Ne pas avaler !
Par marginales le jeudi, février 12 2009, 14:08 - De première bourre - Lien permanent
L'encre de la presse est un poison. Jean-Marc Rouillan l'a vérifié à ses dépens qui est retourné en prison purger sa peine de perpétuité pour un commentaire publié dans L'Express le 1er octobre 2008. Délit d'opinion, liberté d'expression, vous n'y êtes pas, le journal ne s'est pas excusé auprès de Jean-Marc Rouillan mais de sa « victime » : la veuve de M. Besse. La presse bourgeoise ne donne pas la parole à ses adversaires sauf pour les condamner ou les faire condamner. Elle ne protège que les siens et surtout s'ils ont du pouvoir !
La création d'un nouveau parti anti-capitaliste (ne pas avaler ! nous disent certaines et certains) fait les gros titres de la presse bourgeoise et passe bien dans la lucarne de notre bon maître ! Attention, il y a du louche ! On craindrait que le bon peuple utilise d'autres armes que l'isoloir qu'on s'y prendrait pas autrement ? Relisons attentivement La grève des électeurs de Mirbeau et n'oublions pas que les "cacadres" de ce nouveau parti ont dénoncé les émeutes de novembre 2005 et les présumés saboteurs de novembre 2011...
Et bonne lecture du texte qui suit de Lephauste...
NPA
Voici bien le sujet inépuisable, la manne pour qui veut penser un peu par soi-même. Pas évident, me direz vous de penser ainsi par les temps qui sont ! Pas si simple en effet, l'esprit de contradiction n'y suffit plus, il faut construire une opposition efficace face aux pouvoirs des corps constitués de l'industrie lourde, des religions, de la finances, des doctrines creuses comme la dent que je garde en réserve contre les chiens errants grassement nourris et qui trouvent niche dans le fenestron médiatisé :
- "Mais qu'est-ce là mon cousin ? Quoi là ? Ce que vous portez autour du cou ! Ah ça ! Rien du tout, rien, tout au plus un collier ..." (approximativement, le loup et le chien de monsieur de Lafontaine Jean.)
Une opposition efficace ? La voici qui pointe son petit museau tout rose dans la personne de monsieur Olivier, le nouveau souteneur de la révolution anti-capitaliste. Un souteneur soutenu évidement par le fenestron. Son discours est lardé d'évidences : Nous ne voulons plus du capitalisme ! C'est vrai nous ne voulons plus du capitalisme pour qui les révolutions sont comme des interludes, la suite de nos programmes reprend dans quelques instants ! Nous vous prions chers télé-visés de nous excuser pour cette interruption. Nous n'en voulons plus de ces partis qui valident, pour peu qu'on leur rembourse les frais de campagne le système qui les fait vivre sur le dos de "l'espoir", nous n'en voulons plus de "l'espoir", ce mot qui finit justement comme, on nous a assez pris pour des poires, n'est-ce pas ? L'espoir d'un monde meilleur porté par monsieur Nicolas versus monsieur Olivier. Personnellement, je n'en nourris pas d'espoirs car je sais que la révolution est violente et fille de l'abandon définitif de "l'espoir" au profit d'un désespoir si totalement désordonné que les effets de son action affolent, effraient, font fuir même ceux qui l'appellent de leurs vœux pieux.
La révolution n'est pas bien élevée comme un facteur qui gagne sa vie en faisant des listes de noms relevés sur les boîtes aux lettres, à l'usage du commerce de détail et vous gave la fente d'un lot toujours accru de lettres recommandées. La révolution ne parle pas dans le poste et ne recueille pas des taux d'audience afin que les annonceurs affinent le message. La révolution n'est pas une illusion que le pouvoir laisse filer au profit de l'illusion démocrate. Illusions sur toute la ligne ! Combien nous faudra-t-il encore de petits magiciens pour que nous nous rendions enfin compte que chaque jour nous sommes dépossédés de nous même par ces escamoteurs de notre parole, ces leader d'opinions (to lead, en anglais, remplir) :
- Attention mes dames ! Attention mes sieurs ! Dans un instant vous allez être subjugués, emberlificotés, pieds et poings liés, baillonnés par le sourire satisfait de monsieur Olivier !
Trotski ? Qui donc était Trotski ? Un type qui dans son train blindé, dans son grand manteau de cuir en vraie peau de dictateur du prolétariat, parcourait la Russie et menait l'armée rouge contre tout ce qui résistait au pouvoir naissant de l'administration des soviets. Un Tsar pour un autre. Assassiné dit-on par son vieux camarade Staline ? Trotskistes ? Qui sont donc ces trotskistes ? Je ne sais plus. De vieux ados à qui, il y a plus ou moins quarante ans, il manquait tout ce qui fait de l'adolescent type un consommateur énervé par la possession des dépossédés.
Non monsieur Besancenot, vous n'êtes pas anti-capitaliste ! Vous êtes un des fruits sans pépins de ce système dont je ne crois pas que vous le combattiez. NPA ? Nulle Part ? Alors Ailleurs ! Cet ailleurs dont vous et les vôtres ignorez qu'il se trouve dans la colère et le désespoir qui ne se pavanent ponctuellement pas, face caméra.
Un billet publié le 9 février sur le blog Humeur noirte
Commentaires
UN PARTI CHASSE L'AUTRE (Le communisme coca cola)
Inventin, 2007.
"En matière de révolte, aucun de nous ne doit avoir besoin d'ancêtres." André Breton
Dans l'hystérie des bouffonneries électorales, le PC nouveau, tendence pub Lewis, est arrivé. Le trotskisme avec le sourire accrocheur de l'arnaqueur, racole à la mode. L'entreprise devient compétitive et prend quelles parts du marché. Donnant l'illusion d'un parti rassembleur, la LCR casse l'union, en quittant le premier les collectifs antilibéraux pour une alternative à gauche. La seule union possible de ce parti ne peut être qu'avec lui-même, car il se considère comme le seul parti capable de contrôler son hypotétique révolution. Son objectif est de remplacer définitivement le Parti Communiste. Sa grande victoire est d'avoir fait passer le style Hollywood-Nike dans la vieille idéologie Trotskiste.
Il peut être utile de se rappeller que Trotsky, membre du Comité Central Bolchévique, devint commissaire à la guerre en 1918, et dirigea l'Armée Rouge durant la guerre civile. Membre du Bureau Politique avec Lenine, il interdit les autres partis politique. Il décréta que toute grève devait être considérée comme une désertion, et toute revendication comme une insubordination. Il liquida l'insurection des collectifs libertaires des paysans d'Ukraine, puis en 1921 il conduisit le massacre des révoltés de Kronstadt qui revendiquaient un véritable pouvoir aux soviets (non au Parti Bolchévik), la libération des prisonniers socialistes, la liberté de parole et de la presse pour les ouvriers et les paysans.
"Le triomphe de l’ordre bolchevik coïncide avec le mouvement de contre-révolution internationale qui commença avec l’écrasement des Spartakistes par la «Social-démocratie» allemande. Leur triomphe commun était plus profond que leur opposition apparente, et cet odre bolchevik n’était, en définitive, qu’un déguisement nouveau et une figure particulière de l’ordre ancien. Les résultats de la contre-révolution russe furent, à l’intérieur, l’établissement et le développement d’un nouveau mode d’exploitation, le capitalisme bureaucratique d’Etat et, à l’extérieur, la multiplication des sections de l’Internationale dite communiste, succursales destinées à le défendre et à répandre son modèle. Le capitalisme, sous ses différentes variantes bureaucratiques et bourgeoises, florissait de nouveau sur les cadavres des marins de Kronstadt et des paysans d’Ukraine, des ouvriers de Berlin, Kiel, Turin, Shangaï, et plus tard de Barcelone."
"Très tôt, le modèle russe s’imposa aux organisations ouvrières d’Occident, et leurs évolutions furent une seule et même chose. A la dictature totalitaire de la Bureaucratie, nouvelle classe dirigeante, sur le prolétariat russe, correspondait au sein de ces organisations la domination d’une couche de bureaucrates politiques et syndicaux sur la grande masse des ouvriers, dont les intérêts sont devenus franchement contradictoires avec les siens."
"Les morts hantent encore les cerveaux des vivants."
"Au sein de ce monde, des organisations prétendument révolutionnaires ne font que le combattre apparemment, sur son terrain propre, à travers les plus grandes mystifications. Toutes se réclament d’idéologies plus ou moins pétrifiées, et ne font en définitive que participer à la consolidation de l’ordre dominant. Les syndicats et les partis politiques forgés par la classe ouvrière pour sa propre émancipation sont devenus de simples régulateurs du système, propriété privée de dirigeants qui travaillent à leur émancipation particulière et trouvent un statut dans la classe dirigeante d’une société qu’ils ne pensent jamais mettre en question."
"Dans un monde fondamentalement mensonger, ils sont les porteurs du mensonge le plus radical, et travaillent à la pérenninté de la dictature universelle de l’Economie et de l’Etat."
"Un modèle social universellement dominant, qui tend à l’autorégulation totalitaire, n’est qu’apparemment combattu par des fausses contestations posées en permanence sur son propre terrain, illusions qui, au contraire, renforcent ce modèle. Le pseudo-socialisme bureaucratique n’est que le plus grandiose de ces déguisements du vieux monde hiérarchique du travail aliéné."
"Des stalino-trotskismes réconciliés à toutes les tendances et demi-tendances qui se disputent «Trotsky» à l’intérieur et à l’extérieur de la IVº Internationale, règne une même idéologie révolutionnaire, et une même incapacité pratique et théorique de comprendre les problèmes du monde moderne."
"La révolution, comme la vie qu’elle annonce, est à réinventer. Si le projet révolutionnaire reste fondamentalement le même : l’abolition de la société de classes, c’est que, nulle part, les conditions dans lesquelles il se forme n’ont été radicalement transformées. Il s’agit de le reprendre avec un radicalisme et une cohérence accrus par l’expérience de la faillite de ses anciens porteurs, afin d’éviter que sa réalisation fragmentaire n’entraîne une nouvelle division de la société."
"Le principe de la production marchande, c’est la perte de soi dans la création chaotique et inconsciente d’un monde qui échappe totalement à ses créateurs. Le noyau radicalement révolutionnaire de l’autogestion généralisée, c’est, au contraire, la direction consciente par tous de l’ensemble de la vie."
"C’est au travail lui-même qu’il faut s’en prendre. Loin d ‘être une «utopie», sa suppression est la condition première du dépassement effectif de la société marchande, de l’abolition -dans la vie quotidienne de chacun- de la séparation entre le «temps libre» et le «temps de travail», secteurs complémentaires d’une vie aliénée, où se projette indéfiniment la contradiction interne de la marchandise entre valeur d’usage et valeur d’échange. Et c’est seulement au-delà de cette opposition que les hommes pourront faire de leur activité vitale un objet de leur volonté et de leur conscience, et se contempler eux-mêmes dans un monde qu’ils ont eux-mêmes créé."
"La chance historique du nouveau prolétariat est d’être le seul héritier conséquent de la richesse sans valeur du monde bourgeois, à transformer et à dépasser dans le sens de l’homme total poursuivant l’appropriation totale de la nature et de sa propre nature. Cette réalisation de la nature de l’homme ne peut avoir de sens que par la satisfaction sans bornes et la multiplication infinie des désirs réels que le spectacle refoule dans les zones lointaines de l’inconscient révolutionnaire, et qu’il n’est capable de réaliser que fantastiquement dans le délire onirique de sa publicité. C’est que la réalisation effective des désirs réels, c’est-à-dire l’abolition de tous les pseudo-besoins et désirs que le système crée quotidiennement pour perpétuer son pouvoir, ne peut se faire sans la suppression du spectacle marchand et son dépassement positif."
De la misère en milieu étudiant (extraits)
Par des membres de l’internationale Situationniste et des étudiants de Strasbourg,
novembre 1966.