Avertissement
Par marginales le vendredi, août 29 2008, 11:12 - Manifeste - Lien permanent
J'ai vu un ballon libre s'arracher subitement au sol, entraînant avec lui les gens qui tenaient les amarres et qui n'eurent pas le simple réflexe de survie de lâcher prise à temps. En quelques secondes, ils se retrouvèrent à vingt ou trente mètre du sol. Ceux qui n'avaient pas lâché prise tombèrent de cent ou trois cents mètre. La règle d'or de la survie se formule comme suit : sachez lâcher prise.
Autrement dit : ne vous cramponnez jamais, quand votre gardien vous conseille de lâcher prise...
... TOUT DE SUITE !
Supposez un peu que vous teniez l'une de ces amarres... Auriez vous lâchez prise à temps, à savoir si tôt que vous vous sentiez entraîné ? Je vais vous dire un truc intéressant. Vous avez bien plus de chance de savoir lâcher prise à temps maintenant que vous avez lu ce paragraphe, que si vous ne l'aviez pas lu. Si la littérature sert à quelque chose, c'est bien d'avertissement.
LÂCHEZ PRISE
William S. Burroughs, Les Terres occidentales, Christian Bourgois, « Titres », 2007.
Je me pose la question. Combien de temps encore pour que nos lenteurs et nos éclats opposent aux attaques et aux pièges sans cesse renouvelés de ceux qui dominent le monde un front aussi déterminé et violent que celui d'une rive où brûlerons les feux de la fête ?
Certains du conseil national de résistance appellent à une grève générale reconductible à partir du 10 novembre 2008, d'autres parlent d'insurrection à venir, les plus nombreux ont peut-être assez de colère et de désespoir pour ne plus avoir peur de lâcher prise...
À quoi sert de courir après les grosses ficelles de ces ballons bleu, blanc et rouge qui nous arrachent du sol vers une mort à crédit, des rêves sans réalité et des objets payants sans utilité ?
Pourquoi ne pas s'arrêter là où nous sommes et se mettre à vivre avec ceux qui nous entourent ? Pourquoi ne pas se débarrasser de ce qui nous divise et nous enlève à nous-mêmes : la propriété, l'argent, le travail ?
Nous sommes avertis.
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