Stig Dagerman, la littérature et la conscience
Par marginales le mercredi, décembre 20 2006, 11:17 - Manifeste - Lien permanent
Non, ça n’a rien à voir avec toi - mais c’est de toi pourtant qu’il s’agit. C’est toi qui a été pourchassé dans les rues d’Oslo par des policiers armés, c’est ta vie qu’on cherche à prendre et c’est ta maison qui est sous surveillance. Toi, ta vie, parce que... Pourquoi ? Eh bien, parce que tu as un cœur, car tu en as un. Et parce que tu es jeune, car tu l’es. Parce qu’il fera jour bientôt, car il va faire jour. Oui, c’est à travers toutes ces choses, le cœur, la jeunesse, la lumière du jour, que nous éprouvons en sécurité la vie des persécutés et que de toute l’ardeur de notre âme nous souhaitons que vienne le jour où les cœurs s’enflammeront, où les mêmes cœurs brûleront par delà toutes les frontières. Ce jour-là le poète les aura, ses cœurs brûlants que le doute ne tient jamais en son pouvoir et qui accueillent la défaite « du même sourire invulnérable » que la victoire finale. Ce jour viendra, il viendra bientôt. Nous le savons bien. Nous le sentons dans nos cœurs. Nos cœurs brûlants.
Stig Dagerman (1923-1954)
Revue Marginales N° 6
Le romancier suédois Stig Dagerman (1923-1954), est nommé, à l’âge de vingt-deux ans, responsable de la rubrique culturelle du quotidien anarcho-syndicaliste suédois Arbetaren (Le Travailleur). Il ne cessa jamais d’y écrire. Curieusement passée sous silence par la critique littéraire, plus prompte à brandir l’icône du poète maudit, cet apprentissage d’écriture sous-tend l’oeuvre entière de l’écrivain suédois. Bien sûr, le monde symbolique de la littérature ne se réduit pas au monde discursif des idéologies, mais on ne peut comprendre la portée du travail littéraire de Dagerman sans intégrer sa dimension de chroniqueur syndicaliste. Tombe alors l’image anachronique du littérateur romantique et s’offrent à la sagacité des lecteurs des pistes inédites d’interprétation.
Au sommaire des textes de Stig Dagerman, Folke Fridell, Philippe Geneste, Freddy Gomez, Ivar Lo-Johansson, Louis Mercier Vega & Thierry Porré des fusains d’Emmanuelle Dufossez, des dessins de Swen et un cahier de littérature contemporaine avec des textes de Simon Armitage, Jérémy Beschon & Jean-Battiste Couton et Jann-Marc Rouillan.
Parution mars 2007
Prix public : 15 euros
Diffusion/distribution en librairie par les éditions Agone
http://atheles.org/agone/revuemarginales
Déjà parus :
N°1 (sur les thème des paysans) – Paysans, dernier siècle ?
Couverture reliée – 168 pages, 15 euros.
N°2 (sur le thème de l’école) – Le Refus de parvenir.Misère de l’école, utopies éducatives.
Couverture reliée – 192 pages, 16 euros
N°3/4 (sur le thème des vagabonds) – Les Dépossédés. Figures du refus social.
Couverture souple – 252 pages, 20 euros.
N°5 (autour de Jean Giono et Harry Martinson) – La Littérature à la place des yeux. Jean Giono et Harry Martinson. Écrivains du peuple, écrivains contre la guerre.
Couverture souple – 204 pages, 18 euros.
N°6 (autour de Stig Dagerman) – Stig Dagerman, la littérature et la conscience.
Couverture souple – 204 pages, 15 euros.
À paraître :
N°7 (sur le thème de la guerre) – La Guerre industrielle. Chair à patrons, chair à canons.
Couverture souple – environ 250 pages, 20 euros.
N°8 (sur le thème de l’ordre moral) – Pour un nouvel individualisme. Écart & résistances.
Couverture souple – environ 200 pages, 18 euros.
Abonnement pour les 3 prochains numéros (40 euros)
ou commande des 6 numéros parus (80 euros) à :
Marginales - Les Billardes - 04300 Forcalquier.
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