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  <title>Marginales - engagement</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 19 Nov 2008 17:56:10 +0000</pubDate>
  <copyright>Marginales</copyright>
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    <title>Parole en cage</title>
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    <pubDate>Mon, 20 Oct 2008 22:15:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>De première bourre</category>
        <category>engagement</category><category>littérature</category><category>prolétariat</category><category>Rouillan</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Après l'incarcération de l'écrivain Jann-Marc Rouillan suite à la publication d'un article dans la &lt;a href=&quot;http://www.lexpress.fr/actualite/politique/action-directe-rouillan-parle-et-pourrait-se-voir-prive-de-sa-semi-liberte_579389.html?p=3&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;presse&lt;/a&gt; nous relayons un &lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?article94&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;appel&lt;/a&gt; des «&amp;nbsp;Mots en marche&amp;nbsp;» qui vient d'être lancé en France et à l'étranger. Cet appel qui s'adresse aux intellectuels demande une prise de position pour l'écrivain Jann-Marc Rouillan dans la lutte qu'il mène depuis sa cellule pour retrouver la liberté et contre l'hypocrisie de l'État français qui après lui avoir fait payer ses actes lui refuse le droit de tourner la page et voudrait lui dicter un repentir qui ne permet pas de débattre de la question ainsi occultée.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Nous avons besoin de &lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?article94#sp94&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;votre soutien&lt;/a&gt; et de &lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?rubrique43&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;vos écrits critiques&lt;/a&gt; pour que cette révocation de la semi-liberté dont il bénéficiait apparaisse aux yeux de tous pour ce qu'elle est un déni de justice et un acharnement.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous avons besoin de votre liberté de parole pour qu'un homme puisse retrouver la liberté.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Jann-Marc Rouillan vient de voir son régime de semi-liberté révoqué par le tribunal d’application des peines. En le réincarcérant au motif d’avoir commenté la contrainte dont il fait l’objet – ne pas s’exprimer sur les faits pour lesquels il a été condamné –, c’est en réalité toute possibilité d’expression que l’État français lui refuse. La procédure d’appel étant aujourd’hui engagée, il est urgent de se mobiliser pour sa libération.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Depuis 2001, Jann-Marc Rouillan a publié neuf ouvrages (récits et romans) qui sont l'expression politique d’un écrivain et d’un individu revendiquant son appartenance à la classe des opprimés et à une littérature prolétarienne dont Henry Poulaille disait&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Il nous suffit de puiser dans nos souvenirs, de montrer, sans rien y changer, la réalité telle qu’elle nous est apparue à notre entrée dans le monde pour faire œuvre révolutionnaire.&amp;nbsp;» La condamnation renouvelée de Rouillan est emblématique de cette volonté du pouvoir, maintes fois démontrée dans l’histoire lointaine et proche, d’empêcher l’expression libre de la parole du peuple. Et le monde intellectuel ne laisserait pas, sans se mettre lui-même en danger, bafouer la liberté d’expression. Comment ne se rallierait-il pas à ce qu’écrivait le suédois Stig Dagerman sans cesse cité par le nouveau prix Nobel J.M.G. Le Clézio&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Il existe un reproche qui est bien plus fondé que les autres&amp;nbsp;: celui qui porte sur l’absence de prise de position de l’écrivain dans la lutte sociale. Le poète doit comprendre qu’il ne suffit pas de dire que la littérature est un monde à part. Il ne saurait non plus proclamer, avec des trémolos dans la voix, qu’il désire rester libre car personne ne peut être «libre» au point d’être dispensé de prendre position pour les opprimés dans leur lutte contre des oppresseurs qui, malgré tout ce que l’on pourra dire, resteront un fait indéniable tant que durera l’actuel système social. Parler de liberté dans ce contexte est synonyme de paresse, de lâcheté ou d’indifférence. &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/10/20/…&quot; title=&quot;…&quot;&gt;…&lt;/a&gt; Toutes les réformes et les utopies sociales paraissent futiles dans un système mondial où la faillite paraît la seule chose certaine. Et pourtant, il s’agit de se défendre contre cet ordre-là, voire de l’attaquer, même si l’on est tragiquement conscient du fait &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/10/20/…&quot; title=&quot;…&quot;&gt;…&lt;/a&gt; que cette défense comme cette attaque ne peuvent être que symboliques, mais qu’elles sont indispensables si l’on ne veut pas mourir de honte.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous appelons les écrivains, les philosophes, les éditeurs, les cinéastes, les artistes, les journalistes, toute personne confrontée à la censure, à prendre position sur cette interdiction de parole dont est frappé aujourd’hui un écrivain français en signant et en diffusant cet appel. Faites-nous également parvenir votre soutien par des textes courts, qui seront mis en ligne avec cet appel.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous considérons que les conditions de la remise en détention
de Jann-Marc Rouillan sont une atteinte au droit de libre expression.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous sommes révoltés par l’interprétation des propos de Jann-Marc Rouillan
faite par certains medias et par le tribunal d’application des peines.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous nous élevons contre sa remise en détention et demandons sa libération sans condition.&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;LES MOTS EN MARCHE&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pétition de soutien à Jann-Marc Rouillan&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Signature en ligne&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?article94&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://marginales.free.fr/spip.php?article94&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Adresse postale&amp;nbsp;: Les Billardes - 04300 Forcalquier.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Avertissement</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/08/29/Avertissement</link>
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    <pubDate>Fri, 29 Aug 2008 11:12:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Manifeste</category>
        <category>engagement</category><category>littérature</category><category>travail</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;J'ai vu un ballon libre s'arracher subitement au sol, entraînant avec lui les gens qui tenaient les amarres et qui n'eurent pas le simple réflexe de survie de lâcher prise à temps. En quelques secondes, ils se retrouvèrent à vingt ou trente mètre du sol. Ceux qui n'avaient pas lâché prise tombèrent de cent ou trois cents mètre. La règle d'or de la survie se formule comme suit&amp;nbsp;: sachez lâcher prise. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Autrement dit&amp;nbsp;: ne vous cramponnez jamais, quand votre gardien vous conseille de lâcher prise...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;... TOUT DE SUITE !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Supposez un peu que vous teniez l'une de ces amarres... Auriez vous lâchez prise à temps, à savoir si tôt que vous vous sentiez entraîné&amp;nbsp;? Je vais vous dire un truc intéressant. Vous avez bien plus de chance de savoir lâcher prise à temps maintenant que vous avez lu ce paragraphe, que si vous ne l'aviez pas lu. Si la littérature sert à quelque chose, c'est bien d'avertissement.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;LÂCHEZ PRISE&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;William S. Burroughs, &lt;em&gt;Les Terres occidentales&lt;/em&gt;, Christian Bourgois, «&amp;nbsp;Titres », 2007.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Je me pose la question. Combien de temps encore pour que nos lenteurs et nos éclats opposent aux attaques et aux pièges sans cesse renouvelés de ceux qui dominent le monde un front aussi déterminé et violent que celui d'une rive où brûlerons les feux de la fête&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Certains du conseil national de résistance appellent à une &lt;a href=&quot;http://www.conseilnationaldelaresistance.fr&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;grève générale reconductible à partir du 10 novembre 2008&lt;/a&gt;, d'autres parlent &lt;a href=&quot;http://www.lafabrique.fr/IMG/pdf_Insurrection.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;d'insurrection à venir&lt;/a&gt;, les plus nombreux ont peut-être assez de colère et de désespoir pour ne plus avoir peur de lâcher prise...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À quoi sert de courir après les grosses ficelles de ces ballons bleu, blanc et rouge qui nous arrachent du sol vers une mort à crédit, des rêves sans réalité et des objets payants sans utilité&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pourquoi ne pas s'arrêter là où nous sommes et se mettre à vivre avec ceux qui nous entourent&amp;nbsp;? Pourquoi ne pas se débarrasser de ce qui nous divise et nous enlève à nous-mêmes&amp;nbsp;: la propriété, l'argent, le travail&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous sommes avertis.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Fuck Myspace ! Petite note à l'usage des égarés sur Myspace</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/06/24/Fuck-Myspace-Petite-note-a-lusage-des-egares-sur-Myspace</link>
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    <pubDate>Tue, 24 Jun 2008 09:23:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>À boulet rouge</category>
        <category>critique</category><category>engagement</category><category>patron</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Faut-il détruire internet&amp;nbsp;? Avant que de trancher cette question très rarement posée sur la toile, il nous semble utile de relayer cet appel qui présente quelques bonnes raisons de déserter des espaces mis à disposition ici et là et qui ne servent, encore une fois que ceux qui en sont les propriétaires. En l'occurrence, cette fois-ci, le milliardaire australo-américain Rupert Murdoch... &lt;/em&gt;
&lt;em&gt;Où l'on voit comment des groupes qui se proclament contestataire, autonome et indépendant peuvent se laisser berner par la technique et contribuer par leur présence sur Myspace à l'enrichissement de leur ennemi de classe.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi fuir MySpace ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À qui appartient MySpace&amp;nbsp;? À l’homme d’affaires australo-américain Rupert Murdoch. Milliardaire (on l'a déjà dit), ami personnel de la famille Bush, propagandiste politique par le biais de son empire médiatique (dont la très fameuse chaîne de TV Fox News, première chaîne d’information américaine) et soutien actif des interventions militaires des USA à travers le monde. Rappelons simplement que durant la préparation de l'invasion irakienne, les 175 journaux et publications que possède Murdoch à travers le monde ont toutes largement défendues l'entrée en guerre américaine&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/06/24/#pnote-41-1&quot; id=&quot;rev-pnote-41-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La logique est simple. La chose la plus complexe (et coûteuse) aujourd'hui pour les sites internet qui tirent leurs revenus de la publicité est de créer du contenu. Le contenu du réseau MySpace est créé à 100% par ses utilisateurs. MySpace a été racheté 580 millions de dollars et en vaudrait aujourd'hui 10 fois plus. Tout ça grâce à chacun de ses utilisateurs... Et cet argent ne sert qu'à renforcer le pouvoir et le contrôle social sur les populations.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais au-delà de ça, ça fait encore plus mal de voir des groupes, qui se revendiquent anti-capitalistes et prétendent défendre des alternatives, se vendre sans sourciller chez MySpace, endessous d'un beau bandeau de pub pour Air France, Meetic ou SFR. Et pire encore, de moins en moins de gens semblent se poser la question, l’effet de mode a marché en un temps-record, parfois même dès les premiers répétitions&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;il nous faut un MySpace&amp;nbsp;! ». Un gadget stupide gavé de pubs, devenu vital, avec d'acharnés défenseurs qui voient rouge dès qu'on leur parle de ce que ça représente.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Certains prônent le DIY mais ne sont pas foutus de passer plus d'une demi-heure pour faire un site qui va diffuser leur zique et servir de vitrine au monde entier. Les mecs passent des heures et des heures a torcher des morceaux, soigner des mélodies, mettre sur papier et en musique ce qu'ils ont dans les tripes... et balancent ça au monde entier sur des sites tous ripoux remplis de pubs, appartenant à la lie de l'humanité.. parce que c'est simple, facile et que presque tout le monde en a un. Et tant pis si on alimente les caisses d'une pourriture faf ultra puissante pour faire connaitre ses chansons anti-militaristes super-engagées, le manque de temps ou de compétences techniques à bon dos&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le jour où on distribuera à l'entrée des concerts le catalogue Dell ou des dépliants promo pour le Crédit Lyonnais et MMA (qui auront bien sûr subventionné le concert), on en trouvera toujours pour venir expliquer que c'est subversif et que ça nuit au système... excusez-nous par avance de pas être convaincu.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Petites réponses aux arguments trop souvent entendus...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Myspace est un outil formidable&lt;/strong&gt;
Et comment faisions-nous avant MySpace&amp;nbsp;? Et bien on créait des sites internet nous mêmes (avec nos doigts et notre cerveau), on s'envoyait des e-mails et tout fonctionnait tout aussi bien. Des connexions et des réseaux s'organisaient tout aussi bien. Nous nous revendiquons du mouvement punk, qui lui même a toujours défendu une vision DIY dans ses actes. Do It Yourself. Faire une page internet pour présenter son groupe est à la portée de tout le monde (ou d'un ami qui s'y connaît, dans le pire des cas). Cela demande un (tout petit) peu plus d'efforts que d'ouvrir un compte MySpace mais cela permet de rester indépendant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dommage de boycotter MySpace qui est un formidable outil de communication gratuit pour des dizaines de millier de groupes. Grâce à MySpace on entend et communique avec des groupes que l'on entend nulle part ailleurs... ou presque.&lt;/strong&gt;
Faux. Il existe encore (et heureusement !) des milliers de groupes qui n'ont pas de MySpace, ou n’en veulent pas. Et rien ne t'empêche de les découvrir, via un bon moteur de recherche, en lisant quelques fanzines, en écoutant quelques bonnes émissions de radios, ou en fréquentant quelques bons forums.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On peut rencontrer plein de gens grâce à MySpace.&lt;/strong&gt;
Curieux, moi qui pensait que ça servait seulement à dire «&amp;nbsp;thanks for the add&amp;nbsp;! ». Chacun peut ainsi de targuer d’avoir plein d’amis virtuels dans la scène, c’est formidable, en effet...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si l'on se pose la question pour MySpace, alors il faut se la poser pour toute la chaine dont il fait partie&amp;nbsp;: votre fournisseur d'électricité, la marque de votre ordi, votre système d'exploitation, etc.&lt;/strong&gt;
Ce raisonnement est faux. Il faut différencier déjà ce sur quoi on a le choix et ce sur quoi on ne l'a pas. Vous connaissez un un moyen alternatif de contourner EDF pour les particuliers&amp;nbsp;? Nous non... Vous connaissez un moyen de contourner les constructeurs informatiques&amp;nbsp;? Nous non... Et au passage, il est curieux de mettre MySpace au même niveau que son fournisseur d'électricité, l'un étant tout de même plus vital que l'autre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On sait qu'il y a plein de choses à critiquer chez MySpace, mais bon...&lt;/strong&gt;
Le principe du DIY qu'il ne faudrait quand même pas perdre de vue&amp;nbsp;: - si je sais consciemment que quelque chose est puant, je me prends en main pour trouver/proposer une alternative.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a des combats plus importants que MySpace.&lt;/strong&gt;
Ce genre de trucs, qui consiste à définir des priorités d'action, c'est juste l'excuse habituelle pour ceux et celles qui ne font jamais rien et se cherchent des excuses. Il faut voir ça d'une façon plus globale, comme un tout&amp;nbsp;: comment chacun agit concrètement contre le capitalisme, et autres formes d'exploitation, alors, si il trouve toujours un moyen de rabaisser les formes de luttes, aussi simples et en apparence insignifiantes soient-elles&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;Y'a plus important que le végétarisme », «&amp;nbsp;y'a mieux à faire que de critiquer Nike ou Mc Donald's », «&amp;nbsp;la lutte pour les OS libres OK, mais y'a plus important », et là «&amp;nbsp;critiquer Myspace ouais, mais vous avez rien de mieux à faire&amp;nbsp;? » Mais tout ça, ce sont juste différentes facettes de lutte, qui illustrent une lutte consciente ou non beaucoup plus globale. Si l’on s’en prends à ça au nom d'une tolérance bidon, du genre «&amp;nbsp;soyez un peu cools les mecs c'est pas méchant », on bride toute la mécanique de l'activisme quotidien - qui par définition a pas vocation à être trop visible, et qui comprend beaucoup de trucs en apparence «&amp;nbsp;insignifiants ». Mais au final ces trucs s'ajoutent, s'ajoutent, et l’on obtient une lutte cohérente, à son échelle, mais au moins elle existe.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a des groupes super engagés sur MySpace !&lt;/strong&gt;
T'as besoin de suivre des idoles&amp;nbsp;? Surtout quand elles sont elles-mêmes incohérentes, sciemment ou par ignorance...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Argument ultime&amp;nbsp;: Myspace est un outil de communication pour les groupes et les gens qui veulent se contacter rapidement sans se prendre la tête, se balancer des conneries, bla bla...&lt;/strong&gt;
Cette fois, laissons la parole à Patrick Le Lay, PDG de TF1: «&amp;nbsp;Dans une perspective &quot;business&quot;, soyons réaliste&amp;nbsp;: à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca- Cola, par exemple, à vendre son produit (...). Or pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible&amp;nbsp;: c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible (...). Rien n'est plus difficile que d'obtenir cette disponibilité. C'est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l'information s'accélère, se multiplie et se banalise ».&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/06/24/#rev-pnote-41-1&quot; id=&quot;pnote-41-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Pour en savoir plus sur Murdoch et Fox news, matez &lt;em&gt;Outfoxed, la guerre de R. Murdoch contre le journalisme&lt;/em&gt; : &lt;a href=&quot;http://www.ecranlarge.com/test-dvd-299.ph&quot; title=&quot;http://www.ecranlarge.com/test-dvd-299.ph&quot;&gt;http://www.ecranlarge.com/test-dvd-...&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://dynamite.lautre.net&quot; title=&quot;http://dynamite.lautre.net&quot;&gt;http://dynamite.lautre.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
</description>
    
    
    
          <comments>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/06/24/Fuck-Myspace-Petite-note-a-lusage-des-egares-sur-Myspace#comment-form</comments>
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    <title>Littérature &amp; engagement</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/05/27/Litterature-engagement</link>
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    <pubDate>Tue, 27 May 2008 21:39:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Manifeste</category>
        <category>diffusion</category><category>engagement</category><category>littérature</category><category>poésie</category>    
    <description>&lt;p&gt;Tournée en librairie avec deux auteurs de la revue &lt;em&gt;Marginales&lt;/em&gt; du 12 au 18 juin 2008&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;RENCONTRES &amp;amp; LECTURES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;avec les auteurs &lt;strong&gt;Jérémy Beschon &amp;amp; Jean-Battiste Couton&lt;/strong&gt; (lecture de &lt;strong&gt;Virginie Aimone&lt;/strong&gt;) et &lt;strong&gt;Samuel Autexier&lt;/strong&gt;, rédacteur de la revue &lt;em&gt;Marginales&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tournée organisée par la revue &lt;em&gt;Marginales&lt;/em&gt; et le collectif Manifeste rien.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Avec le soutien d&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/edition/&quot;&gt;'Éditer en haute Provence&lt;/a&gt; et des lieux qui nous accueillent...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DU 12 AU 18 JUIN 2008&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;à Aix-en-Provence, Forcalquier et Crest...&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;Entrée libre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;le jeudi 12 juin à 19 h à Aix-en-Provence (13), librairie Forum Harmonia Mundi&amp;nbsp;: 04 42 38 18 91&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;le dimanche 15 juin à 11 h à Forcalquier (place Clastre vieille) dans le cadre des 5e Apéros du livre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;le mercredi 18 juin à 18 h à Crest (26), librairie La Balançoire&amp;nbsp;: 04 75 61 74 47&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;Renseignements&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Revue &lt;em&gt;Marginales&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: 06 81 98 80 49&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Folie électorale par Howard Zinn</title>
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    <pubDate>Fri, 29 Feb 2008 13:58:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Remue-méninges</category>
        <category>critique</category><category>engagement</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cet article de l'historien américain Howard Zinn* a été publié le jeudi 28 février dans le journal italien &lt;/em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/28-Febbraio-2008/art4.html&quot;&gt;Il Manifesto&lt;/a&gt;&lt;em&gt;. Il nous a été transmis et traduit depuis l'italien par Marie-Ange Patrizio.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Howard Zinn s'interroge sur la part envahissante que les élections prennent dans nos vies au détriment de l'action et de l'organisation&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;notre temps, notre énergie, nous devrions les employer à instruire, mobiliser, organiser nos concitoyens sur leur poste de travail, dans notre quartier, dans les écoles. Notre objectif devrait être de construire, laborieusement, patiemment mais énergiquement, un mouvement qui puisse secouer qui que ce soit à la Maison Blanche, et au Congrès, en imposant un changement de politique nationale sur les questions de la guerre et de la justice sociale. »... Il revient sur plusieurs points d'histoire où les choix politiques ont été infléchis par la rue, et suggère de ne consacrer au vote pas plus des deux minutes nécessaires à mettre le bulletin dans l'urne.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;En Floride, il y a un homme qui m’écrit depuis des années (dix pages manuscrites) sans que je ne l’aie jamais rencontré. Il me raconte les différents travaux qu’il a faits, vigile, technicien réparateur, etc. Il a fait toutes sortes de travaux postés, nuit et jour, qui lui permettent à peine d’entretenir sa famille. Ses lettres ont toujours été pleines de rage, elle pestent contre notre système capitaliste qui ne garantit pas aux travailleurs «&amp;nbsp;la vie, la liberté, la recherche du bonheur ». Aujourd’hui justement j’ai reçu une lettre de lui. Heureusement elle n’était pas manuscrite, maintenant il se sert d’Internet&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Voila, aujourd’hui je vous écris parce que ce pays est pris dans une situation désastreuse que je ne peux pas accepter, je dois dire quelque chose là-dessus. Je suis vraiment furieux de cette crise des crédits. Ça me fout en l’air que la majorité des américains doive passer sa vie dans une situation d’endettement perpétuel, et que tant d’entre eux soient en train d’être ensevelis sous ce poids. P… , ça me fout en l’air. Aujourd’hui j’ai travaillé comme vigile et mon boulot était de surveiller une maison qui a été saisie et sera vendue aux enchères. Ils ont ouvert la maison aux visiteurs, et moi j’étais là pour monter la garde pendant la visite. Dans le même quartier il y avait trois autres vigiles qui faisaient la même chose, dans trois autres maisons. Pendant les moments creux je m’asseyais et je me demandais qui étaient ces gens qui avaient été expulsés, et où ils étaient maintenant ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce même jour où j’ai reçu cette lettre, le &lt;em&gt;Boston Globe&lt;/em&gt; a publié un article intitulé «&amp;nbsp;Des milliers de maisons saisies dans le Massachusetts en 2007 ». Le sous titre disait&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;on a réquisitionné 7563 maisons, presque le triple de 2006 ». Quelques soirs plus tôt, Cbs avait déclaré que 750 000 personnes infirmes attendaient depuis des années leurs allocations de prévoyance sociale parce que le système était insuffisamment financé et qu’il n’y avait pas assez de personnel pour traiter toutes les requêtes, même les plus graves.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce genre d’histoire est rapporté par les médias, mais elles disparaissent instantanément. Ce qui ne disparaît pas, ce qui occupe la presse jour après jour, impossible de l’ignorer, c’est la frénésie électorale.
Ça, ça passionne le pays tous les quatre ans parce que nous sommes éduqués pour croire que voter est fondamental pour déterminer notre destin&amp;nbsp;; que l’acte le plus important qu’un citoyen puisse accomplir c’est de se rendre aux urnes pour choisir une des deux médiocrités qui ont déjà été choisies pour nous. C’est un test à choix multiples tellement limité, tellement spécieux qu’aucun enseignant qui aurait le moindre respect pour lui-même ne le donnerait à ses étudiants.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et c’est triste de le dire, le défi présidentiel a hypnotisé de la même façon les libéraux et les radicaux. Nous sommes tous vulnérables.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Est-il possible ces jours-ci de voir des amis en évitant ce thème des élections présidentielles&amp;nbsp;?
Ces personnes même qui devraient être les plus averties, ayant critiqué l’emprise des médias sur la mentalité nationale, se retrouvent paralysées par la presse, scotchées à la télé, pendant que les candidats décochent œillades et sourires en proposant une marée de clichés avec une solennité qui tient du poème épique. Même dans nos soi-disant périodiques de gauche, il faut reconnaître qu’une quantité exorbitante d’attention est consacrée à l’examen minutieux des principaux candidats.
À l’occasion on jette un os à ronger aux candidats mineurs, même si tout le monde sait que notre merveilleux système politique démocratique les laissera dehors.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Non, je ne suis pas en train de prendre une position d’ultra-gauche selon laquelle les élections seraient totalement insignifiantes, et que nous devrions refuser de voter pour préserver la pureté de notre moralité. Oui, il y a des candidats qui sont un peu mieux que les autres, et dans certaines périodes de crise nationale (les années 30, par exemple, ou aujourd’hui) même une légère différence entre les deux partis peut être une question de vie ou de mort.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je suis en train de parler d’un sens des proportions qui a disparu de la folie électorale. Soutiendrais-je un candidat contre un autre&amp;nbsp;? Oui, pendant deux minutes&amp;nbsp;: le temps qu’il faut pour abaisser le levier dans une cabine électorale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais avant et après ces deux minutes, notre temps, notre énergie, nous devrions les employer à instruire, mobiliser, organiser nos concitoyens sur leur poste de travail, dans notre quartier, dans les écoles. Notre objectif devrait être de construire, laborieusement, patiemment mais énergiquement, un mouvement qui, une fois que nous aurions atteint une certaine masse critique, puisse secouer qui que ce soit à la Maison Blanche, et au Congrès, en imposant un changement de politique nationale sur les questions de la guerre et de la justice sociale. Souvenons-nous que même quand il y a un candidat «&amp;nbsp;meilleur&amp;nbsp;» (oui, mieux Roosevelt que Hoover, mieux n’importe qui que Georges Bush), cette différence ne signifiera rien à moins que le pouvoir du peuple ne s’affirme en des modes que l’occupant de la Maison Blanche aura du mal à ignorer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les politiques sans précédents du New Deal – prévoyance sociale, assurance chômage, créations d’emplois, salaire minimum, subventions pour le logement- ne furent pas simplement le résultat du progressisme de Roosevelt. L’Administration Roosevelt, dès son installation, trouva face à elle une nation en ébullition. La dernière année de l’Administration Hoover avait vu la rébellion du Bonus Army&amp;nbsp;: des milliers de vétérans de la première guerre mondiale avaient marché sur Washington avec leurs familles pour demander de l’aide au Congrès, parce que leurs familles crevaient de faim. Des manifestations de chômeurs eurent lieu à Detroit, Chicago, Boston, New York, Seattle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En 1934, au début de la présidence Roosevelt, il y eut des grèves dans tout le pays, y compris une grève générale à Minneapolis, une grève générale à San Francisco., des centaines de milliers de gens qui croisèrent les bras dans les industries textiles du Sud. Dans tout le pays on assista à la naissance des conseils de chômeurs. Les gens, désespérés, se mobilisèrent, de façon autonome, en imposant à la police de remettre à leur place les meubles des locataires expulsés, et en créant des organisations d’aide mutuelle avec des centaines de milliers de membres. Sans une urgence nationale –destitution et rébellion économique- l’Administration Roosevelt aurait peiné à décider ces réformes courageuses.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Aujourd’hui, nous pouvons être sûrs que le Parti Démocrate, à moins de se trouver devant une mobilisation populaire, ne quittera pas le centre. Les deux principaux candidats à la présidence ont été clairs&amp;nbsp;: s’ils sont élus ils n’arrêteront pas la guerre en Irak immédiatement, et ils n’institueront pas un système d’assistance sanitaire gratuite pour tous. Ils n’offrent pas de changement radical par rapport au statu quo. Ils ne proposent pas ce que le désespoir actuel de la population demande désespérément&amp;nbsp;: la garantie de la part du gouvernement d’un poste de travail pour tous ceux qui en ont besoin, un revenu minimum pour chaque famille, une aide pour tous ceux qui risquent l’expulsion ou la saisie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ils ne suggèrent pas les coupes radicales dans les dépenses militaires ou les changements radicaux dans le système fiscal qui libèrerait des milliards, et même des trillions, pour les destiner aux programmes sociaux afin de transformer notre mode de vie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rien de tout cela ne doit nous étonner. La Parti Démocrate n’a rompu avec son conservatisme historique, sa complaisance envers les riches, sa prédilection pour la guerre que quand il a rencontré en face de lui la rébellion d’en bas, comme dans les années 30 et 60. Nous ne devons pas nous attendre à ce qu’une victoire dans les urnes en novembre commence à libérer le pays de ses deux maladies fondamentales&amp;nbsp;: l’avidité du capitalisme et le militarisme. C’est pour cela que nous devons nous libérer de la folie électorale qui emporte toute la société, y compris la gauche.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Oui, deux minutes. Avant, et après, nous devons nous mobiliser personnellement contre tous les obstacles à la vie, à la liberté, et à la recherche du bonheur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Par exemple, les saisies qui arrachent des millions de personnes à leurs maisons devraient nous rappeler une situation semblable qui eut lieu après la guerre révolutionnaire, quand les petits agriculteurs (comme aujourd’hui nombre de nos SDF) ne pouvaient pas se permettre de payer les impôts et furent menacés de perdre leur terre, leur foyer. Ils se rassemblèrent par milliers autour des tribunaux et empêchèrent le déroulement des ventes aux enchères.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Aujourd’hui, l’expulsion des gens qui n’arrivent pas à payer leur loyer devrait nous rappeler ce que firent les gens dans les années 30, quand ils se mobilisèrent et remirent les affaires des familles expulsées dans leurs appartements, en défiant les autorités.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Historiquement le gouvernement, qu’il fut dans les mains des républicains ou des démocrates, des libéraux ou des conservateurs, a failli à ses propres responsabilités, jusqu’à ce qu’il n’y soit obligé par la mobilisation directe&amp;nbsp;: sit-in et freedom rides pour les droits des noirs, grèves et boycotts pour les droits des travailleurs, rébellions et désertions des soldats pour arrêter la guerre. Voter est un geste facile et d’utilité marginale, mais c’est un pauvre ersatz de la démocratie, qui requiert la mobilisation directe des citoyens engagés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Traduit de l’anglais à l’italien par Maria Impallomeni &lt;/em&gt;The progressive magazine&lt;em&gt; et de l'italien au français par Marie-Ange Patrizio&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Howard Zinn est l’auteur notamment de &lt;em&gt;Une histoire populaire des Etats-Unis, de 1492 à nos jours&lt;/em&gt; traduit de l’américain par Frédéric Cotton, Agone, 2002.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Un laquais devant la toile</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/02/22/Un-laquais-devant-la-toile</link>
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    <pubDate>Fri, 22 Feb 2008 12:39:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>À boulet rouge</category>
        <category>engagement</category><category>patron</category><category>poésie</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ce texte d'Éric Maclos a initialement été publié sur le site du&lt;/em&gt; &lt;a href=&quot;http://www.preaudescollines.fr/?page=actu&quot;&gt;Préau des collines&lt;/a&gt; &lt;em&gt;(revue et éditions).&lt;/em&gt;
&lt;em&gt;Un autre texte jubilatoire, du même auteur, circule sur la toile depuis 2004. Il s'amuse des propos de messieurs Nora et Olivennes. «&amp;nbsp;Monsieur Nora se plaint d’être aujourd’hui &quot;assis sur du vide&quot;. Nous ne pouvons, mes amis, qu’éclater de rire. Nous qui, décidément, n’aspirons, et simplement somme toute, qu’à vivre debout.&amp;nbsp;» Merci pour ces éclats de rire (et pas que !) qui aident à traverser l'époque.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des nouvelles de la FNAC &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un chaland d’un pas décidé entre dans un magasin. Un des magasins d’une enseigne connue, et qu’on dit même quelquefois encore prestigieuse. Le chaland a décidé d’acquérir un ordinateur. Pour s’équiper, ou pour renouveler son matériel obsolète, peu importe. Si son choix n’est pas encore fait, il a confiance&amp;nbsp;: le vendeur va l’accueillir, le conseiller au mieux. Il va repartir satisfait. Il aura pris ses précautions même, il aura souscrit une assurance, une extension de garantie, et aura pu – si nécessaire – contracter un crédit au taux usuraire. Il est d’autant plus satisfait qu’il ignore que le vendeur, lui, va toucher une prime mensuelle assujettie à la vente de ces «&amp;nbsp;services&amp;nbsp;» annexes, prime qui lui permettra de compléter heureusement un salaire qui en a bien besoin. Mais passons&amp;nbsp;: notre homme est satisfait donc, il rentre chez lui et va pouvoir utiliser, enfin, son matériel.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et c’est là que le bât blesse. Notre ami, féru en la matière, s’imagine qu’il va pouvoir utiliser librement toutes les possibilités que lui offre son équipement. Mais les industriels s’inquiètent. Ceux du disque, entre autres. Les ventes chutent. Et, sans même que soit menée une enquête approfondie, le coupable est désigné&amp;nbsp;: le «&amp;nbsp;piratage », le téléchargement «&amp;nbsp;abusif ». Monsieur Olivennes, le PDG de la FNAC, la fameuse enseigne que j’évoquai plus haut, est chargé par le Président de la République de remettre un rapport sur la question. Il est efficace, Monsieur Olivennes. Il va très vite. Il «&amp;nbsp;assure », quoi. Comme une bête. On va comprendre pourquoi. Le «&amp;nbsp;résultat&amp;nbsp;» du rapport n’est autre que son postulat, qui peut se résumer en une ligne&amp;nbsp;: Le client est abusif, responsable et coupable. Et suit un catalogue de sanctions diverses. Le curieux restera sur sa faim, mais un rapport n’est pas forcément établi pour produire de la connaissance, restituer des faits, proposer des analyses … Ici, il s’agit de soumettre à «&amp;nbsp;la loi&amp;nbsp;» Au nom d’un bon sens qui n’en a que le nom. Car il y a un non-sens – du moins apparent – à ce que le dirigeant d’une entreprise culpabilise et stigmatise «&amp;nbsp;ses&amp;nbsp;» clients. Mais derrière l’apparent paradoxe de la bêtise, on devine une stratégie de la ruse, et les cartes biseautées dans les mains du tricheur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Monsieur Olivennes a-t-il pris la peine de rencontrer la Fédération C.G.T du spectacle&amp;nbsp;? - Non. Monsieur Olivennes a-t-il pris la peine de rencontrer les organisations de défense des consommateurs&amp;nbsp;? - Non. Monsieur Olivennes a-t-il étudié la possibilité de créer – soit par un droit d’accès, soit par une taxation partagée entre le fabricant, le distributeur et le consommateur, un fonds géré par un organisme sous tutelle du Ministère de la Culture et chargé, un peu à l’image du CNL pour l’édition et les auteurs, d’aider les jeunes artistes et les petits labels indépendants&amp;nbsp;? - Non. Monsieur Olivennes a-t-il pensé aux (anciennes) campagnes de la FNAC pour abaisser la TVA sur le prix du disque&amp;nbsp;?
- Non. Monsieur Olivennes a-t-il pensé à faire part aux «&amp;nbsp;majors&amp;nbsp;» du prix trop élevé du disque, ramené à ses coûts réels de production&amp;nbsp;? - Non. En bref, Monsieur Olivennes a-t-il pensé qu’en facilitant ainsi l’achat du disque, on pouvait réduire efficacement le fameux «&amp;nbsp;piratage », en le rendant moins attractif financièrement&amp;nbsp;? -Non.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Monsieur Olivennes a-t-il pensé&amp;nbsp;? Répondre «&amp;nbsp;non&amp;nbsp;» est tentant. Mais un peu trop facile. Car il y a bien des enjeux derrière ce cynisme et cette apparente bêtise, même si la classe dominante ne se prive d’aucune de ces deux qualités. L’ordinateur est un outil formidable. Il peut contribuer à créer des espaces de liberté, de rencontre(s), de découverte(s), de création(s) …Mais de quelle magie viendrait-il que l’ouvrier-citoyen puisse librement disposer d’un outil, quel qu’il soit&amp;nbsp;? L’outil doit, dans l’ordre de la classe dominante, s’inscrire dans le processus de production de la plus-value, et une des formes de cette production est aujourd’hui la transmission de l’information, l’empire de la «&amp;nbsp;communication généralisée ». Le statut de l’artiste, de l ‘émotion esthétique, de la réflexion critique devient alors très simple&amp;nbsp;: rien de tout cela n’est productif, qui relève d’un arrêt, d’une faille dans la circulation et la vitesse, que ce soit du point de vue du geste ou de celui de sa contemplation. La mise hors-circuit de la perturbation artistique devient donc un enjeu majeur pour la classe dominante. Elle ne se contente plus de s’approprier l’œuvre par la marchandisation, de la neutraliser par la momification, par la transformation en patrimoine (coffre-fort ou musée). La fonction de la «&amp;nbsp;communication généralisée&amp;nbsp;» est aussi d’être l’écran – ici effectivement plasma, qui tout enrobe – l’anticorps qui rejette le virus artistique hors du corps social. La stigmatisation du Pirate n’est que le symptôme du contrôle généralisé de la communication généralisée par la classe dominante, la stigmatisation du Pirate accompagne la camisole de l’Artiste. Et bien naïfs sont les artistes qui ont cru que «&amp;nbsp;leurs&amp;nbsp;» «&amp;nbsp;maisons&amp;nbsp;» de disque protégeaient leurs droits d’auteurs. Les possédants n’ont rien à faire du droit d’auteur, qu’il soit moral ou patrimonial. Ce qui les anime n’est rien d’autre que le souci de la propriété industrielle. On voit bien que le rapport Olivennes est autre chose que le rôt satisfait du notable à la fin du banquet. On voit bien que les quelques remarques et propositions formulées plus haut – dans la forme interrogative – ne pouvaient être prises en compte par Monsieur Olivennes. En effet, elles impliquent une responsabilité citoyenne et démocratique, elles impliquent une mutualisation, un nouveau champ de l’espace public, et une lutte contre le culte de la rentabilité. Autant de notions qui rappellent à Monsieur Olivennes ses engagements de jeunesse. Son retournement de veste.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Libre à lui de nommer «&amp;nbsp;réussite&amp;nbsp;» le parcours qui lui a permis de passer du statut de renégat à celui de parvenu. Libre à lui d’afficher une fouettarde bonhomie à la pédagogie adipeuse. Mais il se trouve qu’en voulant à tout prix passer la camisole marchande à l’Artiste, Monsieur Olivennes «&amp;nbsp;oublie&amp;nbsp;» aussi que son père était un poète. Et quand il en est à faire payer l’Œdipe à l’Artiste, le Parvenu se donne enfin pour ce qu’il est&amp;nbsp;: un définitif Raté.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Janvier 2008.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Éric Maclos, poète, employé en librairie à la Fnac depuis 28 ans.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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