, nous avons repris en direct la diffusion/distribution de la revue Marginales en librairie. Jusqu'à présent, elle était confiée aux Belles lettres (via les éditions Agone).

Nous avons plus que jamais besoin du soutien des librairies et des bibliothèques pour faire connaître la revue Marginales à un plus large public.

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lundi, décembre 31 2007

Au paysan entier, debout dans le soleil et sous la pluie

C’est mon tempérament qui dicte toute la vigueur de mes entrailles sensibles aux éléments et aliments intérieurs et extérieurs. Pas un quelconque talent. Qu’est-ce que cela signifie, un talent ? Cela ne veut rien dire, ne peut rien dire.

Du haut ou du bas de mon je-m’en-foutisme, ou de ma hargne ou de ma contemplation, qui sont état de grâce pour qui n’est pas indifférent aux manifestations de vie, j’officie en mon moi récepteur et émetteur. Le ton est-il heureux ? Pourquoi s’en soucier, quand on est hors d’ambition oratoire, ou prétention littéraire. Ne prendre en considération que le besoin d’échanges directs, de communication, sans recherches, sans calculs, sans concessions ni complaisances ni préséances, rechignant à ces pitreries, picasseries de basse-cour. Se situer exclusivement au service de l’authenticité, de la vérité, de la simplicité. Le fard, le mensonge, les déguisements, la ruse honnête, les décorations grotesques, ne sont que larbineries réfuteuses.

Je ne veux, ni ne sais construire élégamment, ni composer avec habileté. Je ne suis qu’un paysan qui parle à ses frères les hommes, sans forfanterie, ni fantaisie étudiée. Quelquefois avec colère, jamais avec mépris, et toute la courtoisie qui reste en moi intacte devant de si pitoyables constats. Qui parle à ses frères les animaux, les végétaux, avec le même respect de nature, d’un même ton.

Marius Noguès, Putain de sort (inédit).

Cet entretien avec Marius Noguès réalisé par Philippe Geneste a été publié dans le premier numéro de la revue Marginales, Paysans, dernier siècle ? paru en avril 2002.

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jeudi, octobre 11 2007

Idéologie et roman paysan

Ce texte de Guy Bordes a été publié dans le premier numéro de la revue Marginales, Paysans, dernier siècle ? paru en avril 2002.

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mardi, mai 1 2007

Nécessité d'une littérature prolétarienne (3)

Tous les jours pareils. J’arrive au boulot et ça me tombe dessus, comme une vague de désespoir, comme un suicide, comme une petite mort, comme la brûlure de la balle sur la tempe. Un travail trop connu, une salle de contrôle écrasée sous les néons – et des collègues que, certains jours, on n’a pas envie de retrouver. On fait avec, mais on ne s’habitue pas. On en arrive même à souhaiter que la boîte ferme. Oui, qu’elle délocalise, qu’elle restructure, qu’elle augmente sa productivité, qu’elle baisse ses coûts fixes. Arrêter, quoi. Qu’il n’y ait plus ce travail, qu’on soit libres. Libres, mais avec d’autres soucis.

Jean-Pierre Levaray, Putain d'usine (2001).

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lundi, mars 19 2007

Les bonnes feuilles de la revue Marginales

Vous trouverez ci-joint un livret en PDF à donner autour de vous. Celui-ci reprend le texte inédit de Stig Dagerman La seule chose qui est insensée est d'accepter le possible.

En voici le mode d'emploi. Faites glisser le PDF sur votre bureau. Ouvrez le document. Imprimez les pages 1 & 2 recto/verso, pliez en 2, puis refermez le livret et ouvrez les pages avec un couteau : vous avez un petit ouvrage de 8 pages à offrir !

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mercredi, décembre 20 2006

Stig Dagerman, la littérature et la conscience

Non, ça n’a rien à voir avec toi - mais c’est de toi pourtant qu’il s’agit. C’est toi qui a été pourchassé dans les rues d’Oslo par des policiers armés, c’est ta vie qu’on cherche à prendre et c’est ta maison qui est sous surveillance. Toi, ta vie, parce que... Pourquoi ? Eh bien, parce que tu as un cœur, car tu en as un. Et parce que tu es jeune, car tu l’es. Parce qu’il fera jour bientôt, car il va faire jour. Oui, c’est à travers toutes ces choses, le cœur, la jeunesse, la lumière du jour, que nous éprouvons en sécurité la vie des persécutés et que de toute l’ardeur de notre âme nous souhaitons que vienne le jour où les cœurs s’enflammeront, où les mêmes cœurs brûleront par delà toutes les frontières. Ce jour-là le poète les aura, ses cœurs brûlants que le doute ne tient jamais en son pouvoir et qui accueillent la défaite « du même sourire invulnérable » que la victoire finale. Ce jour viendra, il viendra bientôt. Nous le savons bien. Nous le sentons dans nos cœurs. Nos cœurs brûlants.

Stig Dagerman (1923-1954)

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