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  <title>Marginales - critique</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 31 Dec 2008 00:34:03 +0000</pubDate>
  <copyright>Marginales</copyright>
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    <title>Les paradoxes de Jean-Marie Gustave Le Clezio</title>
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    <pubDate>Tue, 09 Dec 2008 19:55:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Remue-méninges</category>
        <category>critique</category><category>engagement</category><category>littérature</category><category>prolétariat</category><category>Rouillan</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Faut-il désespérer des moyens de communications actuels et se résigner à ce que nos mots ne soient jamais entendus&amp;nbsp;? Faut-il désespérer de ce que peut la littérature ou comme le souligne Philippe Geneste remarquer que l'actualité d'un écrivain comme Stig Dagerman à qui JMG Le Clézio emprunte le titre de son discours doit tout autant à son style qu'à son engagement pour un système politique jamais nommé et jamais essayé - l'anarchie - qui prône la démocratie et l'action directe et peut se résumer dans la phase suivante&amp;nbsp;:  “Je suis anarchiste&amp;nbsp;: c’est que je n’aime ni recevoir, ni donner des ordres.”&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Vous pouvez lire comme moi le &lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?article130&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;texte intégral du discours prononcé par JMG Le Clézio&lt;/a&gt; pour la remise du prix Nobel. Outre le titre, emprunté à Stig Dagerman, Le Clézio y pose la question de ce que peut la littérature.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il y fait un très long commentaire du texte  «&amp;nbsp;L'Écrivain et la conscience&amp;nbsp;» dont il cite l'extrait suivant&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Comment est-il possible par exemple de se comporter, d'un côté comme si rien au monde n'avait plus d'importance que la littérature, alors que de l'autre il est impossible de ne pas voir alentour que les gens luttent contre la faim et sont obligés de considérer que le plus important pour eux, c'est ce qu'ils gagnent à la fin du mois&amp;nbsp;? Car il (l'écrivain) bute sur un nouveau paradoxe&amp;nbsp;: lui qui ne voulait écrire que pour ceux qui ont faim découvre que seuls ceux qui ont assez à manger ont loisir de s'apercevoir de son existence.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le Clézio poursuit plus loin&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Le paradoxe ne date pas d'hier. François Rabelais, le plus grand écrivain de langue française, partit jadis en guerre contre le pédantisme des gens de la Sorbonne en jetant à leur face les mots saisis dans la langue populaire. Parlait-il pour ceux qui ont faim&amp;nbsp;? Débordements, ivresses, ripailles. Il mettait en mots l'extraordinaire appétit de ceux qui se nourrissaient de la maigreur des paysans et des ouvriers, pour le temps d'une mascarade, d'un monde à l'envers. Le paradoxe de la révolution, comme l'épique chevauchée du chevalier à la triste figure, vit dans la conscience de l'écrivain. S'il y a une vertu indispensable à sa plume, c'est qu'elle ne doive jamais servir à la louange des puissants, fût-ce du plus léger chatouillis.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous regretterons pour notre part que sa plume qui prend partie avec bonheur pour le peuple et ses enfants ne soit pas plus dur vis-à-vis des puissants, que la conscience de soi ne s'accompagne pas chez lui d'une conscience de classe qui fait écrire à Stig Dagerman dans ce même texte&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Il existe un reproche qui est bien plus fondé que les autres&amp;nbsp;: celui qui porte sur l’absence de prise de position de l’écrivain dans la lutte sociale. Le poète doit comprendre qu’il ne suffit pas de dire que la littérature est un monde à part. Il ne saurait non plus proclamer, avec des trémolos dans la voix, qu’il désire rester libre car personne ne peut être “libre” au point d’être dispensé de prendre position pour les opprimés dans leur lutte contre des oppresseurs qui, malgré tout ce que l’on pourra dire, resteront un fait indéniable tant que durera l’actuel système social. Parler de liberté dans ce contexte est synonyme de paresse, de lâcheté ou d’indifférence. &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/12/09/...&quot; title=&quot;...&quot;&gt;...&lt;/a&gt; Toutes les réformes et les utopies sociales paraissent futiles dans un système mondial où la faillite paraît la seule chose certaine. Et pourtant, il s’agit de se défendre contre cet ordre-là, voire de l’attaquer, même si l’on est tragiquement conscient du fait &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/12/09/…&quot; title=&quot;…&quot;&gt;…&lt;/a&gt; que cette défense comme cette attaque ne peuvent être que symboliques, mais qu’elles sont indispensables si l’on ne veut pas mourir de honte.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans les temps troublés qui sont les nôtres, nous pouvions de manière légitime nourrir l'espoir d'une prise de position plus ferme de la part de M. Le Clézio sur la faillite du système politique qui prend aujourd'hui le plus grand nombre en otage. Nous lui avions demandé par exemple de prendre position sur la réincarcération dont est victime Jean-Marc Rouillan (voir le &lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?article94&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;texte de la pétition ici&lt;/a&gt;). Faut-il que des écrivains nobelisés comme Le Clézio, Jelinek, Grass ou Saramago à qui nous avons aussi envoyé cette demande soit sourd et aveugle pour ne pas y avoir répondu (même négativement), ou bien faut-il désespérer des moyens de communications actuels et se résigner à ce que nos mots ne soient jamais entendus&amp;nbsp;? Non, nous ne nous résignerons pas à ce que des écrivains célèbres aujourd'hui avouent être «&amp;nbsp;en difficulté devant la réalité&amp;nbsp;» et ne puissent plus prendre position sur la faillite d'un système politique qui fait de nous ses otages et sur la répression qui s'abat sur des contestataires que l'on n'en finit plus de dire minoritaires alors qu'ils ne demande qu'à vivre et à expérimenter de nouvelles formes politiques. Des formes plus démocratiques qui ne passent plus par un système de représentation de moins en moins capable de favoriser des échanges qui ne soient pas ceux du commerce et de la marchandise. Et que bien au contraire le système par la voix de ses représentants semble de plus en plus décidé à criminaliser toute forme de partage et de vivre ensemble.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Enfin pour clôre cette introduction, je cite les mots de Jean-Marc Rouillan que le PEN club international par la voix de sa présidente Sara Whyatt ne veut pas défendre au motif de ce qu'il n'était pas encore un écrivain en 1987 &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/12/09/#pnote-48-1&quot; id=&quot;rev-pnote-48-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&amp;nbsp;! : «&amp;nbsp;Mes mots, s’ils respirent, ce n’est pas de ramper mais de dire. Et ce que je dis ne plaît pas à ceux qui voudraient qu’on se taise. Car dans mon cas judiciaire, il faudrait que j’accepte le livret de la victime expiatoire à la bonne raison de ne plus rien faire, de ne plus se rebeller ou alors avec des mots sourds et aveugles, étrangement orphelins de leur musique.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bonne lecture&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/12/09/#rev-pnote-48-1&quot; id=&quot;pnote-48-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Dans un courrier, du 18 novembre 2008, en réponse à l'envoi de la pétition « Parole en cage » elle répond : « Thank you for forwarding the petition on the return to prison of Mr Jean-Marc Rouillan. Mr Rouillan's sentence was passed for his leading role in the 1980s of Action Directe, and in particular for his responsibility in the murders of George Besse, Chief Executive of Renault, and General Rene Audran of the French defence ministry. International PEN works for the promotion of peace and does not support individuals how have carried out or promoted violence. In addition, Mr Rouillan, to our understanding, was not a writer at the time of his arrest in 1987. Mr Rouillan was thus not considered a suitable case for International PEN action during his imprisonment. We understand that Mr Rouillan was released provisionally last year, and that one condition of his release, that he subsequently breached, was that he not discuss the events that led to his conviction,and that this is seen by some as a violation of his right to freedom of opinion. We also understand that Mr Rouillan was the subject of appeals by Amnesty International following concerns about harsh prison conditions, particularly in the 1990s. However, the Writers in Prison Committee of International PEN continues to hold its opinion that Mr Rouillan's case is not one that falls within PEN's remit. Members of PEN are free to add their names to the petition in their individual capacities if they wish. »&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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  <item>
    <title>Un écrivain emprisonné pour délit d'ambiguité !</title>
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    <pubDate>Sat, 06 Dec 2008 12:11:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>À boulet rouge</category>
        <category>critique</category><category>littérature</category><category>prolétariat</category><category>Rouillan</category><category>répression</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;En décidant de révoquer le régime de semi-liberté de Jean-Marc Rouillan pour des mots ambiguës publiés par la presse les juges «&amp;nbsp;antiterroristes&amp;nbsp;» ont décidé de remettre en prison un individu pour ce qu'il n'a pas dit.''&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cette décision confirme les propos de Jean-Marc Rouillan qui disait déjà en 2002&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je ne sortirai que si j’accepte de payer, et le paiement de cette rançon, c’est une déclaration, un texte politique qui condamne mon action dans l’organisation armée, mais bien au-delà, dans toutes les organisations auxquelles j’ai participé, comme le MIL, les GARI, jusqu’aux manifestations de l’après 68. Dans leur délire réactionnaire à vouloir tout édulcorer, l’histoire de la contestation armée dans ce pays n’est pas définitivement écrite, et cela tant que nous ne l’aurons pas co-signée de notre repentance. Cette repentance, c’est la rançon. La rançon du chantage. Tant qu’il me restera un soupçon de lucidité, je refuserai le chantage et je ne me renierai pas. »&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Nous reproduisons ici le communiqué du comité de soutien et appelons à signer les pétitions qui réclament la libération de Jean-Marc Rouillan. Nous vous incitons aussi à consulter les textes de soutien publiés dans la rubrique «&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?rubrique46&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;paroles libres&lt;/a&gt;&amp;nbsp;» du site de la revue &lt;/em&gt;Marginales&lt;em&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Communiqué&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La cour d’appel de Paris a prononcé, ce jeudi 4 décembre, la révocation de la semi-liberté de Jean-Marc Rouillan. Sur les passages incriminés de l’entretien paru dans &lt;em&gt;L’Express&lt;/em&gt;, les juges ont souligné que les propos de Jean-Marc Rouillan «&amp;nbsp;sont ambiguës mais qu’ils ont été perçus clairement par les familles des victimes ». La Cour considère que Jean-Marc Rouillan a enfreint l’une des 4 contraintes de son régime de semi-liberté (interdiction de s’exprimer sur les faits pour lesquels il a été condamné).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous considérons, pour notre part, que ce jugement indique la volonté de l’État de criminaliser l’expression d’un militant révolutionnaire. Nous dénonçons les lois «&amp;nbsp;antiterroristes&amp;nbsp;» qui autorisent l’incarcération pour délit d’opinion. Nous continuons à soutenir les démarches judiciaires pour obtenir la libération de Jean-Marc Rouillan. Nous appelons les signataires à être solidaires des actions qui seront menées pour obtenir cette libération.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://lesmotsenmarche.free.fr&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Les mots en marche&lt;/a&gt;, le 5 décembre 2008&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nota bene&amp;nbsp;: N’hésitez pas à faire circuler les deux pétitions qui restent ouvertes dans le cadre de la demande de libération de Jean-Marc Rouillan.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Lien vers les pétitions&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.cequilfautdetruire.org/petitions/?petition=1&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Jean-Marc Rouillan veut tourner la page sans la déchirer&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?article94&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Parole en cage&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Le crochet à évasion</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/11/19/Le-crochet-a-evasion</link>
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    <pubDate>Wed, 19 Nov 2008 13:35:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>À boulet rouge</category>
        <category>critique</category><category>Rouillan</category><category>répression</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;C’est en observant une bouilloire que James Watt inventa la machine à vapeur. Martin Tomasson, lui, inventa le Crochet à évasion. Le bureau des brevets du ridicule, de la peine et des ténèbres n’avait plus qu’à s’en charger. Il l’inventa en 1918, alors que les journaux étaient pleins de récits d’atrocités. C’est sa lucidité tendue à l’extrême qui fut à l’origine de l’invention. Dans la langue de la peur, elle avait pour nom&amp;nbsp;: corde munie d’un crochet à évasion :&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Si la guerre civile éclate ici aussi et si quelqu’un vient m’assassiner, il faut que mon crochet à évasion soit prêt, pour que je puisse m’échapper au moyen de celui-ci en me balançant de branche en branche dans la cime des arbres. Ainsi, je ne laisserai aucune trace sur le sol et ceux qui me traquent pour me tuer ne sauront pas où je suis passé.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le dispositif est très simple. Il est constitué d’un banal crochet de fer courbé d’une certaine façon et fixé à l’extrémité d’une corde. Je lance la corde par-dessus une branche, dans l’arbre voisin, et me hisse dans celui-ci. Puis je détache le crochet et le jette par-dessus la branche suivante de l’arbre suivant. Ainsi fut découverte la liane mobile, réinventée à une époque tardive par un jeune singe très développé fuyant à travers les forêts du monde sous le coup de la peur.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/public/./.crochet_m.jpg&quot; alt=&quot;Crochet à évasion&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;
Image trouvée sur le site de &lt;a href=&quot;http://www.echelleinconnue.net/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;l'Échelle inconnue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Cela veut dire que l'on aurait les flics les plus cons du monde », disait hier, 18 novembre, le père de l'un des membres du «&amp;nbsp;comité invisible&amp;nbsp;» arrêté le 11 novembre dernier. Et que dire de la presse dite «&amp;nbsp;grande », des syndicats et des politiques bafouant la présomption d'innocence qui ont suivi et relayé les rapports des services secrets, se sont désolidarisés de militants politiques (parce qu'ils ne sont pas encartés dans leurs boutiques ?) tandis que ceux-ci étaient arrêtés et mis en garde à vue dans les pires conditions pour «&amp;nbsp;rien ». Mieux encore, la police qui a avoué (sans qu'on lui demande rien !) suivre depuis plus de six mois la vie privée de ce «&amp;nbsp;comité invisible&amp;nbsp;» semble incapable de produire autre choses que des pièces risibles pour justifier leur arrestation (horaires de train, matériel d'escalade, pinces coupantes, brochures anarchistes...).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'un des crimes de ceux qui souhaitaient rester invisibles (c'est raté !), semble selon Michèle Alliot-Marie de n'avoir pas parlé pendant les 4 jours de la garde à vue. Et peut-être, comme Jean-Marc Rouillan de n'être pas prêt de renier ce qu'ils ont écrit dans le petit livre &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/L-insurrection-qui-vient.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;L'Insurrection qui vient&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;... et pour cause, ayant vu de près le fonctionnement de l'État et de ses petits soldats au bord de la crise de nerf.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comme nous le rappelait &lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?article117&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Philippe Godard&lt;/a&gt; signataire d'&lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?article94&quot;&gt;une des pétitions&lt;/a&gt; initiées par «&amp;nbsp;Les Mots en marche »&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/11/19/#pnote-46-1&quot; id=&quot;rev-pnote-46-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; à propos de la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, «&amp;nbsp;lorsque cette politique que nous combattons frappe directement l’un d’entre nous, quels que soient nos points de désaccord avec lui, ce sont bien les politiques émancipatrices dans toute leur diversité que nous défendons en soutenant l’individu plus particulièrement frappé par le pouvoir.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;La littérature, disais-je dans un &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/11/19/post/2007/01/23/10-du-bo-du-bon-du-bo-net&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;billet&lt;/a&gt; de janvier 2007, a l'étrange capacité à nous parler de façon intime de ce qui nous agite au présent. Prenons ce texte de Harry Martinson extrait de &lt;em&gt;Il faut partir&lt;/em&gt;, le deuxième volume d'un récit autobiographique écrit par l'auteur dans le début des années 1930 et publiées par les éditions Agone dans la collection «&amp;nbsp;Marginales&amp;nbsp;» en 2002.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ne trouvez-vous pas que le texte qui suit résonne avec la volonté des invisibles que nous sommes&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/11/19/#rev-pnote-46-1&quot; id=&quot;pnote-46-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] • Sur le site de la revue &lt;em&gt;Marginales&lt;/em&gt; : &lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?rubrique43&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://marginales.free.fr/spip.php?rubrique43&lt;/a&gt;. • Sur le site du mensuel &lt;em&gt;CQFD&lt;/em&gt; : &lt;a href=&quot;http://www.cequilfautdetruire.org/petitions/?petition=1&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.cequilfautdetruire.org/petitions/?petition=1&lt;/a&gt;. • Sur le site des « Mots en marche » : &lt;a href=&quot;http://lesmotsenmarche.free.fr&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://lesmotsenmarche.free.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
    &lt;p&gt;C’est en observant une bouilloire que James Watt inventa la machine à vapeur. Martin Tomasson, lui, inventa le Crochet à évasion. Le bureau des brevets du ridicule, de la peine et des ténèbres n’avait plus qu’à s’en charger. Il l’inventa en 1918, alors que les journaux étaient pleins de récits d’atrocités. C’est sa lucidité tendue à l’extrême qui fut à l’origine de l’invention. Dans la langue de la peur, elle avait pour nom&amp;nbsp;: corde munie d’un crochet à évasion&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si la guerre civile éclate ici aussi et si quelqu’un vient m’assassiner, il faut que mon crochet à évasion soit prêt, pour que je puisse m’échapper au moyen de celui-ci en me balançant de branche en branche dans la cime des arbres. Ainsi, je ne laisserai aucune trace sur le sol et ceux qui me traquent pour me tuer ne sauront pas où je suis passé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le dispositif est très simple. Il est constitué d’un banal crochet de fer courbé d’une certaine façon et fixé à l’extrémité d’une corde. Je lance la corde par-dessus une branche, dans l’arbre voisin, et me hisse dans celui-ci. Puis je détache le crochet et le jette par-dessus la branche suivante de l’arbre suivant. Ainsi fut découverte la liane mobile, réinventée à une époque tardive par un jeune singe très développé fuyant à travers les forêts du monde sous le coup de la peur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans les fermes où il va mendier, il entend les riches tempêter contre les Rouges, à l’Est. Dans le département de Halland, il arrive un jour chez un gros propriétaire et se fige sur le pas de la porte. Il a l’air d’un petit homme, maintenant, avec son pantalon&amp;nbsp;; on voit même sur le visage du paysan que celui-ci se dit qu’on peut s’attendre à n’importe quoi, de la part de quelqu’un comme lui. La fermière, elle, sait qu’il est là pour «&amp;nbsp;quémander&amp;nbsp;» ; elle sort sa grosse miche de pain de campagne, la serre contre son opulente poitrine de femme du Halland, en coupe une tranche et lui demande, en regardant par-dessus son épaule&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— D’où est-ce que tu viens&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Mon père habitait à la limite du Blekinge et du Göinge. Il possédait une grande maison, là-bas.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Ah bon. Mais à quoi bon demander ça. Tous les vagabonds mentent. Tu aimes la viande de porc&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Oui. Merci.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Alors, je t’en mets un ou deux morceaux. Mais on n’a pas les moyens de beurrer la tartine. Vous êtes tellement nombreux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le maître de maison vient de recevoir les journaux. Il est en train de les lire, assis près de l’écrémeuse. Soudain, il se fâche et dévisage, avec un regard chargé d’infamie, ce va-nu-pieds qui n’a même pas encore fait sa communion.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Ah, les ouvriers ont encore assassiné, dans un village de Finlande. C’est marqué là.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans son désir exagéré de se faire comprendre, il tend son journal en direction du va-nu-pieds en question, c’est-à-dire Martin. Un frisson passe dans le dos de celui-ci, sous le regard chargé de peur du paysan. Il se met à trembler, sur le pas de la porte, devant ce qu’il lit dans ce regard et entend dans cette voix&amp;nbsp;: cette façon de dire les choses sans les dire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce jeune homme est un chemineau, un vagabond, un va-nu-pieds. Quelle meilleure occasion pourrait se présenter de se décharger de tout ce qu’on porte en soi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Mais, s’ils veulent faire pareil ici, ces «&amp;nbsp;messieurs », il faut qu’ils se disent qu’on a des armes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Martin prend, avec un petit salut du haut du corps, la grande tartine que lui tend la fermière, en mettant le doigt sur les morceaux de viande, pour qu’ils ne tombent pas.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Merci. Mille mercis. Merci. Merci, merci.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il aimerait enterrer ce paysan sous les mercis mais n’est pas sans noter, d’une façon sacrément douloureuse, le sous-entendu dissimulé dans le mot «&amp;nbsp;messieurs ». Celui-ci est comme entouré d’une centaine de paires de guillemets. N’importe quel premier communiant, un peu au fait des intonations du langage quotidien parmi le peuple, est capable de le ressentir et il a l’impression de recevoir un coup d’épingle rouillée dans le cœur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ainsi, on fait don d’une main tout en maudissant de l’autre et Martin remercie, salue et s’éloigne.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une fois sur la route, il se met à manger, mais cela passe mal. Ce pain est sans âme et sa bouche sans énergie. L’âme a été extraite du pain qu’il mange et il peut aussi bien le jeter dans la rivière, en passant sur un pont. C’est ce qu’il fait. Sa bouche est amère et comme souillée par ce pain et il est lui-même épuisé de chagrin.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il regarde la tartine qui chavire, dans le courant, et voit les deux morceaux de porc flotter entre deux eaux&amp;nbsp;: deux petits carrés de viande taillés dans un animal dont on a gentiment caressé le dos juste avant d’étouffer les cris qu’il a poussés quand on l’a assommé puis égorgé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il continue son chemin. Et il ne tarde pas à oublier un instant la vie réglée que les hommes mènent dans les champs et les forteresses. Au-dessus de lui, les nuages vont et viennent dans le ciel. Ils tanguent comme de blanches nefs dépourvues de capitaine. Ah&amp;nbsp;! si seulement ils étaient captifs, comme des zeppelins. Mais non, le ciel serait bien sombre au-dessus de Londres, alors.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Non, c’est bien ainsi. Donne-nous aujourd’hui, mon Dieu, notre nuage quotidien.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Vers le soir, il trouve une grange et se faufile à l’intérieur sans rien demander à personne. Il ne veut pas qu’on lui fasse cadeau d’une couche en le maudissant dans le même souffle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais il ne parvient pas à s’endormir. Il se tourne et se retourne, sur la paille. Il se met à pleuvoir et cela crépite sur le toit. Au loin, un chien aboie dans la nuit. Martin écoute longuement. Le monde ressemble à un aboiement de chien et les saint-bernard ne tirent plus personne de la neige&amp;nbsp;: tout ce qu’ils font, c’est le maudire, lui. Peut-être ce monstre-là va-t-il venir fouiller dans la paille pour me sauver. Il rit un peu, intérieurement, malgré sa peur du noir et des chiens.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il finit par s’endormir mais fait des cauchemars et se réveille en poussant un cri, à moitié étouffé par la mer de paille. Elle est maudite, cette paille. Elle doit sentir qu’il est interdit d’y coucher. Il remue la tête pour la vider de ses cauchemars, mais un brin de paille pénètre dans une de ses narines et il se met à saigner du nez. Il sort le mouchoir de mademoiselle Tyra Aspengren – qu’il a pieusement conservé, bien qu’il soit sale et déchiré – et endigue le flot. Le sang ne tarde pas à se coaguler et à s’arrêter de couler. Après cela, il reste couché, à réfléchir et à fuir le sommeil. Je peux rester là. La lumière du jour ne va pas tarder, se dit-il. Toutes sortes d’idées de guerre et de révolte lui viennent à l’esprit. En imagination, il se sent menacé, harassé, persécuté.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C’est cette nuit-là qu’il invente le crochet à évasion, la liane mobile.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Harry Martinson&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Extrait de &lt;em&gt;Il faut Partir&lt;/em&gt;, Agone «&amp;nbsp;collection Marginales », 2002.&lt;/p&gt;</description>
    
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  <item>
    <title>Le ministère de la culture parle (enfin) d'un tarif postal pour le livre !</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/09/04/Le-ministere-de-la-culture-parle-enfin-dun-tarif-postal-pour-le-livre</link>
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    <pubDate>Thu, 04 Sep 2008 14:43:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>De première bourre</category>
        <category>critique</category><category>diffusion</category><category>la poste</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;En réponse à deux nouvelles &lt;a href=&quot;http://www.questions.assemblee-nationale.fr&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;questions au gouvernement&lt;/a&gt;, du député de Gironde Michel Sainte-Marie sur les tarifs postaux pour le livre, et de celui de Lot-et-Garonne Jérôme Cahuzac sur la suppression programmée des tarifs spéciaux accordés à la presse, le ministère de la culture parle (enfin) de la création d'un tarif postal pour le livre. La coordination des indépendants du livre demande depuis plus d'un an la création de ce tarif «&amp;nbsp;livre et revue&amp;nbsp;» mais surtout qu'il soit inscrit, comme le tarif «&amp;nbsp;sacs de livres », dans les missions de service public de la future entreprise postale. Gageons que sans cela, ce tarif sera très vite jeté aux oubliettes !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Réponse du 26 août 2008&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Le ministère de la culture et de la communication accorde chaque année son concours, par l'intermédiaire du Centre national du livre, à plus de trois cents maisons d'édition et revues littéraires et scientifiques, dont la diversité fait toute la richesse du paysage éditorial français. Plusieurs de ces maisons d'édition et de ces revues ont alerté le ministère de la culture et de la communication sur les effets, préoccupants pour leur pérennité économique, de la hausse des tarifs postaux résultant de la disparition de tarifs spécifiques ou adaptés à l'acheminement des livres. Cette augmentation touche principalement les petits éditeurs distribuant eux-mêmes leurs productions, soit directement auprès de leurs lecteurs avec des frais de port élevés, soit à travers le réseau des librairies par des envois ponctuels et le plus souvent unitaires qui entraînent également des frais de port élevés. Ces derniers peuvent être à la charge de l'éditeur ou répercutés sur le détaillant, celui-ci s'acquittant alors souvent de frais de port supérieurs à la marge qu'il peut dégager sur la vente de l'ouvrage commandé. Dans le circuit classique de distribution du livre, les frais de port, le plus souvent à la charge des détaillants, sont sensiblement moins élevés du fait du regroupement des commandes et des envois par des distributeurs professionnels. Pour faire face à ce risque de restriction de la diffusion et de la publication des livres, le ministère de la culture et de la communication a mis en place un groupe de travail réunissant l'ensemble des parties concernées (direction du livre et de la lecture, Centre national du livre, direction du développement des médias, Syndicat national de l'édition, coordination des indépendants du livre, syndicat de la librairie française, groupe La Poste) afin de définir, dans le cadre de la réglementation applicable, des conditions tarifaires favorables à une meilleure circulation des oeuvres. &lt;strong&gt;Lors de sa première réunion le 23 mai 2008, ce groupe de travail a notamment pu prendre acte de la réactivation du «&amp;nbsp;Sac de livres&amp;nbsp;» parmi l'offre de prestations postales et de la prochaine mise en place par La Poste en septembre 2008 d'un tarif plus adapté à l'envoi d'un seul livre.&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous prenons acte de cette réponse du ministère et demandons que les revendications de la coordination des indépendants du livre soit étudié lors de la prochaine réunion de ce groupe de travail (&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/public/RAPPEL_POSTE.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;PDF ci-joint&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour les éditeurs et libraires qui souhaitent envoyer leurs livres par sac postal, &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/public/SACS_DE_LIVRES.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;voici les démarches à suivre&lt;/a&gt;. Merci de faire parvenir par courriel à la coordination des indépendants du livre les dysfonctionnements que vous aurez constatés (et il y en a !).&lt;/p&gt;</description>
    
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  <item>
    <title>Lettre ouverte aux parlementaires et à leurs lobbyistes sur la création d'un tarif postal « livre et revue »</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/07/04/Lettre-ouverte-aux-parlementaires-et-a-leurs-lobbyistes</link>
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    <pubDate>Fri, 04 Jul 2008 17:42:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>De première bourre</category>
        <category>critique</category><category>diffusion</category><category>la poste</category><category>travail</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Lettre ouverte adressée le vendredi 4 juillet 2008 par la &lt;a href=&quot;http://www.acrimed.org/article2677.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Coordination des indépendants du livre&lt;/a&gt;, à l'ensemble des députés ayant posé une question écrite au gouvernement sur la question d'un tarif postal pour le livre, à quelques autres parlementaires, syndicalistes et journalistes...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Bonjour,&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au moment ou des professionnels publient dans &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 2 juillet 2008 un «&amp;nbsp;Appel pour le livre&amp;nbsp;» faisant suite aux amendements (finalement repoussés) proposés par deux députés qui menaçaient la loi sur le prix unique du livre, il nous semble utile de vous faire connaître les quelques avancées du dossier sur le tarif postal «&amp;nbsp;livre et revue&amp;nbsp;» (&lt;em&gt;cf.&lt;/em&gt; notre précédent article&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/06/02/Ras-le-bol&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Une offensive peut en cacher une autre&lt;/a&gt; »).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- l'acceptation par les guichets de Poste de l'envoi au tarif «&amp;nbsp;lettre », suite à la condamnation par l'Arcep en septembre 2007...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- la confirmation par la direction de la Poste de l'existence du tarif  «sacs de livres ». Notons tout de même que cette reconnaissance s'accompagne d'un durcissement des conditions (sacs payants - complication administrative - quasi impossibilité d'obtenir ces fameux sacs), au point qu'il semble que la direction de la Poste tienne un double langage: à &lt;em&gt;Livres hebdo&lt;/em&gt;, elle affirme que les sacs de livres font toujours partie de l'offre de la Poste et sont disponibles, alors qu'en pratique, elle multiplie les obstacles pour se les procurer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- la publication par de nombreuses revues et bulletins professionnels des tarifs en cours à la Poste et de notre revendication d'un tarif pour le livre et les revues (notamment le dossier sur le «&amp;nbsp;transport du livre&amp;nbsp;» du n° 16 de la revue &lt;em&gt;Dazibao&lt;/em&gt; publiée par l'Agence régionale du livre en Provence-Alpes-Côte-d'Azur).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rappelons que la pétition pour un tarif postal préférentiel «&amp;nbsp;livre et revue&amp;nbsp;» rassemble plus de 8 000 signataires et a suscité plus de 40 questions au gouvernement &lt;a href=&quot;http://www.questions.assemblee-nationale.fr&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;[http://www.questions.assemblee-nationale.fr&lt;/a&gt; recherchez&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;tarifs postaux »]... Elle a été déposée en septembre 2007 auprès de la Commission européenne qui l’a transmise à la commission «&amp;nbsp;culture et éducation&amp;nbsp;» et une réunion de travail a eu lieu en mars 2008 à Bruxelles. Enfin, qu'elle a été officiellement remise aux deux Ministères (Cuture et Industrie) directement concernés par la question et à la Poste le 10 décembre 2007 accompagnée d'un dossier sur la question du transport du livre &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/bloc-notes/public/DOSSIER_POSTE.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;[http://www.lekti-ecriture.com/bloc-notes/public/DOSSIER_POSTE.pdf&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous nous interrogeons sur l'absence quasi totale de curiosité de la part des quotidiens nationaux et régionaux pour les actions et les documents produits par la Coordination des indépendants du livre. En effet, notre pétition rassemble à ce jour plus de 8 000 signataires (moitié professionnels de la chaîne du livre, moitié lecteurs de tout horizon...), mais aussi par le truchement des 42 questions posées par des députés (de tous bords politiques et de toutes les régions) elle représente près de 1 500 000 citoyens. Tout cela pour une mesure aussi simple et facile à mettre en place que celle de l'instauration d'un tarif postal et l'inscription de celui-ci dans les missions de service public de l'entreprise la Poste. Que faut-il faire maintenant pour faire avancer cette réforme, demander à Amazon, Fnac, Alapage, Leclerc ou quelque autre entreprise de nous soutenir&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rappelons que depuis la remise de la pétition, seule une réunion de travail rassemblant au ministère de la culture, la Poste, le Syndicat de la librairie française (SLF), celui de l'édition (SNE) et la Coordination des indépendants du livre a eu lieu sans même que la question d'un tarif postal préférentiel «&amp;nbsp;livre et revue&amp;nbsp;» soit étudiée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par ce courrier, nous aimerions savoir où en est la possibilité d'ouvrir une commission de travail sur cette question du tarif postal comme nous l'avions suggéré à M. Jean-François Copé (président du groupe UMP) et à M. Jean-Marc Ayrault (président du groupe socialiste) ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En attendant de vous lire,&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La coordination des indépendants du livre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Contact&amp;nbsp;: laposte@lekti-ecriture.com&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour signer la pétition&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Site&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.cynthia3000.info/petition/?petition=3&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.cynthia3000.info/petition/?petition=3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Fuck Myspace ! Petite note à l'usage des égarés sur Myspace</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/06/24/Fuck-Myspace-Petite-note-a-lusage-des-egares-sur-Myspace</link>
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    <pubDate>Tue, 24 Jun 2008 09:23:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>À boulet rouge</category>
        <category>critique</category><category>engagement</category><category>patron</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Faut-il détruire internet&amp;nbsp;? Avant que de trancher cette question très rarement posée sur la toile, il nous semble utile de relayer cet appel qui présente quelques bonnes raisons de déserter des espaces mis à disposition ici et là et qui ne servent, encore une fois que ceux qui en sont les propriétaires. En l'occurrence, cette fois-ci, le milliardaire australo-américain Rupert Murdoch... &lt;/em&gt;
&lt;em&gt;Où l'on voit comment des groupes qui se proclament contestataire, autonome et indépendant peuvent se laisser berner par la technique et contribuer par leur présence sur Myspace à l'enrichissement de leur ennemi de classe.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi fuir MySpace ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À qui appartient MySpace&amp;nbsp;? À l’homme d’affaires australo-américain Rupert Murdoch. Milliardaire (on l'a déjà dit), ami personnel de la famille Bush, propagandiste politique par le biais de son empire médiatique (dont la très fameuse chaîne de TV Fox News, première chaîne d’information américaine) et soutien actif des interventions militaires des USA à travers le monde. Rappelons simplement que durant la préparation de l'invasion irakienne, les 175 journaux et publications que possède Murdoch à travers le monde ont toutes largement défendues l'entrée en guerre américaine&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/06/24/#pnote-41-1&quot; id=&quot;rev-pnote-41-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La logique est simple. La chose la plus complexe (et coûteuse) aujourd'hui pour les sites internet qui tirent leurs revenus de la publicité est de créer du contenu. Le contenu du réseau MySpace est créé à 100% par ses utilisateurs. MySpace a été racheté 580 millions de dollars et en vaudrait aujourd'hui 10 fois plus. Tout ça grâce à chacun de ses utilisateurs... Et cet argent ne sert qu'à renforcer le pouvoir et le contrôle social sur les populations.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais au-delà de ça, ça fait encore plus mal de voir des groupes, qui se revendiquent anti-capitalistes et prétendent défendre des alternatives, se vendre sans sourciller chez MySpace, endessous d'un beau bandeau de pub pour Air France, Meetic ou SFR. Et pire encore, de moins en moins de gens semblent se poser la question, l’effet de mode a marché en un temps-record, parfois même dès les premiers répétitions&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;il nous faut un MySpace&amp;nbsp;! ». Un gadget stupide gavé de pubs, devenu vital, avec d'acharnés défenseurs qui voient rouge dès qu'on leur parle de ce que ça représente.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Certains prônent le DIY mais ne sont pas foutus de passer plus d'une demi-heure pour faire un site qui va diffuser leur zique et servir de vitrine au monde entier. Les mecs passent des heures et des heures a torcher des morceaux, soigner des mélodies, mettre sur papier et en musique ce qu'ils ont dans les tripes... et balancent ça au monde entier sur des sites tous ripoux remplis de pubs, appartenant à la lie de l'humanité.. parce que c'est simple, facile et que presque tout le monde en a un. Et tant pis si on alimente les caisses d'une pourriture faf ultra puissante pour faire connaitre ses chansons anti-militaristes super-engagées, le manque de temps ou de compétences techniques à bon dos&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le jour où on distribuera à l'entrée des concerts le catalogue Dell ou des dépliants promo pour le Crédit Lyonnais et MMA (qui auront bien sûr subventionné le concert), on en trouvera toujours pour venir expliquer que c'est subversif et que ça nuit au système... excusez-nous par avance de pas être convaincu.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Petites réponses aux arguments trop souvent entendus...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Myspace est un outil formidable&lt;/strong&gt;
Et comment faisions-nous avant MySpace&amp;nbsp;? Et bien on créait des sites internet nous mêmes (avec nos doigts et notre cerveau), on s'envoyait des e-mails et tout fonctionnait tout aussi bien. Des connexions et des réseaux s'organisaient tout aussi bien. Nous nous revendiquons du mouvement punk, qui lui même a toujours défendu une vision DIY dans ses actes. Do It Yourself. Faire une page internet pour présenter son groupe est à la portée de tout le monde (ou d'un ami qui s'y connaît, dans le pire des cas). Cela demande un (tout petit) peu plus d'efforts que d'ouvrir un compte MySpace mais cela permet de rester indépendant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dommage de boycotter MySpace qui est un formidable outil de communication gratuit pour des dizaines de millier de groupes. Grâce à MySpace on entend et communique avec des groupes que l'on entend nulle part ailleurs... ou presque.&lt;/strong&gt;
Faux. Il existe encore (et heureusement !) des milliers de groupes qui n'ont pas de MySpace, ou n’en veulent pas. Et rien ne t'empêche de les découvrir, via un bon moteur de recherche, en lisant quelques fanzines, en écoutant quelques bonnes émissions de radios, ou en fréquentant quelques bons forums.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On peut rencontrer plein de gens grâce à MySpace.&lt;/strong&gt;
Curieux, moi qui pensait que ça servait seulement à dire «&amp;nbsp;thanks for the add&amp;nbsp;! ». Chacun peut ainsi de targuer d’avoir plein d’amis virtuels dans la scène, c’est formidable, en effet...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si l'on se pose la question pour MySpace, alors il faut se la poser pour toute la chaine dont il fait partie&amp;nbsp;: votre fournisseur d'électricité, la marque de votre ordi, votre système d'exploitation, etc.&lt;/strong&gt;
Ce raisonnement est faux. Il faut différencier déjà ce sur quoi on a le choix et ce sur quoi on ne l'a pas. Vous connaissez un un moyen alternatif de contourner EDF pour les particuliers&amp;nbsp;? Nous non... Vous connaissez un moyen de contourner les constructeurs informatiques&amp;nbsp;? Nous non... Et au passage, il est curieux de mettre MySpace au même niveau que son fournisseur d'électricité, l'un étant tout de même plus vital que l'autre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On sait qu'il y a plein de choses à critiquer chez MySpace, mais bon...&lt;/strong&gt;
Le principe du DIY qu'il ne faudrait quand même pas perdre de vue&amp;nbsp;: - si je sais consciemment que quelque chose est puant, je me prends en main pour trouver/proposer une alternative.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a des combats plus importants que MySpace.&lt;/strong&gt;
Ce genre de trucs, qui consiste à définir des priorités d'action, c'est juste l'excuse habituelle pour ceux et celles qui ne font jamais rien et se cherchent des excuses. Il faut voir ça d'une façon plus globale, comme un tout&amp;nbsp;: comment chacun agit concrètement contre le capitalisme, et autres formes d'exploitation, alors, si il trouve toujours un moyen de rabaisser les formes de luttes, aussi simples et en apparence insignifiantes soient-elles&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;Y'a plus important que le végétarisme », «&amp;nbsp;y'a mieux à faire que de critiquer Nike ou Mc Donald's », «&amp;nbsp;la lutte pour les OS libres OK, mais y'a plus important », et là «&amp;nbsp;critiquer Myspace ouais, mais vous avez rien de mieux à faire&amp;nbsp;? » Mais tout ça, ce sont juste différentes facettes de lutte, qui illustrent une lutte consciente ou non beaucoup plus globale. Si l’on s’en prends à ça au nom d'une tolérance bidon, du genre «&amp;nbsp;soyez un peu cools les mecs c'est pas méchant », on bride toute la mécanique de l'activisme quotidien - qui par définition a pas vocation à être trop visible, et qui comprend beaucoup de trucs en apparence «&amp;nbsp;insignifiants ». Mais au final ces trucs s'ajoutent, s'ajoutent, et l’on obtient une lutte cohérente, à son échelle, mais au moins elle existe.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a des groupes super engagés sur MySpace !&lt;/strong&gt;
T'as besoin de suivre des idoles&amp;nbsp;? Surtout quand elles sont elles-mêmes incohérentes, sciemment ou par ignorance...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Argument ultime&amp;nbsp;: Myspace est un outil de communication pour les groupes et les gens qui veulent se contacter rapidement sans se prendre la tête, se balancer des conneries, bla bla...&lt;/strong&gt;
Cette fois, laissons la parole à Patrick Le Lay, PDG de TF1: «&amp;nbsp;Dans une perspective &quot;business&quot;, soyons réaliste&amp;nbsp;: à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca- Cola, par exemple, à vendre son produit (...). Or pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible&amp;nbsp;: c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible (...). Rien n'est plus difficile que d'obtenir cette disponibilité. C'est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l'information s'accélère, se multiplie et se banalise ».&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/06/24/#rev-pnote-41-1&quot; id=&quot;pnote-41-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Pour en savoir plus sur Murdoch et Fox news, matez &lt;em&gt;Outfoxed, la guerre de R. Murdoch contre le journalisme&lt;/em&gt; : &lt;a href=&quot;http://www.ecranlarge.com/test-dvd-299.ph&quot; title=&quot;http://www.ecranlarge.com/test-dvd-299.ph&quot;&gt;http://www.ecranlarge.com/test-dvd-...&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://dynamite.lautre.net&quot; title=&quot;http://dynamite.lautre.net&quot;&gt;http://dynamite.lautre.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
</description>
    
    
    
          <comments>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/06/24/Fuck-Myspace-Petite-note-a-lusage-des-egares-sur-Myspace#comment-form</comments>
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    <title>Une offensive peut en cacher une autre !</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/06/02/Ras-le-bol</link>
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    <pubDate>Mon, 02 Jun 2008 13:52:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>À boulet rouge</category>
        <category>critique</category><category>diffusion</category><category>la poste</category><category>patron</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Alors que deux parlementaires viennent de provoquer une levée de boucliers au sein des professionnels du livre, la question d'un tarif postal pour le livre n'est toujours pas mise à l'étude. Qui se moque de qui ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Dans un articulet publié par &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; de vendredi 30 mai 2008 titré «&amp;nbsp;Offensive parlementaire contre le prix unique du livre&amp;nbsp;» on apprend que deux députés proposent un amendement qui signerait la mort du prix unique du livre. Une proposition d'amendement vite retirée devant la levée de boucliers de la profession. Tant mieux pour cette fois&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'affaire pourrait s'arrêter là si elle ne recouvrait pas l'énorme silence de la profession et des journalistes devant la proposition de la Coordination des indépendants du livre au sujet d'un tarif postal pour le livre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une «&amp;nbsp;offensive&amp;nbsp;» peut en cacher une autre... Cependant à consulter les noms des 40 députés ayant posé une question au gouvernement et des 8000 signataires de la pétition &quot;pour une libre circulation des idées&quot; lancée fin 2006 par l'Atelier du gué on se demande pourquoi la profession, les parlementaires et les journalistes tardent à agir sur cette question qui mobilise vingt fois plus de personnes&amp;nbsp;? Certaines mauvaises langues nous ont dit que la presse (et les parlementaires) ne pouvaient pas se permettre de critiquer l'entreprise postale...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Est-ce trop compliqué de voir que les choses sont simples&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;D'un côté deux députés de la majorité, de l'autre plus de 40 (de tous bords politiques). D'un côté 8000 signataires (dont plus de la moitié de professionnels), de l'autre une entreprise qui échappe à la loi française puisque son siège social est au Luxembourg !?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cela fait bientôt six mois que la Coordination des indépendants du livre a remis aux deux ministères concernés (culture et économie) et à la Poste un dossier conséquent sur le transport du livre et les tarifs postaux qui démontrent point par point comment l'augmentation des tarifs postaux provoque une censure qui ne dit pas son nom et fragilise non seulement les éditeurs indépendants mais aussi les libraires et à court terme l'ensemble de la chaîne du livre...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour ceux qui n'ont pas encore signé la pétition et qui veulent lire le dossier sur la Poste, une adresse&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.cynthia3000.info/petition/?petition=3&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.cynthia3000.info/petition/?petition=3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Folie électorale par Howard Zinn</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/02/29/Necessite-dune-litterature-proletarienne-4</link>
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    <pubDate>Fri, 29 Feb 2008 13:58:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Remue-méninges</category>
        <category>critique</category><category>engagement</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cet article de l'historien américain Howard Zinn* a été publié le jeudi 28 février dans le journal italien &lt;/em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/28-Febbraio-2008/art4.html&quot;&gt;Il Manifesto&lt;/a&gt;&lt;em&gt;. Il nous a été transmis et traduit depuis l'italien par Marie-Ange Patrizio.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Howard Zinn s'interroge sur la part envahissante que les élections prennent dans nos vies au détriment de l'action et de l'organisation&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;notre temps, notre énergie, nous devrions les employer à instruire, mobiliser, organiser nos concitoyens sur leur poste de travail, dans notre quartier, dans les écoles. Notre objectif devrait être de construire, laborieusement, patiemment mais énergiquement, un mouvement qui puisse secouer qui que ce soit à la Maison Blanche, et au Congrès, en imposant un changement de politique nationale sur les questions de la guerre et de la justice sociale. »... Il revient sur plusieurs points d'histoire où les choix politiques ont été infléchis par la rue, et suggère de ne consacrer au vote pas plus des deux minutes nécessaires à mettre le bulletin dans l'urne.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;En Floride, il y a un homme qui m’écrit depuis des années (dix pages manuscrites) sans que je ne l’aie jamais rencontré. Il me raconte les différents travaux qu’il a faits, vigile, technicien réparateur, etc. Il a fait toutes sortes de travaux postés, nuit et jour, qui lui permettent à peine d’entretenir sa famille. Ses lettres ont toujours été pleines de rage, elle pestent contre notre système capitaliste qui ne garantit pas aux travailleurs «&amp;nbsp;la vie, la liberté, la recherche du bonheur ». Aujourd’hui justement j’ai reçu une lettre de lui. Heureusement elle n’était pas manuscrite, maintenant il se sert d’Internet&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Voila, aujourd’hui je vous écris parce que ce pays est pris dans une situation désastreuse que je ne peux pas accepter, je dois dire quelque chose là-dessus. Je suis vraiment furieux de cette crise des crédits. Ça me fout en l’air que la majorité des américains doive passer sa vie dans une situation d’endettement perpétuel, et que tant d’entre eux soient en train d’être ensevelis sous ce poids. P… , ça me fout en l’air. Aujourd’hui j’ai travaillé comme vigile et mon boulot était de surveiller une maison qui a été saisie et sera vendue aux enchères. Ils ont ouvert la maison aux visiteurs, et moi j’étais là pour monter la garde pendant la visite. Dans le même quartier il y avait trois autres vigiles qui faisaient la même chose, dans trois autres maisons. Pendant les moments creux je m’asseyais et je me demandais qui étaient ces gens qui avaient été expulsés, et où ils étaient maintenant ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce même jour où j’ai reçu cette lettre, le &lt;em&gt;Boston Globe&lt;/em&gt; a publié un article intitulé «&amp;nbsp;Des milliers de maisons saisies dans le Massachusetts en 2007 ». Le sous titre disait&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;on a réquisitionné 7563 maisons, presque le triple de 2006 ». Quelques soirs plus tôt, Cbs avait déclaré que 750 000 personnes infirmes attendaient depuis des années leurs allocations de prévoyance sociale parce que le système était insuffisamment financé et qu’il n’y avait pas assez de personnel pour traiter toutes les requêtes, même les plus graves.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce genre d’histoire est rapporté par les médias, mais elles disparaissent instantanément. Ce qui ne disparaît pas, ce qui occupe la presse jour après jour, impossible de l’ignorer, c’est la frénésie électorale.
Ça, ça passionne le pays tous les quatre ans parce que nous sommes éduqués pour croire que voter est fondamental pour déterminer notre destin&amp;nbsp;; que l’acte le plus important qu’un citoyen puisse accomplir c’est de se rendre aux urnes pour choisir une des deux médiocrités qui ont déjà été choisies pour nous. C’est un test à choix multiples tellement limité, tellement spécieux qu’aucun enseignant qui aurait le moindre respect pour lui-même ne le donnerait à ses étudiants.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et c’est triste de le dire, le défi présidentiel a hypnotisé de la même façon les libéraux et les radicaux. Nous sommes tous vulnérables.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Est-il possible ces jours-ci de voir des amis en évitant ce thème des élections présidentielles&amp;nbsp;?
Ces personnes même qui devraient être les plus averties, ayant critiqué l’emprise des médias sur la mentalité nationale, se retrouvent paralysées par la presse, scotchées à la télé, pendant que les candidats décochent œillades et sourires en proposant une marée de clichés avec une solennité qui tient du poème épique. Même dans nos soi-disant périodiques de gauche, il faut reconnaître qu’une quantité exorbitante d’attention est consacrée à l’examen minutieux des principaux candidats.
À l’occasion on jette un os à ronger aux candidats mineurs, même si tout le monde sait que notre merveilleux système politique démocratique les laissera dehors.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Non, je ne suis pas en train de prendre une position d’ultra-gauche selon laquelle les élections seraient totalement insignifiantes, et que nous devrions refuser de voter pour préserver la pureté de notre moralité. Oui, il y a des candidats qui sont un peu mieux que les autres, et dans certaines périodes de crise nationale (les années 30, par exemple, ou aujourd’hui) même une légère différence entre les deux partis peut être une question de vie ou de mort.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je suis en train de parler d’un sens des proportions qui a disparu de la folie électorale. Soutiendrais-je un candidat contre un autre&amp;nbsp;? Oui, pendant deux minutes&amp;nbsp;: le temps qu’il faut pour abaisser le levier dans une cabine électorale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais avant et après ces deux minutes, notre temps, notre énergie, nous devrions les employer à instruire, mobiliser, organiser nos concitoyens sur leur poste de travail, dans notre quartier, dans les écoles. Notre objectif devrait être de construire, laborieusement, patiemment mais énergiquement, un mouvement qui, une fois que nous aurions atteint une certaine masse critique, puisse secouer qui que ce soit à la Maison Blanche, et au Congrès, en imposant un changement de politique nationale sur les questions de la guerre et de la justice sociale. Souvenons-nous que même quand il y a un candidat «&amp;nbsp;meilleur&amp;nbsp;» (oui, mieux Roosevelt que Hoover, mieux n’importe qui que Georges Bush), cette différence ne signifiera rien à moins que le pouvoir du peuple ne s’affirme en des modes que l’occupant de la Maison Blanche aura du mal à ignorer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les politiques sans précédents du New Deal – prévoyance sociale, assurance chômage, créations d’emplois, salaire minimum, subventions pour le logement- ne furent pas simplement le résultat du progressisme de Roosevelt. L’Administration Roosevelt, dès son installation, trouva face à elle une nation en ébullition. La dernière année de l’Administration Hoover avait vu la rébellion du Bonus Army&amp;nbsp;: des milliers de vétérans de la première guerre mondiale avaient marché sur Washington avec leurs familles pour demander de l’aide au Congrès, parce que leurs familles crevaient de faim. Des manifestations de chômeurs eurent lieu à Detroit, Chicago, Boston, New York, Seattle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En 1934, au début de la présidence Roosevelt, il y eut des grèves dans tout le pays, y compris une grève générale à Minneapolis, une grève générale à San Francisco., des centaines de milliers de gens qui croisèrent les bras dans les industries textiles du Sud. Dans tout le pays on assista à la naissance des conseils de chômeurs. Les gens, désespérés, se mobilisèrent, de façon autonome, en imposant à la police de remettre à leur place les meubles des locataires expulsés, et en créant des organisations d’aide mutuelle avec des centaines de milliers de membres. Sans une urgence nationale –destitution et rébellion économique- l’Administration Roosevelt aurait peiné à décider ces réformes courageuses.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Aujourd’hui, nous pouvons être sûrs que le Parti Démocrate, à moins de se trouver devant une mobilisation populaire, ne quittera pas le centre. Les deux principaux candidats à la présidence ont été clairs&amp;nbsp;: s’ils sont élus ils n’arrêteront pas la guerre en Irak immédiatement, et ils n’institueront pas un système d’assistance sanitaire gratuite pour tous. Ils n’offrent pas de changement radical par rapport au statu quo. Ils ne proposent pas ce que le désespoir actuel de la population demande désespérément&amp;nbsp;: la garantie de la part du gouvernement d’un poste de travail pour tous ceux qui en ont besoin, un revenu minimum pour chaque famille, une aide pour tous ceux qui risquent l’expulsion ou la saisie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ils ne suggèrent pas les coupes radicales dans les dépenses militaires ou les changements radicaux dans le système fiscal qui libèrerait des milliards, et même des trillions, pour les destiner aux programmes sociaux afin de transformer notre mode de vie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rien de tout cela ne doit nous étonner. La Parti Démocrate n’a rompu avec son conservatisme historique, sa complaisance envers les riches, sa prédilection pour la guerre que quand il a rencontré en face de lui la rébellion d’en bas, comme dans les années 30 et 60. Nous ne devons pas nous attendre à ce qu’une victoire dans les urnes en novembre commence à libérer le pays de ses deux maladies fondamentales&amp;nbsp;: l’avidité du capitalisme et le militarisme. C’est pour cela que nous devons nous libérer de la folie électorale qui emporte toute la société, y compris la gauche.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Oui, deux minutes. Avant, et après, nous devons nous mobiliser personnellement contre tous les obstacles à la vie, à la liberté, et à la recherche du bonheur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Par exemple, les saisies qui arrachent des millions de personnes à leurs maisons devraient nous rappeler une situation semblable qui eut lieu après la guerre révolutionnaire, quand les petits agriculteurs (comme aujourd’hui nombre de nos SDF) ne pouvaient pas se permettre de payer les impôts et furent menacés de perdre leur terre, leur foyer. Ils se rassemblèrent par milliers autour des tribunaux et empêchèrent le déroulement des ventes aux enchères.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Aujourd’hui, l’expulsion des gens qui n’arrivent pas à payer leur loyer devrait nous rappeler ce que firent les gens dans les années 30, quand ils se mobilisèrent et remirent les affaires des familles expulsées dans leurs appartements, en défiant les autorités.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Historiquement le gouvernement, qu’il fut dans les mains des républicains ou des démocrates, des libéraux ou des conservateurs, a failli à ses propres responsabilités, jusqu’à ce qu’il n’y soit obligé par la mobilisation directe&amp;nbsp;: sit-in et freedom rides pour les droits des noirs, grèves et boycotts pour les droits des travailleurs, rébellions et désertions des soldats pour arrêter la guerre. Voter est un geste facile et d’utilité marginale, mais c’est un pauvre ersatz de la démocratie, qui requiert la mobilisation directe des citoyens engagés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Traduit de l’anglais à l’italien par Maria Impallomeni &lt;/em&gt;The progressive magazine&lt;em&gt; et de l'italien au français par Marie-Ange Patrizio&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Howard Zinn est l’auteur notamment de &lt;em&gt;Une histoire populaire des Etats-Unis, de 1492 à nos jours&lt;/em&gt; traduit de l’américain par Frédéric Cotton, Agone, 2002.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/02/29/Necessite-dune-litterature-proletarienne-4#comment-form</comments>
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    <title>Ordre scolaire bourgeois contre culture prolétarienne</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/Ordre-scolaire-bourgeois-contre-culture-proletarienne</link>
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    <pubDate>Mon, 14 Jan 2008 12:16:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Manifeste</category>
        <category>critique</category><category>prolétariat</category><category>école</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ce texte de Philippe Geneste a été publié dans le deuxième numéro de la revue&lt;/em&gt; Marginales, Le refus de parvenir. Misère de l'école, utopies éducatives. &lt;em&gt;paru en juillet 2003.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;En France, l’école dite laïque, dite obligatoire, dite gratuite est mise en place par la bourgeoisie à un moment de reconstitution du mouvement ouvrier, après l’écrasement sanglant de la Commune. La bourgeoisie a le cœur encore soulevé de frayeur d’avoir vu le peuple insurgé auto-organisant les rouages sociaux, économiques et symboliques. Si, à droite et à l’extrème droite, s’agitent les très cléricaux monarchistes et légitimistes, adossés aux grands propriètaires ruraux et à la bourgeoie négociante, c’est à ce que l’on va nommer les républicains modérés que la bourgeoisie industrielle va confier ses intérêts pour éviter de nouveaux soubressauts. Elle est révolue la période de 1848, où la bourgeoisie avait la bouche pleine de discours humanitaires sur les conditions de vie du peuple, sur l’ignorance et les scandales de l’exploitation. Après 1871, la rupture entre la classe bourgeoise et le prolétariat est accomplie. Le partage des eaux claires du socialisme d’avec celles teintés du sang des travailleurs du capitalisme est achevé. Comme le vote va être l’instrument de l’illusion d’une autonomie de pensée et de choix politique, la pédagogie primaire sera celui de l’écrasement du peuple dans sa conscience sociale même.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jules Ferry est un bourgeois à l’esprit clair, fier &lt;em&gt;condottiere&lt;/em&gt; du Capital, dont on a voulu faire un mythe. Homme de l’école laïque &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#pnote-32-1&quot; id=&quot;rev-pnote-32-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, on oublie combien son œuvre scolaire est liée à son œuvre coloniale. L’asservissement des consciences, ici, avait pour pendant l’assujetissement des peuples colonisés, là-bas. À en croire le mythe, la Troisième République apporta les lumières de l’instruction à un peuple ignare. Mais il y a un envers du tableau, que brosse la littérature ouvrière du 19e siècle &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#pnote-32-2&quot; id=&quot;rev-pnote-32-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&amp;nbsp;: celui de prolétaires, fiers de la culture qu’ils s’étaient forgée dans la lutte menée pour une écriture prolétarienne. Dans la voracité de lecture des autodidactes, comme à travers les activités d’organisations prolétariennes, se dessine un désir passioné d’émancipation. La bourgeoisie n’était pas dupe. La fin du 19e siècle est marqué par la conscience internationale des opprimés, l’avénement du syndicalisme, la poussée vers les Bourses du travail. C’est toute une contre-société qui se met en place, avec ses propres canaux de diffusion, ses journaux, sa propre littérature. Le mouvement de littérature prolétarienne reflète cette conception de la culture comme moyen de gagner son indépendance de classe et, par là, oeuvrer à l’émancipatiopn de ceux d’en bas.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette conquête culturelle n’est pas le fruit d’une minorité isolée du peuple. Martin Lyons &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#pnote-32-3&quot; id=&quot;rev-pnote-32-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; a recensé en angleterre, entre 1790 et 1900, quelque 800 autobiographies ouvrières. Étudiant les manuels didactiques, il pointe chez les élites bourgeoises les craintes qui accompagnent l’alphabétisation des classes laborieuses.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En France, l’institution de l’école des années 1880 relève de cette même volonté de canalisation du peuple dans les voies culturelles de la bourgeoisie. C’est le principal fondement des discours de Jules Ferry argumentant devant des parterres de sa classe, en faveur de son projet d’école primaire. Il s’agit de casser les espaces d’autonomie prolétariennes pour mieux enchaîner le peuple à la reproduction de l’ordre bourgeois. C’est pourquoi, contrairement à ce que les débats contemporains sur l’école peuvent laisser entendre, l’école de Jules Ferry n’est pas une école des savoirs, mêmes élémentaires, mais une école des valeurs bourgeoises; ce n’est pas une école de l’instruction, c’est une école de l’éducation&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Cette éducation n’a pas pour but de faire savoir, mais de faire vouloir », dit l’article «&amp;nbsp;Politique&amp;nbsp;» du &lt;em&gt;Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire&lt;/em&gt; dû à Ferdinand Buisson, un des plus prôches collaborateurs de Jules Ferry. Et il ajoute&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;L’instituteur est un instrument d’éducation, et même, si on y réfléchit bien, d’éducation politique.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La lecture des programmes de 1886 et 1887 démontre que l’école laïque est une école de classe. L’enseignement moral et civique vient remplacer le catéchisme pour stipuler à l’enfant ses devoirs et bien peu de droits&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Le grand tour de passe-passe est de transformer en un noble devoir social, tout auréolé de sacrifices, l’obligation où est le travailleur de peiner pour les capitalistes. C’est là un lieu commun de tous les traités de morale &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#pnote-32-4&quot; id=&quot;rev-pnote-32-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&amp;nbsp;» Ainsi peut-on lire dans &lt;em&gt;L’Honnête Homme&lt;/em&gt;, la manuel de Jules Steeg paru en 1888&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Ce n’est pas avec mollesse, par contrainte et par nécessité, sans goût, plaisir que nous devons travailler; mais avec entrain, avec conviction, moins pour le gain pécuniaire que pour le gain moral. Le travail est notre champ de bataille. Comme les armées vont au combat, musique en tête, tambour battant pour conquérir la gloire des armes, ainsi nous devons aller au travail&amp;nbsp;: vivement, comme de braves gens, pleins de courage et de vaillance, sûrs de nous-mêmes et de la victoire.&amp;nbsp;» Le style lyrico-épique épouse la pensée binaire de l’auteur qui ne manque pas de dénoncer ces «&amp;nbsp;grèves qui risquent de porter un coup à la richesse nationale ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais comment faire ravaler au peuple ses espaces d’autonomie culturelle? En brisant ses sources linguistiques ( les langues locales), en installant l’individu comme valeur sociale de base en lieu et place du collectif et de sa classe d’appartenance. Cette mission est confiée à l’idéologie de l’égalité des chances alors même que le système scolaire est divisé selon l’origine sociale des élèves (le primaire et primaire supérieur pour le peuple, le secondaire - lycées et colléges incluent des classes primaires payantes en leur sein - pour les enfants de la bourgeoisie). Écoutons le fameux discours de Jules Ferry, daté du 10 avril 1870 (déjà)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Je ne viens pas prêcher je ne sais quel nivellement absolu des conditions sociales qui supprimerait dans la société les rapports de commandement et d’obéissance (…) Ce que j’appelle le commandement démocratique ne consiste donc plus dans la distinction de l’inférieur et du supérieur; il n’y a ni inférieur ni supérieur; il y deux hommes égaux qui contractent ensemble, et alors, dans le maître et dans le serviteur, vous n’apercevrez plus que deux contractants ayant chacun leurs droits précis, limités et prévus; chacun leurs devoirs, et, par conséquent, chacun leur dignité &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#pnote-32-5&quot; id=&quot;rev-pnote-32-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il s’agit, par l’école et par la langue nationale unique, d’instituer les conditions de marché, de la libre circulation du capital humain national sur un territoire uniformisé. Le but de l’idéologie égalitariste des chances est d’empêcher les classes populaires de remmettre en cause l’ordre social par l’élaboration de savoirs dans le cadre de l’éducation coopérative ou mutuelle qui se met en place. La littérature prolétarienne, les organisations ouvrières, les regroupements qui vont donner naissance au syndicalisme sont, en effet, autant d’espaces autonomes de production des savoirs, donc, autant de foyers de résistance aux menées de la bourgeoisie. Et c’est bien cela le plus innacceptable pour tout pouvoir, car c’est dans le creuset de la production des savoirs que se love la charge subversive ou assujetissante de l’acte d’éducation; car c’est dans le creuset des pratiques que se construit une culture collective. Jules Ferry en a conscience&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Dans les écoles confessionnelles, les jeunes reçoivent un enseignement dirigé tout entier contre les institutions modernes. On y exalte l’ancien régime et les anciennes structures sociales. Si cet état de choses se perpétue, il est à craindre que d’autres écoles se constituent, ouvertes aux fils d’ouvriers et de paysans, où l’on enseignera des principes diamétralement opposés, inspirés peut-être d’un idéal socialiste ou communiste emprunté à des temps plus récents, par exemple à cette époque violente et sinistre comprise entre le 18 mars et le 24 mai 1871 &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#pnote-32-6&quot; id=&quot;rev-pnote-32-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Or, il faut, pour la bourgeoisie, tuer dans ses organes vifs cette autonomie du peuple et d’une expression artistique propre, qui parvient à s’expliquer avec elle-même, “car un tel art serait un art prolétarien, un art de classe par lequel la réalité du travail salarié et de l’exploitation serait reconnue comme telle, ce qui serait le premier pas vers son abolition &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#pnote-32-7&quot; id=&quot;rev-pnote-32-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;© Philippe Geneste&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#rev-pnote-32-1&quot; id=&quot;pnote-32-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] La laïcité reste la seule vraie avancée de son ministère par l’opposition aux cléricaux qu’elle implique, mais il ne faut pas oublier qu’elle a joué un rôle idélogique actif dans la masquage des oppositions de classes et l’uniformisation mentale patriotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#rev-pnote-32-2&quot; id=&quot;pnote-32-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Lire Edmond thomas &lt;em&gt;Voix d’en bas,&lt;/em&gt; Maspero, 1979 (Ouvrage disponible chez Plein Chant, 16120 Bassac.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#rev-pnote-32-3&quot; id=&quot;pnote-32-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] « La Culture littéraire des travailleurs. Autobiographies ouvrières dans l’Europe du 19°siècle », &lt;em&gt;Annales&lt;/em&gt; n° 4-5 juillet-octobre 2001, p. 927-946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#rev-pnote-32-4&quot; id=&quot;pnote-32-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] Antoine Richard, « L’école de la bourgeoisie conservatrice », L’École émancipée, n° 35, 31 mai 1931&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#rev-pnote-32-5&quot; id=&quot;pnote-32-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Cité par Chistian Nique et Claude Lelièvre, &lt;em&gt;La République n’éduquerar plus. La fin du mythe Ferry,&lt;/em&gt; Plon, 1993, p. 31&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#rev-pnote-32-6&quot; id=&quot;pnote-32-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] Cité par Jean Foucambert, &lt;em&gt;L’École de Jules Ferry,&lt;/em&gt; Retz, 1990, p. 58&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#rev-pnote-32-7&quot; id=&quot;pnote-32-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] Walter Benjamin, &lt;em&gt;Œuvres&lt;/em&gt;, Gallimard, 2000, p. 160&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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    <title>Au paysan entier, debout dans le soleil et sous la pluie</title>
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    <pubDate>Mon, 31 Dec 2007 15:42:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Marius Noguès</category>
        <category>critique</category><category>littérature</category><category>paysan</category><category>prolétariat</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;C’est mon tempérament qui dicte toute la vigueur de mes entrailles sensibles aux éléments et aliments intérieurs et extérieurs. Pas un quelconque talent. Qu’est-ce que cela signifie, un talent&amp;nbsp;? Cela ne veut rien dire, ne peut rien dire.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Du haut ou du bas de mon je-m’en-foutisme, ou de ma hargne ou de ma contemplation, qui sont état de grâce pour qui n’est pas indifférent aux manifestations de vie, j’officie en mon moi récepteur et émetteur. Le ton est-il heureux&amp;nbsp;? Pourquoi s’en soucier, quand on est hors d’ambition oratoire, ou prétention littéraire. Ne prendre en considération que le besoin d’échanges directs, de communication, sans recherches, sans calculs, sans concessions ni complaisances ni préséances, rechignant à ces pitreries, picasseries de basse-cour. Se situer exclusivement au service de l’authenticité, de la vérité, de la simplicité. Le fard, le mensonge, les déguisements, la ruse honnête, les décorations grotesques, ne sont que larbineries réfuteuses.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je ne veux, ni ne sais construire élégamment, ni composer avec habileté. Je ne suis qu’un paysan qui parle à ses frères les hommes, sans forfanterie, ni fantaisie étudiée. Quelquefois avec colère, jamais avec mépris, et toute la courtoisie qui reste en moi intacte devant de si pitoyables constats. Qui parle à ses frères les animaux, les végétaux, avec le même respect de nature, d’un même ton.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Marius Noguès&lt;/em&gt;, Putain de sort (inédit).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cet entretien avec Marius Noguès réalisé par Philippe Geneste a été publié dans le premier numéro de la revue Marginales,&lt;/em&gt; Paysans, dernier siècle&amp;nbsp;? &lt;em&gt;paru en avril 2002.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Philippe Geneste&amp;nbsp;: Marius Noguès, vous êtes reconnu comme un écrivain-paysan. Dans un de vos livres, &lt;em&gt;Grand Guignol à la campagne&lt;/em&gt; (1976)&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/12/31/#pnote-29-1&quot; id=&quot;rev-pnote-29-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, vous affirmez n’avoir jamais voulu être un écrivain professionnel. Je vous cite&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Jamais bon Dieu je n’avais eu l’intention de m’engager dans le sérieux de la littérature professionnelle. Ni message à transmettre ni carrière à envisager&amp;nbsp;» ou encore, «&amp;nbsp;je me fous de bien écrire, de bien parler, qu’importe l’élégance, le poli, le policé des simulacres et de la manière ». Vous dites même, «&amp;nbsp;moi, je ne suis pas un écrivain, un professionnel de la plume ». Pouvez-vous expliquez cela&amp;nbsp;: « Je ne suis pas un écrivain…»&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Marius Noguès&amp;nbsp;: Je ne me considère pas comme un écrivain mais plutôt comme un témoin. Le livre c’est ma tribune. Un écrivain en effet est celui qui rumine son travail, qui n’apporte des choses ni sincères ni spontanées. J’appellerai écrivain celui qui va chercher le lecteur, qui va se mouler dans ses goûts qui sont aussi ceux que lui demandent d’exprimer les éditeurs qui le font vivre. Voilà pourquoi je ne suis pas un écrivain.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je voudrais ajouter autre chose. Je n’aime pas la formule écrivain-paysan. Elle est discriminatoire. C’est une manière de rabaisser le peuple. Il y a des paysans qui écrivent voilà tout. Il n’existe pas de catégorie sociale ayant pour vocation l’écriture. L’écriture est l’expression d’une sensibilité qui cherche à s’exprimer par les mots. Et chacun devrait pouvoir faire part de son expérience.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;P. G.&amp;nbsp;: Est-ce lorsque l’on écrit, on est porté par la nécessité de se libérer d’un fardeau qui pèse et qui chez les humbles ressemble souvent à la révolte ou à l’amour, parfois à la haine&amp;nbsp;? Est-ce pour en finir avec une envie de dire&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;M. N.&amp;nbsp;: J’écris pour dire des choses que d’autres ne disent pas. L’écriture est un engagement éthique. Gide a dit une ânerie lorsqu’il a prétendu que la littérature ne se faisait pas avec de bons sentiments.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;P. G.&amp;nbsp;: Le critique Guy Bordes affirme que l’écrivain du peuple ne cherche pas l’innovation formelle mais la nouveauté dans le sujet. Vous en êtes d’accord&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;M. N.&amp;nbsp;: On peut être original sans casser la langue. L’écriture vient de soi et le sujet s’impose. On ne le recherche pas dans le but d’innover. L’écriture est viscérale. Elle colle à soi comme à son sujet. Prenez Ramuz. Il recherche le dépouillement qui donne force à la forme, à l’authentique, au vrai. Les critiques se méprennent qui le trouvent trop simple. L’écriture de Ramuz est comme un recueillement. Et dans sa simplicité, la puissance d’une projection. Un prolongement en répercussion concentriques .&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;P. G.&amp;nbsp;: Vous dites que votre tâche est de faire entendre la voix du peuple de la terre elle-même, d’être un porte parole, «&amp;nbsp;le verbe tout puissant de ce peuple et de cette terre souillée et profanée…&amp;nbsp;» L’écriture est ici un combat.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;M. N.&amp;nbsp;: Oui, un combat. Un engagement avant toute chose, telle doit être l’écriture pour réhabiliter la terre et ce qu’elle porte. Le centre de la réflexion doit être l’écologie. Or, sur les rivières voguent des poissons ventre en l’air, les sources sont détruites par le drainage à outrance, des centaines d’arbres crèvent en plein air, des insectes pollués assassinent les hirondelles et leurs couvées. Les abeilles sont sous la menace de produits chimiques qui les tuent par milliers&amp;nbsp;; on voit de moins en moins les bergeronnettes suivre les sillons des labours, ni le rossignol enchanter les nuits chaudes de mai et juin. C’est la transe des épandages épais d’herbicides, fongicides, insecticides, mollusquicides, corvicides, rongeurticides, la transe de tout ce qui défiole, extermine, trucide, génocide la terre mère. Aucun agriculteur ne peut être heureux du massacre de ses lieux de vie . Aussi le paysan qui prend la plume est un porte parole. Il est un peu comme la rumeur , voix diffuse d’un peuple qui veut se faire entendre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;P. G.&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Grand Guignol à la campagne&lt;/em&gt; est un livre étrange, une sorte d’essai-fiction. Aujourd’hui, des affaires multiples ont pris le devant de la scène&amp;nbsp;: OGM, vache folle etc. Les avancées techniques du secteur agroalimentaire et de sa raison industrielle avivent de vieilles peurs. La fièvre aphteuse fait remonter le souvenir des épidémies moyenâgeuses. La vache folle suscite l’imaginaire des monstres et autres créatures hybrides dont se gargarisent une certaine littérature et un certain cinéma. Le clonage rend actuel le &lt;em&gt;Meilleur des mondes&lt;/em&gt; et l’humain se retrouve dans la position de Frankenstein dépassé par sa créature. D’une certaine manière, &lt;em&gt;Grand Guignol à la campagne&lt;/em&gt; puise dans ces faits, une nouvelle actualité…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;M. N.&amp;nbsp;: C’est un manifeste de grande colère, manifeste d’indignation outrée, romancé, parce qu’il y a, dans les situations, des personnages réels. &lt;em&gt;Grand Guignol&lt;/em&gt;… est bien un récit de réflexion qui accuse. Avec force. Il s’est imposé à moi, devant le spectacle quotidien d’une dégradation systématique et programmée d’une nature, d’une terre, d’une profession, qui sont la base même de la vie… C’est né de pulsions, suscitant en séquences parfois violentes, une vision-témoignage d’une réalité insoutenable de vérité,… tant elle est… révoltante…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;P. G.&amp;nbsp;: Pulsions, mais aussi réflexion profonde qui permet à ce livre d’entrer en résonnance directe avec l’actualité, de tracer une filiation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;M. N.&amp;nbsp;: Revenons en 1957, à la ratification du traité de Rome&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/12/31/#pnote-29-2&quot; id=&quot;rev-pnote-29-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, qui décidait de ce que devait être la nouvelle Europe du gros capitalisme. Un fait qui n’a jamais été souligné, à cette date, c’est qu’il y avait un million et demi ou deux millions d’exploitations agricoles en France. Il en reste de 300 à 500 000 au maximum. Comptez&amp;nbsp;: chaque exploitation fixait au moins trois personnes. La désertion des campagnes est un flagrant motif du chômage. En même temps, la consommation venait définir la nature même des individus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;P. G.&amp;nbsp;: Une critique de la conception de l’individu qui introduit, dans votre œuvre, une critique paysanne, écologique, de la société…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;M. N.&amp;nbsp;: Qu’est-ce que c’est une société de consommateurs&amp;nbsp;? Un cheptel à nourrir au plus bon marché. En 1967, j’avais écrit un article dans ce sens, dans &lt;em&gt;La Volonté paysanne&lt;/em&gt;. Et pour le nourrir, ce cheptel, on va utiliser les cultures intensives, à grand renfort de produits chimiques sans se soucier qu’ils condamnent les forces de vie animales, humaines, végétales… sans discernement. On appelle cela, la productivité, alors que ce n’est qu’une transformation de l’agroalimentaire en agrochimie. Des fortunes fabuleuses se construisent ainsi. Avec l’affairisme grandissant autour de cette mutation, nos sociétés deviennent des sociétés d’abdication devant le Dieu Fric. Un nouvel ordre de servage, subtil  se met en place. Le monde paysan est peu à peu nié pour devenir un monde d’assistés, dépossédé de sa culture, de son agri-culture. À cela, on s’entend répondre qu’il faut suivre le progrès. Mais quel progrès&amp;nbsp;? Il n’y a pas si longtemps, le paysan vivait, entier, debout dans le soleil et sous la pluie, dans le vent, l’herbe, près de la feuille, de la graine, avec l’oiseau, l’abeille, sur sa terre amoureusement retournée, ensemencée, au fil des heures lentes des jours et des saisons. L’écoulement cristallin des sources n’était pas un souvenir livresque, repos et peines, dignement partagés, viscéralement éprouvés.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/12/31/#rev-pnote-29-1&quot; id=&quot;pnote-29-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Réédition Plein Chant, 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2007/12/31/#rev-pnote-29-2&quot; id=&quot;pnote-29-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Signé par la RFA, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas, ce traité instituait la Communauté économique européenne (CEE). L'élément central du traité était la création d'un marché commun permettant la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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    <title>Les bonnes feuilles de la revue Marginales</title>
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    <pubDate>Mon, 19 Mar 2007 11:12:27 +0000</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Manifeste</category>
        <category>critique</category><category>diffusion</category><category>littérature</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Vous trouverez ci-joint un livret en PDF à donner autour de vous. Celui-ci reprend le texte inédit de Stig Dagerman&lt;/em&gt; La seule chose qui est insensée est d'accepter le possible.&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;En voici le mode d'emploi. Faites glisser le PDF sur votre bureau. Ouvrez le document. Imprimez les pages 1 &amp;amp; 2 recto/verso, pliez en 2, puis refermez le livret et ouvrez les pages avec un couteau&amp;nbsp;: vous avez un petit ouvrage de 8 pages à offrir !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/images/MODE_D&amp;#039;EMPLOI.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/images/BONNES_FEUILLES_DAGERMAN.pdf&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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