Présentation du collectif Manifeste Rien
Par marginales le mercredi, février 14 2007, 19:01 - Manifeste Rien - Lien permanent
Les membres du collectif considèrent que l’art doit être lié à la philosophie, à la politique et aux petits riens. Porté par des écrivains, comédiens, musiciens et vidéastes le collectif Manifeste Rien est né à Marseille en 1999. Ce sont des auteurs comme Villon, Bakounine, Artaud, Tzara, Reich, qui ont inspiré ses premières représentations.
Aujourd’hui, le collectif produit des textes originaux de différentes formes : romans, drames, nouvelles, poésies, cut-up, interprétés par des artistes dramatiques, musiciens et vidéastes. Ces formes entendent entrer en résonance avec le spectateur par un agencement inhabituel de sens.
la revue Marginales accueille le collectif et donnera à lire sur ce blog de larges extraits de Farce une pièce de théâtre écrite par Jérémy Beschon et Jean-Battiste Couton. De larges extraits de Farce sont publiés dans le premier cahier de littérature contemporaine du numéro 6 de la revue Marginales consacré à Stig Dagerman (sortie en librairie : le 17 mars 2007).
Texte de Charles Bukowski interprété par Virginie Aimone, Jérémy Beschon (guitare) et Anne-Sophie Millet (hautbois).
Manifeste Rien propose régulièrement dans des bars, festivals, théâtres, soirées de soutien, des formes courtes, avec un ou plusieurs comédiens et musiciens: des mises en voix, son et images de textes et de cut-up. Le but étant de faire entendre des textes peu connus du public, qui restent trop souvent réservés aux intellectuels alors qu’ils s’adressent à tous, et peut-être plus particulièrement à ceux qui y ont difficilement accès. Nous travaillons avec différents matériaux, ou plutôt nous utilisons les différentes disciplines comme un même matériau. Poésie, philosophie, sociologie,… sont travaillées ensemble. Nous ne voulons pas réunir toutes ces disciplines en un seul pot pourri mais découvrir comment la pensée d’une discipline peut trouver un échos dans une autre ; trouver une complémentarité harmonique plus qu’une analogie de la forme et du sens. Comment deux textes peuvent-ils se multiplier, et pourtant restituer au spectateur (ou auditeur) leur sens premier ? Le but n’étant pas pour nous que le spectateur saisisse tout le texte mais qu’il puisse l’aborder sous un nouvel angle, avec un certain érotisme, une attraction, une étrange musicalité née de la décontextualisation.. Des textes écrits par les écrivains du collectif : Jean Battiste Couton et Jérémy Beschon, des montages improbables Deleuze/Michaux, Corneille/Mingus, Wilheim Reich/Bakounine, Chomsky/Artaud… Ce travail de « formes courtes » est pour nous un espace d’expérimentation, un lieu où parasiter le réel (celui qui est admis) pour lui rendre sa dimension étrange, mettre à nu la fracture de l’être et de la société par un travail sur la structure du langage : entre sa norme et sa marge.

Lecture de Farce le 24 juin 2006 chez Anis Gras - le lieu de l'autre par le collectif Manifeste Rien (Franck Vrahides, Olivier Boudran, Magali Frémin et Virginie Aimone).
Manifeste Rien travaille actuellement à la mise en scène d’un poème musical de Jérémy Beschon Elle, Dieu et l’Infrabasse ; ratiocination sonore que la phrase de Alain Accardo résume sans rien résoudre : « On ne peut pas changer la société sans se changer aussi soi même ». Tentative du corps parlant d’échapper à un environnement social dominé par des structures qu’il n’a de cesse d’intérioriser. Ce travail finalisé sera présenté du 28 février au 4 mars 2007 au Bahut et mi-avril chez Anis Gras - le lieu de l’autre à Arcueil.
« Tous les problèmes sont des problèmes politiques, et la politique elle-même est un amas de mensonge, de faux-fuyant, de sottise, de haine et de schizophrénie. Quand l’atmosphère générale est mauvaise, le langage ne saurait rester indemne. » George Orwell, « La Politique et la langue anglaise », 1946.
Notre prochain travail, Farce, est pour nous un projet d’envergure, une synthèse des recherches que nous menons depuis la naissance du collectif Manifeste Rien. Il fera appel aux techniques sonores, vidéos et littéraires que nous explorons à travers les « formes courtes » et les relations corps/paroles que nous expérimentons dans Elle, Dieu et l’Infrabasse.
Le collectif Manifeste Rien
Présentation des membres du collectif
Virginie Aimone, comédienne
Diplômée du conservatoire national de région d’art dramatique de Marseille (classe de Jean-Pierre Raffaelli), elle a obtenu un DEUST de formation aux métiers du spectacle à l’université d’Aix-en Provence.
Depuis l’an 2000, elle a joué dans de nombreux spectacles sur Marseille et sa région. On peut citer notamment : La Tentation du bazooka de D. Cier mise en scène de Michel Bijon à la Friche de la Belle de Mai (1er rôle : l’employée) , Hecube d’Euripide mise en scène d’Andonis Vouyoucas au théâtre Gyptis, Liliom de Ferenc Molnar mise en scène d’Alexis Moati et Stratis Vouyoucas au théâtre Gyptis (rôle de Marie). Elle a également joué dans des courts-métrages dont Monter le drapeau (prix du scénario du festival du film d’Aubagne) de Bruno Duron où elle occupe le 1er rôle : Marion. Enfin elle a suivi différents stages dont un stage dirigé par Hans Peter Cloos en 2006 à Paris et un stage dirigé par Jean-Louis Benoît et Frédéric Bélier-Garcia au TNM la Criée en 2001 à Marseille.
Elle travaille depuis 1999 avec Jérémy Beschon et Jean-Battiste Couton et interprète leurs textes. Elle fonde avec eux le collectif Manifeste Rien et participe à tous les spectacles, lectures en scène et concerts créés par le collectif. Citons : l’ON a tiré sur le pianiste de Jean-Battiste Couton au théâtre du Bahut à Arcueil, Elle, Dieu et l’Infrabasse de Jérémy Beschon au festival de l’Art des lieux à Marseille, La voix de garage enchantée au théâtre Antoine Vitez à Aix-en-Provence, un concert au théâtre du Merlan scène nationale de Marseille. Elle participe aussi à l’élaboration de Interruptions court-métrage de Jérémy Beschon et Jean-Battiste Couton inspiré du spectacle Elle, dieu et l’Infrabasse.
Jérémy Beschon, écrivain/metteur en scène
Après avoir eut le BAC grâce à l’intervention des saints, il traîne un an à la faculté d’Aix-en-Provence sans autre conviction que celle de fuir cet endroit pour la sauvegarde de son âme. Il joue dans des groupes de rock dont il compose parfois les textes, et écrit dans le même temps Gimi un récit qui obtient en 1999 le prix de la biennale des jeunes créateurs de la Méditerranée.
Il crée en 1998 Manifeste Rien avec Jean Batiste Couton et Virginie Aimone, un cabaret poétique qu’ils présenteront dans plusieurs pianos bar de Marseille. Il commence un roman Voix de garage dont seront tirés deux spectacles (théâtre et musique) joués au théâtre Antoine Vitez d’Aix-en-Provence. Manifeste Rien remporte en 2003 le tremplin musique/jeunes artistes coproduit par Le Merlan et est programmé en concert au théâtre du Merlan, Scène nationale de Marseille. Il écrit et compose alors un répertoire de chansons (interprété par Virginie Aimone), et de montages de textes (toujours sur l’ambivalence poétique/politique). Il écrit et met en scène parallèlement un texte de poésie sonore Elle, dieu et l’Infrabasse dont la première est jouée en 2004 au Festival de l’Art des Lieux à Marseille. Il co-écrit entre 2004 et 2005 avec Jean-Battiste Couton Farce une pièce de théâtre. La pièce a déjà été lu publiquement au Torchon Brûle à Paris en mai 2006, au Bahut et chez Anis Gras - le lieu de l’autre à Arcueil en juin 2006.
Publications : Furoncle (nouvelle), revue Agone n°21, 1999 ; extraits de Farce (théatre), revue Marginales n°6, 2007.
Amandine Bouche, réalisatrice
Après un DEA de cinéma à Aix en Provence et un DEUG d’Arts plastiques, elle se lance dans l’écriture et la réalisation de courts métrages. L’un de ses scénarii a d’ailleurs trouvé un producteur : la société Offshore production. Son univers est souvent décalé, remettant en cause les travers de notre société par petites touches humoristiques. Entre 2002 et 2004, engagée avec Jean-Battiste Couton auprès de l’ONG Actions en Brousse, elle organise des ateliers vidéo dans des villages du Cameroun. De retour en France elle rejoint le collectif Manifeste Rien pour qui elle réalise plusieurs captations avant de s’engager plus avant dans diverses expérimentations vidéos et sonores. Des essais de réalisations vidéos pour Elle, Dieu et l’infrabasse faisant se répondre la scène théâtrale et l’espace virtuelle sont en cours. Aujourd’hui à Paris, elle gagne sa vie comme monteuse et cadreuse au sein de diverses structures.
Olivier Boudrand, comédien
D'origine franco-argentine, il grandit entre Londres, Paris et Buenos Aires et étudie les arts et techniques de l'acteur à l'école Claude Matthieu (Paris). En sortant de l'école en 2002, il assiste à la création de la compagnie socialement engagée La tête Ailleurs (théâtre de rue, intervention en maison d'arrêt, travail avec les lycéens) ainsi que la compagnie Shaboté en partenariat avec le Musée Vivant du Cheval à Chantilly (Oise). Il intègre également la compagnie Acidu qui l'initie aux arts de la rue. Comédien pluridisciplinaire il chante, danse et participe à différentes créations musicales; il travaillera même avec l'orchestre contemporain Marseillais Musica 13 sous la direction de R. Hayrabédian. En formation permanente de chant (G. Aguerre), de danse (Amadéo) et de théâtre (H.P. Cloos); il travaille actuellement pour la Fox Compagnie où il joue au théâtre le spectacle commémoratif du Front Populaire.
Jean-Battiste Couton, écrivain/metteur en scène
Dyslexie et amour de la littérature lui seront transmis très tôt par sa mère. Ses premiers textes classiques, rimés, traversés d’erreurs font qu’un mot est pris pour un autre. D’abord inconsciemment, car la science du verbe est encore naissante, puis de plus en consciencieusement, Jean-Battiste s’efforce de faire « tanguer » la langue. En première année de lettres modernes, ses professeurs n’écoutant qu’eux et désirant lui inculquer le juste, il se dirige vers les Arts Plastiques avec pour pratique la vidéo expérimentale. Il obtient sa licence en 2003. La lecture et l’écriture l’accompagnant durant ces années, il travaille l’écrit au corps et parvient à assumer l’erreur comme fondation de sa création. Ses nouvelles et poésies sont présentées en 1998 au festival off d’Avignon pour une première confrontation avec le public. Après sa rencontre avec Jérémy Beschon, il participe à la première création de Manifeste Rien, où il intervient comme saxophoniste et auteur. Dans le même temps, il commence l’écriture d’une longue épopée au futur proche, l’ON, note de Grégoire San-Zi et poursuit une recherche poétique dans des textes plus courts. En 1999, il présente ses travaux poétiques lors d’une lecture dans le cadre du festival Openning night à la faculté d’Aix-en-Provence. En 2000, le collectif Manifeste rien donne deux représentations d’un spectacle poétique et musical au Béret Volatil et à la Machine à coudre, à Marseille. Entre 2002 et 2004, Jean-Battiste s’engage avec une ONG Camerounaise Actions en Brousse et met en place des ateliers d’écritures, dans des villages du Cameroun et dans des établissements scolaires des Hautes-Alpes. Avec Jérémy Beschon, il écrit une pièce de théâtre, Farce. Arrivé sur Paris, il fait un pas en avant dans la mise en scène en créant une lecture spectacle de 30 mn d’une partie de son roman. La première représentation a lieu au Bahut, friche culturelle à Arcueil. Continuant leur travail d’écriture à quatre mains, Jean-Battiste et Jérémy persistent à exciter la langue et les sens. Découple, leur dernier texte poétique et Farce, ont fait l’objet d’une lecture lors d’une soirée du Torchon Brûle à Paris au Bahut et chez Anis Gras - le lieu de l’autre à Arcueil en juin 2006.
Pauline Dau, comédienne/circacienne
En deuxième année de Formation professionnelle artistique au Centre des arts du cirque - Balthazar à Montpellier. Pauline Dau est spécialisée en corde et en acrobatie et réalise ses propres numéros solos dans lesquelles elle intègre du clown et du chant. Elle a participé à plusieurs créations collectives sous la direction de Roger Borries (Metteur en scène de la compagnie Les nouveaux nés). Elle a part ailleurs suivie des stages avec la Cie Marta Carrasco (Barelone), la Cie Cahin Caha (Marseille), Cie De Trop (Toulouse), CNAC (Chalons en Champagne), ESAD (Paris) et le Théâtre du Montansier (Versailles). Elle rencontre les membres du collectif Manifeste Rien il y a un an qui, attiré par la diversité de ses pratiques lui propose de participer à plusieurs projets, dont Farce.
Magali Frémin, comédienne
Elle a une formation pratique et théorique en Art Dramatique (DEA Lettres et Arts ; spécialité Art du spectacle). Elle travaille depuis 96 avec différentes compagnies de théâtre sur Marseille et sa région. Membre fondatrice de la compagnie Radiateur, elle a joué dans de nombreuses pièces mises en scène par Mathieu Cipriani (des textes d’Eschyle, de Büchner, de Guyotat…). Parallèlement à ce « théâtre de recherche », elle diversifie son travail d’actrice avec des stages de clown, des masters class d’improvisation, et stages de perfectionnement du jeu devant la caméra.
Franck Vrahides, comédien
Diplômé du conservatoire de théâtre de Marseille, il a également une formation de musicien (chorale baroque du conservatoire d’Aix-en-Provence, Deug de musicologie, école de jazz et de musiques actuelles).
Chanteur à ses débuts dans des groupes de rock, il a joué au Chocolat théâtre (Marseille) et une cinquantaine de fois en région PACA dans Le Dîner de Cons avec la Cie Les Spécimens en 2002, fait plusieurs lectures de poésie contemporaine, et participé à deux projets de théâtre et de musique avec Manifeste Rien : La voix de garage enchantée et Farce. En solo, il effectue le travail d’auteur compositeur de chansons françaises.
Commentaires
Un petit coucou pour mister Franck Vrahides en souvenir de l'epoque héroïque du Chocolat Théâtre et des SPéCIMeNS... héhéhhé Bon vent à vous tous!
ces noms du peu du presque-ou les tiques polis-au denier de la lune-déguerpissent en formant régiment-émetteurs d'ici tombe-croques-mort voûte d'art-o molestant ravageurs
fusionnant restes débris scories petits pas sans pré sans nulle-part.Vent de glace de froidure brûlures blanc blanc..oui alchimie de vivance-forme cancer à cancres-
Odes beaux jours-godets à sources-et craque au théatre- radeau!!!Revélion mômôton les éleveurs à puces! ciblons l'amour! sortons la mitraille à don fiançons le n'importe quidam.
despetitspetitspetitsoupeu.Quand graine la mémoire à théatre-qui martèle-la vivance du vivant-metteur en saine levée du rideau-qu'en sens les coupes ficelles que sont ces noms
fondateurs...de fond. Sur le sol-solsol!zinc-zinc brèche à tous les comédiens qui signent le chant!
En temps de brûle le gel.
A vous gens du métier.