Marginales

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lundi, février 15 2010

Les journaflics ont compris d'où vient la menace : c'est nous !

Dans un ouvrage récent [1] Mathieu Rigouste montre comment les militaires ont bien senti dès le début des années 1960 l'intérêt que pouvait représenter les médias de masse (presse, télévision, radio) pour diffuser dans la population « l'esprit de défense ».

La synthèse des travaux de la 18e session de l'Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN) établissait ainsi, en 1965 : « Il faut que le citoyen soit constamment conscient des valeurs qu'il veut défendre, ainsi que des menaces qui pèsent sur elles (…) Il faut qu'il soit constamment associé aux mesures prises pour les protéger et qu'il ait le sentiment d'y participer, d'y adhérer. » La 19e session, en 1966, précisait « L'ignorance est le grand mal dont souffrent les Français en matière de défense de ces valeurs ». La tâche de l'ORTF étant de « faire prendre conscience au citoyen du "patrimoine" qu'il a à défendre, des menaces qui existent... »

« Faire connaître la menace, tel est bien le premier objectif prioritaire d'une information nécessaire. »

''L'article qui suit de Mona Chollet (elle a eu le courage de regarder jusqu'au bout la soirée thématique d'Arte intitulée assez ironiquement « main basse sur l'info ») nous apprend que la menace qui risque de remettre en cause les trois saintes valeurs du capitalisme triomphant dont nous ignorons les bienfaits (propriété, travail, argent) : c'est nous !

Bon, j'extrapole, en fait c'est la Toile (avec un T kapital) qui ressemble furieusement à l'image que ce beau linge se fait d'un monde qui ne serait plus à son service : un cauchemar !''

Notes

[1] L'ennemi intérieur. La généalogie coloniale et militaire de l'ordre sécuritaire dans la France contemporaine, La Découverte, 2009

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samedi, décembre 19 2009

Arbeit macht nicht frei (le travail ne rend pas libre)

« Le travail rend libre » disait l'enseigne volée ce vendredi à Auschwitz (Pologne).

« Nous demandons aux états désunis de renoncer au capitalisme, aux banques d'abolir l'argent, aux entreprises et aux prisons de libérer les salariés et les prisonniers, aux propriétaires d'ouvrir leurs maisons à ceux qui n'ont pas de logement. Quand tout cela sera fait, nous remettrons alors à sa place l'inscription en fer forgé qui surmontait le portail du plus célèbre camp de concentration de Pologne. »

C'est par ce communiqué laconique que des militants anti-travail ont revendiqué leur geste. Les autorités polonaises inquiètes de la tournure prise par les événements ont préféré taire la teneur de ce communiqué jugé « puéril et idiot » et offrir près de 30 000 euros de récompense pour retrouver cette inscription présentée comme le symbole « du cynisme et de la cruauté des nazis » (…) « Tout doit être mis en oeuvre pour trouver et punir les coupables, et j'appelle tous mes compatriotes qui le peuvent à aider les forces de l'ordre. » a déclaré le président polonais Lech Kaczynski dans un communiqué.

On croit rêver !

Pour mieux comprendre les enjeux de cette action, vous pouvez lire ci-après le premier chapitre du Manifeste contre le travail écrit par le groupe Krisis...

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lundi, octobre 5 2009

Lectures Manifeste Rien en octobre 2009 à Martigues, Aubagne et Port-de-Bouc

La Société contre l’État de Pierre Clastres (éditions de Minuit) par le collectif Manifeste Rien.

Lecture spectacle suivie d’un débat.

Jeudi 8 octobre à la médiathèque Louis Aragon à Martigues (13) à 18 h 30 - 04 42 80 27 97

Mardi 20 octobre à la médiathèque Boris Vian à Port de Bouc (13) à 18 h 30 - 04 42 06 65 54



Manifeste Rien fait entendre La Société contre l’État. Une comédienne lit les découvertes du professeur Clastres à la rencontre des indiens Guayaki. Ces sociétés, que nous nommons primitives, ont vécu quelques dizaines de milliers d’années en refusant la division : maîtres- esclaves ; seigneurs-sujets ; dirigeants-citoyens... Le but de cette lecture n’est pas seulement d’apprendre qui était l’anthropologue Pierre Clastres, mais de partager les fruits d’un travail qui nous permet encore aujourd’hui de créer et de résister. À chaque fois qu’un ordre nous est assigné, à chaque fois que nous regrettons de participer à cette sinistre comédie du travail et du chômage, à chaque fois que nous sentons que le mensonge se répand dans notre pays, dans notre ville, dans notre famille… Demandons-nous qui parle ? Qui se dit le chef ? Pourquoi l’écoutons-nous ?



Comédienne : Virginie Aimone. Montage texte et mise en voix : Jérémy Beschon. Regard extérieur : Jean Battiste Couton. Intervenant lors du débat : Bernard Weigel (traducteur).

Entrée libre






Histoire Universelle de Marseille de Alèssi Dell' Umbria (éditions Agone) par le collectif Manifeste Rien.

Lecture spectacle suivie d’un débat.

Jeudi 15 octobre à l’Escale à Aubagne / Les aires St Michel (13) à 19 heures - 04 42 18 17 17



Au voyageur, Marseille apparaît comme une énigme : une ville fondée voici 2600 ans et qui semble au premier abord n’avoir pas d’histoire, ou si peu. Un des poncifs les plus ressassés prétend précisément que Marseille n’aurait jamais cessé de faire table rase de son passé. (…) L’absence de mémoire ne signifie pas l’absence d’histoire mais simplement que cette dernière est écrite par les vainqueurs ; et que Marseille, en tant que cité, a été vaincue. Cette absence est donc elle-même un fait historique. (…) Écrire l’histoire de Marseille à partir de la cité revient donc à jeter un éclairage inédit sur cette construction politique et culturelle qu’est la France. On peut même dire qu’à cet égard Marseille offre un point de vue imprenable…

« Qui m’a foutu une politique / Dirigée par des jeanfoutre ! / Qui m’a foutu ta République / Qui nous refuse un morceau de pain ! / Moi je veux pas mourir de faim ! / Maquerelle à cœur de hyène / Marâtre à l’estomac aigri, / Je te renie ! Tu n’es pas sainte. » Chanson de Victor Gelu – 1850.



Comédienne : Virginie Aimone. Mise en voix et montage de textes : Jérémy Beschon. Regard extérieur : Jean Battiste Couton. Intervenant lors du débat : Bruno le Dantec.

Entrée libre



http://manifesterien.over-blog.com

vendredi, juin 19 2009

Contribution à une critique prolétarienne de l’éducation (2)

La suite du texte introductif de Philippe Geneste à son dernier ouvrage paru chez Acratie[1].

Notes

[1] Philippe Geneste Le Travail de l’école : contribution à une critique prolétarienne de l’éducation, éditions Acratie, 15 euros, 180 pages (en vente en librairie ou chez l’éditeur Acratie, L’Essart, 86310 La Bussière).

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Contribution à une critique prolétarienne de l’éducation (1)

Dans le texte qui suit Philippe Geneste présente un point de vue prolétaire sur la question éducative. Il rappelle que ce point de vue a un objectif : « construire un projet éducatif autonome du prolétariat », une histoire (celle du mouvement ouvrier) et qu'il passe nécessairement par une critique de l'école et des pratiques en cours.

L'importance du texte de Philippe Geneste, en ouverture de l'ouvrage qui vient de paraître aux éditions Acratie[1], est de montrer que les projets éducatifs actuels masquent (mal) derrière la division en filières (générale, technologique et professionnelle) un projet de reproduction sociale qui entend bien donner à chaque classe la formation « professionnelle » correspondante à sa fonction dans la société.

L'énonciation de cette vérité (simple analyse de classe de la situation) étonne et détonne face aux nombreuses analyses de l'école et de son fonctionnement qui ne s'attardent sur la complexité des processus éducatifs que pour mieux masquer l'usage social de contrôle et de reproduction à l'école par le pouvoir. La machine éducative qui pourrait servir à l'émancipation est bien le principal outil d'asservissement du peuple. « Il faut se rendre à l'évidence : les filières générale, technologique et professionnelle sont trois filières professionnelles et c'est pour cela qu'elles forment l'architecture du système éducatif. »

Notes

[1] Philippe Geneste Le Travail de l’école : contribution à une critique prolétarienne de l’éducation, éditions Acratie, 15 euros, 180 pages (en vente en librairie ou chez l’éditeur Acratie, L’Essart, 86310 La Bussière).

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jeudi, avril 2 2009

Vers un printemps réel ?

Un court billet écrit par des étudiants de Lyon qui rappelle que la machine éducative reproduit, sépare et ennuie et que la grève, si on s'y colle, est un moyen de faire dérailler le train-train du général.

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lundi, mars 23 2009

Farce par le collectif Manifeste rien

Présentation de travaux à la Distillerie (Aubagne - 13)

Les 10 et 11 avril à 20 h30

Rue Louis Blanc - 13400 Aubagne, 09 72 96 21 03


Représentations au théâtre de Lenche (Marseille - 2e)

Du 21 au 25 avril.

Mardi, vendredi, samedi à 20h30 - mercredi et jeudi à 19h30

4 place de Lenche - 13002 Marseille, 04 91 91 52 22

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lundi, mars 9 2009

Grève générale, désobéissance et démocratie !

Le printemps qui vient sera-t-il, enfin, celui d'une attaque générale contre le système capitaliste ? Ce qui est certain comme nous le disait François Maspero en octobre dernier c'est que « les armes de la critique, ne peuvent plus se dispenser de la critique des armes » (cf. le texte de Simone Weil ci-après)... En clair, face à la déferlante des manifestations et des insurrections présentes et à venir, les manifestations « pacifiques » des patrons et des flics pour défendre le système ne pourront plus passer pour des actes de protection de « nos » libertés ailleurs que dans les pages de la presse bourgeoise ! Mais si on lit bien les derniers articles de la presse aux ordres sur la Guadeloupe, on voit que les scribes du pouvoir sont prêts à justifier les interventions musclées de la police et de l'armée (comme ils l'on fait pour Israël) pour protéger des biens bien mal acquis... Pour l'instant, le pouvoir tente d'éteindre l'incendie en lachant du fric et en tentant de criminaliser le LKP. Mais le chien créole et l'Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG) veillent, un régal !

Des textes circulent ici et là qui prolongent l'avertissement formulé ici en septembre dernier. L'un d'entre eux Ne sauvons pas le système qui nous broie ! - Manifeste pour une désobéissance générale repris par plusieurs brochures, sites internet, etc. [1] est publié par les éditions du Passager clandestin (disponible aussi en libre accès au format PDF). Il rappelle par des exemples récents que la démocratie sait se transformer en « démocrature » pour sauver le capital et appelle à une désobéissance générale pour abolir le système. Les brochures comme Mauvaises intentions publiées par des groupes autonomes continuent de nourrir les raisons d'une révolte qui cherche à s'étendre et à renverser le train-train d'une contestation sociale qui n'est plus à espérer mais à construire (cf. la lecture de la Mise au point du comité invisible rédigée en janvier 2009 [2]). Un autre texte critique intitulé Terreur et simulation proche des thèses de la revue Krisis analyse les faux flous et les vrais usages du « terrorisme » en période de « crise de la socialisation capitaliste » et finit par s'adresser aux révoltes à venir en demandant « moins d'extrémisme dans les formes et plus de radicalité dans le contenu ». Enfin, je signale deux ouvrages, celui de Claude Guillon, Notre patience est à bout. 1792-1793, Les écrits des Enragé(e)s et celui de Jacques Rancière La Haine de la démocratie qui sont d'utiles contrepoints face à la confusion et au dévoiement des mots entretenus par les élites qui nous gouvernent.

Nous donnons à lire ci-après une partie du message qui accompagne la parution au passager clandestin du Manifeste pour une désobéissance générale... ainsi qu'un texte de réflexions de Simone Weil sur la guerre que nous avons retenu pour le prochain numéro de la revue Marginales qui sortira peut-être enfin des presses au printemps neuf...

Notes

[1] Divergences en Belgique, No pasaran, Altermonde sans frontières, Délit de poésie, Les inventeurs d'incroyance, etc. en France.

[2] Je mets le lien avec le site Indymédia de Nantes parce que le texte y est disponible en format ouvert mais aussi pour la lecture édifiante des quelques réactions à ce texte qui dénoncent la « posture » du comité invisible et de son éditeur.

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jeudi, février 12 2009

Ne pas avaler !

L'encre de la presse est un poison. Jean-Marc Rouillan l'a vérifié à ses dépens qui est retourné en prison purger sa peine de perpétuité pour un commentaire publié dans L'Express le 1er octobre 2008. Délit d'opinion, liberté d'expression, vous n'y êtes pas, le journal ne s'est pas excusé auprès de Jean-Marc Rouillan mais de sa « victime » : la veuve de M. Besse. La presse bourgeoise ne donne pas la parole à ses adversaires sauf pour les condamner ou les faire condamner. Elle ne protège que les siens et surtout s'ils ont du pouvoir !

La création d'un nouveau parti anti-capitaliste (ne pas avaler ! nous disent certaines et certains) fait les gros titres de la presse bourgeoise et passe bien dans la lucarne de notre bon maître ! Attention, il y a du louche ! On craindrait que le bon peuple utilise d'autres armes que l'isoloir qu'on s'y prendrait pas autrement ? Relisons attentivement La grève des électeurs de Mirbeau et n'oublions pas que les "cacadres" de ce nouveau parti ont dénoncé les émeutes de novembre 2005 et les présumés saboteurs de novembre 2011...

Et bonne lecture du texte qui suit de Lephauste...

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mardi, janvier 27 2009

Lettre à la Gestapo

Cette lettre d'Armand Robin adressée à la Gestapo en octobre 1943 est publiée dans le numéro 30 de l'excellente revue bibliographique À contretemps qui consacre son numéro à ce poète et écrivain trop peu connu et publie quelques petites merveilles que vous pouvez aussi lire sur leur site internet... Bizarrement, elle n'a pas été suivie par l'arrestation de son auteur qui est mort bien plus tard, en 1961, suite à son passage dans un commissariat parisien à l'Infirmerie spéciale du dépôt (de sinistre réputation) et dans des conditions jamais éclaircies. Georges Brassens qui était ami avec Armand Robin racontera plus tard à Louis Nucera qu'il « avait pris l'habitude de téléphoner tous les soirs au commissariat de son quartier. Il demandait le commissaire, déclinait son identité, donnait son adresse et disait : “Monsieur j'ai l'honneur de vous dire que vous êtes un con.” »

On le voit l'auteur du Temps qu'il fait de La Fausse parole et de nombreux autres livres publiés ici et là par de petits éditeurs avait l'art de se faire des amis. Parions que la lecture de cette lettre stupéfiante vous donnera envie de découvrir ses livres.

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lundi, janvier 12 2009

En prison pour avoir coupé la télé ?

En France le 22 avril 2007 (le soir du premier tour des élections présidentielles), ils sont allés couper des câbles pour éteindre la télé. Lorsqu’ils se sont fait arrêter, ils ont assumé leur acte : l’un d’eux parce qu’il était chômeur et vivait en caravane a fait de la préventive avant d'être libéré. Tous deux ont été soumis à un contrôle judiciaire très strict.

Le verdict du procès de ce « sabotage » sera rendu lieu le 14 janvier à Millau. La justice millavoise réclame entre 5 et 10 ans de prison pour « association de malfaiteurs » ! 10 ans pour Guilhem car en récidive légale - il avait participé à une action anti-pub - et 5 ans pour Rémi qui n'a pas de casier judiciaire.

Combien de temps faudra-t-il pour que ces actes de sabotage qui indiquent le degré de ras-le-bol soient enfin reconnus pour ce qu'ils sont : des actes politiques, des actes de résistance à la farce démocratique et à ses valets ? La « justice » osera-t-elle condamner à plusieurs années de prison des personnes qui ont coupé un cable et interrompu des émissions de télévision ?[1]

Notes

[1] Le verdict est tombé. Six mois de prison avec sursis ont été requis mercredi 14 janvier 2009 par le tribunal de Millau contre les deux prévenus. Le magistrat a retenu le chef d'inculpation de "dégradation de bien public en réunion" et a demandé que la peine de six mois avec sursis soit assortie d’une obligation de remboursement et de travaux d’intérêt généraux. Seul TDF a demandé des dommages et intérêts, pour un montant de 8.569,39 euros. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 25 février.

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mardi, décembre 9 2008

Les paradoxes de Jean-Marie Gustave Le Clezio

Faut-il désespérer des moyens de communications actuels et se résigner à ce que nos mots ne soient jamais entendus ? Faut-il désespérer de ce que peut la littérature ou comme le souligne Philippe Geneste remarquer que l'actualité d'un écrivain comme Stig Dagerman à qui JMG Le Clézio emprunte le titre de son discours doit tout autant à son style qu'à son engagement pour un système politique jamais nommé et jamais essayé - l'anarchie - qui prône la démocratie et l'action directe et peut se résumer dans la phase suivante : “Je suis anarchiste : c’est que je n’aime ni recevoir, ni donner des ordres.”

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samedi, décembre 6 2008

Un écrivain emprisonné pour délit d'ambiguité !

En décidant de révoquer le régime de semi-liberté de Jean-Marc Rouillan pour des mots ambiguës publiés par la presse les juges « antiterroristes » ont décidé de remettre en prison un individu pour ce qu'il n'a pas dit.

Cette décision confirme les propos de Jean-Marc Rouillan qui disait déjà en 2002 : « Je ne sortirai que si j’accepte de payer, et le paiement de cette rançon, c’est une déclaration, un texte politique qui condamne mon action dans l’organisation armée, mais bien au-delà, dans toutes les organisations auxquelles j’ai participé, comme le MIL, les GARI, jusqu’aux manifestations de l’après 68. Dans leur délire réactionnaire à vouloir tout édulcorer, l’histoire de la contestation armée dans ce pays n’est pas définitivement écrite, et cela tant que nous ne l’aurons pas co-signée de notre repentance. Cette repentance, c’est la rançon. La rançon du chantage. Tant qu’il me restera un soupçon de lucidité, je refuserai le chantage et je ne me renierai pas. »

Nous reproduisons ici le communiqué du comité de soutien et appelons à signer les pétitions qui réclament la libération de Jean-Marc Rouillan. Nous vous incitons aussi à consulter les textes de soutien publiés dans la rubrique « paroles libres » du site de la revue Marginales.

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mercredi, novembre 19 2008

Le crochet à évasion

C’est en observant une bouilloire que James Watt inventa la machine à vapeur. Martin Tomasson, lui, inventa le Crochet à évasion. Le bureau des brevets du ridicule, de la peine et des ténèbres n’avait plus qu’à s’en charger. Il l’inventa en 1918, alors que les journaux étaient pleins de récits d’atrocités. C’est sa lucidité tendue à l’extrême qui fut à l’origine de l’invention. Dans la langue de la peur, elle avait pour nom : corde munie d’un crochet à évasion :

Si la guerre civile éclate ici aussi et si quelqu’un vient m’assassiner, il faut que mon crochet à évasion soit prêt, pour que je puisse m’échapper au moyen de celui-ci en me balançant de branche en branche dans la cime des arbres. Ainsi, je ne laisserai aucune trace sur le sol et ceux qui me traquent pour me tuer ne sauront pas où je suis passé.

Le dispositif est très simple. Il est constitué d’un banal crochet de fer courbé d’une certaine façon et fixé à l’extrémité d’une corde. Je lance la corde par-dessus une branche, dans l’arbre voisin, et me hisse dans celui-ci. Puis je détache le crochet et le jette par-dessus la branche suivante de l’arbre suivant. Ainsi fut découverte la liane mobile, réinventée à une époque tardive par un jeune singe très développé fuyant à travers les forêts du monde sous le coup de la peur.


Crochet à évasion Image trouvée sur le site de l'Échelle inconnue

« Cela veut dire que l'on aurait les flics les plus cons du monde », disait hier, 18 novembre, le père de l'un des membres du « comité invisible » arrêté le 11 novembre dernier. Et que dire de la presse dite « grande », des syndicats et des politiques bafouant la présomption d'innocence qui ont suivi et relayé les rapports des services secrets, se sont désolidarisés de militants politiques (parce qu'ils ne sont pas encartés dans leurs boutiques ?) tandis que ceux-ci étaient arrêtés et mis en garde à vue dans les pires conditions pour « rien ». Mieux encore, la police qui a avoué (sans qu'on lui demande rien !) suivre depuis plus de six mois la vie privée de ce « comité invisible » semble incapable de produire autre choses que des pièces risibles pour justifier leur arrestation (horaires de train, matériel d'escalade, pinces coupantes, brochures anarchistes...).

L'un des crimes de ceux qui souhaitaient rester invisibles (c'est raté !), semble selon Michèle Alliot-Marie de n'avoir pas parlé pendant les 4 jours de la garde à vue. Et peut-être, comme Jean-Marc Rouillan de n'être pas prêt de renier ce qu'ils ont écrit dans le petit livre L'Insurrection qui vient... et pour cause, ayant vu de près le fonctionnement de l'État et de ses petits soldats au bord de la crise de nerf.

Comme nous le rappelait Philippe Godard signataire d'une des pétitions initiées par « Les Mots en marche »[1] à propos de la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, « lorsque cette politique que nous combattons frappe directement l’un d’entre nous, quels que soient nos points de désaccord avec lui, ce sont bien les politiques émancipatrices dans toute leur diversité que nous défendons en soutenant l’individu plus particulièrement frappé par le pouvoir. »


La littérature, disais-je dans un billet de janvier 2007, a l'étrange capacité à nous parler de façon intime de ce qui nous agite au présent. Prenons ce texte de Harry Martinson extrait de Il faut partir, le deuxième volume d'un récit autobiographique écrit par l'auteur dans le début des années 1930 et publiées par les éditions Agone dans la collection « Marginales » en 2002.

Ne trouvez-vous pas que le texte qui suit résonne avec la volonté des invisibles que nous sommes ?

Notes

[1] • Sur le site de la revue Marginales : http://marginales.free.fr/spip.php?rubrique43. • Sur le site du mensuel CQFD : http://www.cequilfautdetruire.org/petitions/?petition=1. • Sur le site des « Mots en marche » : http://lesmotsenmarche.free.fr

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jeudi, septembre 4 2008

Le ministère de la culture parle (enfin) d'un tarif postal pour le livre !

En réponse à deux nouvelles questions au gouvernement, du député de Gironde Michel Sainte-Marie sur les tarifs postaux pour le livre, et de celui de Lot-et-Garonne Jérôme Cahuzac sur la suppression programmée des tarifs spéciaux accordés à la presse, le ministère de la culture parle (enfin) de la création d'un tarif postal pour le livre. La coordination des indépendants du livre demande depuis plus d'un an la création de ce tarif « livre et revue » mais surtout qu'il soit inscrit, comme le tarif « sacs de livres », dans les missions de service public de la future entreprise postale. Gageons que sans cela, ce tarif sera très vite jeté aux oubliettes !

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vendredi, juillet 4 2008

Lettre ouverte aux parlementaires et à leurs lobbyistes sur la création d'un tarif postal « livre et revue »

Lettre ouverte adressée le vendredi 4 juillet 2008 par la Coordination des indépendants du livre, à l'ensemble des députés ayant posé une question écrite au gouvernement sur la question d'un tarif postal pour le livre, à quelques autres parlementaires, syndicalistes et journalistes...

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mardi, juin 24 2008

Fuck Myspace ! Petite note à l'usage des égarés sur Myspace

Faut-il détruire internet ? Avant que de trancher cette question très rarement posée sur la toile, il nous semble utile de relayer cet appel qui présente quelques bonnes raisons de déserter des espaces mis à disposition ici et là et qui ne servent, encore une fois que ceux qui en sont les propriétaires. En l'occurrence, cette fois-ci, le milliardaire australo-américain Rupert Murdoch... Où l'on voit comment des groupes qui se proclament contestataire, autonome et indépendant peuvent se laisser berner par la technique et contribuer par leur présence sur Myspace à l'enrichissement de leur ennemi de classe.

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lundi, juin 2 2008

Une offensive peut en cacher une autre !

Alors que deux parlementaires viennent de provoquer une levée de boucliers au sein des professionnels du livre, la question d'un tarif postal pour le livre n'est toujours pas mise à l'étude. Qui se moque de qui ?

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vendredi, février 29 2008

Folie électorale par Howard Zinn

Cet article de l'historien américain Howard Zinn* a été publié le jeudi 28 février dans le journal italien Il Manifesto. Il nous a été transmis et traduit depuis l'italien par Marie-Ange Patrizio.

Howard Zinn s'interroge sur la part envahissante que les élections prennent dans nos vies au détriment de l'action et de l'organisation : « notre temps, notre énergie, nous devrions les employer à instruire, mobiliser, organiser nos concitoyens sur leur poste de travail, dans notre quartier, dans les écoles. Notre objectif devrait être de construire, laborieusement, patiemment mais énergiquement, un mouvement qui puisse secouer qui que ce soit à la Maison Blanche, et au Congrès, en imposant un changement de politique nationale sur les questions de la guerre et de la justice sociale. »... Il revient sur plusieurs points d'histoire où les choix politiques ont été infléchis par la rue, et suggère de ne consacrer au vote pas plus des deux minutes nécessaires à mettre le bulletin dans l'urne.

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lundi, janvier 14 2008

Ordre scolaire bourgeois contre culture prolétarienne

Ce texte de Philippe Geneste a été publié dans le deuxième numéro de la revue Marginales, Le refus de parvenir. Misère de l'école, utopies éducatives. paru en juillet 2003.

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