Marginales

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mercredi, novembre 19 2008

Le crochet à évasion

C’est en observant une bouilloire que James Watt inventa la machine à vapeur. Martin Tomasson, lui, inventa le Crochet à évasion. Le bureau des brevets du ridicule, de la peine et des ténèbres n’avait plus qu’à s’en charger. Il l’inventa en 1918, alors que les journaux étaient pleins de récits d’atrocités. C’est sa lucidité tendue à l’extrême qui fut à l’origine de l’invention. Dans la langue de la peur, elle avait pour nom : corde munie d’un crochet à évasion :

Si la guerre civile éclate ici aussi et si quelqu’un vient m’assassiner, il faut que mon crochet à évasion soit prêt, pour que je puisse m’échapper au moyen de celui-ci en me balançant de branche en branche dans la cime des arbres. Ainsi, je ne laisserai aucune trace sur le sol et ceux qui me traquent pour me tuer ne sauront pas où je suis passé.

Le dispositif est très simple. Il est constitué d’un banal crochet de fer courbé d’une certaine façon et fixé à l’extrémité d’une corde. Je lance la corde par-dessus une branche, dans l’arbre voisin, et me hisse dans celui-ci. Puis je détache le crochet et le jette par-dessus la branche suivante de l’arbre suivant. Ainsi fut découverte la liane mobile, réinventée à une époque tardive par un jeune singe très développé fuyant à travers les forêts du monde sous le coup de la peur.


Crochet à évasion Image trouvée sur le site de l'Échelle inconnue

« Cela veut dire que l'on aurait les flics les plus cons du monde », disait hier, 18 novembre, le père de l'un des membres du « comité invisible » arrêté le 11 novembre dernier. Et que dire de la presse dite « grande », des syndicats et des politiques bafouant la présomption d'innocence qui ont suivi et relayé les rapports des services secrets, se sont désolidarisés de militants politiques (parce qu'ils ne sont pas encartés dans leurs boutiques ?) tandis que ceux-ci étaient arrêtés et mis en garde à vue dans les pires conditions pour « rien ». Mieux encore, la police qui a avoué (sans qu'on lui demande rien !) suivre depuis plus de six mois la vie privée de ce « comité invisible » semble incapable de produire autre choses que des pièces risibles pour justifier leur arrestation (horaires de train, matériel d'escalade, pinces coupantes, brochures anarchistes...).

L'un des crimes de ceux qui souhaitaient rester invisibles (c'est raté !), semble selon Michèle Alliot-Marie de n'avoir pas parlé pendant les 4 jours de la garde à vue. Et peut-être, comme Jean-Marc Rouillan de n'être pas prêt de renier ce qu'ils ont écrit dans le petit livre L'Insurrection qui vient... et pour cause, ayant vu de près le fonctionnement de l'État et de ses petits soldats au bord de la crise de nerf.

Comme nous le rappelait Philippe Godard signataire d'une des pétitions initiées par « Les Mots en marche »[1] à propos de la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, « lorsque cette politique que nous combattons frappe directement l’un d’entre nous, quels que soient nos points de désaccord avec lui, ce sont bien les politiques émancipatrices dans toute leur diversité que nous défendons en soutenant l’individu plus particulièrement frappé par le pouvoir. »


La littérature, disais-je dans un billet de janvier 2007, a l'étrange capacité à nous parler de façon intime de ce qui nous agite au présent. Prenons ce texte de Harry Martinson extrait de Il faut partir, le deuxième volume d'un récit autobiographique écrit par l'auteur dans le début des années 1930 et publiées par les éditions Agone dans la collection « Marginales » en 2002.

Ne trouvez-vous pas que le texte qui suit résonne avec la volonté des invisibles que nous sommes ?

Notes

[1] • Sur le site de la revue Marginales : http://marginales.free.fr/spip.php?rubrique43. • Sur le site du mensuel CQFD : http://www.cequilfautdetruire.org/petitions/?petition=1. • Sur le site des « Mots en marche » : http://lesmotsenmarche.free.fr

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jeudi, septembre 4 2008

Le ministère de la culture parle (enfin) d'un tarif postal pour le livre !

En réponse à deux nouvelles questions au gouvernement, du député de Gironde Michel Sainte-Marie sur les tarifs postaux pour le livre, et de celui de Lot-et-Garonne Jérôme Cahuzac sur la suppression programmée des tarifs spéciaux accordés à la presse, le ministère de la culture parle (enfin) de la création d'un tarif postal pour le livre. La coordination des indépendants du livre demande depuis plus d'un an la création de ce tarif « livre et revue » mais surtout qu'il soit inscrit, comme le tarif « sacs de livres », dans les missions de service public de la future entreprise postale. Gageons que sans cela, ce tarif sera très vite jeté aux oubliettes !

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vendredi, juillet 4 2008

Lettre ouverte aux parlementaires et à leurs lobbyistes sur la création d'un tarif postal « livre et revue »

Lettre ouverte adressée le vendredi 4 juillet 2008 par la Coordination des indépendants du livre, à l'ensemble des députés ayant posé une question écrite au gouvernement sur la question d'un tarif postal pour le livre, à quelques autres parlementaires, syndicalistes et journalistes...

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mardi, juin 24 2008

Fuck Myspace ! Petite note à l'usage des égarés sur Myspace

Faut-il détruire internet ? Avant que de trancher cette question très rarement posée sur la toile, il nous semble utile de relayer cet appel qui présente quelques bonnes raisons de déserter des espaces mis à disposition ici et là et qui ne servent, encore une fois que ceux qui en sont les propriétaires. En l'occurrence, cette fois-ci, le milliardaire australo-américain Rupert Murdoch... Où l'on voit comment des groupes qui se proclament contestataire, autonome et indépendant peuvent se laisser berner par la technique et contribuer par leur présence sur Myspace à l'enrichissement de leur ennemi de classe.

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lundi, juin 2 2008

Une offensive peut en cacher une autre !

Alors que deux parlementaires viennent de provoquer une levée de boucliers au sein des professionnels du livre, la question d'un tarif postal pour le livre n'est toujours pas mise à l'étude. Qui se moque de qui ?

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vendredi, février 29 2008

Folie électorale par Howard Zinn

Cet article de l'historien américain Howard Zinn* a été publié le jeudi 28 février dans le journal italien Il Manifesto. Il nous a été transmis et traduit depuis l'italien par Marie-Ange Patrizio.

Howard Zinn s'interroge sur la part envahissante que les élections prennent dans nos vies au détriment de l'action et de l'organisation : « notre temps, notre énergie, nous devrions les employer à instruire, mobiliser, organiser nos concitoyens sur leur poste de travail, dans notre quartier, dans les écoles. Notre objectif devrait être de construire, laborieusement, patiemment mais énergiquement, un mouvement qui puisse secouer qui que ce soit à la Maison Blanche, et au Congrès, en imposant un changement de politique nationale sur les questions de la guerre et de la justice sociale. »... Il revient sur plusieurs points d'histoire où les choix politiques ont été infléchis par la rue, et suggère de ne consacrer au vote pas plus des deux minutes nécessaires à mettre le bulletin dans l'urne.

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lundi, janvier 14 2008

Ordre scolaire bourgeois contre culture prolétarienne

Ce texte de Philippe Geneste a été publié dans le deuxième numéro de la revue Marginales, Le refus de parvenir. Misère de l'école, utopies éducatives. paru en juillet 2003.

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lundi, décembre 31 2007

Au paysan entier, debout dans le soleil et sous la pluie

C’est mon tempérament qui dicte toute la vigueur de mes entrailles sensibles aux éléments et aliments intérieurs et extérieurs. Pas un quelconque talent. Qu’est-ce que cela signifie, un talent ? Cela ne veut rien dire, ne peut rien dire.

Du haut ou du bas de mon je-m’en-foutisme, ou de ma hargne ou de ma contemplation, qui sont état de grâce pour qui n’est pas indifférent aux manifestations de vie, j’officie en mon moi récepteur et émetteur. Le ton est-il heureux ? Pourquoi s’en soucier, quand on est hors d’ambition oratoire, ou prétention littéraire. Ne prendre en considération que le besoin d’échanges directs, de communication, sans recherches, sans calculs, sans concessions ni complaisances ni préséances, rechignant à ces pitreries, picasseries de basse-cour. Se situer exclusivement au service de l’authenticité, de la vérité, de la simplicité. Le fard, le mensonge, les déguisements, la ruse honnête, les décorations grotesques, ne sont que larbineries réfuteuses.

Je ne veux, ni ne sais construire élégamment, ni composer avec habileté. Je ne suis qu’un paysan qui parle à ses frères les hommes, sans forfanterie, ni fantaisie étudiée. Quelquefois avec colère, jamais avec mépris, et toute la courtoisie qui reste en moi intacte devant de si pitoyables constats. Qui parle à ses frères les animaux, les végétaux, avec le même respect de nature, d’un même ton.

Marius Noguès, Putain de sort (inédit).

Cet entretien avec Marius Noguès réalisé par Philippe Geneste a été publié dans le premier numéro de la revue Marginales, Paysans, dernier siècle ? paru en avril 2002.

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lundi, mars 19 2007

Les bonnes feuilles de la revue Marginales

Vous trouverez ci-joint un livret en PDF à donner autour de vous. Celui-ci reprend le texte inédit de Stig Dagerman La seule chose qui est insensée est d'accepter le possible.

En voici le mode d'emploi. Faites glisser le PDF sur votre bureau. Ouvrez le document. Imprimez les pages 1 & 2 recto/verso, pliez en 2, puis refermez le livret et ouvrez les pages avec un couteau : vous avez un petit ouvrage de 8 pages à offrir !

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