Un écrivain emprisonné pour délit d'ambiguité !
Par marginales le samedi, décembre 6 2008, 12:11 - À boulet rouge - Lien permanent
En décidant de révoquer le régime de semi-liberté de Jean-Marc Rouillan pour des mots ambiguës publiés par la presse les juges « antiterroristes » ont décidé de remettre en prison un individu pour ce qu'il n'a pas dit.
Cette décision confirme les propos de Jean-Marc Rouillan qui disait déjà en 2002 : « Je ne sortirai que si j’accepte de payer, et le paiement de cette rançon, c’est une déclaration, un texte politique qui condamne mon action dans l’organisation armée, mais bien au-delà, dans toutes les organisations auxquelles j’ai participé, comme le MIL, les GARI, jusqu’aux manifestations de l’après 68. Dans leur délire réactionnaire à vouloir tout édulcorer, l’histoire de la contestation armée dans ce pays n’est pas définitivement écrite, et cela tant que nous ne l’aurons pas co-signée de notre repentance. Cette repentance, c’est la rançon. La rançon du chantage. Tant qu’il me restera un soupçon de lucidité, je refuserai le chantage et je ne me renierai pas. »
Nous reproduisons ici le communiqué du comité de soutien et appelons à signer les pétitions qui réclament la libération de Jean-Marc Rouillan. Nous vous incitons aussi à consulter les textes de soutien publiés dans la rubrique « paroles libres » du site de la revue Marginales.
Communiqué
La cour d’appel de Paris a prononcé, ce jeudi 4 décembre, la révocation de la semi-liberté de Jean-Marc Rouillan. Sur les passages incriminés de l’entretien paru dans L’Express, les juges ont souligné que les propos de Jean-Marc Rouillan « sont ambiguës mais qu’ils ont été perçus clairement par les familles des victimes ». La Cour considère que Jean-Marc Rouillan a enfreint l’une des 4 contraintes de son régime de semi-liberté (interdiction de s’exprimer sur les faits pour lesquels il a été condamné).
Nous considérons, pour notre part, que ce jugement indique la volonté de l’État de criminaliser l’expression d’un militant révolutionnaire. Nous dénonçons les lois « antiterroristes » qui autorisent l’incarcération pour délit d’opinion. Nous continuons à soutenir les démarches judiciaires pour obtenir la libération de Jean-Marc Rouillan. Nous appelons les signataires à être solidaires des actions qui seront menées pour obtenir cette libération.
Les mots en marche, le 5 décembre 2008
Nota bene : N’hésitez pas à faire circuler les deux pétitions qui restent ouvertes dans le cadre de la demande de libération de Jean-Marc Rouillan.
Lien vers les pétitions :
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