Je ne travaillerai jamais
Par marginales le jeudi, février 15 2007, 00:32 - Harry Martinson - Lien permanent
Un court texte de Harry Martinson tiré du manuscrit inédit de Vägen till Klockrike (La Société des vagabonds, 1948) choisi par Ingalisa Munck et publiés par les éditions Norstedts sous le titre Bollesagor (Histoires de Bolle, 1983).
Et voilà que ça recommençait :
— Vous ne travaillez jamais ?
— Non, je ne travaille jamais.
— Pourquoi ne travaillez-vous jamais ?
— Je n’en ai jamais envie.
— Pourquoi n’en avez-vous jamais envie ?
— On ne me pose jamais cette question.
— Oui, mais maintenant je vous la pose.
— Et moi je vous réponds.
— Est-ce que vraiment personne ne vous a posé cette question auparavant ?
— Si, mille fois on me l’a déjà posée.
— Alors pourquoi dites-vous que personne ne vous l’a posée ?
— De la même manière que vous me posez cette question comme mille autres me l’ont posée auparavant.
— À votre avis comment iraient les choses si tout le monde était comme vous ?
— Sans doute aussi mal que si tout le monde était comme vous.
— Vos réponses sont comme un écho venu d’une paroi rocheuse.
— Merci. Je suis interrogé par une paroi rocheuse.
— Vous êtes un pou errant et paresseux.
— Vous êtes un pou sédentaire et cupide.
— Fichtre !
— Oui, fichtre !
— Allez-vous en sur le champ que je ne vous voie plus.
— Oui, merci, je m’en vais sur le champ pour ne plus vous voir.
© Harriet Martinson
Traduit du suédois par Caroline Chevallier
Outre les livres de Harry Martinson disponibles chez Agone (cf liste ci-après), des textes de Harry Martinson ont été publiés dans le numéro 1 de la revue Marginales, Paysans, dernier siècle ? et dans le numéro 3/4, Les Dépossédés. Figures du refus social. Le numéro 5 de la même revue comprend de nombreux textes et poèmes inédits puisqu’il est entièrement consacré à deux écrivains Harry Martinson et Jean Giono. Rappelons que ce dernier numéro a fait l’objet d’une rencontre le samedi 4 février 2006 à l’Alcazar (bibliothèque de Marseille) avec des conférences de Philippe Geneste, Jérôme Meizoz, Nicolas Offenstadt (remplacé par Thierry Discepolo et Charles Jacquier) et François-Noël Simoneau.
Même les orties fleurissent, collection « Marginales », Agone, 2001.
Il faut partir, collection « Marginales », Agone, 2002.
La Société des vagabonds, collection « Marginales », Agone, 2004.
Aniara, une odyssée de l'espace, collection « Marginales », Agone, 2004.
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