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  <title>Marginales - littérature</title>
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  <description></description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 19 Nov 2008 17:56:10 +0000</pubDate>
  <copyright>Marginales</copyright>
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    <title>Parole en cage</title>
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    <pubDate>Mon, 20 Oct 2008 22:15:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>De première bourre</category>
        <category>engagement</category><category>littérature</category><category>prolétariat</category><category>Rouillan</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Après l'incarcération de l'écrivain Jann-Marc Rouillan suite à la publication d'un article dans la &lt;a href=&quot;http://www.lexpress.fr/actualite/politique/action-directe-rouillan-parle-et-pourrait-se-voir-prive-de-sa-semi-liberte_579389.html?p=3&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;presse&lt;/a&gt; nous relayons un &lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?article94&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;appel&lt;/a&gt; des «&amp;nbsp;Mots en marche&amp;nbsp;» qui vient d'être lancé en France et à l'étranger. Cet appel qui s'adresse aux intellectuels demande une prise de position pour l'écrivain Jann-Marc Rouillan dans la lutte qu'il mène depuis sa cellule pour retrouver la liberté et contre l'hypocrisie de l'État français qui après lui avoir fait payer ses actes lui refuse le droit de tourner la page et voudrait lui dicter un repentir qui ne permet pas de débattre de la question ainsi occultée.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Nous avons besoin de &lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?article94#sp94&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;votre soutien&lt;/a&gt; et de &lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?rubrique43&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;vos écrits critiques&lt;/a&gt; pour que cette révocation de la semi-liberté dont il bénéficiait apparaisse aux yeux de tous pour ce qu'elle est un déni de justice et un acharnement.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous avons besoin de votre liberté de parole pour qu'un homme puisse retrouver la liberté.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Jann-Marc Rouillan vient de voir son régime de semi-liberté révoqué par le tribunal d’application des peines. En le réincarcérant au motif d’avoir commenté la contrainte dont il fait l’objet – ne pas s’exprimer sur les faits pour lesquels il a été condamné –, c’est en réalité toute possibilité d’expression que l’État français lui refuse. La procédure d’appel étant aujourd’hui engagée, il est urgent de se mobiliser pour sa libération.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Depuis 2001, Jann-Marc Rouillan a publié neuf ouvrages (récits et romans) qui sont l'expression politique d’un écrivain et d’un individu revendiquant son appartenance à la classe des opprimés et à une littérature prolétarienne dont Henry Poulaille disait&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Il nous suffit de puiser dans nos souvenirs, de montrer, sans rien y changer, la réalité telle qu’elle nous est apparue à notre entrée dans le monde pour faire œuvre révolutionnaire.&amp;nbsp;» La condamnation renouvelée de Rouillan est emblématique de cette volonté du pouvoir, maintes fois démontrée dans l’histoire lointaine et proche, d’empêcher l’expression libre de la parole du peuple. Et le monde intellectuel ne laisserait pas, sans se mettre lui-même en danger, bafouer la liberté d’expression. Comment ne se rallierait-il pas à ce qu’écrivait le suédois Stig Dagerman sans cesse cité par le nouveau prix Nobel J.M.G. Le Clézio&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Il existe un reproche qui est bien plus fondé que les autres&amp;nbsp;: celui qui porte sur l’absence de prise de position de l’écrivain dans la lutte sociale. Le poète doit comprendre qu’il ne suffit pas de dire que la littérature est un monde à part. Il ne saurait non plus proclamer, avec des trémolos dans la voix, qu’il désire rester libre car personne ne peut être «libre» au point d’être dispensé de prendre position pour les opprimés dans leur lutte contre des oppresseurs qui, malgré tout ce que l’on pourra dire, resteront un fait indéniable tant que durera l’actuel système social. Parler de liberté dans ce contexte est synonyme de paresse, de lâcheté ou d’indifférence. &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/10/20/…&quot; title=&quot;…&quot;&gt;…&lt;/a&gt; Toutes les réformes et les utopies sociales paraissent futiles dans un système mondial où la faillite paraît la seule chose certaine. Et pourtant, il s’agit de se défendre contre cet ordre-là, voire de l’attaquer, même si l’on est tragiquement conscient du fait &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/10/20/…&quot; title=&quot;…&quot;&gt;…&lt;/a&gt; que cette défense comme cette attaque ne peuvent être que symboliques, mais qu’elles sont indispensables si l’on ne veut pas mourir de honte.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous appelons les écrivains, les philosophes, les éditeurs, les cinéastes, les artistes, les journalistes, toute personne confrontée à la censure, à prendre position sur cette interdiction de parole dont est frappé aujourd’hui un écrivain français en signant et en diffusant cet appel. Faites-nous également parvenir votre soutien par des textes courts, qui seront mis en ligne avec cet appel.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous considérons que les conditions de la remise en détention
de Jann-Marc Rouillan sont une atteinte au droit de libre expression.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous sommes révoltés par l’interprétation des propos de Jann-Marc Rouillan
faite par certains medias et par le tribunal d’application des peines.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous nous élevons contre sa remise en détention et demandons sa libération sans condition.&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;LES MOTS EN MARCHE&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pétition de soutien à Jann-Marc Rouillan&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Signature en ligne&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?article94&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://marginales.free.fr/spip.php?article94&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Adresse postale&amp;nbsp;: Les Billardes - 04300 Forcalquier.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Avertissement</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/08/29/Avertissement</link>
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    <pubDate>Fri, 29 Aug 2008 11:12:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Manifeste</category>
        <category>engagement</category><category>littérature</category><category>travail</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;J'ai vu un ballon libre s'arracher subitement au sol, entraînant avec lui les gens qui tenaient les amarres et qui n'eurent pas le simple réflexe de survie de lâcher prise à temps. En quelques secondes, ils se retrouvèrent à vingt ou trente mètre du sol. Ceux qui n'avaient pas lâché prise tombèrent de cent ou trois cents mètre. La règle d'or de la survie se formule comme suit&amp;nbsp;: sachez lâcher prise. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Autrement dit&amp;nbsp;: ne vous cramponnez jamais, quand votre gardien vous conseille de lâcher prise...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;... TOUT DE SUITE !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Supposez un peu que vous teniez l'une de ces amarres... Auriez vous lâchez prise à temps, à savoir si tôt que vous vous sentiez entraîné&amp;nbsp;? Je vais vous dire un truc intéressant. Vous avez bien plus de chance de savoir lâcher prise à temps maintenant que vous avez lu ce paragraphe, que si vous ne l'aviez pas lu. Si la littérature sert à quelque chose, c'est bien d'avertissement.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;LÂCHEZ PRISE&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;William S. Burroughs, &lt;em&gt;Les Terres occidentales&lt;/em&gt;, Christian Bourgois, «&amp;nbsp;Titres », 2007.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Je me pose la question. Combien de temps encore pour que nos lenteurs et nos éclats opposent aux attaques et aux pièges sans cesse renouvelés de ceux qui dominent le monde un front aussi déterminé et violent que celui d'une rive où brûlerons les feux de la fête&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Certains du conseil national de résistance appellent à une &lt;a href=&quot;http://www.conseilnationaldelaresistance.fr&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;grève générale reconductible à partir du 10 novembre 2008&lt;/a&gt;, d'autres parlent &lt;a href=&quot;http://www.lafabrique.fr/IMG/pdf_Insurrection.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;d'insurrection à venir&lt;/a&gt;, les plus nombreux ont peut-être assez de colère et de désespoir pour ne plus avoir peur de lâcher prise...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À quoi sert de courir après les grosses ficelles de ces ballons bleu, blanc et rouge qui nous arrachent du sol vers une mort à crédit, des rêves sans réalité et des objets payants sans utilité&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pourquoi ne pas s'arrêter là où nous sommes et se mettre à vivre avec ceux qui nous entourent&amp;nbsp;? Pourquoi ne pas se débarrasser de ce qui nous divise et nous enlève à nous-mêmes&amp;nbsp;: la propriété, l'argent, le travail&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous sommes avertis.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Littérature &amp; engagement</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/05/27/Litterature-engagement</link>
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    <pubDate>Tue, 27 May 2008 21:39:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Manifeste</category>
        <category>diffusion</category><category>engagement</category><category>littérature</category><category>poésie</category>    
    <description>&lt;p&gt;Tournée en librairie avec deux auteurs de la revue &lt;em&gt;Marginales&lt;/em&gt; du 12 au 18 juin 2008&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;RENCONTRES &amp;amp; LECTURES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;avec les auteurs &lt;strong&gt;Jérémy Beschon &amp;amp; Jean-Battiste Couton&lt;/strong&gt; (lecture de &lt;strong&gt;Virginie Aimone&lt;/strong&gt;) et &lt;strong&gt;Samuel Autexier&lt;/strong&gt;, rédacteur de la revue &lt;em&gt;Marginales&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tournée organisée par la revue &lt;em&gt;Marginales&lt;/em&gt; et le collectif Manifeste rien.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Avec le soutien d&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/edition/&quot;&gt;'Éditer en haute Provence&lt;/a&gt; et des lieux qui nous accueillent...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DU 12 AU 18 JUIN 2008&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;à Aix-en-Provence, Forcalquier et Crest...&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;Entrée libre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;le jeudi 12 juin à 19 h à Aix-en-Provence (13), librairie Forum Harmonia Mundi&amp;nbsp;: 04 42 38 18 91&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;le dimanche 15 juin à 11 h à Forcalquier (place Clastre vieille) dans le cadre des 5e Apéros du livre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;le mercredi 18 juin à 18 h à Crest (26), librairie La Balançoire&amp;nbsp;: 04 75 61 74 47&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;Renseignements&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Revue &lt;em&gt;Marginales&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: 06 81 98 80 49&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Farce (première partie)</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/05/15/Farce-premiere-partie</link>
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    <pubDate>Thu, 15 May 2008 21:27:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Manifeste Rien</category>
        <category>diffusion</category><category>littérature</category>    
    <description>&lt;p&gt;par le collectif Manifeste Rien&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Vendredi  les 23 et Samedi 24 mai 2008&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;à 20h30 à la Distillerie (Aubagne, 13)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Réservation et renseignements&amp;nbsp;: 08 72 96 21 03&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Farce est un conte, un mythe, une contrefaçon de textes sacrés, qui cherche à dire les origines de l'homme, du langage et du pouvoir....&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un présentateur fait le récit de la «&amp;nbsp;tribu humaine », des scènes dialoguées viennent briser la linéarité de sa narration&amp;nbsp;: intrigues de palais, querelles familiales, guerres de succession et monologues de grands conquistadors…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une mise en scène des différentes expressions de pouvoirs qui font l’histoire et agissent à l’intérieur de chaque être. Une dramaturgie kaléidoscopique. Les personnages meurent puis réapparaissent.
Quatre comédiens se partagent plus d’une vingtaine de personnages. Des transformations, des travestissements, des envolées lyriques et grotesques.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Texte et mise en scène&amp;nbsp;: Jérémy Beschon &amp;amp; Jean Battiste Couton&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Avec&amp;nbsp;: Virginie Aimone, Olivier Boudrand, Cyrille Laurent, Magali Frémin du Sartel&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Scénographie&amp;nbsp;: Eric Discepolo&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Lumières&amp;nbsp;: Flore Marvaud&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;De larges extraits de &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/category/Jeremy-beschon-jean-battiste-couton&quot;&gt;Farce&lt;/a&gt; ont été édités par la revue &lt;em&gt;Marginales&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;hr /&gt;


&lt;p&gt;La Distillerie, lieu de création artistique théâtrale&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;rue Louis Blanc - 13400 Aubagne&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Réservation et renseignements&amp;nbsp;: 08 72 96 21 03&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;Avec le soutien de la Ville de Marseille et d’Anis Gras, friche artistique d’Arcueil&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;L'intégralité de &lt;em&gt;Farce&lt;/em&gt; sera joué au théatre de Lenche à Marseille en avril 2009&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Changement de diffusion en librairie et en bibliothèque</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/02/27/Changement-de-diffusion-librairie-et-en-bibliotheque</link>
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    <pubDate>Wed, 12 Mar 2008 11:19:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Manifeste</category>
        <category>diffusion</category><category>littérature</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Depuis janvier 2008, nous avons repris en direct la diffusion/distribution de la revue&lt;/em&gt; Marginales &lt;em&gt;en librairie. Jusqu'à présent, elle était confiée aux Belles lettres (via les éditions Agone).&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Nous avons plus que jamais besoin du soutien des librairies et des bibliothèques pour faire connaître la revue&lt;/em&gt; Marginales &lt;em&gt;à un plus large public.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;La revue &lt;em&gt;Marginales&lt;/em&gt; consacrée à Stig Dagerman, continue à trouver des lecteurs. Nous espérons que l'engouement pour cet auteur (dont le groupe les Têtes raides vient d'adapter le célèbre &lt;a href=&quot;http://unavisenpassant.blogspot.com/2008/01/blog-post.html&quot;&gt;''Notre besoin de consolation...''&lt;/a&gt;) continuera à nourrir la curiosité pour cet auteur et ses engagements...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Notre revue a besoin de rassembler plus d'abonnés et de continuer à diffuser les anciens numéros. Malgré de bonnes ventes en librairie (400 ventes l'an dernier pour le numéro sur Dagerman) et une petite centaine d'abonnés, nous avons des difficultés à la faire exister auprès des lecteurs et des bibliothèques. En reprenant nous mêmes la diffusion, nous allons sûrement nous rapprocher des lecteurs et dès cette année nous serons présents lors de nombreux petits salons avec la structure &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/edition/index.php&quot;&gt;«&amp;nbsp;Éditer en haute Provence »&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/public/COUV_GUERRE.gif&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En raison de son volume (environ 300 pages), la prochaine livraison (n°7/8) de la revue sera double. Sa parution en librairie est prévue pour l'automne 2008.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce numéro rassemblera des textes littéraires et écrits critiques qui se rapporteront, pour l'essentiel, à la guerre dite &quot;grande&quot; (1914-1918) _du point de vue des peuples, véritables vaincus de la guerre. Cette livraison insistera sur les rapports existants entre la subordination du soldat et l'exploitation du travailleur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si la première guerre &quot;moderne&quot; a été un formidable champ d'expérimentation scientifique et technique, elle a aussi été un champ d'expérimentation politique. Nous nous attarderons sur le tour de force de la classe bourgeoise parvenant, dès 1914, à défaire le mouvement ouvrier dans  &quot;l'union sacrée&quot; avant d'orchestrer le massacre (3 millions de morts et 8 millions de blessés) d'un prolétariat qui semblait pourtant encore conscient de sa force quelques mois avant la déclaration de guerre. Or, la littérature, une certaine littérature, a su décrypter des enjeux de la guerre se mêlant ainsi aux champs des luttes syndicales et politiques.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Marginales&lt;/em&gt; souhaite, avec ce numéro, ajouter une nouvelle pierre à cette question lancinante sitôt rouverte que déjà fermée: que peut la littérature? Et cette question non pour le seul éclairage du débat d'hier, mais aussi, et bien plus, pour le débat d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Vous trouverez plus d'information sur le site Lekti-écriture.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Espace éditeur&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/-Marginales-.html&quot; title=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/-Marginales-.html&quot;&gt;http://www.lekti-ecriture.com/edite...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour vous abonner :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Revue &lt;em&gt;Marginales&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les Billardes - 04300 Forcalquier&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&amp;lt;marginales@free.fr&amp;gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/02/27/Changement-de-diffusion-librairie-et-en-bibliotheque#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Au paysan entier, debout dans le soleil et sous la pluie</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/12/31/Au-paysan-entier-debout-dans-le-soleil-et-sous-la-pluie</link>
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    <pubDate>Mon, 31 Dec 2007 15:42:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Marius Noguès</category>
        <category>critique</category><category>littérature</category><category>paysan</category><category>prolétariat</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;C’est mon tempérament qui dicte toute la vigueur de mes entrailles sensibles aux éléments et aliments intérieurs et extérieurs. Pas un quelconque talent. Qu’est-ce que cela signifie, un talent&amp;nbsp;? Cela ne veut rien dire, ne peut rien dire.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Du haut ou du bas de mon je-m’en-foutisme, ou de ma hargne ou de ma contemplation, qui sont état de grâce pour qui n’est pas indifférent aux manifestations de vie, j’officie en mon moi récepteur et émetteur. Le ton est-il heureux&amp;nbsp;? Pourquoi s’en soucier, quand on est hors d’ambition oratoire, ou prétention littéraire. Ne prendre en considération que le besoin d’échanges directs, de communication, sans recherches, sans calculs, sans concessions ni complaisances ni préséances, rechignant à ces pitreries, picasseries de basse-cour. Se situer exclusivement au service de l’authenticité, de la vérité, de la simplicité. Le fard, le mensonge, les déguisements, la ruse honnête, les décorations grotesques, ne sont que larbineries réfuteuses.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je ne veux, ni ne sais construire élégamment, ni composer avec habileté. Je ne suis qu’un paysan qui parle à ses frères les hommes, sans forfanterie, ni fantaisie étudiée. Quelquefois avec colère, jamais avec mépris, et toute la courtoisie qui reste en moi intacte devant de si pitoyables constats. Qui parle à ses frères les animaux, les végétaux, avec le même respect de nature, d’un même ton.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Marius Noguès&lt;/em&gt;, Putain de sort (inédit).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cet entretien avec Marius Noguès réalisé par Philippe Geneste a été publié dans le premier numéro de la revue Marginales,&lt;/em&gt; Paysans, dernier siècle&amp;nbsp;? &lt;em&gt;paru en avril 2002.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Philippe Geneste&amp;nbsp;: Marius Noguès, vous êtes reconnu comme un écrivain-paysan. Dans un de vos livres, &lt;em&gt;Grand Guignol à la campagne&lt;/em&gt; (1976)&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/12/31/#pnote-29-1&quot; id=&quot;rev-pnote-29-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, vous affirmez n’avoir jamais voulu être un écrivain professionnel. Je vous cite&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Jamais bon Dieu je n’avais eu l’intention de m’engager dans le sérieux de la littérature professionnelle. Ni message à transmettre ni carrière à envisager&amp;nbsp;» ou encore, «&amp;nbsp;je me fous de bien écrire, de bien parler, qu’importe l’élégance, le poli, le policé des simulacres et de la manière ». Vous dites même, «&amp;nbsp;moi, je ne suis pas un écrivain, un professionnel de la plume ». Pouvez-vous expliquez cela&amp;nbsp;: « Je ne suis pas un écrivain…»&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Marius Noguès&amp;nbsp;: Je ne me considère pas comme un écrivain mais plutôt comme un témoin. Le livre c’est ma tribune. Un écrivain en effet est celui qui rumine son travail, qui n’apporte des choses ni sincères ni spontanées. J’appellerai écrivain celui qui va chercher le lecteur, qui va se mouler dans ses goûts qui sont aussi ceux que lui demandent d’exprimer les éditeurs qui le font vivre. Voilà pourquoi je ne suis pas un écrivain.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je voudrais ajouter autre chose. Je n’aime pas la formule écrivain-paysan. Elle est discriminatoire. C’est une manière de rabaisser le peuple. Il y a des paysans qui écrivent voilà tout. Il n’existe pas de catégorie sociale ayant pour vocation l’écriture. L’écriture est l’expression d’une sensibilité qui cherche à s’exprimer par les mots. Et chacun devrait pouvoir faire part de son expérience.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;P. G.&amp;nbsp;: Est-ce lorsque l’on écrit, on est porté par la nécessité de se libérer d’un fardeau qui pèse et qui chez les humbles ressemble souvent à la révolte ou à l’amour, parfois à la haine&amp;nbsp;? Est-ce pour en finir avec une envie de dire&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;M. N.&amp;nbsp;: J’écris pour dire des choses que d’autres ne disent pas. L’écriture est un engagement éthique. Gide a dit une ânerie lorsqu’il a prétendu que la littérature ne se faisait pas avec de bons sentiments.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;P. G.&amp;nbsp;: Le critique Guy Bordes affirme que l’écrivain du peuple ne cherche pas l’innovation formelle mais la nouveauté dans le sujet. Vous en êtes d’accord&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;M. N.&amp;nbsp;: On peut être original sans casser la langue. L’écriture vient de soi et le sujet s’impose. On ne le recherche pas dans le but d’innover. L’écriture est viscérale. Elle colle à soi comme à son sujet. Prenez Ramuz. Il recherche le dépouillement qui donne force à la forme, à l’authentique, au vrai. Les critiques se méprennent qui le trouvent trop simple. L’écriture de Ramuz est comme un recueillement. Et dans sa simplicité, la puissance d’une projection. Un prolongement en répercussion concentriques .&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;P. G.&amp;nbsp;: Vous dites que votre tâche est de faire entendre la voix du peuple de la terre elle-même, d’être un porte parole, «&amp;nbsp;le verbe tout puissant de ce peuple et de cette terre souillée et profanée…&amp;nbsp;» L’écriture est ici un combat.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;M. N.&amp;nbsp;: Oui, un combat. Un engagement avant toute chose, telle doit être l’écriture pour réhabiliter la terre et ce qu’elle porte. Le centre de la réflexion doit être l’écologie. Or, sur les rivières voguent des poissons ventre en l’air, les sources sont détruites par le drainage à outrance, des centaines d’arbres crèvent en plein air, des insectes pollués assassinent les hirondelles et leurs couvées. Les abeilles sont sous la menace de produits chimiques qui les tuent par milliers&amp;nbsp;; on voit de moins en moins les bergeronnettes suivre les sillons des labours, ni le rossignol enchanter les nuits chaudes de mai et juin. C’est la transe des épandages épais d’herbicides, fongicides, insecticides, mollusquicides, corvicides, rongeurticides, la transe de tout ce qui défiole, extermine, trucide, génocide la terre mère. Aucun agriculteur ne peut être heureux du massacre de ses lieux de vie . Aussi le paysan qui prend la plume est un porte parole. Il est un peu comme la rumeur , voix diffuse d’un peuple qui veut se faire entendre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;P. G.&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Grand Guignol à la campagne&lt;/em&gt; est un livre étrange, une sorte d’essai-fiction. Aujourd’hui, des affaires multiples ont pris le devant de la scène&amp;nbsp;: OGM, vache folle etc. Les avancées techniques du secteur agroalimentaire et de sa raison industrielle avivent de vieilles peurs. La fièvre aphteuse fait remonter le souvenir des épidémies moyenâgeuses. La vache folle suscite l’imaginaire des monstres et autres créatures hybrides dont se gargarisent une certaine littérature et un certain cinéma. Le clonage rend actuel le &lt;em&gt;Meilleur des mondes&lt;/em&gt; et l’humain se retrouve dans la position de Frankenstein dépassé par sa créature. D’une certaine manière, &lt;em&gt;Grand Guignol à la campagne&lt;/em&gt; puise dans ces faits, une nouvelle actualité…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;M. N.&amp;nbsp;: C’est un manifeste de grande colère, manifeste d’indignation outrée, romancé, parce qu’il y a, dans les situations, des personnages réels. &lt;em&gt;Grand Guignol&lt;/em&gt;… est bien un récit de réflexion qui accuse. Avec force. Il s’est imposé à moi, devant le spectacle quotidien d’une dégradation systématique et programmée d’une nature, d’une terre, d’une profession, qui sont la base même de la vie… C’est né de pulsions, suscitant en séquences parfois violentes, une vision-témoignage d’une réalité insoutenable de vérité,… tant elle est… révoltante…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;P. G.&amp;nbsp;: Pulsions, mais aussi réflexion profonde qui permet à ce livre d’entrer en résonnance directe avec l’actualité, de tracer une filiation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;M. N.&amp;nbsp;: Revenons en 1957, à la ratification du traité de Rome&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/12/31/#pnote-29-2&quot; id=&quot;rev-pnote-29-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, qui décidait de ce que devait être la nouvelle Europe du gros capitalisme. Un fait qui n’a jamais été souligné, à cette date, c’est qu’il y avait un million et demi ou deux millions d’exploitations agricoles en France. Il en reste de 300 à 500 000 au maximum. Comptez&amp;nbsp;: chaque exploitation fixait au moins trois personnes. La désertion des campagnes est un flagrant motif du chômage. En même temps, la consommation venait définir la nature même des individus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;P. G.&amp;nbsp;: Une critique de la conception de l’individu qui introduit, dans votre œuvre, une critique paysanne, écologique, de la société…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;M. N.&amp;nbsp;: Qu’est-ce que c’est une société de consommateurs&amp;nbsp;? Un cheptel à nourrir au plus bon marché. En 1967, j’avais écrit un article dans ce sens, dans &lt;em&gt;La Volonté paysanne&lt;/em&gt;. Et pour le nourrir, ce cheptel, on va utiliser les cultures intensives, à grand renfort de produits chimiques sans se soucier qu’ils condamnent les forces de vie animales, humaines, végétales… sans discernement. On appelle cela, la productivité, alors que ce n’est qu’une transformation de l’agroalimentaire en agrochimie. Des fortunes fabuleuses se construisent ainsi. Avec l’affairisme grandissant autour de cette mutation, nos sociétés deviennent des sociétés d’abdication devant le Dieu Fric. Un nouvel ordre de servage, subtil  se met en place. Le monde paysan est peu à peu nié pour devenir un monde d’assistés, dépossédé de sa culture, de son agri-culture. À cela, on s’entend répondre qu’il faut suivre le progrès. Mais quel progrès&amp;nbsp;? Il n’y a pas si longtemps, le paysan vivait, entier, debout dans le soleil et sous la pluie, dans le vent, l’herbe, près de la feuille, de la graine, avec l’oiseau, l’abeille, sur sa terre amoureusement retournée, ensemencée, au fil des heures lentes des jours et des saisons. L’écoulement cristallin des sources n’était pas un souvenir livresque, repos et peines, dignement partagés, viscéralement éprouvés.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/12/31/#rev-pnote-29-1&quot; id=&quot;pnote-29-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Réédition Plein Chant, 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/12/31/#rev-pnote-29-2&quot; id=&quot;pnote-29-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Signé par la RFA, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas, ce traité instituait la Communauté économique européenne (CEE). L'élément central du traité était la création d'un marché commun permettant la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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    <title>Idéologie et roman paysan</title>
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    <pubDate>Thu, 11 Oct 2007 23:38:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Manifeste</category>
        <category>littérature</category><category>paysan</category><category>prolétariat</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ce texte de Guy Bordes a été publié dans le premier numéro de la revue&lt;/em&gt; Marginales, Paysans, dernier siècle&amp;nbsp;? &lt;em&gt;paru en avril 2002.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;On ne peut parler de littérature et terre natale, de roman paysan sans évoquer le fait que, depuis les origines jusqu’à la fin des années 1930, la société européenne fut rurale. Depuis 1789 (date à laquelle le pouvoir politique cesse d’être féodal, donc fondé sur les valeurs terriennes) jusqu’à l’industrialisation et l’urbanisation généralisées qui ont suivi la deuxième guerre mondiale, la ruine de cette ruralité s’est effectuée par étapes. Mais durant des millénaires, les paysans constituèrent l’essentiel de la population, la masse des travailleurs, la masse des exploités. Cette écrasante majorité de prolétaires &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/10/11/#pnote-28-1&quot; id=&quot;rev-pnote-28-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, exclue du pouvoir qui siègeait alors dans les châteaux, et qui, à l’aube des temps modernes, glissa progressivement vers les villes, fut exclue donc aussi du pouvoir culturel, celui que donne l’instruction. La réalité historique de la France, c’est une minorité gouvernant une masse d’analphabètes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Parlons de pouvoir culturel, parlons de littérature. Née dans les couvents, les châteaux, les villes, dans et pour la société dominante, la littérature ne pouvait pourtant ignorer la masse des paysans, et du les intégrer dans les sujets qu’elle traitait. Elle ne pouvait pas être uniquement courtoise ou de chevalerie. Une fois épuisés les sujets que lui offraient le miroir dans lequel elle se contemplait, cette société fut obligée de voir, au-delà du miroir, une réalité omniprésente. Mais comment fut-elle traitée&amp;nbsp;? Quelle image du paysan les clercs qui font la littérature ont-ils donné&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La lecture en perspective de l’ensemble des oeuvres littéraires françaises où apparaissent des personnages de paysans fait ressortir deux sortes de représentations du paysan, se rattachant à deux types opposés. Le paysan est&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;– ou bien un être fruste, brutal, bestial, voisin de l’animal. Des fabliaux du Moyen-Age aux plus modernes romans et nouvelles de la fin du siècle, cette représentation est généralisée. Voici le fabliau du vilain ânier. Celui-ci passant par la ville respire les délicats parfums d’une boutique d’épices. Tant de raffinement le fait s’évanouir, il faudra lui mettre une pelleté de fumier sous le nez pour le faire revenir à lui. Voici Balzac dans &lt;em&gt;Les Paysans&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Il n’y a pas besoin d’aller en Amérique pour observer des sauvages ». Voici Zola&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;L’homme… tenait sur ses genoux son chapeau de feutre rond, sans que l’ombre d’une pensée animât sa large face de terre cuite, rasée soigneusement, trouée de deux gros yeux bleu faïence, d’une fixité de boeuf au repos ». Voici, enfin, tout Maupassant, ou presque&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;– ou bien un aimable berger ou une aimable bergère, enrubannés, êtres libres et heureux, ignorants des contraintes de la ville, héros insouciants des pastourelles médiévales, des romans précieux de Jean-Jacques Rousseau ou de George Sand. Voici la Pastourelle de Jean de Brienne (XIIIe siècle). «&amp;nbsp;Sous l’ombre d’un bois, je trouvais une bergère à mon goût&amp;nbsp;; elle était bien protégée contre l’hiver, la fillette aux cheveux blonds ... Sur sa flûte elle chantait Garinet et Robichon… Faisons de feuilles une cabane et nous nous aimerons gaiement… Sire, paix je vous prie… car j’aime mieux une pauvre joie sous le feuillage avec mon ami qu’être dame en belle chambre et qu’on ait cure de moi…&amp;nbsp;» Voici Mme de Sévigné&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Faner est la plus jolie chose du monde, c’est retourner du foin en batifolant dans une prairie, dès lors qu’on en sait tout, on sait faner ». Voici George Sand, avant-propos à &lt;em&gt;François le Champi&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;J’ai vu et j’ai senti par moi-même, avec tous les êtres civilisés, que la vie primitive était le rêve, l’idéal de tous les hommes et de tous les temps&amp;nbsp;» &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/10/11/#pnote-28-2&quot; id=&quot;rev-pnote-28-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Noire ou rose, le paysan n’a droit qu’à une existence de fantaisie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ces représentations ont un rôle. La vision noire du paysan, c’est la contre-image du seigneur ou du bourgeois. C’est aussi la justification de l’ordre social. La vision rose, complémentaire, donne bonne conscience en montrant un paysan heureux et détaché de toute contrainte. Elle joue également son rôle de justification de l’ordre établi en masquant les véritables rapports sociaux, quand elle ne les inverse pas, le chevalier étant conquis par la bergère. Les seuls problèmes qu’ont à résoudre ces paysans-là sont d’ordre sentimental. Ils ignorent le travail, la faim, les soucis. Dans les deux cas, le paysan fantasmatique cache le paysan réel.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette idéologie a introduit une morale, liée à la condition de vie du paysan&amp;nbsp;: dureté des travaux des champs, exaltations de l’effort, vérité du rapport homme-nature médiatisé par le travail (la terre «&amp;nbsp;ne ment pas ») d’une part, vision idyllique de la campagne, persistance du mythe de l’âge d’or de l’autre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les représentations idéologiques survivent longtemps aux réalités matérielles qui les ont engendrées. Celles-ci donc ont survécu à l’effondrement de la société paysanne en France. Elles imprègnent encore certaines sensibilités et certaines idées politiques. Elles furent au fondement du discours pétainiste du retour à la terre mais aussi du rêve «&amp;nbsp;écologique&amp;nbsp;» des marginaux fuyant la ville pour trouver le bonheur en communautés champêtres.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;De manière générale, la morale du travail – et de la propriété – issue de la terre, a été reprise par l’ensemble de la société. De même, on peut faire en littérature un parallèle entre l’image du paysan et de l’ouvrier (caractéristiques chez Zola, par exemple dans &lt;em&gt;La Terre&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Germinal&lt;/em&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;**&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La situation d’autonomie ou de dépendance par rapport à l’idéologie dominante est un problème central dans le roman paysan, défini, ici, comme le roman écrit par le paysan lui-même ou quelqu’un dont la condition est proche (ruralité, situation sociale...). Il faut attendre Émile Guillaumin et &lt;em&gt;La Vie d’un Simple&lt;/em&gt;  (1904) &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/10/11/#pnote-28-3&quot; id=&quot;rev-pnote-28-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;  pour voir surgir dans la littérature française la première grande oeuvre paysanne. On constate à la lecture de ce livre que, dès que le paysan a accès au statut d’écrivain, il se montre en apparence influencé par les idées reçues mais en réalité en révolte contre elles, plus autonome que dépendant. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Guillaumin fut le fondateur du syndicalisme paysan dans sa région bourbonnaise. Et &lt;em&gt;La Vie d’un Simple&lt;/em&gt;, véritable chef-d’oeuvre du réalisme français, n’est qu’un long cri de révolte contre la condition inhumaine des métayers qu’à bien connue Guillaumin.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans &lt;em&gt;Maria&lt;/em&gt; &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/10/11/#pnote-28-4&quot; id=&quot;rev-pnote-28-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;  de l’instituteur-paysan Lucien Gachon, on trouve aussi des paysans âpres, durs, conformes à certains stéréotypes, quoique coulés dans le moule d’un réalisme plus scrupuleux que ne le veut la tradition. Gachon se libère complètement de cette tradition dans &lt;em&gt;Jean-Marie, homme de la terre&lt;/em&gt; &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/10/11/#pnote-28-5&quot; id=&quot;rev-pnote-28-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, récit d’une tentative de coopération pour se libérer des contraintes économiques qui pèsent sur les exploitations isolées.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Enfin, pour limiter le nombre de nos exemples, Marius Noguès effleure ou traite le thème traditionnel de la ville pervertisseuse du paysan dans &lt;em&gt;Petite chronique de la boue&lt;/em&gt; &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/10/11/#pnote-28-6&quot; id=&quot;rev-pnote-28-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;  et &lt;em&gt;Lutèce et le paysan&lt;/em&gt; &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/10/11/#pnote-28-7&quot; id=&quot;rev-pnote-28-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; mais dont l’esprit de révolte apparaît dans toute l’oeuvre, surtout dans &lt;em&gt;Grand guignol à la campagne&lt;/em&gt; &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/10/11/#pnote-28-8&quot; id=&quot;rev-pnote-28-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; et dans le petit texte intitulé «&amp;nbsp;La mort de l’amandier&amp;nbsp;» &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/10/11/#pnote-28-9&quot; id=&quot;rev-pnote-28-9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Noguès peint le paysan avec réalisme, entraîné par une veine de conteur inégalable. Dans ces deux derniers textes, c’est la vision idyllique qui resurgit, mais l’auteur en fait une arme, un cri de révolte contre l’asservissement que le progrès impose au paysan. C’est une façon de lutter contre l’argent-roi, pour garder une campagne humaine. C’est le retournement, à des fins qu’on peut appeler politiques, de thèmes empruntés à la tradition. Il y a même chez Noguès un véritable panthéisme à l’antique. La nature vit, elle est animée, elle résiste, elle se venge.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans un texte célèbre paru en 1682, La Bruyère retourne la vision noire du paysan, comme un avertissement ou un remords, pour dénoncer l’injustice sociale. Marius Noguès ne fait rien d’autre avec la vision rose. Si elle apparaît dans son oeuvre comme l’évocation d’un âge d’or à jamais regretté, ce n’est pas par mélancolie passéiste. C’est encore, c’est surtout un avertissement contre les excès d’un progrès technique, mal maîtrisé, corrupteur et destructeur. Quand le peuple prend la parole et s’empare de la plume, ses œuvres sont toujours un cri de révolte.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;© Guy Bordes&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/10/11/#rev-pnote-28-1&quot; id=&quot;pnote-28-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Au sens antique : celui qui ne possède que ses muscles et sa progéniture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/10/11/#rev-pnote-28-2&quot; id=&quot;pnote-28-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Ces exemples sont pour la plupart empruntés à l'ouvrage de Bruno Hougre et Claude Lidski, &lt;em&gt;Le paysan dans la littérature française&lt;/em&gt;, Sèvres, CIEP 1970, ronéoté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/10/11/#rev-pnote-28-3&quot; id=&quot;pnote-28-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Réédition LGF, 1977.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/10/11/#rev-pnote-28-4&quot; id=&quot;pnote-28-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] Réédition L. Souny, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/10/11/#rev-pnote-28-5&quot; id=&quot;pnote-28-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Réédition Slatkine, 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/10/11/#rev-pnote-28-6&quot; id=&quot;pnote-28-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] Réédition Plein Chant, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/10/11/#rev-pnote-28-7&quot; id=&quot;pnote-28-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] Éditions du midi et l’Amitié par le livre, 1967.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/10/11/#rev-pnote-28-8&quot; id=&quot;pnote-28-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;] Réédition Plein Chant, 1986.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/10/11/#rev-pnote-28-9&quot; id=&quot;pnote-28-9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;em&gt;In Avec Marius Noguès, Plein Chant&lt;/em&gt; 16-17, 1983.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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    <title>Nécessité d'une littérature prolétarienne (3)</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/05/01/27-lecriture-proletarienne</link>
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    <pubDate>Tue, 01 May 2007 15:36:18 +0000</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Remue-méninges</category>
        <category>littérature</category><category>prolétariat</category><category>travail</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Tous les jours pareils. J’arrive au boulot et ça me tombe dessus, comme une vague de désespoir, comme un suicide, comme une petite mort, comme la brûlure de la balle sur la tempe. Un travail trop connu, une salle de contrôle écrasée sous les néons – et des collègues que, certains jours, on n’a pas envie de retrouver. On fait avec, mais on ne s’habitue pas. On en arrive même à souhaiter que la boîte ferme. Oui, qu’elle délocalise, qu’elle restructure, qu’elle augmente sa productivité, qu’elle baisse ses coûts fixes. Arrêter, quoi. Qu’il n’y ait plus ce travail, qu’on soit libres. Libres, mais avec d’autres soucis.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Jean-Pierre Levaray,&lt;/em&gt; Putain d'usine (2001).&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;La lettre qui suit est extraite de la correspondance engagée par Jann-Marc Rouillan avec Jean-Pierre Levaray au moment de la réédition de &lt;em&gt;Putain d’usine&lt;/em&gt; (éditions Agone, 2006). Elle a été publiée dans le cahier de littérature du numéro 6 de la revue &lt;em&gt;Marginales&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;hr /&gt;


&lt;p&gt;Salut,&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous ne nous connaissons pas si ce n’est par nos écrits ou par le « fait divers ». Pourtant, après la lecture de &lt;em&gt;Putain d’usine&lt;/em&gt;, je désirais entrer en contact avec toi. Le temps a passé et je ne l’ai pas fait.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Puis j’ai lu ton second livre &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/05/01/#pnote-27-1&quot; id=&quot;rev-pnote-27-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Et les éditions Agone m’ont envoyé, sachant mon intérêt pour ton travail, le manuscrit d’« Une année ordinaire » que tu leur as proposé. Et je me décide enfin à cette correspondance.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout d’abord, je dois avouer que les impressions (violentes et crues) nées de la lecture de &lt;em&gt;Putain d’usine&lt;/em&gt; ont inspiré ma propre écriture pour un prochain bouquin : le troisième volet de ma trilogie sur la prison se conclut à l’usine… Une usine chimique et chimérique sur les bords de Seine. Et la rédemption par le travail se noue dans une fable sur le mode « littérature prolétarienne » d’avant-guerre &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/05/01/#pnote-27-2&quot; id=&quot;rev-pnote-27-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour aborder le secret social de la prison – ce que je vis chaque jour –, j’ai dû abandonner l’écriture documentaire. Par nécessité. À part quelques chroniques &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/05/01/#pnote-27-3&quot; id=&quot;rev-pnote-27-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, je ne parviens plus à affronter et à dévoiler la réalité frontalement. Ce qui lie fondamentalement l’usine et la prison, c’est la volonté de s’en échapper.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un littérateur ou un sociologue peuvent discourir autant qu’ils le désirent du monde du travail et de la prison. C’est toujours sans risque. Il sont protégés parce qu’en dehors de cette histoire sociale. Ils observent.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous, nous vivons l’oppression et l’exploitation de l’intérieur. Elles pressent sur notre vécu, sur nos idées, sur nos sentiments. Toi et moi, nous témoignons (et par ces temps d’amnésie, il est essentiel de dénoncer les réalités occultées) ; mais, simultanément, il est difficile de faire taire notre nature d’acteur cherchant à s’évader des conditions qu’il décrit, de l’ennui du travail posté et de la mort lente carcérale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Notre chair est régie par de puissants rapports sociaux. C’est un fait objectif. Ces rapports nous dominent malgré notre résistance. Tu es ouvrier et je suis taulard. La nature d’acteur et d’auteur dans un environnement que nous refusons exige de nous un effort supplémentaire. Pour aller à l’essentiel et décrire mon quotidien, je trompe l’envie pressante de fuir. À chaque relecture, je me surveille et m’engueule : « Là tu t’échappes… » Et cette évasion que je découvre dans mes lignes, combien de fois je la constate dans ton écriture.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il ne s’agit aucunement d’une critique « littéraire » mais de la reconnaissance de notre communauté. C’est pourquoi je me permets de t’avouer que je me sens frustré par certaines de tes pages. Avant tout quand tu décris l’exploitation quotidienne ou lorsque tu nous racontes ces anecdotes approchant le secret du « perdre sa vie à la gagner ». Parce que d’un coup tu t’échappes, comme si c’était trop pénible à dire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’indicible social est aussi dur à coucher sur le papier qu’à vivre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors tu préfères monter dans un bus pour aller protester devant le CE, tu racontes l’après-AZF, tu manifestes avec les instits… Il y aura des dizaines d’ouvrages sur l’accident industriel de Toulouse et d’ailleurs. Des dizaines d’instits et de profs raconteront leurs grèves. Mais combien d’ouvriers exprimeront avec leur vécu l’exploitation quotidienne du travail posté ? Cette réalité forgeant la lutte de classe et la reproduisant sans cesse.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/images/AZF.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Vue de l'usine AZF de Toulouse, après l'explosion du 21 septembre 2001.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Par exemple, dans ce dernier manuscrit.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;21.11.2003. La nuit dernière, un nouvel accident du travail s’est produit dans l’usine. (Je ne me souviens pas que tu en aies raconté un autre en détail.) Dans le secteur le plus pourri, là où le travail ressemble au bagne.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À ce moment précis, ce n’est plus l’ennui « de perdre sa vie à la gagner » : le bagne a une tout autre réalité. Et en lecteur je veux savoir quoi ? où ? comment ? Les horaires, les équipes, les mots des mecs, leurs tronches quand ils sortent de cette exploitation journalière !&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tu as la capacité d’écrire – tu l’as prouvé –, eux non, et ne l’auront sans doute jamais. Ton témoignage doit donc commencer par donner vie individuellement et collectivement à tes collègues, aux ouvriers.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tu penses peut-être cette réalité trop banale, qu’il est plus important de raconter l’activité syndicale, les meetings et les manifs… Malgré tout le respect militant que je peux avoir pour l’activité politico-syndicale, je pense au contraire que la dénonciation sera plus forte parce qu’ancrée au quotidien et à la conscience immédiate des hommes et des femmes dans la machinerie anthropophage.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans ces instants, le secret de l’usine est perceptible.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Avec de nombreux lecteurs de &lt;em&gt;Putain d’usine&lt;/em&gt; – dont ceux des éditions Agone –, nous pensons que ton écriture doit prendre résolument cette voie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Maintenant, pour ce qui est de l’édition de ton dernier manuscrit, je crois que ce point constitue le nœud essentiel. Bien que je n’aie pas une longue expérience éditoriale, voici le choix qui s’impose :&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— soit le manuscrit « Une année ordinaire » est publié dans la réédition prévue chez Agone de &lt;em&gt;Putain d’usine&lt;/em&gt;, en guise d’épilogue industriel. Les réalités décrites dans le premier éclairant les derniers jours égrainés ici jusqu’à la fermeture ;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— soit ce manuscrit est publié seul et, à ce moment-là, je pense qu’une réécriture est nécessaire pour revenir à la réinscription plus profonde du témoignage sur le « perdre sa vie à la gagner ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans le premier cas, tu es certain que le lecteur achève la lecture de tes travaux dans l’ordre chronologique. Dans le second, tu l’espères. Mais si tu te trompes, le récit tombe à plat parce qu’il n’est plus explicite dans son témoignage prolétarien.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si tu le désires, je te ferai parvenir par Agone mon dernier manuscrit inspiré des réalités de &lt;em&gt;Putain d’usine&lt;/em&gt; &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/05/01/#pnote-27-4&quot; id=&quot;rev-pnote-27-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Je ne manquerai pas de signaler l’influence de ton travail. Salutations révolutionnaires et « littéraires ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jann-Marc Rouillan&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Centrale de Lannemezan, le 1er février 2005&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/05/01/#rev-pnote-27-1&quot; id=&quot;pnote-27-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Il s’agit d’&lt;em&gt;Après la catastrophe&lt;/em&gt;, édité par L’Insomniaque en 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/05/01/#rev-pnote-27-2&quot; id=&quot;pnote-27-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Sous le titre de &lt;em&gt;Capital humain&lt;/em&gt;, « fable prolétarienne », L’Arganier, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/05/01/#rev-pnote-27-3&quot; id=&quot;pnote-27-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Sous le titre « De notre correspondant permanent au pénitencier », ces chroniques paraissent depuis janvier 2004 dans le mensuel CQFD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/05/01/#rev-pnote-27-4&quot; id=&quot;pnote-27-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] À savoir, &lt;em&gt;Capital humain&lt;/em&gt;, op. cit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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    <title>Les bonnes feuilles de la revue Marginales</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/03/19/20-les-bonnes-feuilles-de-la-revue-marginales</link>
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    <pubDate>Mon, 19 Mar 2007 11:12:27 +0000</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Manifeste</category>
        <category>critique</category><category>diffusion</category><category>littérature</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Vous trouverez ci-joint un livret en PDF à donner autour de vous. Celui-ci reprend le texte inédit de Stig Dagerman&lt;/em&gt; La seule chose qui est insensée est d'accepter le possible.&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;En voici le mode d'emploi. Faites glisser le PDF sur votre bureau. Ouvrez le document. Imprimez les pages 1 &amp;amp; 2 recto/verso, pliez en 2, puis refermez le livret et ouvrez les pages avec un couteau&amp;nbsp;: vous avez un petit ouvrage de 8 pages à offrir !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/images/MODE_D&amp;#039;EMPLOI.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/images/BONNES_FEUILLES_DAGERMAN.pdf&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Stig Dagerman, la littérature et la conscience</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2006/12/20/7-stig-dagerman-la-litterature-et-la-conscience</link>
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    <pubDate>Wed, 20 Dec 2006 11:17:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Manifeste</category>
        <category>diffusion</category><category>littérature</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Non, ça n’a rien à voir avec toi - mais c’est de toi pourtant qu’il s’agit. C’est toi qui a été pourchassé dans les rues d’Oslo par des policiers armés, c’est ta vie qu’on cherche à prendre et c’est ta maison qui est sous surveillance. Toi, ta vie, parce que... Pourquoi&amp;nbsp;? Eh bien, parce que tu as un cœur, car tu en as un. Et parce que tu es jeune, car tu l’es. Parce qu’il fera jour bientôt, car il va faire jour. Oui, c’est à travers toutes ces choses, le cœur, la jeunesse, la lumière du jour, que nous éprouvons en sécurité la vie des persécutés et que de toute l’ardeur de notre âme nous souhaitons que vienne le jour où les cœurs s’enflammeront, où les mêmes cœurs brûleront par delà toutes les frontières. Ce jour-là le poète les aura, ses cœurs brûlants que le doute ne tient jamais en son pouvoir et qui accueillent la défaite «&amp;nbsp;du même sourire invulnérable&amp;nbsp;» que la victoire finale. Ce jour viendra, il viendra bientôt. Nous le savons bien. Nous le sentons dans nos cœurs. Nos cœurs brûlants.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Stig Dagerman (1923-1954)&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revue Marginales N° 6&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le romancier suédois Stig Dagerman (1923-1954), est nommé, à l’âge de vingt-deux ans, responsable de la rubrique culturelle du quotidien anarcho-syndicaliste suédois &lt;em&gt;Arbetaren&lt;/em&gt; (Le Travailleur). Il ne cessa jamais d’y écrire. Curieusement passée sous silence par la critique littéraire, plus prompte à brandir l’icône du poète maudit, cet apprentissage d’écriture sous-tend l’oeuvre entière de l’écrivain suédois. Bien sûr, le monde symbolique de la littérature ne se réduit pas au monde discursif des idéologies, mais on ne peut comprendre la portée du travail littéraire de Dagerman sans intégrer sa dimension de chroniqueur syndicaliste. Tombe alors l’image anachronique du littérateur romantique et s’offrent à la sagacité des lecteurs des pistes inédites d’interprétation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au sommaire des textes de Stig Dagerman, Folke Fridell, Philippe Geneste, Freddy Gomez, Ivar Lo-Johansson, Louis Mercier Vega &amp;amp; Thierry Porré des fusains d’Emmanuelle Dufossez, des dessins de Swen et un cahier de littérature contemporaine avec des textes de Simon Armitage, Jérémy Beschon &amp;amp; Jean-Battiste Couton et Jann-Marc Rouillan.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Parution mars 2007&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Prix public&amp;nbsp;: 15 euros&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Diffusion/distribution en librairie par les éditions Agone&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;http://atheles.org/agone/revuemarginales&lt;/p&gt;



&lt;hr /&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Déjà parus :&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;N°1 (sur les thème des paysans) – &lt;em&gt;Paysans, dernier siècle ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Couverture reliée – 168 pages, 15 euros.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;N°2 (sur le thème de l’école) – &lt;em&gt;Le Refus de parvenir.Misère de l’école, utopies éducatives.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Couverture reliée – 192 pages, 16 euros&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;N°3/4 (sur le thème des vagabonds) – &lt;em&gt;Les Dépossédés. Figures du refus social.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Couverture souple – 252 pages, 20 euros.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;N°5 (autour de Jean Giono et Harry Martinson) – &lt;em&gt;La Littérature à la place des yeux. Jean Giono et Harry Martinson. Écrivains du peuple, écrivains contre la guerre.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Couverture souple – 204 pages, 18 euros.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;N°6 (autour de Stig Dagerman) – &lt;em&gt;Stig Dagerman, la littérature et la conscience.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Couverture souple – 204 pages, 15 euros.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;À paraître :&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;N°7 (sur le thème de la guerre) – &lt;em&gt;La Guerre industrielle. Chair à patrons, chair à canons.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Couverture souple – environ 250 pages, 20 euros.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;N°8 (sur le thème de l’ordre moral) – &lt;em&gt;Pour un nouvel individualisme. Écart &amp;amp; résistances.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Couverture souple – environ 200 pages, 18 euros.&lt;/p&gt;


&lt;hr /&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abonnement pour les 3 prochains numéros (40 euros)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;ou commande des 6 numéros parus (80 euros) à&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Marginales - Les Billardes - 04300 Forcalquier.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nom&amp;nbsp;: ..................................................&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Prénom&amp;nbsp;: ..............................................&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Adresse&amp;nbsp;: ..............................................&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;.........................................................…..&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;.........................................................…..&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Courriel&amp;nbsp;: ..............................................&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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