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  <title>Marginales - critique</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Thu, 11 Mar 2010 12:32:30 +0000</pubDate>
  <copyright>Marginales</copyright>
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    <title>Les journaflics ont compris d'où vient la menace : c'est nous !</title>
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    <pubDate>Mon, 15 Feb 2010 00:29:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>À boulet rouge</category>
        <category>critique</category><category>presse</category><category>répression</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Dans un ouvrage récent&lt;/em&gt; &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2010/02/15/#pnote-69-1&quot; id=&quot;rev-pnote-69-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; &lt;em&gt;Mathieu Rigouste montre comment les militaires ont bien senti dès le début des années 1960 l'intérêt que pouvait représenter les médias de masse (presse, télévision, radio) pour diffuser dans la population «&amp;nbsp;l'esprit de défense ».&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;La synthèse des travaux de la 18e session de l'Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN) établissait ainsi, en 1965&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Il faut que le citoyen soit constamment conscient des valeurs qu'il veut défendre, ainsi que des menaces qui pèsent sur elles (…) Il faut qu'il soit constamment associé aux mesures prises pour les protéger et qu'il ait le sentiment d'y participer, d'y adhérer.&amp;nbsp;» La 19e session, en 1966, précisait «&amp;nbsp;L'ignorance est le grand mal dont souffrent les Français en matière de défense de ces valeurs ». La tâche de l'ORTF étant de «&amp;nbsp;faire prendre conscience au citoyen du &quot;patrimoine&quot; qu'il a à défendre, des menaces qui existent... »&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;«&amp;nbsp;Faire connaître la menace, tel est bien le premier objectif prioritaire d'une information nécessaire. »&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;''L'article qui suit de &lt;a href=&quot;http://blog.mondediplo.net/2010-02-10-Effroyables-imposteurs-sur-Arte-le-roi-est-nu&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Mona Chollet&lt;/a&gt; (elle a eu le courage de regarder jusqu'au bout la soirée thématique d'Arte intitulée assez ironiquement «&amp;nbsp;main basse sur l'info ») nous apprend que la menace qui risque de remettre en cause les trois saintes valeurs du capitalisme triomphant dont nous ignorons les bienfaits (propriété, travail, argent)&amp;nbsp;: c'est nous&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bon, j'extrapole, en fait c'est la Toile (avec un T kapital) qui ressemble furieusement à l'image que ce beau linge se fait d'un monde qui ne serait plus à son service&amp;nbsp;: un cauchemar !''&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2010/02/15/#rev-pnote-69-1&quot; id=&quot;pnote-69-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;em&gt;L'ennemi intérieur. La généalogie coloniale et militaire de l'ordre sécuritaire dans la France contemporaine&lt;/em&gt;, La Découverte, 2009&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;«&amp;nbsp;Effroyables imposteurs&amp;nbsp;» sur Arte&amp;nbsp;: le roi est nu.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rarement le désarroi des caciques des médias devant le discrédit qui les frappe aura été aussi évident que lors de cette soirée sur Arte, mardi 9 février, intitulée «&amp;nbsp;Main basse sur l’info&amp;nbsp;» (et encore visible une semaine sur le site Arte+7). Le premier documentaire diffusé, «&amp;nbsp;Les effroyables imposteurs&amp;nbsp;» de Ted Anspach, consacré aux complotistes qui pullulent sur Internet, dépeint la Toile comme une boîte de Pandore moderne d’où s’échapperaient, au premier clic de souris, tous les fléaux de l’univers – histoire de ramener les téléspectateurs, ces brebis égarées, vers les bons bergers dont ils n’auraient jamais dû s’éloigner.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On a ensuite droit à une réalisation de Denis Jeambar, ancien directeur de &lt;em&gt;L’Express&lt;/em&gt;, où interviennent «&amp;nbsp;huit journalistes en colère&amp;nbsp;» (Franz-Olivier Giesbert, Arlette Chabot, David Pujadas, Philippe Val, Jean-Pierre Elkabbach, Edwy Plenel, Eric Fottorino, Axel Ganz) filmés sur fond noir, à grands renforts d’images saccadées et de gros plans intimistes, dans un style qui évoque à la fois un film d’espionnage ringard et un clip publicitaire shooté par Karl Lagerfeld.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les moyens mis en œuvre pour restaurer un prestige dont l’érosion a atteint le seuil critique sont particulièrement grossiers. Tentant de ranimer les braises de l’antique fascination suscitée par la profession de Tintin et d’Albert Londres, la voix off annonce une «&amp;nbsp;sacrée brochette de journalistes&amp;nbsp;» qui «&amp;nbsp;connaissent de l’intérieur la folle machine des médias&amp;nbsp;» et qui auront «&amp;nbsp;carte blanche pour dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas, pour dire ce qu’on ne vous dit pas ». Ici, l’audience retient son souffle, dans l’attente de sa becquée de savoir&amp;nbsp;: les dieux vont l’admettre dans leur secret. «&amp;nbsp;Écoutez bien&amp;nbsp;! » intime encore la voix off.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et on n’est pas déçu. Mieux vaut s’accrocher, en effet, pour ne pas tomber de son fauteuil lorsqu’on entend David Pujadas déclarer que le journalisme «&amp;nbsp;souffre d’abord de conformisme et de mimétisme ». On retrouve cependant vite un discours plus familier lorsqu’il explicite ce qu’il veut dire par «&amp;nbsp;conformisme&amp;nbsp;» : «&amp;nbsp;L’idée que par définition le faible a toujours raison contre le fort, le salarié contre l’entreprise, l’administré contre l’Etat, le pays pauvre contre le pays riche, la liberté individuelle contre la morale collective.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans cet insupportable penchant gauchisant, libertaire et tiers-mondiste qui suinte des reportages des grandes chaînes françaises et des pages des journaux, il voit «&amp;nbsp;une dérive mal digérée &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2010/02/15/sic&quot; title=&quot;sic&quot;&gt;sic&lt;/a&gt; de la défense de la veuve et de l’orphelin, une posture qui valorise le journaliste et qui a l’apparence – l’apparence&amp;nbsp;! – du courage et de la révolte ». Où se situent, alors, le véritable courage, la véritable révolte&amp;nbsp;? C’est drôle&amp;nbsp;: on a l’impression de deviner.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comme pour mieux inciter à la révérence, Pujadas est présenté comme «&amp;nbsp;une star de l’info&amp;nbsp;» ; Arlette Chabot est «&amp;nbsp;à la tête d’un bataillon de deux cents journalistes&amp;nbsp;» ; Franz-Olivier Giesbert est «&amp;nbsp;une des grandes figures du journalisme français ». Dans les plans de coupe, tous sont montrés en contexte, parés des attributs qui – faute de mieux&amp;nbsp;? – fondent leur autorité&amp;nbsp;: menant une interview, le casque de radio sur la tête&amp;nbsp;; marchant d’un pas décidé dans les couloirs de rédactions affairées et cossues&amp;nbsp;; penchés à plusieurs, d’un air concentré, sur un écran d’ordinateur, en plein processus de production d’une information fiable et impartiale&amp;nbsp;; ou encore, dans le cas de Philippe Val – car le ridicule ne tue pas –, en pleine conversation téléphonique, le combiné collé à l’oreille. Lorsqu’ils parlent face caméra, ils comptent&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Quatre, trois, deux, un… », avant d’entamer leur discours («&amp;nbsp;Allez, on y va », lance gaillardement Arlette Chabot). Ils regardent le téléspectateur droit dans les yeux, tels des magnétiseurs hypnotisant leur patient.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Avant tout, bien sûr, il faut redire à tous ces inconscients combien Internet, c’est mal, et combien les grosses pointures journalistiques qui leur parlent sont indispensables à leur gouverne. Qu’on pouffe devant une émission d’Arlette Chabot ou à la lecture du «&amp;nbsp;roman d’amour&amp;nbsp;» que vient de publier Franz-Olivier Giesbert, en effet, et «&amp;nbsp;c’est toute la démocratie qui est en danger ». Si Arte le dit… «&amp;nbsp;Il faut cesser de faire croire, assène Elkabbach, que le citoyen journaliste va se substituer bientôt au journaliste citoyen&amp;nbsp;: toutes les expériences citoyennes ont besoin de vrais journalistes pour sélectionner, vérifier et écrire. Alors, chacun à sa place&amp;nbsp;! » Axel Ganz, fondateur de Prisma Presse, dont les publications (&lt;em&gt;Voici, Gala, Capital, VSD, Télé-Loisirs&lt;/em&gt;…) sont réputées pour leur contribution de haut vol à la vitalité de la démocratie, estime qu’à long terme Internet fera naître chez les jeunes «&amp;nbsp;un scepticisme sur les valeurs de notre société&amp;nbsp;» : terrifiante perspective.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Arlette Chabot, presque racinienne, supplie&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Méfiez-vous des théories du complot selon lesquelles la vérité, les vérités de l’information seraient sur la Toile tandis que les médias traditionnels vous cacheraient la vérité. C’est vrai&amp;nbsp;: grâce à Internet, plus aucune information ne pourra être enterrée ou dissimulée. Mais je vous demande d’être prudents, car un jour vous apprendrez que vous avez été manipulés, trompés. Sur Internet, la traçabilité des images n’est pas garantie.&amp;nbsp;» Même la voix off s’y met&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Sur le Web, chacun crée son propre média et se croit journaliste.&amp;nbsp;» La vieille histoire de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf, en somme.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout ça finira mal – mal pour les internautes, ces buses présomptueuses, cela s’entend. Philippe Val, qui poursuit le Net de sa vindicte depuis le jour où il a découvert que ce machin pouvait permettre à des cuistres de critiquer sa politique éditoriale à &lt;em&gt;Charlie Hebdo&lt;/em&gt; &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2010/02/15/#pnote-69-1&quot; id=&quot;rev-pnote-69-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, le dit avec fougue&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;La presse écrite survivra à Internet, j’en suis sûr.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les casseroles que traînent certains de nos preux «&amp;nbsp;journalistes en colère&amp;nbsp;» étant trop pléthoriques pour que leur fracas ne parvienne pas à leurs propres oreilles, ils sont obligés d’en passer par l’exercice de l’autocritique – d’en passer rapidement, qu’on se rassure. Jean-Pierre Elkabbach, qui réclame à grands cris «&amp;nbsp;la rigueur, la curiosité, la qualité », et qui s’exclame&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Marre de nous complaire dans la pipolisation, l’irrationnel et le voyeurisme, j’en peux plus&amp;nbsp;! », reconnaît à demi-mot&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Est-ce que moi, je me suis fait honte&amp;nbsp;? Peut-être pour une erreur que j’ai commise et assumée&amp;nbsp;» – référence un brin sibylline à son annonce prématurée, sur Europe 1, en avril 2008, de la mort de l’animateur de télévision Pascal Sevran.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et Philippe Val, avec une désinvolture qu’on s’en voudrait de prendre pour de la suffisance&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;J’ai dû dire une connerie y a pas longtemps. Je ne me souviens plus ce que c’est, mais je me suis trompé, mais méchamment. Putain, c’était la honte.&amp;nbsp;» Moins défaillante que la sienne, notre mémoire a l’embarras du choix. Peut-être pense-t-il à sa récente déclaration selon laquelle l’«&amp;nbsp;actionnaire&amp;nbsp;» de France Inter, Nicolas Sarkozy, ne serait «&amp;nbsp;pas très bien traité&amp;nbsp;» par les journalistes de la station – assertion qui lui donne une légitimité indiscutable pour réfléchir au redressement de la profession&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Passons sur les viriles amitiés qui nous valent régulièrement ce genre de grandes opérations médiatico-idéologiques&amp;nbsp;: cette soirée d’Arte était produite par Doc en Stock, la société de Daniel Leconte, en partenariat avec France Inter. Daniel Leconte et Philippe Val sont de grands amis&amp;nbsp;: le premier a réalisé un film sur l’affaire du procès de Charlie Hebdo pour les caricatures de Mahomet, le «&amp;nbsp;coup&amp;nbsp;» publicitaire qui a définitivement lancé la carrière du second&amp;nbsp;; bien souvent, lors de précédents «&amp;nbsp;débats&amp;nbsp;» sur Arte, ils ont fustigé de concert la chienlit gauchiste &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2010/02/15/#pnote-69-2&quot; id=&quot;rev-pnote-69-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tous deux partagent avec Denis Jeambar, réalisateur de «&amp;nbsp;Huit journalistes en colère&amp;nbsp;» et instigateur en son temps du virage néoconservateur de L’Express, de solides convictions atlantistes. Les incessantes professions de neutralité journalistique et politique, les invocations d’une information «&amp;nbsp;ni de droite ni de gauche », qui auront émaillé cette soirée – y compris lors du débat animé ensuite par Daniel Leconte –, sont franchement désopilantes, tant les obsessions propagandistes de ses initiateurs ont la discrétion d’un éléphant au milieu d’un couloir. Leur cible principale&amp;nbsp;: les contempteurs de la politique israélienne, qui seraient tous, de même que ceux qui trouvent à redire à la politique américaine, de fieffés antisémites.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Le pire ennemi du journalisme, avance Philippe Val, c’est sa conviction d’être au service du bien et de la pureté.&amp;nbsp;» Celui qui, du temps où il éditorialisait à &lt;em&gt;Charlie Hebdo&lt;/em&gt;, maniait avec une égale aisance l’insulte, la diffamation décomplexée et le fantasme échevelé, met en garde contre la «&amp;nbsp;tentation de faire primer la thèse sur les faits&amp;nbsp;» : «&amp;nbsp;Le nombre de journalistes qui sont tombés dans le piège du bien est suffisamment important pour que la profession en soit profondément malade. Le discours démagogique des uns marginalise le travail sérieux des autres. Ce n’est pas quand il exprime une opinion que le journaliste est libre et indépendant&amp;nbsp;: c’est quand il pense d’abord contre son opinion pour ensuite livrer son analyse. (…) On ne discute pas de l’Amérique, on ne peut pas discuter d’Israël et de la Palestine&amp;nbsp;: il y a des tas de sujets sur lesquels on ne peut pas discuter parce que c’est le Bien et le Mal. Il y a des rédactions qui sont malades de ça.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le documentaire évoque également un incident navrant, qui en dit long sur cette «&amp;nbsp;poubelle de la démocratie&amp;nbsp;» qu’est la télévision, et qui vit la rédaction de France 2 – sous l’influence méphitique, il est vrai, de l’Instrument de Satan – diffuser, en pleine offensive israélienne sur Gaza, «&amp;nbsp;des images récupérées sur Internet et accablant Israël. Après vérification, Arlette Chabot s’excuse&amp;nbsp;: c’était de l’intox ». Il est bien établi aujourd’hui, en effet, qu’à l’hiver 2008-2009, à Gaza, l’armée israélienne s’est comportée avec un humanisme extravagant &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2010/02/15/#pnote-69-3&quot; id=&quot;rev-pnote-69-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et dire qu’il est encore de dangereux désinformateurs, en liberté sur Internet, pour persuader les âmes crédules du contraire…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mona Chollet.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2010/02/15/#rev-pnote-69-1&quot; id=&quot;pnote-69-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Voir à ce sujet &lt;em&gt;Les Éditocrates&lt;/em&gt;, La Découverte, Paris, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2010/02/15/#rev-pnote-69-2&quot; id=&quot;pnote-69-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Voir aussi « Camus, Leconte et la mélancolie coloniale », par Alain Gresh, &lt;em&gt;Nouvelles d’Orient&lt;/em&gt;, 10 janvier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2010/02/15/#rev-pnote-69-3&quot; id=&quot;pnote-69-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Voir « Gaza, crimes de guerre, crimes contre l’humanité », Nouvelles d’Orient, 16 septembre 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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    <title>Arbeit macht nicht frei (le travail ne rend pas libre)</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/12/19/Arbeit-macht-frei</link>
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    <pubDate>Sat, 19 Dec 2009 19:31:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>À boulet rouge</category>
        <category>critique</category><category>travail</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;Le travail rend libre&amp;nbsp;» disait l'enseigne volée ce vendredi à Auschwitz (Pologne).&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;«&amp;nbsp;Nous demandons aux états désunis de renoncer au capitalisme, aux banques d'abolir l'argent, aux entreprises et aux prisons de libérer les salariés et les prisonniers, aux propriétaires d'ouvrir leurs maisons à ceux qui n'ont pas de logement. Quand tout cela sera fait, nous remettrons alors à sa place l'inscription en fer forgé qui surmontait le portail du plus célèbre camp de concentration de Pologne. »&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;C'est par ce communiqué laconique que des militants anti-travail ont revendiqué leur geste. Les autorités polonaises inquiètes de la tournure prise par les événements ont préféré taire la teneur de ce communiqué jugé «&amp;nbsp;puéril et idiot&amp;nbsp;» et offrir près de 30 000 euros de récompense pour retrouver cette inscription présentée comme le symbole «&amp;nbsp;du cynisme et de la cruauté des nazis&amp;nbsp;» (…) «&amp;nbsp;Tout doit être mis en oeuvre pour trouver et punir les coupables, et j'appelle tous mes compatriotes qui le peuvent à aider les forces de l'ordre.&amp;nbsp;» a déclaré le président polonais Lech Kaczynski dans un communiqué.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;On croit rêver !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/images/ARBEIT1.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Pour mieux comprendre les enjeux de cette action, vous pouvez lire ci-après le premier chapitre du &lt;/em&gt;Manifeste contre le travail&lt;em&gt; écrit par le groupe Krisis...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La domination du travail mort.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un cadavre domine la société, le cadavre du travail. Toutes les puissances du monde se sont liguées pour défendre cette domination&amp;nbsp;: le pape et la Banque mondiale, Tony Blair et Jörg Haider, les syndicats et les patrons, les écologistes d'Allemagne et les socialistes de France. Tous n'ont qu'un mot  à la bouche&amp;nbsp;: travail, travail, travail&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Qui n'a pas désappris à penser comprend sans difficulté le caractère insensé de cette attitude. Car ce n'est pas une crise passagère que connaît la société dominée par le travail&amp;nbsp;: la société se heurte  à sa limite absolue. Par suite de la révolution micro-informatique, la production de «&amp;nbsp;richesse&amp;nbsp;» s'est toujours davantage décrochée de la force de travail humaine -  à  une échelle que seule la science-fiction aurait pu concevoir voilà quelques décennies. Personne ne peut affirmer sérieusement que ce processus puisse encore être bloqué, voire inversé. Au XXIe siècle, la vente de la marchandise-force de travail est assurée d'avoir autant de succès qu'en  a eu la vente de diligences au XXe siècle. Mais, dans cette société, celui qui ne peut pas vendre sa force de travail est «&amp;nbsp;superflu&amp;nbsp;» et se trouve jeté à la décharge sociale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Qui ne travaille pas, ne mange pas&amp;nbsp;! Ce principe cynique est toujours valable - et aujourd'hui plus que jamais, justement parce qu'il devient désespérément obsolète. C'est absurde&amp;nbsp;: alors que le travail est devenu superflu, la société n'aura jamais autant été une société de travail. C'est au moment même où le travail meurt qu'il se révèle une puissance totalitaire qui n'admet aucun autre Dieu  à ses côtés, déterminant la pensée et l'action des hommes jusque dans les pores de leur vie quotidienne et dans leur esprit. On ne recule devant aucune dépense pour maintenir artificiellement en vie l'idole Travail. Le cri délirant «&amp;nbsp;De l'emploi&amp;nbsp;! » justifie qu'on aille encore plus loin dans la destruction des bases naturelles devenue depuis longtemps manifeste. Les derniers obstacles à la marchandisation complète de tous les rapports sociaux peuvent être éliminés sans soulever aucune critique, dès lors que quelques misérables «&amp;nbsp;postes de travail&amp;nbsp;» sont en jeu. Et le mot selon lequel il vaut mieux avoir «&amp;nbsp;n'importe quel travail plutôt que pas de travail du tout&amp;nbsp;» est devenu la profession de foi exigée de tous.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Plus il devient clair que la société de travail est arrivée  à sa fin ultime, plus la conscience publique refoule violemment cette fin. Les méthodes de refoulement peuvent être diverses, elles ont toutes un dénominateur commun&amp;nbsp;: le fait que, mondialement, le travail se révèle une fin en soi irrationnelle qui s'est elle-même rendue obsolète est transformé, avec une obstination qui rappelle celle d'un système délirant, en échec personnel ou collectif  d'individus, de managers ou de «&amp;nbsp;sites ». La limite objective du travail doit passer pour un problème subjectif propre aux exclus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors que certains pensent que le chômage est dû  à des revendications exagérées,  à un manque de bonne volonté et de flexibilité, d'autres accusent «&amp;nbsp;leurs&amp;nbsp;» patrons et politiciens d'incapacité, de corruption, d'âpreté au gain, voire de haute trahison. Mais en définitive les uns et les autres sont d'accord avec Roman Herzog, l'ex-président allemand&amp;nbsp;: il faudrait se serrer les coudes dans tout le pays, comme s'il s'agissait de remotiver une équipe de football ou une secte politique. Tous doivent «&amp;nbsp;d'une manière ou d'une autre&amp;nbsp;» mettre sérieusement la main à la pâte, même si de pâte il n'y en a plus depuis longtemps&amp;nbsp;; tous doivent s'y mettre «&amp;nbsp;d'une manière ou d'une autre », même s'il n'y a plus rien  à faire (ou seulement des choses privées de sens). Ce que cache ce message peu ragoûtant ne laisse aucun doute&amp;nbsp;: qui ne trouve pas grâce, malgré tout cela, aux yeux de l'idole Travail en est lui-même responsable et peut être tranquillement mis au rencard ou renvoyé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La même loi du sacrifice humain vaut à l'échelle mondiale. Le totalitarisme économique broie sous sa roue chaque pays, l'un après l'autre, ne prouvant qu'une chose, encore et toujours&amp;nbsp;: ces pays ont péché contre les «&amp;nbsp;lois du marché ». Qui ne «&amp;nbsp;s'adapte&amp;nbsp;» pas, inconditionnellement et sans état d'âme, au cours aveugle de la concurrence totale se voit châtié par la logique de la rentabilité. Qui est prometteur aujourd'hui sera jeté demain  à la casse de l'économie. Mais rien ne saurait ébranler les malades de l'économie qui nous gouvernent dans leur étrange explication du monde. Les trois quarts de la population mondiale sont déj à plus ou moins déclarés déchet social. Les «&amp;nbsp;sites&amp;nbsp;» s'écroulent les uns après les autres. Après les désastreux «&amp;nbsp;pays en voie de développement&amp;nbsp;» du Sud et après le département «&amp;nbsp;Capitalisme d'État&amp;nbsp;» de la société mondiale de travail à l'Est, c'est au tour des écoliers modèles de l'économie de marché en Asie du Sud-Est de disparaître dans les enfers de l'effondrement. En Europe aussi, un vent de panique sociale souffle depuis longtemps. Et pourtant, les chevaliers  à la Triste Figure de la politique et du management n'en poursuivent pas moins avec acharnement leur croisade au nom de l'idole Travail.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://kropot.free.fr/manifestevstrav.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Pour lire la suite du ''Manifeste contre le travail'' du groupe Krisis...&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Lectures Manifeste Rien en octobre 2009 à Martigues, Aubagne et Port-de-Bouc</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/10/05/Lectures-Manifeste-Rien-en-octobre-2009-a-Martigues-Aubagne-et-Port-de-Bouc</link>
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    <pubDate>Mon, 05 Oct 2009 12:59:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Manifeste Rien</category>
        <category>critique</category><category>engagement</category><category>littérature</category><category>théâtre</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;em&gt;La Société contre l’État&lt;/em&gt; de Pierre Clastres (éditions de Minuit)
par le collectif Manifeste Rien.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Lecture spectacle suivie d’un débat.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 8 octobre&lt;/strong&gt; à la médiathèque Louis Aragon à Martigues (13) à 18 h 30 - 04 42 80 27 97&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mardi 20 octobre&lt;/strong&gt; à la médiathèque Boris Vian à Port de Bouc (13) à 18 h 30 - 04 42 06 65 54&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Manifeste Rien fait entendre &lt;em&gt;La Société contre l’État&lt;/em&gt;. Une comédienne lit les découvertes du  professeur Clastres à la rencontre des indiens Guayaki. Ces sociétés, que nous nommons  primitives, ont vécu quelques dizaines de milliers d’années en refusant la division&amp;nbsp;: maîtres- esclaves&amp;nbsp;; seigneurs-sujets&amp;nbsp;;  dirigeants-citoyens... Le but de cette lecture n’est pas seulement d’apprendre qui était l’anthropologue Pierre Clastres, mais de partager les fruits d’un travail qui nous permet encore aujourd’hui de créer et de résister. À chaque fois qu’un ordre nous est assigné, à chaque fois que nous regrettons de participer à cette sinistre comédie du travail et du chômage, à chaque fois que nous sentons que le mensonge se répand dans notre pays, dans notre ville, dans notre famille… Demandons-nous qui parle&amp;nbsp;? Qui se dit le chef&amp;nbsp;? Pourquoi l’écoutons-nous&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Comédienne&amp;nbsp;: Virginie Aimone. Montage texte et mise en voix&amp;nbsp;: Jérémy Beschon. Regard extérieur&amp;nbsp;: Jean Battiste Couton. Intervenant lors du débat&amp;nbsp;: Bernard Weigel (traducteur).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Entrée libre&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;Histoire Universelle de Marseille&lt;/em&gt; de Alèssi Dell' Umbria (éditions Agone)
par le collectif Manifeste Rien.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Lecture spectacle suivie d’un débat.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 15 octobre&lt;/strong&gt; à l’Escale à Aubagne / Les aires St Michel (13) à 19 heures - 04 42 18 17 17&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Au voyageur, Marseille apparaît comme une énigme&amp;nbsp;: une ville fondée voici 2600 ans et qui semble au premier abord n’avoir pas d’histoire, ou si peu. Un des poncifs les plus ressassés prétend précisément que Marseille n’aurait jamais cessé de faire table rase de son passé. (…) L’absence de mémoire ne signifie pas l’absence d’histoire mais simplement que cette dernière est écrite par les vainqueurs&amp;nbsp;; et que Marseille, en tant que cité, a été vaincue. Cette absence est donc elle-même un fait historique. (…) Écrire l’histoire de Marseille à partir de la cité revient donc à jeter un éclairage inédit sur cette construction politique et culturelle qu’est la France. On peut même dire qu’à cet égard Marseille offre un point de vue imprenable…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;Qui m’a foutu une politique / Dirigée par des jeanfoutre&amp;nbsp;! / Qui m’a foutu ta République / Qui nous refuse un morceau de pain&amp;nbsp;! / Moi je veux pas mourir de faim&amp;nbsp;! / Maquerelle à cœur de hyène / Marâtre à l’estomac aigri, / Je te renie&amp;nbsp;! Tu n’es pas sainte. »&lt;/em&gt; Chanson de Victor Gelu – 1850.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Comédienne&amp;nbsp;: Virginie Aimone. Mise en voix et montage de  textes&amp;nbsp;: Jérémy Beschon. Regard extérieur&amp;nbsp;: Jean Battiste Couton. Intervenant lors du débat&amp;nbsp;: Bruno le Dantec.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Entrée libre&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://manifesterien.over-blog.com&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://manifesterien.over-blog.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/10/05/Lectures-Manifeste-Rien-en-octobre-2009-a-Martigues-Aubagne-et-Port-de-Bouc#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Contribution à une critique prolétarienne de l’éducation (2)</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/06/12/Contribution-a-une-critique-proletarienne-de-leducation-2</link>
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    <pubDate>Fri, 19 Jun 2009 02:12:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Remue-méninges</category>
        <category>critique</category><category>Geneste</category><category>prolétariat</category><category>école</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;La suite du texte introductif de Philippe Geneste à son dernier ouvrage paru chez Acratie&lt;/em&gt;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/06/12/#pnote-60-1&quot; id=&quot;rev-pnote-60-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;em&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/06/12/#rev-pnote-60-1&quot; id=&quot;pnote-60-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;em&gt;Philippe Geneste &lt;/em&gt;Le Travail de l’école : contribution à une critique prolétarienne de l’éducation&lt;em&gt;, éditions Acratie, 15 euros, 180 pages (en vente en librairie ou chez l’éditeur Acratie, L’Essart, 86310 La Bussière).&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'utopie qui nous anime&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ceci constaté, on comprend que la diversification des voies de formation étouffe toute discussion sur l'enjeu d'un autre choix d'architecture du système scolaire, à savoir celui de l'éducation polyvalente et polytechnique pour toutes et tous. Pour que cette dernière puisse advenir au jour du débat, il faut lever le tabou qui la frappe d'interdiction. Ce tabou porte sur le mécanisme tu par tous les discoureurs autorisés évoqués plus haut&amp;nbsp;: le moteur même du système éducatif, ce moteur qui utilise les flux d'élèves comme énergie de fonctionnement. Il s'agit de le décrypter car c'est son schématisme opératoire qui aimante l'ensemble des mesures les plus éparses, les plus hétérogènes que les ministres accumulent à l'en- vie, dans un désordre apparent mais que ce schéma vient organiser vers des directions précises.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour le repérer et le décrire, nous nous appuierons sur les dispositifs de pratiques éducatives, sur le croisement d'analyse de la formation continue et de la formation initiale dont on peut s'étonner qu'elles soient vues, en général, dans une étrangeté réciproque alors qu'elles sont intimement liées. Nous garderons à l'esprit la question de la définition des qualifications professionnelles car tout diplôme professionnel prend sens dans sa relation aux grilles de qualifications. On comprend, aisément, l'impératif qu'il y aura à saisir la réorganisation de l'architecture de l'enseignement avec une mise en avant des instances (y compris instances paritaires) régionales puisque ce sont les politiques économiques régionales qui configurent les cartes de formation professionnelle (c'est en cours depuis les années 80/90).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais là encore, il faudra écarter les voiles de l'illusion entretenue par bon nombre de critiques autorisées du système éducatif sous couvert de critique de «&amp;nbsp;l'école libérale ». Il nous faudra nous garder de ne considérer l'école patronale comme ne relevant que du secteur privé. En effet, elle est pilotée, aussi, par et depuis l'État. Il n'y a donc pas de critique syndicale de l'éducation qui ne soit une critique de l'État.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour éviter l'aveuglement sur l'histoire de la formation des travailleurs, sans replonger dans un long historique, il suffit de reprendre connaissance des lois de 2002, 2004 et de 2005 et de réfléchir à la mise en place des lycées des métiers – vecteur du remodelage tant géographique (bassin d'emploi et bassin de formation) qu'architectural de l'éducation initiale et continue –, à l'institutionnalisation conjointe de la Validation des acquis de l'expérience et au détricotage des grilles de qualifications professionnelles sous le signe pseudo-scientifique des compétences. Le problème de l'enseignement professionnel a toujours tourné et tourne encore autour de l'articulation entre autonomie du système étatique de formation et régulation de la formation professionnelle par les organismes patronaux. On peut formuler cela aussi de la manière suivante&amp;nbsp;: une homogénéisation des diplômes et régulation patronale de l'accès aux moyens de formation et de travail. Par cette formulation, nous voulons pointer que, conformément à ce que nous apprend l'histoire du système éducatif (c'est en 1965 que l'enseignement technique a été intégré au système éducatif d'État), le patronat ne cherche pas à prendre sous sa coupe l'enseignement professionnel parce qu'il ne veut pas en porter le coût&amp;nbsp;; en revanche, il cherche, toujours plus, à en piloter la politique grâce, entre autres, aux politiques contractuelles.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Toute acceptation de la hiérarchie sociale amène au culte de l'ordre social. Il apparaîtra de bon sens, dans ce cas, de soutenir que «&amp;nbsp;Les contenus ne peuvent en effet être les mêmes selon qu'ils s'adressent à un opérateur de production, un agent de maîtrise, un ingénieur ou un cadre supérieur. Ce qui revient à dire que les fondamentaux varient pour chaque niveau d'emploi visé&amp;nbsp;» ; ce qui revient à défendre l'architecture en filières du système éducatif. Mais le bon sens, ici, sert à façonner un esplace à configuration hiérarchisée que préparent des filières d'enseignement diversifiées. Pour nous, et tout à l'inverse de la citation ci-dessus émise par la plus grosse fédération syndicale de l'éducation, la critique syndicale doit permettre, plus que la subversion, l'éversion de l'idéologie dominante sur les bienfaits de la sélection scolaire. Il s'agit de combattre la perpétuation de fonctions sociales traditionnelles en lien étroit avec la classe d'appartenance. Pour mettre en pièce ce mécanisme, il convient d'éliminer les filières instituées pour éliminer la graduation des types d'écoles professionnelles.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'utopie qui nous anime est la création d'une école polytechnique et polyvalente pour tous et toutes, de la maternelle jusqu'à l'actuelle fin du lycée, une école d'union émancipatrice qui forme les enfants, les adolescents, en tant que personnes et êtres sociaux, capables de penser, d'étudier, de contrôler tous ceux avides de diriger, capables de se conduire dans leur emploi sans avoir besoin de maître, et cela dans le but que se construise, au pas à pas des jours, les bases pour une société prolétaire libre et humaine.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Philippe Geneste&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/06/12/Contribution-a-une-critique-proletarienne-de-leducation-1&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;(première partie du texte)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/06/12/Contribution-a-une-critique-proletarienne-de-leducation-2#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Contribution à une critique prolétarienne de l’éducation (1)</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/06/12/Contribution-a-une-critique-proletarienne-de-leducation-1</link>
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    <pubDate>Fri, 19 Jun 2009 02:04:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Remue-méninges</category>
        <category>critique</category><category>Geneste</category><category>prolétariat</category><category>école</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Dans le texte qui suit Philippe Geneste présente un point de vue prolétaire sur la question éducative. Il rappelle que ce point de vue a un objectif&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;construire un projet éducatif autonome du prolétariat », une histoire (celle du mouvement ouvrier) et qu'il passe nécessairement par une critique de l'école et des pratiques en cours.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;L'importance du texte de Philippe Geneste, en ouverture de l'ouvrage qui vient de paraître aux éditions Acratie&lt;/em&gt;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/06/12/#pnote-59-1&quot; id=&quot;rev-pnote-59-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;em&gt;, est de montrer que les projets éducatifs actuels masquent (mal) derrière la division en filières (générale, technologique et professionnelle) un projet de reproduction sociale qui entend bien donner à chaque classe la formation «&amp;nbsp;professionnelle&amp;nbsp;» correspondante à sa fonction dans la société.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;L'énonciation de cette vérité (simple analyse de classe de la situation) étonne et détonne face aux nombreuses analyses de l'école et de son fonctionnement qui ne s'attardent sur la complexité des processus éducatifs que pour mieux masquer l'usage social de contrôle et de reproduction à l'école par le pouvoir. La machine éducative qui pourrait servir à l'émancipation est bien le principal outil d'asservissement du peuple. «&amp;nbsp;Il faut se rendre à l'évidence&amp;nbsp;: les filières générale, technologique et professionnelle sont trois filières professionnelles et c'est pour cela qu'elles forment l'architecture du système éducatif. »&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/06/12/#rev-pnote-59-1&quot; id=&quot;pnote-59-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;em&gt;Philippe Geneste &lt;/em&gt;Le Travail de l’école : contribution à une critique prolétarienne de l’éducation&lt;em&gt;, éditions Acratie, 15 euros, 180 pages (en vente en librairie ou chez l’éditeur Acratie, L’Essart, 86310 La Bussière).&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;École et reproduction sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'histoire du mouvement ouvrier nous apprend que la question éducative appartient à la question sociale et que l'émancipation sociale requiert un projet éducatif autonome. Cette conception, on la trouve formulée tant dans les réalisations de certaines Bourses du Travail au moment de leur naissance à la fin du dix-neuvième siècle que dans les écrits de Marcel Martinet qui synthétisent des décennies de réflexions sur la culture prolétarienne 1. Mais un projet éducatif autonome du prolétariat, pour être une utopie ancrée dans le réel, doit commencer, sans défaillir devant les difficultés et sans occulter la critique des pratiques en cours, par une critique de l'école. C'est l'enjeu de la critique syndicale comme utopie critique. Nous entendons syndical au sens où, si l'émancipation doit être l'œuvre des travailleurs eux-mêmes, alors, c'est à eux-mêmes, en s'organisant de manière autonome, de construire, lucidement, la critique des pratiques oppressives en exercice dans une société. Qu'il nous faille, ici, préciser le terme syndical, exprime clairement qu'il ne doit pas être pris aux sens des pratiques cogestionnaires et de comptabilité d'électeurs dans lesquelles les organisations (confédérations, fédérations et unions) qui portent ce qualificatif ont circonscrit et englué le syndicalisme depuis plus d'un siècle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le point de vue de celui qui cherche importe. Nous poserons, donc, d'entrée, que nous sommes favorables à un système de formation initiale (la formation initiale recouvre les enseignements du primaire, du collège et du lycée) sans filière de formation. Actuellement, le lycée se divise en filière générale, filière technologique et filière professionnelle. Le rôle du collège est de pourvoir en élèves chacune de ces filières. À cette architecture scolaire socialement inégalitaire, nous opposons une éducation polytechnique, polyvalente pour tous et toutes, de la maternelle jusqu'à l'actuelle fin du lycée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Arrêtons-nous, un instant, sur la désignation des trois filières. Les titres qui leur sont donnés sont mensongers. En effet, ils tendent à faire croire qu'il n'y a qu'une filière professionnelle, celle de l'enseignement professionnel qui recrute, en général, après la classe de troisième (à 14 ou 15 ans) et qui jouxte, au plus près, les besoins des entreprises. Or, cette interprétation est tout simplement fausse. L'enseignement général et l'enseignement technologique sont tout autant professionnels. Seulement, ils ne visent pas les mêmes professions et, de ce fait, organisent différemment la scolarité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Malgré des années de dénigrement de cette thèse, et la réalité ayant la vie dure, la répartition dans chacune de ces filières correspond bien à la distribution des enfants selon leur origine sociale. Les classes sociales s'affichent, ainsi, à chaque nouvelle enquête sociologique et statistique. La filière générale accueille les enfants destinés à des études devant aboutir à des postes de cadre et de direction, elle est la filière par excellence de la bourgeoisie et de la moyenne bourgeoisie&amp;nbsp;; les études technologiques préparent à des professions de cadre un peu moins élevé sur l'échelle hiérarchique et à celles de techniciens, elle est la filière par excellence de la moyenne et petite bourgeoisie&amp;nbsp;; la filière professionnelle prépare les enfants des classes populaires aux professions du bas de l'échelle des qualifications, emplois d'ouvriers, d'employés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les métiers auxquels permettent d'accéder chaque filière ne sont pas équivalents au regard de l'espace social hiérarchique où ils s'exercent. En cela, les filières sont bien un dispositif visant à la reproduction de l'inégalité sociale et à la supervision des classes par le système économique et social qui les engendre. En revanche, les trois filières visent bien un même but&amp;nbsp;: l'entrée dans la vie professionnelle, l'éducation adéquate à tel ou tel niveau hiérarchique. Contrairement à ce qui est dit, la question n'est pas de savoir si un élève est passionné de mode, mais de savoir si il sera coupeur de textile, auquel cas il ira en lycée professionnel, si il sera créateur de modèle, auquel cas il ira en lycée technologique, si il sera ingénieur dans l'industrie textile auquel cas il sera envoyé dans un lycée général. La question n'est pas de savoir si l'élève est passionné par le travail dans le secteur social, mais de savoir si il sera moniteur éducateur, auquel cas il ira en lycée professionnel, si il sera technicien en économie sociale et familiale auquel cas il passera par un BTS soit un enseignement technologique, si il sera directeur ou directrice d'un organisme de travailleurs sociaux, auquel cas il ira dans un lycée général.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce qui différencie ces lycées, ce n'est pas que certains se donneraient une finalité professionnelle alors que les autres auraient gommé le professionnel de leur finalité, ce qui les différencie, c'est l'ajustement des études à la destination des élèves dans l'esplace hiérarchique du système social.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On entend d'ici des offusqués hurlant à la caricature. C'est seulement que ces offusqués ne se sont jamais donné la peine d'aller dans les collèges, pour mettre en corrélation les destinations scolaires des élèves de fin de troisième avec leur appartenance de classe, ou même, si l'appartenance de classe sonnait à leurs oreilles comme un gros mot, avec les catégories sociales (INSEE) d'appartenance de leurs parents.
Comme dans le jeu du XIIIe siècle &lt;em&gt;Le Garçon et l'aveugle&lt;/em&gt;, l'aveugle reste aveugle tant que cela sert son intérêt. Ce livre n'est pas pour eux. Il faut se rendre à l'évidence si se rendre à l'évidence c'est rétablir les faits dans leur réalité&amp;nbsp;: les filières générale, technologique et professionnelle sont trois filières professionnelles et c'est pour cela qu'elles forment l'architecture du système éducatif.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/06/12/Contribution-a-une-critique-proletarienne-de-leducation-2&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;(suite du texte)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Vers un printemps réel ?</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/04/02/Vers-un-printemps-reel</link>
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    <pubDate>Thu, 02 Apr 2009 10:02:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>De première bourre</category>
        <category>critique</category><category>engagement</category><category>école</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Un court billet écrit par des étudiants de Lyon qui rappelle que la machine éducative reproduit, sépare et ennuie et que la grève, si on s'y colle, est un moyen de faire dérailler le train-train du général.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;em&gt;Déjà cinq semaines de mouvement étudiant. On pense immédiatement lassitude, AG, manifs ennuyeuses, prises de têtes et prises de becs. Mais qui vit le mouvement vit le moment. Mot clé de la grève&amp;nbsp;: VIVRE.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On est ensemble. On mange ensemble, on dort ensemble. On prend des risques ensemble. Coprésence des corps qui ne s’évitent plus, qui se cherchent. On est heureux. Ou du moins on commence à l’être. Ne plus se quitter, pactiser, comprendre qu’on a un bout de chemin à faire ensemble. On a eu du mal à se quitter hier soir à l’occupation. On se lève tôt parce qu’on à hâte de se retrouver, de monter des barricades et de s’installer dessus, de s’embrouiller avec des connards qui glorifient cette vie individualisée que l’on déteste et qui s’attachent à pourrir ce que l’on met en place.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En toutes circonstances, partir de la situation présente. De la fac. De ce gigantesque espace où notre anonymat nous est assuré lorsqu’on fournit la preuve de son identité, quand chacun montre (par son attitude, sa carte CUMUL, sa présence aux cours, etc.) qu’il est étudiant, &lt;em&gt;et rien que ça&lt;/em&gt;. Aussi bien, occuper la fac c’est rompre de manière pratique avec le mode d’existence qu’elle induit&amp;nbsp;: celui du passager, de l’utilisateur responsable. «Peut-on vraiment voir dans les tags “Brûle ta fac”, “Brûle ton amphi”, “À mort les profs” des marques de solidarité à l’égard du mouvement en cours, des mots d’ordre conformes aux aspirations &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/04/02/…&quot; title=&quot;…&quot;&gt;…&lt;/a&gt; des étudiants actuellement mobilisés, des projets pour l’Université et pour les sciences sociales ?» se demandait benoîtement Olivier Christin, cette andouille de bourdieusien, lors de la première occupation nocturne des locaux. Hahaha.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On a peur du &lt;em&gt;retour vers le réel&lt;/em&gt;, vers ce qu’on appelle un peu vite «la vie réelle». Celle où on a des soucis de fric, administratifs, universitaires, de couple. Celle où on est désespérément seul face à eux. Celle où on a l’impression d’être heureux dans ces fêtes insipides qui nous laissent le cœur vide et la gueule de bois. Cette vie où le plaisir n’est qu’éphémère et superficiel. Où l’on &lt;em&gt;travaille&lt;/em&gt; à être heureux. Inconsistance et insouciance de la vie étudiante.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors là maintenant, assis au soleil ensemble, on se demande c’est quoi le réel.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le réel c’est là, ici et maintenant. C’est ce temps dégagé des contraintes universitaires, ce moment où l’on se retrouve entre ennemis de la normalité&amp;nbsp;; où l’on se rend compte que le réel, c’est &lt;em&gt;en réalité&lt;/em&gt; notre volonté de persévérer dans ces moments, envers et contre tout. De ne plus jouer le jeu étudiant, d’être en guerre avec l’existant. On nous traitera de «fous», de «délirants», d’«hystériques»&amp;nbsp;; mais dans la France sarkozyste, c’est la bonne santé mentale qui est aberrante.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le réel, c’est cette vie, notre vie, celle que l’on a choisie, ou que l’on s’apprête à choisir &lt;em&gt;en connaissance de cause&lt;/em&gt; — pas celle qui nous est chaque jour imposée. Cette vie a certainement à voir avec le communisme, avec une certaine idée de ce qu’est le bonheur, et le malheur. Le communisme, donc, comme puissance politique à même de déformer le réel et de le reconfigurer selon nos envies. Une sorte d’expérimentation collective entre déserteurs qui commencerait par se poser &lt;em&gt;sérieusement&lt;/em&gt; la question du comment vivre ensemble, comment habiter le monde&amp;nbsp;; une expérimentation qui se rendrait sans doute compte que vivre en bande constitue l’unique option viable pour ceux qui veulent se donner les moyens d’échapper au règne écrasant de la marchandise et du travail, et à leur corollaire&amp;nbsp;: l’existence individuelle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors chassons le retour à la normale et restons dans le réel.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les incivils&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tract issu de l’occupation de Lyon II, courriel du 30 mars 2009.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Farce par le collectif Manifeste rien</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/03/23/Farce-par-le-collectif-Manifeste-rien</link>
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    <pubDate>Mon, 23 Mar 2009 22:57:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Manifeste Rien</category>
        <category>critique</category><category>engagement</category><category>littérature</category><category>théâtre</category>    
    <description>&lt;p&gt;Présentation de travaux à la Distillerie (Aubagne - 13)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les 10 et 11 avril à 20 h30&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rue Louis Blanc - 13400 Aubagne, 09 72 96 21 03&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;Représentations au théâtre de Lenche (Marseille - 2e)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Du 21 au 25 avril.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mardi, vendredi, samedi à 20h30 - mercredi et jeudi à 19h30&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;4 place de Lenche - 13002 Marseille, 04 91 91 52 22&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Farce&lt;/em&gt; par le collectif Manifeste Rien.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un présentateur conte le récit de la &quot;tribu humaine&quot;, mais des scènes dialoguées brisent la linéarité de sa narration&amp;nbsp;: intrigues de palais, querelles familiales, soldats à la déroute… Une mise en scène des différentes expressions de pouvoirs qui font l’histoire et agissent à l’intérieur de chaque être. Quatre acteurs se partagent plus d’une trentaine de personnages. Se mêlent alors, dans le débordement des expressions verbales et corporelles, les références antiques et le langage populaire, le raffinement et la grossièreté, la violence du désir et celle des lois.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;CHRISTOPHE COLOMB&amp;nbsp;: Là bas, avec seulement une cinquantaine d’hommes, nous avons soumis plus de dix milles Arawaks, ces peuples au bout des mers avaient projeté une terre sans mal. Ywy mara ë comme ils disaient… Nous les avons soumis à notre quête d’or, à notre élévation… l’exploitation des mines nécessitait une main d’œuvre soumise… il était plus difficile de les mettre au travail que de les tuer… mais il fallait bien justifier la conquête par les bénéfices de la couronne, et l’avidité de la couronne par l’ordre divin qu’elle incarnait.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;De larges extraits de &lt;em&gt;Farce&lt;/em&gt; ont été édités par la revue &lt;em&gt;Marginales&lt;/em&gt;. (N°6, &lt;em&gt;Stig Dagerman, la littérature et la conscience&lt;/em&gt;)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Texte et mise en scène&amp;nbsp;: Jérémy Beschon &amp;amp; Jean Battiste Couton&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Avec&amp;nbsp;: Virginie Aimone, Olivier Boudrand, Cyrille Laurent, Magali du Sartel&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Lumière&amp;nbsp;: Flore Marvaud.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Visuel de Sarah Williamson.&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;Avec le soutien de&amp;nbsp;: la Ville de Marseille, la Distillerie - lieu de création théâtrale, le théâtre de Lenche, les éditions Agone, la revue &lt;em&gt;Marginales&lt;/em&gt;, CamasArtes, Anis GRAS le lieu de l’autre et la Cie Falaises et Plateaux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Manifeste Rien&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.myspace.com/manifesterien&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.myspace.com/manifesterien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Revue &lt;em&gt;Marginales&lt;/em&gt;&amp;nbsp;:  &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;L'écriture de &lt;em&gt;Farce&lt;/em&gt; s'est nourrie de trois textes qui ont donné et donneront lieu à des lectures spectacles suivies d'un débat&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;La société contre l'Etat&lt;/em&gt; de Pierre Clastres (éditions de Minuit) à la MJC L'Escale à Aubagne en 2008.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Histoire populaire des Etats Unis&lt;/em&gt;, de Howard Zinn (éditions Agone) à la Médiathèque Boris Vian en association avec le théâtre du Sémaphore (Port de Bouc), et à l'Escale en 2009.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;L'Anti-Oedipe&lt;/em&gt; de Gille Deleuze et Félix Guattari (éditions de Minuit) en septembre prochain à la médiathèque de Martigues.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/03/23/Farce-par-le-collectif-Manifeste-rien#comment-form</comments>
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    <title>Grève générale, désobéissance et démocratie !</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/03/08/Greve-generale-desobeissance-et-democratie</link>
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    <pubDate>Mon, 09 Mar 2009 12:30:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Bouquiner</category>
        <category>critique</category><category>engagement</category><category>répression</category><category>travail</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le printemps qui vient sera-t-il, enfin, celui d'une attaque générale contre le système capitaliste&amp;nbsp;? Ce qui est certain comme nous le disait François Maspero en octobre dernier c'est que «&amp;nbsp;les armes de la critique, ne peuvent plus se dispenser de la critique des armes&amp;nbsp;» (&lt;/em&gt;cf.&lt;em&gt; le texte de Simone Weil ci-après)... En clair, face à la déferlante des manifestations et des insurrections présentes et à venir, les manifestations «&amp;nbsp;pacifiques&amp;nbsp;» des patrons et des flics pour défendre le système ne pourront plus passer pour des actes de protection de «&amp;nbsp;nos&amp;nbsp;» libertés ailleurs que dans les pages de la presse bourgeoise&amp;nbsp;! Mais si on lit bien les derniers articles de la presse aux ordres sur la Guadeloupe, on voit que les scribes du pouvoir sont prêts à justifier les interventions musclées de la police et de l'armée (comme ils l'on fait pour Israël) pour protéger des biens bien mal acquis... Pour l'instant, le pouvoir tente d'éteindre l'incendie en lachant du fric et en tentant de criminaliser le LKP. Mais le &lt;a href=&quot;http://chien-creole.blogspot.com&quot;&gt;chien créole&lt;/a&gt; et l'&lt;a href=&quot;http://ugtg.org/article_774.html&quot;&gt;Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG)&lt;/a&gt; veillent, un régal !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Des textes circulent ici et là qui prolongent &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/08/29/Avertissement&quot;&gt;l'avertissement&lt;/a&gt; formulé ici en septembre dernier. L'un d'entre eux &lt;/em&gt;Ne sauvons pas le système qui nous broie&amp;nbsp;! - Manifeste pour une désobéissance générale&lt;em&gt; repris par plusieurs brochures, sites internet, etc. &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/03/08/#pnote-53-1&quot; id=&quot;rev-pnote-53-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; est publié par les éditions du &lt;a href=&quot;http://www.lepassagerclandestin.fr&quot;&gt;Passager clandestin&lt;/a&gt; (disponible aussi en &lt;a href=&quot;http://www.lepassagerclandestin.fr/cariboost_files/manifeste.pdf&quot;&gt;libre accès au format PDF&lt;/a&gt;). Il rappelle par des exemples récents que la démocratie sait se transformer en «&amp;nbsp;démocrature&amp;nbsp;» pour sauver le capital et appelle à une désobéissance générale pour abolir le système. Les brochures comme &lt;/em&gt;&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/mauvaises_intentions&quot;&gt;Mauvaises intentions&lt;/a&gt;&lt;em&gt; publiées par des groupes autonomes continuent de nourrir les raisons d'une révolte qui cherche à s'étendre et à renverser le train-train d'une contestation sociale qui n'est plus à espérer mais à construire (&lt;/em&gt;cf&lt;em&gt;. la lecture de la &lt;a href=&quot;http://nantes.indymedia.org/article/16223&quot;&gt;Mise au point du comité invisible&lt;/a&gt; rédigée en janvier 2009 &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/03/08/#pnote-53-2&quot; id=&quot;rev-pnote-53-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;). Un autre texte critique intitulé &lt;a href=&quot;http://www.exit-online.org/textanz1.php?tabelle=transnationales&amp;amp;index=3&amp;amp;posnr=155&amp;amp;backtext1=text1.php&quot;&gt;Terreur et simulation&lt;/a&gt; proche des thèses de la revue &lt;/em&gt;Krisis&lt;em&gt; analyse les faux flous et les vrais usages du «&amp;nbsp;terrorisme&amp;nbsp;» en période de «&amp;nbsp;crise de la socialisation capitaliste&amp;nbsp;» et finit par s'adresser aux révoltes à venir en demandant «&amp;nbsp;moins d'extrémisme dans les formes et plus de radicalité dans le contenu ». Enfin, je signale deux ouvrages, celui de Claude Guillon, &lt;/em&gt;&lt;a href=&quot;http://claudeguillon.internetdown.org/article.php3?id_article=249&quot;&gt;Notre patience est à bout. 1792-1793, Les écrits des Enragé(e)s&lt;/a&gt;&lt;em&gt; et celui de Jacques Rancière &lt;/em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inventaire-invention.com/lectures/kaplan_ranciere.htm&quot;&gt;La Haine de la démocratie&lt;/a&gt;&lt;em&gt; qui sont d'utiles contrepoints face à la confusion et au dévoiement des mots entretenus par les élites qui nous gouvernent.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Nous donnons à lire ci-après une partie du message qui accompagne la parution au passager clandestin du &lt;/em&gt;Manifeste pour une désobéissance générale&lt;em&gt;... ainsi qu'un texte de réflexions de Simone Weil sur la guerre que nous avons retenu pour le prochain numéro de la revue &lt;/em&gt;&lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?article82&quot;&gt;Marginales&lt;/a&gt;&lt;em&gt; qui sortira peut-être enfin des presses au printemps neuf...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/03/08/#rev-pnote-53-1&quot; id=&quot;pnote-53-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://divergences.be&quot;&gt;Divergences&lt;/a&gt; en Belgique, &lt;a href=&quot;http://nopasaran.samizdat.net/sommaire.php3&quot;&gt;No pasaran&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.altermonde-sans-frontiere.com&quot;&gt;Altermonde sans frontières&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://delitdepoesie.hautetfort.com&quot;&gt;Délit de poésie&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://inventin.lautre.net&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Les inventeurs d'incroyance&lt;/a&gt;, etc. en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/03/08/#rev-pnote-53-2&quot; id=&quot;pnote-53-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Je mets le lien avec le site Indymédia de Nantes parce que le texte y est disponible en format ouvert mais aussi pour la lecture édifiante des quelques réactions à ce texte qui dénoncent la « posture » du comité invisible et de son éditeur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne sauvons pas le système qui nous broie !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La terreur d’État, l’asservissement industriel, l’abêtissement capitaliste et la misère sociale nous frappent tous et toutes. Insidieusement et continuellement, ces forces néfastes séparent notre être intime. Une partie de nous se voit subrepticement contrainte à être le bourreau de notre autre moi, celui qui rêve, sait et veut que ce monde ne soit pas celui-là. Combien d’entre les citoyens tentent difficilement de défaire la nuit ou pendant leur maigre temps libre ce dont ils ont été complices chaque jour travaillé&amp;nbsp;? Ce mépris dans lequel nous tient le système est essentiel, comme est fondamentale la négation de nos envies authentiques au profit d’un seul désir&amp;nbsp;: consommer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au moment où la perspective de l’implosion du système capitaliste devient enfin plausible, il s’agit d’accompagner son effondrement et de s’organiser en «&amp;nbsp;communes&amp;nbsp;» qui privilégient l’&lt;em&gt;être&lt;/em&gt; à l’&lt;em&gt;avoir&lt;/em&gt; – parce qu’il n’y a plus &lt;em&gt;rien&lt;/em&gt; à attendre de l’État – et offrent la possibilité à chacun d’entre nous d’accéder librement – en limitant dans la mesure du possible les échanges d’argent – à la nourriture, à un logement, à l’éducation, et à une activité choisie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Écrit de manière collective en décembre 2008 et envoyé en janvier de cette nouvelle année, ce court texte-manifeste, veut rappeler à tous que le système capitaliste réclame et finit souvent par être sauvé par ceux là même qu'il broie&amp;nbsp;! Le simple énoncé des évidences et de l'histoire politique récente (notamment celle de l'Amérique du sud) nous indique que la démocratie est un hôtel squatté par les bourreaux issus du vote et que seule la désobéissance et la grève générale permettent de construire de nouveaux rapports (le conflit social en Guadeloupe en est une illustration tout à fait ordinaire. La fin demandée de la grève générale qui seule a permis quelques timides avancées sociales signifie en clair la reprise en main de la situation par le pouvoir. Pendant ce temps en France, les grèves générales d'une journée encadrées par les syndicats servent de prétexte à une soirée télévisuelle exceptionnelle ou au lancement d'un nouveau produit politique !). Pourtant la tension générée par le hold-up perpétrée en octobre 2008 par les financiers et les banquiers avec la collaboration des États est propice à une prise de conscience générale. Comme le rappelait Guy Debord&amp;nbsp;: &lt;em&gt;«&amp;nbsp;La société du spectacle &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/03/08/…&quot; title=&quot;…&quot;&gt;…&lt;/a&gt; promettait une suite heureuse. Elle croyait être aimée. Maintenant, elle ne promet plus rien. Elle ne dit plus&amp;nbsp;: “Ce qui apparaît est bon, ce qui est bon apparaît.” Elle dit simplement&amp;nbsp;: “C’est ainsi.” Elle avoue franchement qu’elle n’est plus, dans l’essentiel, réformable&amp;nbsp;; quoique le changement soit sa nature même, pour transmuter en pire chaque chose particulière. Elle a perdu toutes ses illusions générales sur elle-même. »&lt;/em&gt; Les scribes du comité invisible l'ont bien compris qui disent&amp;nbsp;: &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Ce n’est pas l’économie qui est en crise, c’est l’économie qui est la crise. &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/03/08/…&quot; title=&quot;…&quot;&gt;…&lt;/a&gt; Le présent est sans issue, ce n'est pas la moindre de ses vertus &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/03/08/…&quot; title=&quot;…&quot;&gt;…&lt;/a&gt; Rien ne paraît moins probable qu’une insurrection, mais rien n’est plus nécessaire »&lt;/em&gt;. Raoul Vaneigem est plus cruel encore&amp;nbsp;:  &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Le système financier s’écroule et les gens sont encore prêts à payer leurs impôts pour renflouer les caisses vidées par les escrocs qu’ils ont portés à la tête des États. Ici, à la différence d’Oaxaca, les citoyens élisent le boucher qui les conduira à l’abattoir. »&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sous-comité décentralisé des gardes-barrières en alternance, mars 2009&lt;/p&gt;


&lt;hr /&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Réflexions sur la guerre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On ne peut parler de guerre en général que par abstraction&amp;nbsp;; la guerre moderne diffère absolument de tout ce que l’on désignait par ce nom sous les régimes antérieurs. D’une part la guerre ne fait que prolonger cette autre guerre qui a nom concurrence, et qui fait de la production elle-même une simple forme de la lutte pour la domination&amp;nbsp;; d’autre part toute la vie économique est présentement orientée vers une guerre à venir. Dans ce mélange inextricable du militaire et de l’économique, où les armes sont mises au service de la concurrence et la production au service de la guerre, la guerre ne fait que reproduire les rapports sociaux qui constituent la structure même du régime, mais à un degré beaucoup plus aigu. &lt;strong&gt;Marx a montré avec force que le monde moderne de la production se définit par la subordination des travailleurs aux instruments du travail, instruments dont disposent ceux qui ne travaillent pas&amp;nbsp;; et comment la concurrence, ne connaissant d’autre arme que l’exploitation des ouvriers, se transforme en une lutte de chaque patron contre ses propres ouvriers, et, en dernière analyse, de l’ensemble des patrons contre l’ensemble des ouvriers. De même, la guerre de nos jours, se définit par la subordination des combattants aux instruments de combats&amp;nbsp;; et les armements, véritables héros des guerres modernes, sont, ainsi que les hommes voués à leur service, dirigés par ceux qui ne combattents pas. Comme cet appareil de direction n’a pas d’autre moyen de battre l’ennemi que d’envoyer par contrainte ses propres soldats à la mort, la guerre d’un État contre un autre État se transforme aussitôt en guerre de l’appareil étatique et militaire contre sa propre armée&amp;nbsp;; et la guerre apparaît finalement comme une guerre menée par l’ensembles des appareils d’État et des états-majors contre l’ensemble des hommes valides en âge de porter les armes.&lt;/strong&gt; Seulement, alors que les patrons n’ont d’autres moyens de contrainte que le renvoi, moyen émoussé par la possibilité pour le travailleur, de choisir entre les différents patrons, chaque soldat est contraint de sacrifier sa vie elle-même aux exigences de l’outillage militaire, et il y est contraint par la menace d’exécution sans jugement que le pouvoir d’État suspend sans cesse sur sa tête. Dès lors il importe peu que la guerre soit défensive ou offensive, impérialiste ou nationale&amp;nbsp;; tout État en guerre est contraint d’employer cette méthode du moment que l’ennemi l’emploie. La grande erreur de presque toutes les études concernant la guerre, erreur dans laquelle sont tombés notamment tous les socialistes, est de considérer la guerre comme un épisode de la politique extérieure, alors qu’elle constitue avant tout un fait de politique intérieure et le plus atroce de tous. Il ne s’agit pas ici de considérations sentimentales, ou d’un respect superstitieux de la vie humaine&amp;nbsp;; il s’agit d’une remarque bien simple, à savoir que le massacre est la forme la plus radicale de l’oppression&amp;nbsp;; et les soldats ne s’exposent pas à la mort, ils sont envoyés au massacre. Comme un appareil oppressif, une fois constitué, demeure jusqu’à ce qu’on le brise, toute guerre qui fait peser un appareil chargé de diriger les manœuvres stratégiques sur les masses que l’on contraint à servir de masses de manœuvre doit être considérée, même si elle est menée par des révolutionnaires, comme un facteur de réaction. Quand à la portée extérieure d’une telle guerre, elle est déterminée par les rapports politiques établis à l’intérieur&amp;nbsp;; des armes maniés par une appareil d’État souverain ne peuvent apporter la liberté à personne.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C’est ce qu’avait compris Robespierre et ce qu’a vérifié avec éclat cette guerre de 1792 qui a donné naissance à la notion de guerre révolutionnaire. La technique militaire était loin encore à ce moment d’avoir atteint le même degré de centralisation que de nos jours&amp;nbsp;; cependant depuis Frédéric II, la subordination des soldats chargés d’exécuter les opérations au haut commandement chargé de les coordonnner était fort stricte. Au moment de la Révolution, une guerre devait transformer la France, comme le dira Barère, en un vaste camp, et donner par la suite à l’appareil d’État ce pouvoir sans appel qui est le propre de l’autorité militaire. C’est le calcul que firent en 1792 la Cour et les Girondins&amp;nbsp;; car cette guerre qu’une légende trop facilement acceptée par les socialistes a fait apparaître comme un élan spontané du peuple dressé à la fois contre ses propres oppresseurs et contre les tyrans étrangers qui le menaçaient, constitua en fait une provocation de la part de la Cour et de la haute bourgeoisie complotant de concert contre la liberté du peuple. En apparence elles se trompèrent, puisque la guerre, au lieu d’amenr l’union sacrée qu’elles espéraient, exaspéra tous les conflits, mena le roi, puis les Girondins  à l’échafaud et mit aux mains de la Montagne un pouvoir dictatorial. Mais cela n’empêche pas que le 20 avril 1792, jour de la déclaration de guerre, tout espoir de démocratie sombra sans retour&amp;nbsp;; et le 2 juin ne fut suivi que de trop près par le 9 thermidor, dont les conséquences à leur tour, devaient bientôt amener le 18 brumaire. À quoi servit d’ailleurs à Robespierre et à ses amis le pouvoir qu’ils exercèrent avant le 9 thermidor&amp;nbsp;? Le but de leur existence n’était pas de s’emparer du pouvoir, mais d’établir une démocratie effective, à la fois démocratique et sociale&amp;nbsp;; c’est par une sanglante ironie de l’histoire que la guerre les contraignit à laisser sur le papier la Constitution de 1793, à forger un appareil centralisé, à exercer une terreur sanglante qu’ils ne purent même pas tourner contre les riches, à anéantir toute liberté, et à se faire en somme les fourriers du despotisme militaire, bureaucratique et bourgeois de Napoléon. Du moins restèresnt-ils toujours lucides. L’avant veille de sa mort Saint-Just écrivait cette formule profonde&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Il n’y a que ceux qui sont dans les batailles qui les gagnent, et il n’y a que ceux qui sont puissants qui en profitent ». Quant à Robespierre, dès que la question se posa, il comprit qu’une guerre, sans pouvoir délivrer aucun peuple étranger («&amp;nbsp;on n’apporte pas la liberté à la pointe des bayonnettes ») livrerait le peuple français aux chaînes du pouvoir d’État, pouvoir qu’on ne pouvait plus chercher à affaiblir du moment qu’il fallait lutter contre l’ennemi extérieur. «&amp;nbsp;La guerre est bonne pour les officiers militaires, pour les ambitieux, pour les agioteurs,… pour le pouvoir exécutif… Ce parti dispense de tout autre soin, on est quitte envers le peuple quand on lui donne la guerre.&amp;nbsp;» Il prévoyait dès lors le despotisme militaire, et ne cessa de le prédire par la suite, malgré les succès apparents de la Révolution&amp;nbsp;; il le prédisait encore l’avant-veille de sa mort, dans son dernier discours, et laissa cette prédiction après lui comme un testament dont ceux qui depuis se sont réclamés de lui n’ont malheureusement pas tenu compte.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’histoire de la Révolution russe fournit exactement les mêmes enseignements, et avec une analogie frappante. La Constitution soviétique a eu identiquement le même sort que la Constitution de 1793&amp;nbsp;; Lénine a abandonné ses doctrines démocratiques pour établir le despotisme d’une appareil d’État centralisé, tout comme Robespierre, et a été en fait le précurseur de Staline, comme Robespierre celui de Bonaparte. La différence est que Lénine, qui avait d’ailleurs longtemps préparé cette domination de l’appareil d’État en se forgeant un parti fortement centralisé, déforma par la suite ses propres doctrines pour les adapter aux nécessités de l’heure&amp;nbsp;; aussi ne fut-il pas guillotiné, et sert-il d’idole à une nouvelle religion d’État. L’histoire de la Révolution russe est d’autant plus frappante que la guerre y constitue constamment le problème central. La révolution fut faite contre la guerre par des soldats qui, sentant l’appareil gouvernemental et militaire se décomposer au-dessus d’eux, se hatèrent de secouer un joug intolérable. Kérenski, invoquant avec une sincérité involontaire, due à son ignorance, les souvenirs de 1792, appela à la guerre exactement pour les mêmes motifs qu’autrefois les Girondins&amp;nbsp;; Trotsky a admirablement montré comment la bourgeoisie, comptant sur la guerre pour ajourner les problèmes de politique intérieure et ramener le peuple sous le joug du pouvoir d’État, voulait transformer «&amp;nbsp;la guerre jusqu’à épuisement de l’ennemi en une guerre pour l’épuisement de la Révolution ». Les bolchéviks appelaient alors à lutter contre l’impérialisme, mais c’était la guerre elle-même, non l’impérialisme, qui était en question, et ils le virent bien quand, une fois au pouvoir, ils se virent contraint de signer la paix de Brest-Litovsk. L’ancienne armée était alors décomposée et Lénine avait répété après Marx que la dictature du prolétariat ne peut comporter ni armée, ni police, ni bureaucratie permanentes. Mais les arméees blanches et la crainte d’interventions étrangères ne tardèrent pas à mettre la Russie tout entière en état de siège. L’armée fut alors reconstituée, l’élection des officiers supprimée, trente mille officiers de l’ancien régime réintégrés dans les cadres, la peine de mort, l’ancienne discipline, la centralisation rétablies&amp;nbsp;; parallèlement se reconstituaient la bureaucratie et la police. On sait assez ce que cet appareil militaire, bureaucratique et policier a fait du peuple russe par la suite.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La guerre révolutionnaire est le tombeau de la révolution et le restera tant qu’on n’aura pas donné aux soldats eux-mêmes, ou plutôt aux citoyens armés, le moyen de faire la guerre sans appareil dirigeant, sans pression policière, sans juridiction d’exception, sans peines pour les déserteurs. Une fois dans l’histoire moderne, la guerre s’est faite ainsi, à savoir sous la Commune&amp;nbsp;; et l’on ignore pas comment cela s’est terminé. Il semble qu’une révolution engagée dans une guerre n’ait le choix qu’entre succomber sous les coups meurtriers de la contre-révolution, ou se transformer elle-même en contre-révolution par le mécanisme même de la lutte militaire. Les perspectives de révolution semblent dès lors bien restreintes&amp;nbsp;; car une révolution peut-elle éviter la guerre&amp;nbsp;? C’est pourtant sur cette faible chance qu’il faut miser ou abandonner tout espoir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Simone Weil, 1933.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Ne pas avaler !</title>
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    <pubDate>Thu, 12 Feb 2009 14:08:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>De première bourre</category>
        <category>critique</category><category>littérature</category><category>Noirte</category><category>révolution</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;L'encre de la presse est un poison. Jean-Marc Rouillan l'a vérifié à ses dépens qui est retourné en prison purger sa peine de perpétuité pour un commentaire publié dans &lt;/em&gt;L'Express&lt;em&gt; le 1er octobre 2008. Délit d'opinion, liberté d'expression, vous n'y êtes pas, le journal ne s'est pas excusé auprès de Jean-Marc Rouillan mais de sa «&amp;nbsp;victime&amp;nbsp;» : la veuve de M. Besse. La presse bourgeoise ne donne pas la parole à ses adversaires sauf pour les condamner ou les faire condamner. Elle ne protège que les siens et surtout s'ils ont du pouvoir !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;La création d'un nouveau parti anti-capitaliste (ne pas avaler&amp;nbsp;! nous disent certaines et certains) fait les gros titres de la presse bourgeoise et passe bien dans la lucarne de notre bon maître&amp;nbsp;! Attention, il y a du louche&amp;nbsp;! On craindrait que le bon peuple utilise d'autres armes que l'isoloir qu'on s'y prendrait pas autrement&amp;nbsp;? Relisons attentivement &lt;/em&gt;La grève des électeurs&lt;em&gt; de Mirbeau et n'oublions pas que les &quot;cacadres&quot; de ce nouveau parti ont dénoncé les émeutes de novembre 2005 et les présumés saboteurs de novembre 2011...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Et bonne lecture du texte qui suit de Lephauste...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;NPA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voici bien le sujet inépuisable, la manne pour qui veut penser un peu par soi-même. Pas évident, me direz vous de penser ainsi par les temps qui sont&amp;nbsp;! Pas si simple en effet, l'esprit de contradiction n'y suffit plus, il faut construire une opposition efficace face aux pouvoirs des corps constitués de l'industrie lourde, des religions, de la finances, des doctrines creuses comme la dent que je garde en réserve contre les chiens errants grassement nourris et qui trouvent niche dans le fenestron médiatisé&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- &quot;Mais qu'est-ce là mon cousin&amp;nbsp;? Quoi là&amp;nbsp;? Ce que vous portez autour du cou&amp;nbsp;! Ah ça&amp;nbsp;! Rien du tout, rien, tout au plus un collier ...&quot; (approximativement, le loup et le chien de monsieur de Lafontaine Jean.)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une opposition efficace&amp;nbsp;? La voici qui pointe son petit museau tout rose dans la personne de monsieur Olivier, le nouveau souteneur de la révolution anti-capitaliste. Un souteneur soutenu évidement par le fenestron. Son discours est lardé d'évidences&amp;nbsp;: Nous ne voulons plus du capitalisme&amp;nbsp;! C'est vrai nous ne voulons plus du capitalisme pour qui les révolutions sont comme des interludes, la suite de nos programmes reprend dans quelques instants&amp;nbsp;! Nous vous prions chers télé-visés de nous excuser pour cette interruption. Nous n'en voulons plus de ces partis qui valident, pour peu qu'on leur rembourse les frais de campagne le système qui les fait vivre sur le dos de &quot;l'espoir&quot;, nous n'en voulons plus de &quot;l'espoir&quot;, ce mot qui finit justement comme, on nous a assez pris pour des poires, n'est-ce pas&amp;nbsp;? L'espoir d'un monde meilleur porté par monsieur Nicolas versus monsieur Olivier. Personnellement, je n'en nourris pas d'espoirs car je sais que la révolution est violente et fille de l'abandon définitif de &quot;l'espoir&quot; au profit d'un désespoir si totalement désordonné que les effets de son action affolent, effraient, font fuir même ceux qui l'appellent de leurs vœux pieux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La révolution n'est pas bien élevée comme un facteur qui gagne sa vie en faisant des listes de noms relevés sur les boîtes aux lettres, à l'usage du commerce de détail et vous gave la fente d'un lot toujours accru de lettres recommandées. La révolution ne parle pas dans le poste et ne recueille pas des taux d'audience afin que les annonceurs affinent le message. La révolution n'est pas une illusion que le pouvoir laisse filer au profit de l'illusion démocrate. Illusions sur toute la ligne&amp;nbsp;! Combien nous faudra-t-il encore de petits magiciens pour que nous nous rendions enfin compte que chaque jour nous sommes dépossédés de nous même par ces escamoteurs de notre parole, ces leader d'opinions (&lt;em&gt;to lead&lt;/em&gt;, en anglais, remplir)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Attention mes dames&amp;nbsp;! Attention mes sieurs&amp;nbsp;! Dans un instant vous allez être subjugués, emberlificotés, pieds et poings liés, baillonnés par le sourire satisfait de monsieur Olivier&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Trotski&amp;nbsp;? Qui donc était Trotski&amp;nbsp;? Un type qui dans son train blindé, dans son grand manteau de cuir en vraie peau de dictateur du prolétariat, parcourait la Russie et menait l'armée rouge contre tout ce qui résistait au pouvoir naissant de l'administration des soviets. Un Tsar pour un autre. Assassiné dit-on par son vieux camarade Staline&amp;nbsp;? Trotskistes&amp;nbsp;? Qui sont donc ces trotskistes&amp;nbsp;? Je ne sais plus. De vieux ados à qui, il y a plus ou moins quarante ans, il manquait tout ce qui fait de l'adolescent type un consommateur énervé par la possession des dépossédés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Non monsieur Besancenot, vous n'êtes pas anti-capitaliste&amp;nbsp;! Vous êtes un des fruits sans pépins de ce système dont je ne crois pas que vous le combattiez. NPA&amp;nbsp;? Nulle Part&amp;nbsp;? Alors Ailleurs&amp;nbsp;! Cet ailleurs dont vous et les vôtres ignorez qu'il se trouve dans la colère et le désespoir qui ne se pavanent ponctuellement pas, face caméra.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un billet publié le 9 février sur le blog &lt;a href=&quot;http://humeurnoirte.hautetfort.com&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Humeur noirte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Lettre à la Gestapo</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/01/27/Lettre-a-la-Gestapo</link>
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    <pubDate>Tue, 27 Jan 2009 20:28:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>De première bourre</category>
        <category>critique</category><category>littérature</category><category>police</category><category>Robin</category><category>répression</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cette lettre d'Armand Robin adressée à la Gestapo en octobre 1943 est publiée dans le numéro 30 de l'excellente revue bibliographique &lt;/em&gt;À contretemps&lt;em&gt; qui consacre son numéro à ce poète et écrivain trop peu connu et publie quelques petites merveilles que vous pouvez aussi &lt;a href=&quot;http://acontretemps.org&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;lire sur leur site internet&lt;/a&gt;... Bizarrement, elle n'a pas été suivie par l'arrestation de son auteur qui est mort bien plus tard, en 1961, suite à son passage dans un commissariat parisien à l'Infirmerie spéciale du dépôt (de sinistre réputation) et dans des conditions jamais éclaircies. Georges Brassens qui était ami avec Armand Robin racontera plus tard à Louis Nucera qu'il «&amp;nbsp;avait pris l'habitude de téléphoner tous les soirs au commissariat de son quartier. Il demandait le commissaire, déclinait son identité, donnait son adresse et disait&amp;nbsp;: “Monsieur j'ai l'honneur de vous dire que vous êtes un con.” »&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;On le voit l'auteur du &lt;/em&gt;Temps qu'il fait&lt;em&gt; de &lt;/em&gt;La Fausse parole&lt;em&gt; et de nombreux autres livres publiés ici et là par de petits éditeurs avait l'art de se faire des amis. Parions que la lecture de cette lettre stupéfiante vous donnera envie de découvrir ses livres.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lettre à la Gestapo&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Preuves un peu trop lourdes de la dégénérescence humaine, il m’est parvenu que de singuliers citoyens français m’ont dénoncé à vous comme n’étant pas du tout au nombre de vos approbateurs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je ne puis, messieurs, que confirmer ces propos et ces tristes écrits. Il est très exact que je vous désapprouve d’une désapprobation pour laquelle il n’est point de nom dans aucune des langues que je connaisse (ni même sans doute dans la langue hébraïque que vous me donnez envie d’étudier). Vous êtes des tueurs, messieurs&amp;nbsp;; et j’ajouterai même (c’est un point de vue auquel je tiens beaucoup) que vous êtes des tueurs ridicules. Vous n’êtes pas sans ignorer que je me suis spécialisé dans l’écoute des radios étrangères&amp;nbsp;; j’apprends ainsi de précieux détails sur vos agissements&amp;nbsp;; mais, le propre des criminels étant surtout d’être ignorants, me faudra-t-il perdre du temps à vous signaler les chambres à gaz motorisées que vous faites circuler dans les villes russes&amp;nbsp;? Ou les camps où, avec un art achevé, vous faites mourir des millions d’innocents en Pologne&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si je vous écris directement, messieurs, c’est pour remédier au manque de talent de mes dénonciateurs&amp;nbsp;; cette variété de l’espèce humaine, particulièrement fréquente sous les régimes vertueux, manque de subtilité et de perfection&amp;nbsp;; je suis persuadé qu’elle ne m’a pas dénoncé à vous avec le savoir-faire qui s’impose dans cette profession. Vous avouerai-je qu’il y a dans ce manque d’achèvement quelque chose qui me choque et que je tiens à corriger&amp;nbsp;? Je voudrais, par simple goût du fini, suppléer aux déficiences de ceux qui veulent ma mort.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je suis las des menaces vagues, des dangers imprécis, des avertissements renouvelés, des inquiétudes non portées à l’extrême. Vous créez, messieurs, un monde tel qu’on ne sait plus s’il ne vaut pas mieux être immédiatement arrêté plutôt que de s’entendre dire chaque matin&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Prends garde à tes regards, prends garde à tes pas, prends garde à tes doigts, à tes épaules, à tes orteils, car tout en toi est fort dangereux&amp;nbsp;! » On veut, messieurs, m’empêcher de faire le moindre pas, car, me dit-on, votre courroux s’étend au-dessus de moi&amp;nbsp;; eh bien&amp;nbsp;! messieurs, non seulement j’ai décidé de continuer à faire des pas, mais encore j’ai décidé de courir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La Renommée, cette déesse présentement bien florissante, répand par toute la ville que je suis un fou. Sans doute est-ce cela qui vous retient&amp;nbsp;; je voudrais détruire en vous ce scrupule qui m’est profitable&amp;nbsp;; je puis vous assurer&amp;nbsp;: je suis le contraire d’un fou et j’ai une conscience fort exacte de tout ce que je fais. Ce n’est pas être fou que de dire en toute circonstance la vérité&amp;nbsp;; la vérité est toujours bonne à dire, et singulièrement lorsqu’elle est sûre d’être châtiée. La somme de délectation que j’éprouve à vous dire directement&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;TUEURS, VOUS ÊTES DES TUEURS&amp;nbsp;» dépasse les délectations que vous aurez à me tuer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je voudrais être menacé avec précision. Et d’autre part ce serait mal respecter l’ordre de l’assassinat, qui devient l’ordre coutumier de ces temps, que de contraindre les candidats à mon assassinat à fouiller toute la ville pour me trouver&amp;nbsp;; mon adresse actuelle, messieurs, est ignorée de presque tous&amp;nbsp;; la voici. Venez&amp;nbsp;! Je ne m’en irai pas&amp;nbsp;! Je laisserai même la porte ouverte. Vous m’y trouverez sans fatigue en ces heures très matinales où, jeannots lapins d’un nouveau genre, vous vous plaisez à commencer vos inédits ébats.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Messieurs, vous aurez été sans doute quelque peu surpris qu’en tête de cette lettre, je vous aie nommés&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Preuves un peu trop lourdes de la dégénérescence humaine&amp;nbsp;» ; il est peu probable que les singuliers citoyens français qui vous fréquentent soient à même de vous expliquer le sens de cette appellation&amp;nbsp;; je suis enclin à croire qu’ils ne doivent guère comprendre le français&amp;nbsp;; je dois donc perdre encore un peu de temps à vous préciser que cette appellation m’a été suggérée par la pesanteur bien connue de vos pas et le bruit également très connu de vos bottes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Vous avez de singuliers arguments, messieurs, pour propager l’idée que votre race est l’excellente&amp;nbsp;: ce sont des arguments de cuir. Vous ajouterai-je, messieurs, pour me tourner enfin vers cette Allemagne que vous prétendez représenter, que je ressens tous les jours une très grande pitié pour mon frère, le travailleur allemand en uniforme. Vous avez assassiné, messieurs, mon frère, le travailleur allemand&amp;nbsp;; je ne refuse pas, ainsi que vous le voyez, d’être assassiné à côté de lui.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Armand Robin , le 5 octobre 1943.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>En prison pour avoir coupé la télé ?</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/01/12/En-prison-pour-avoir-coupe-la-tele</link>
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    <pubDate>Mon, 12 Jan 2009 16:13:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>À boulet rouge</category>
        <category>critique</category><category>engagement</category><category>répression</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;En France le 22 avril 2007 (le soir du premier tour des élections présidentielles), ils sont allés couper des câbles pour éteindre la télé. Lorsqu’ils se sont fait arrêter, ils ont assumé leur acte&amp;nbsp;: l’un d’eux parce qu’il était chômeur et vivait en caravane a fait de la préventive avant d'être libéré. Tous deux ont été soumis à un contrôle judiciaire très strict.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le verdict du procès de ce «&amp;nbsp;sabotage&amp;nbsp;» sera rendu lieu le 14 janvier à Millau. La justice millavoise réclame entre 5 et 10 ans de prison pour «&amp;nbsp;association de malfaiteurs&amp;nbsp;» ! 10 ans pour Guilhem car en récidive légale - il avait participé à une action anti-pub - et 5 ans pour Rémi qui n'a pas de casier judiciaire.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Combien de temps faudra-t-il pour que ces actes de sabotage qui indiquent le degré de ras-le-bol soient enfin reconnus pour ce qu'ils sont&amp;nbsp;: des actes politiques, des actes de résistance à la farce démocratique et à ses valets&amp;nbsp;? La «&amp;nbsp;justice&amp;nbsp;» osera-t-elle condamner à plusieurs années de prison des personnes qui ont coupé un cable et interrompu des émissions de télévision ?&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/01/12/#pnote-50-1&quot; id=&quot;rev-pnote-50-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2009/01/12/#rev-pnote-50-1&quot; id=&quot;pnote-50-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Le verdict est tombé. Six mois de prison avec sursis ont été requis mercredi 14 janvier 2009 par le tribunal de Millau contre les deux prévenus. Le magistrat a retenu le chef d'inculpation de &quot;dégradation de bien public en réunion&quot; et a demandé que la peine de six mois avec sursis soit assortie d’une obligation de remboursement et de travaux d’intérêt généraux. Seul TDF a demandé des dommages et intérêts, pour un montant de 8.569,39 euros. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 25 février.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
    &lt;p&gt;&lt;em&gt;Un soir de décembre 2008, en Grèce, d’autres précaires ont interrompu en direct le discours du premier Ministre contre la colère de la rue. Sur la banderole qu'ils ont tendus devant l'écran était inscrit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Arrêtez de regarder et descendez dans la rue ». Alors que les luttes reprennent ici et là, et devant l’ampleur des licenciements à venir, les juges et les médias oseront-ils reprendre la rengaine qui a porté Sarkosy au pouvoir et taper sur ces «&amp;nbsp;chômeurs qui ne veulent pas travailler&amp;nbsp;» ? La télé osera-t-elle continuer à taper sur les «&amp;nbsp;assisté(e)s&amp;nbsp;» à 400 euros, alors que la comparaison avec les assisté(e)es de la finance à plusieurs centaines de milliards risque encore de faire monter la colère qu’expriment les ouvriers, les salari(é)es, les précaires, les jeunes dans la rue et dans les luttes.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Un comité de soutien a été créé autour des deux inculpés de Millau, toutes les infos et contacts sont disponibles ici&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.soutien-inculpes-relaistv.fr&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.soutien-inculpes-relaistv.fr&lt;/a&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ci-après la lettre ouverte de Guilhem et Rémi&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Éclaircissements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous avons, le soir des élections, interrompu les émissions de télévision en coupant les cables des émetteurs. Cet acte, realisé par des personnes libres de toute contrainte et non influencées n’est ni commandité, ni orchestré par une quelconque organisation, chacun étant libre de son choix. Il a été réalisé en contestation de l’influence des médias de masse, formant une entrave au déroulement d’une véritable démocratie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y avait-il une alternative aux résultats déjà programmé de l’affrontement entre le Ps et l’Ump&amp;nbsp;?
Peut-on dire que nous vivons dans une démocratie lorsque les questions et les réponses sont déjà établies et ne sont données que par des médias manipulateurs aux mains d’intérêts financiers directement liés aux politiques&amp;nbsp;? On vous dira que nous avons nui à la démocratie&amp;nbsp;; mais en quoi les personnes privées de télévision ce soir là étaient privées de réflexion ou de capacité à réagir et à débattre&amp;nbsp;? Nous préférions que nos «voisins» débattent entre eux, plutôt qu’avec leur poste de télévision.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cet acte n’étant que symbolique, nous n’avons pas souhaité le revendiquer sur le moment parce que nous pensions qu’il parlait de lui-même&amp;nbsp;! Ensuite deux personnes sont aujourd’hui inculpées. Les médias usent déjà des qualificatifs de «saboteurs», «commandos», «comparses»… reprenant ainsi directement les mots du procureur. Nous n’avons jamais voulu commettre d’acte totalitaire visant à renverser la démocratie mais susciter une réflexion.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cet acte était-il bien choisi&amp;nbsp;? Nous ne détenons pas de vérité quant à cette question. Certes nous étions conscients à l’époque des faits, d’un risque. Toutefois, l’inculpation choisie par la justice d’«association de malfaiteurs» est disproportionnée, deux personnes risquent aujourd’hui de lourdes peines. Nous dénoncer&amp;nbsp;? Nous constatons que cela ne fera qu’alourdir l’ensemble des sanctions. Quelques foyers n’ont pas eu de télévision pendant une soirée. Certains en ont été gênés, d’autres ont ri, et la plupart se sont couchés plus tôt. Cela nécessite-t-il de mettre deux personnes en prison pendant des années&amp;nbsp;? Puisque telle semble être l’intention de la justice.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Deux questions se posent aujourd’hui aux gens ici présents&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;1.  Cette peine encourue n’est-elle pas disproportionnée&amp;nbsp;? Ne mérite-t-elle pas d’être contestée&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;2.  Les motivations de cet acte méritent-elles d’être soutenues&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Vous vous poserez sans doute des questions, ce problème en soulève tant&amp;nbsp;! Nous pensons que nous n’avons pas de meilleurs réponses que celles que vous pourrez apporter.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Courrier adressé au comité de soutien, puis paru dans le &lt;em&gt;Midi Libre&lt;/em&gt; le 14 septembre 2007.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Les paradoxes de Jean-Marie Gustave Le Clezio</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/12/09/Les-paradoxes-de-Jean-Marie-Gustave-Le-Clezio</link>
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    <pubDate>Tue, 09 Dec 2008 19:55:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Remue-méninges</category>
        <category>critique</category><category>engagement</category><category>littérature</category><category>prolétariat</category><category>Rouillan</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Faut-il désespérer des moyens de communications actuels et se résigner à ce que nos mots ne soient jamais entendus&amp;nbsp;? Faut-il désespérer de ce que peut la littérature ou comme le souligne Philippe Geneste remarquer que l'actualité d'un écrivain comme Stig Dagerman à qui JMG Le Clézio emprunte le titre de son discours doit tout autant à son style qu'à son engagement pour un système politique jamais nommé et jamais essayé - l'anarchie - qui prône la démocratie et l'action directe et peut se résumer dans la phase suivante&amp;nbsp;:  “Je suis anarchiste&amp;nbsp;: c’est que je n’aime ni recevoir, ni donner des ordres.”&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Vous pouvez lire comme moi le &lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?article130&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;texte intégral du discours prononcé par JMG Le Clézio&lt;/a&gt; pour la remise du prix Nobel. Outre le titre, emprunté à Stig Dagerman, Le Clézio y pose la question de ce que peut la littérature.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il y fait un très long commentaire du texte  «&amp;nbsp;L'Écrivain et la conscience&amp;nbsp;» dont il cite l'extrait suivant&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Comment est-il possible par exemple de se comporter, d'un côté comme si rien au monde n'avait plus d'importance que la littérature, alors que de l'autre il est impossible de ne pas voir alentour que les gens luttent contre la faim et sont obligés de considérer que le plus important pour eux, c'est ce qu'ils gagnent à la fin du mois&amp;nbsp;? Car il (l'écrivain) bute sur un nouveau paradoxe&amp;nbsp;: lui qui ne voulait écrire que pour ceux qui ont faim découvre que seuls ceux qui ont assez à manger ont loisir de s'apercevoir de son existence.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le Clézio poursuit plus loin&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Le paradoxe ne date pas d'hier. François Rabelais, le plus grand écrivain de langue française, partit jadis en guerre contre le pédantisme des gens de la Sorbonne en jetant à leur face les mots saisis dans la langue populaire. Parlait-il pour ceux qui ont faim&amp;nbsp;? Débordements, ivresses, ripailles. Il mettait en mots l'extraordinaire appétit de ceux qui se nourrissaient de la maigreur des paysans et des ouvriers, pour le temps d'une mascarade, d'un monde à l'envers. Le paradoxe de la révolution, comme l'épique chevauchée du chevalier à la triste figure, vit dans la conscience de l'écrivain. S'il y a une vertu indispensable à sa plume, c'est qu'elle ne doive jamais servir à la louange des puissants, fût-ce du plus léger chatouillis.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous regretterons pour notre part que sa plume qui prend partie avec bonheur pour le peuple et ses enfants ne soit pas plus dur vis-à-vis des puissants, que la conscience de soi ne s'accompagne pas chez lui d'une conscience de classe qui fait écrire à Stig Dagerman dans ce même texte&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Il existe un reproche qui est bien plus fondé que les autres&amp;nbsp;: celui qui porte sur l’absence de prise de position de l’écrivain dans la lutte sociale. Le poète doit comprendre qu’il ne suffit pas de dire que la littérature est un monde à part. Il ne saurait non plus proclamer, avec des trémolos dans la voix, qu’il désire rester libre car personne ne peut être “libre” au point d’être dispensé de prendre position pour les opprimés dans leur lutte contre des oppresseurs qui, malgré tout ce que l’on pourra dire, resteront un fait indéniable tant que durera l’actuel système social. Parler de liberté dans ce contexte est synonyme de paresse, de lâcheté ou d’indifférence. &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/12/09/...&quot; title=&quot;...&quot;&gt;...&lt;/a&gt; Toutes les réformes et les utopies sociales paraissent futiles dans un système mondial où la faillite paraît la seule chose certaine. Et pourtant, il s’agit de se défendre contre cet ordre-là, voire de l’attaquer, même si l’on est tragiquement conscient du fait &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/12/09/…&quot; title=&quot;…&quot;&gt;…&lt;/a&gt; que cette défense comme cette attaque ne peuvent être que symboliques, mais qu’elles sont indispensables si l’on ne veut pas mourir de honte.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans les temps troublés qui sont les nôtres, nous pouvions de manière légitime nourrir l'espoir d'une prise de position plus ferme de la part de M. Le Clézio sur la faillite du système politique qui prend aujourd'hui le plus grand nombre en otage. Nous lui avions demandé par exemple de prendre position sur la réincarcération dont est victime Jean-Marc Rouillan (voir le &lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?article94&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;texte de la pétition ici&lt;/a&gt;). Faut-il que des écrivains nobelisés comme Le Clézio, Jelinek, Grass ou Saramago à qui nous avons aussi envoyé cette demande soit sourd et aveugle pour ne pas y avoir répondu (même négativement), ou bien faut-il désespérer des moyens de communications actuels et se résigner à ce que nos mots ne soient jamais entendus&amp;nbsp;? Non, nous ne nous résignerons pas à ce que des écrivains célèbres aujourd'hui avouent être «&amp;nbsp;en difficulté devant la réalité&amp;nbsp;» et ne puissent plus prendre position sur la faillite d'un système politique qui fait de nous ses otages et sur la répression qui s'abat sur des contestataires que l'on n'en finit plus de dire minoritaires alors qu'ils ne demande qu'à vivre et à expérimenter de nouvelles formes politiques. Des formes plus démocratiques qui ne passent plus par un système de représentation de moins en moins capable de favoriser des échanges qui ne soient pas ceux du commerce et de la marchandise. Et que bien au contraire le système par la voix de ses représentants semble de plus en plus décidé à criminaliser toute forme de partage et de vivre ensemble.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Enfin pour clôre cette introduction, je cite les mots de Jean-Marc Rouillan que le PEN club international par la voix de sa présidente Sara Whyatt ne veut pas défendre au motif de ce qu'il n'était pas encore un écrivain en 1987 &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/12/09/#pnote-48-1&quot; id=&quot;rev-pnote-48-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&amp;nbsp;! : «&amp;nbsp;Mes mots, s’ils respirent, ce n’est pas de ramper mais de dire. Et ce que je dis ne plaît pas à ceux qui voudraient qu’on se taise. Car dans mon cas judiciaire, il faudrait que j’accepte le livret de la victime expiatoire à la bonne raison de ne plus rien faire, de ne plus se rebeller ou alors avec des mots sourds et aveugles, étrangement orphelins de leur musique.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bonne lecture&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/12/09/#rev-pnote-48-1&quot; id=&quot;pnote-48-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Dans un courrier, du 18 novembre 2008, en réponse à l'envoi de la pétition « Parole en cage » elle répond : « Thank you for forwarding the petition on the return to prison of Mr Jean-Marc Rouillan. Mr Rouillan's sentence was passed for his leading role in the 1980s of Action Directe, and in particular for his responsibility in the murders of George Besse, Chief Executive of Renault, and General Rene Audran of the French defence ministry. International PEN works for the promotion of peace and does not support individuals how have carried out or promoted violence. In addition, Mr Rouillan, to our understanding, was not a writer at the time of his arrest in 1987. Mr Rouillan was thus not considered a suitable case for International PEN action during his imprisonment. We understand that Mr Rouillan was released provisionally last year, and that one condition of his release, that he subsequently breached, was that he not discuss the events that led to his conviction,and that this is seen by some as a violation of his right to freedom of opinion. We also understand that Mr Rouillan was the subject of appeals by Amnesty International following concerns about harsh prison conditions, particularly in the 1990s. However, the Writers in Prison Committee of International PEN continues to hold its opinion that Mr Rouillan's case is not one that falls within PEN's remit. Members of PEN are free to add their names to the petition in their individual capacities if they wish. »&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Un écrivain emprisonné pour délit d'ambiguité !</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/12/06/Un-ecrivain-emprisonne-pour-delit-dambiguite</link>
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    <pubDate>Sat, 06 Dec 2008 12:11:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>À boulet rouge</category>
        <category>critique</category><category>littérature</category><category>prolétariat</category><category>Rouillan</category><category>répression</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;En décidant de révoquer le régime de semi-liberté de Jean-Marc Rouillan pour des mots ambiguës publiés par la presse les juges «&amp;nbsp;antiterroristes&amp;nbsp;» ont décidé de remettre en prison un individu pour ce qu'il n'a pas dit.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cette décision confirme les propos de Jean-Marc Rouillan qui disait déjà en 2002&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je ne sortirai que si j’accepte de payer, et le paiement de cette rançon, c’est une déclaration, un texte politique qui condamne mon action dans l’organisation armée, mais bien au-delà, dans toutes les organisations auxquelles j’ai participé, comme le MIL, les GARI, jusqu’aux manifestations de l’après 68. Dans leur délire réactionnaire à vouloir tout édulcorer, l’histoire de la contestation armée dans ce pays n’est pas définitivement écrite, et cela tant que nous ne l’aurons pas co-signée de notre repentance. Cette repentance, c’est la rançon. La rançon du chantage. Tant qu’il me restera un soupçon de lucidité, je refuserai le chantage et je ne me renierai pas. »&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Nous reproduisons ici le communiqué du comité de soutien et appelons à signer les pétitions qui réclament la libération de Jean-Marc Rouillan. Nous vous incitons aussi à consulter les textes de soutien publiés dans la rubrique «&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?rubrique46&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;paroles libres&lt;/a&gt;&amp;nbsp;» du site de la revue &lt;/em&gt;Marginales&lt;em&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Communiqué&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La cour d’appel de Paris a prononcé, ce jeudi 4 décembre, la révocation de la semi-liberté de Jean-Marc Rouillan. Sur les passages incriminés de l’entretien paru dans &lt;em&gt;L’Express&lt;/em&gt;, les juges ont souligné que les propos de Jean-Marc Rouillan «&amp;nbsp;sont ambiguës mais qu’ils ont été perçus clairement par les familles des victimes ». La Cour considère que Jean-Marc Rouillan a enfreint l’une des 4 contraintes de son régime de semi-liberté (interdiction de s’exprimer sur les faits pour lesquels il a été condamné).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous considérons, pour notre part, que ce jugement indique la volonté de l’État de criminaliser l’expression d’un militant révolutionnaire. Nous dénonçons les lois «&amp;nbsp;antiterroristes&amp;nbsp;» qui autorisent l’incarcération pour délit d’opinion. Nous continuons à soutenir les démarches judiciaires pour obtenir la libération de Jean-Marc Rouillan. Nous appelons les signataires à être solidaires des actions qui seront menées pour obtenir cette libération.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://lesmotsenmarche.free.fr&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Les mots en marche&lt;/a&gt;, le 5 décembre 2008&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nota bene&amp;nbsp;: N’hésitez pas à faire circuler les deux pétitions qui restent ouvertes dans le cadre de la demande de libération de Jean-Marc Rouillan.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Lien vers les pétitions&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.cequilfautdetruire.org/petitions/?petition=1&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Jean-Marc Rouillan veut tourner la page sans la déchirer&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?article94&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Parole en cage&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Le crochet à évasion</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/11/19/Le-crochet-a-evasion</link>
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    <pubDate>Wed, 19 Nov 2008 13:35:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>À boulet rouge</category>
        <category>critique</category><category>Martinson</category><category>Rouillan</category><category>répression</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;C’est en observant une bouilloire que James Watt inventa la machine à vapeur. Martin Tomasson, lui, inventa le Crochet à évasion. Le bureau des brevets du ridicule, de la peine et des ténèbres n’avait plus qu’à s’en charger. Il l’inventa en 1918, alors que les journaux étaient pleins de récits d’atrocités. C’est sa lucidité tendue à l’extrême qui fut à l’origine de l’invention. Dans la langue de la peur, elle avait pour nom&amp;nbsp;: corde munie d’un crochet à évasion :&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Si la guerre civile éclate ici aussi et si quelqu’un vient m’assassiner, il faut que mon crochet à évasion soit prêt, pour que je puisse m’échapper au moyen de celui-ci en me balançant de branche en branche dans la cime des arbres. Ainsi, je ne laisserai aucune trace sur le sol et ceux qui me traquent pour me tuer ne sauront pas où je suis passé.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le dispositif est très simple. Il est constitué d’un banal crochet de fer courbé d’une certaine façon et fixé à l’extrémité d’une corde. Je lance la corde par-dessus une branche, dans l’arbre voisin, et me hisse dans celui-ci. Puis je détache le crochet et le jette par-dessus la branche suivante de l’arbre suivant. Ainsi fut découverte la liane mobile, réinventée à une époque tardive par un jeune singe très développé fuyant à travers les forêts du monde sous le coup de la peur.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/public/./.crochet_m.jpg&quot; alt=&quot;Crochet à évasion&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;
Image trouvée sur le site de &lt;a href=&quot;http://www.echelleinconnue.net/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;l'Échelle inconnue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Cela veut dire que l'on aurait les flics les plus cons du monde », disait hier, 18 novembre, le père de l'un des membres du «&amp;nbsp;comité invisible&amp;nbsp;» arrêté le 11 novembre dernier. Et que dire de la presse dite «&amp;nbsp;grande », des syndicats et des politiques bafouant la présomption d'innocence qui ont suivi et relayé les rapports des services secrets, se sont désolidarisés de militants politiques (parce qu'ils ne sont pas encartés dans leurs boutiques ?) tandis que ceux-ci étaient arrêtés et mis en garde à vue dans les pires conditions pour «&amp;nbsp;rien ». Mieux encore, la police qui a avoué (sans qu'on lui demande rien !) suivre depuis plus de six mois la vie privée de ce «&amp;nbsp;comité invisible&amp;nbsp;» semble incapable de produire autre choses que des pièces risibles pour justifier leur arrestation (horaires de train, matériel d'escalade, pinces coupantes, brochures anarchistes...).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'un des crimes de ceux qui souhaitaient rester invisibles (c'est raté !), semble selon Michèle Alliot-Marie de n'avoir pas parlé pendant les 4 jours de la garde à vue. Et peut-être, comme Jean-Marc Rouillan de n'être pas prêt de renier ce qu'ils ont écrit dans le petit livre &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/L-insurrection-qui-vient.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;L'Insurrection qui vient&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;... et pour cause, ayant vu de près le fonctionnement de l'État et de ses petits soldats au bord de la crise de nerf.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comme nous le rappelait &lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?article117&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Philippe Godard&lt;/a&gt; signataire d'&lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?article94&quot;&gt;une des pétitions&lt;/a&gt; initiées par «&amp;nbsp;Les Mots en marche »&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/11/19/#pnote-46-1&quot; id=&quot;rev-pnote-46-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; à propos de la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, «&amp;nbsp;lorsque cette politique que nous combattons frappe directement l’un d’entre nous, quels que soient nos points de désaccord avec lui, ce sont bien les politiques émancipatrices dans toute leur diversité que nous défendons en soutenant l’individu plus particulièrement frappé par le pouvoir.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;La littérature, disais-je dans un &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/11/19/post/2007/01/23/10-du-bo-du-bon-du-bo-net&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;billet&lt;/a&gt; de janvier 2007, a l'étrange capacité à nous parler de façon intime de ce qui nous agite au présent. Prenons ce texte de Harry Martinson extrait de &lt;em&gt;Il faut partir&lt;/em&gt;, le deuxième volume d'un récit autobiographique écrit par l'auteur dans le début des années 1930 et publiées par les éditions Agone dans la collection «&amp;nbsp;Marginales&amp;nbsp;» en 2002.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ne trouvez-vous pas que le texte qui suit résonne avec la volonté des invisibles que nous sommes&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/11/19/#rev-pnote-46-1&quot; id=&quot;pnote-46-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] • Sur le site de la revue &lt;em&gt;Marginales&lt;/em&gt; : &lt;a href=&quot;http://marginales.free.fr/spip.php?rubrique43&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://marginales.free.fr/spip.php?rubrique43&lt;/a&gt;. • Sur le site du mensuel &lt;em&gt;CQFD&lt;/em&gt; : &lt;a href=&quot;http://www.cequilfautdetruire.org/petitions/?petition=1&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.cequilfautdetruire.org/petitions/?petition=1&lt;/a&gt;. • Sur le site des « Mots en marche » : &lt;a href=&quot;http://lesmotsenmarche.free.fr&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://lesmotsenmarche.free.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
    &lt;p&gt;C’est en observant une bouilloire que James Watt inventa la machine à vapeur. Martin Tomasson, lui, inventa le Crochet à évasion. Le bureau des brevets du ridicule, de la peine et des ténèbres n’avait plus qu’à s’en charger. Il l’inventa en 1918, alors que les journaux étaient pleins de récits d’atrocités. C’est sa lucidité tendue à l’extrême qui fut à l’origine de l’invention. Dans la langue de la peur, elle avait pour nom&amp;nbsp;: corde munie d’un crochet à évasion&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si la guerre civile éclate ici aussi et si quelqu’un vient m’assassiner, il faut que mon crochet à évasion soit prêt, pour que je puisse m’échapper au moyen de celui-ci en me balançant de branche en branche dans la cime des arbres. Ainsi, je ne laisserai aucune trace sur le sol et ceux qui me traquent pour me tuer ne sauront pas où je suis passé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le dispositif est très simple. Il est constitué d’un banal crochet de fer courbé d’une certaine façon et fixé à l’extrémité d’une corde. Je lance la corde par-dessus une branche, dans l’arbre voisin, et me hisse dans celui-ci. Puis je détache le crochet et le jette par-dessus la branche suivante de l’arbre suivant. Ainsi fut découverte la liane mobile, réinventée à une époque tardive par un jeune singe très développé fuyant à travers les forêts du monde sous le coup de la peur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans les fermes où il va mendier, il entend les riches tempêter contre les Rouges, à l’Est. Dans le département de Halland, il arrive un jour chez un gros propriétaire et se fige sur le pas de la porte. Il a l’air d’un petit homme, maintenant, avec son pantalon&amp;nbsp;; on voit même sur le visage du paysan que celui-ci se dit qu’on peut s’attendre à n’importe quoi, de la part de quelqu’un comme lui. La fermière, elle, sait qu’il est là pour «&amp;nbsp;quémander&amp;nbsp;» ; elle sort sa grosse miche de pain de campagne, la serre contre son opulente poitrine de femme du Halland, en coupe une tranche et lui demande, en regardant par-dessus son épaule&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— D’où est-ce que tu viens&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Mon père habitait à la limite du Blekinge et du Göinge. Il possédait une grande maison, là-bas.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Ah bon. Mais à quoi bon demander ça. Tous les vagabonds mentent. Tu aimes la viande de porc&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Oui. Merci.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Alors, je t’en mets un ou deux morceaux. Mais on n’a pas les moyens de beurrer la tartine. Vous êtes tellement nombreux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le maître de maison vient de recevoir les journaux. Il est en train de les lire, assis près de l’écrémeuse. Soudain, il se fâche et dévisage, avec un regard chargé d’infamie, ce va-nu-pieds qui n’a même pas encore fait sa communion.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Ah, les ouvriers ont encore assassiné, dans un village de Finlande. C’est marqué là.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans son désir exagéré de se faire comprendre, il tend son journal en direction du va-nu-pieds en question, c’est-à-dire Martin. Un frisson passe dans le dos de celui-ci, sous le regard chargé de peur du paysan. Il se met à trembler, sur le pas de la porte, devant ce qu’il lit dans ce regard et entend dans cette voix&amp;nbsp;: cette façon de dire les choses sans les dire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce jeune homme est un chemineau, un vagabond, un va-nu-pieds. Quelle meilleure occasion pourrait se présenter de se décharger de tout ce qu’on porte en soi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Mais, s’ils veulent faire pareil ici, ces «&amp;nbsp;messieurs », il faut qu’ils se disent qu’on a des armes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Martin prend, avec un petit salut du haut du corps, la grande tartine que lui tend la fermière, en mettant le doigt sur les morceaux de viande, pour qu’ils ne tombent pas.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Merci. Mille mercis. Merci. Merci, merci.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il aimerait enterrer ce paysan sous les mercis mais n’est pas sans noter, d’une façon sacrément douloureuse, le sous-entendu dissimulé dans le mot «&amp;nbsp;messieurs ». Celui-ci est comme entouré d’une centaine de paires de guillemets. N’importe quel premier communiant, un peu au fait des intonations du langage quotidien parmi le peuple, est capable de le ressentir et il a l’impression de recevoir un coup d’épingle rouillée dans le cœur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ainsi, on fait don d’une main tout en maudissant de l’autre et Martin remercie, salue et s’éloigne.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une fois sur la route, il se met à manger, mais cela passe mal. Ce pain est sans âme et sa bouche sans énergie. L’âme a été extraite du pain qu’il mange et il peut aussi bien le jeter dans la rivière, en passant sur un pont. C’est ce qu’il fait. Sa bouche est amère et comme souillée par ce pain et il est lui-même épuisé de chagrin.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il regarde la tartine qui chavire, dans le courant, et voit les deux morceaux de porc flotter entre deux eaux&amp;nbsp;: deux petits carrés de viande taillés dans un animal dont on a gentiment caressé le dos juste avant d’étouffer les cris qu’il a poussés quand on l’a assommé puis égorgé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il continue son chemin. Et il ne tarde pas à oublier un instant la vie réglée que les hommes mènent dans les champs et les forteresses. Au-dessus de lui, les nuages vont et viennent dans le ciel. Ils tanguent comme de blanches nefs dépourvues de capitaine. Ah&amp;nbsp;! si seulement ils étaient captifs, comme des zeppelins. Mais non, le ciel serait bien sombre au-dessus de Londres, alors.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Non, c’est bien ainsi. Donne-nous aujourd’hui, mon Dieu, notre nuage quotidien.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Vers le soir, il trouve une grange et se faufile à l’intérieur sans rien demander à personne. Il ne veut pas qu’on lui fasse cadeau d’une couche en le maudissant dans le même souffle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais il ne parvient pas à s’endormir. Il se tourne et se retourne, sur la paille. Il se met à pleuvoir et cela crépite sur le toit. Au loin, un chien aboie dans la nuit. Martin écoute longuement. Le monde ressemble à un aboiement de chien et les saint-bernard ne tirent plus personne de la neige&amp;nbsp;: tout ce qu’ils font, c’est le maudire, lui. Peut-être ce monstre-là va-t-il venir fouiller dans la paille pour me sauver. Il rit un peu, intérieurement, malgré sa peur du noir et des chiens.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il finit par s’endormir mais fait des cauchemars et se réveille en poussant un cri, à moitié étouffé par la mer de paille. Elle est maudite, cette paille. Elle doit sentir qu’il est interdit d’y coucher. Il remue la tête pour la vider de ses cauchemars, mais un brin de paille pénètre dans une de ses narines et il se met à saigner du nez. Il sort le mouchoir de mademoiselle Tyra Aspengren – qu’il a pieusement conservé, bien qu’il soit sale et déchiré – et endigue le flot. Le sang ne tarde pas à se coaguler et à s’arrêter de couler. Après cela, il reste couché, à réfléchir et à fuir le sommeil. Je peux rester là. La lumière du jour ne va pas tarder, se dit-il. Toutes sortes d’idées de guerre et de révolte lui viennent à l’esprit. En imagination, il se sent menacé, harassé, persécuté.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C’est cette nuit-là qu’il invente le crochet à évasion, la liane mobile.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Harry Martinson&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Extrait de &lt;em&gt;Il faut Partir&lt;/em&gt;, Agone «&amp;nbsp;collection Marginales », 2002.&lt;/p&gt;</description>
    
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  <item>
    <title>Le ministère de la culture parle (enfin) d'un tarif postal pour le livre !</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/09/04/Le-ministere-de-la-culture-parle-enfin-dun-tarif-postal-pour-le-livre</link>
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    <pubDate>Thu, 04 Sep 2008 14:43:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>De première bourre</category>
        <category>critique</category><category>diffusion</category><category>la poste</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;En réponse à deux nouvelles &lt;a href=&quot;http://www.questions.assemblee-nationale.fr&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;questions au gouvernement&lt;/a&gt;, du député de Gironde Michel Sainte-Marie sur les tarifs postaux pour le livre, et de celui de Lot-et-Garonne Jérôme Cahuzac sur la suppression programmée des tarifs spéciaux accordés à la presse, le ministère de la culture parle (enfin) de la création d'un tarif postal pour le livre. La coordination des indépendants du livre demande depuis plus d'un an la création de ce tarif «&amp;nbsp;livre et revue&amp;nbsp;» mais surtout qu'il soit inscrit, comme le tarif «&amp;nbsp;sacs de livres », dans les missions de service public de la future entreprise postale. Gageons que sans cela, ce tarif sera très vite jeté aux oubliettes !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Réponse du 26 août 2008&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Le ministère de la culture et de la communication accorde chaque année son concours, par l'intermédiaire du Centre national du livre, à plus de trois cents maisons d'édition et revues littéraires et scientifiques, dont la diversité fait toute la richesse du paysage éditorial français. Plusieurs de ces maisons d'édition et de ces revues ont alerté le ministère de la culture et de la communication sur les effets, préoccupants pour leur pérennité économique, de la hausse des tarifs postaux résultant de la disparition de tarifs spécifiques ou adaptés à l'acheminement des livres. Cette augmentation touche principalement les petits éditeurs distribuant eux-mêmes leurs productions, soit directement auprès de leurs lecteurs avec des frais de port élevés, soit à travers le réseau des librairies par des envois ponctuels et le plus souvent unitaires qui entraînent également des frais de port élevés. Ces derniers peuvent être à la charge de l'éditeur ou répercutés sur le détaillant, celui-ci s'acquittant alors souvent de frais de port supérieurs à la marge qu'il peut dégager sur la vente de l'ouvrage commandé. Dans le circuit classique de distribution du livre, les frais de port, le plus souvent à la charge des détaillants, sont sensiblement moins élevés du fait du regroupement des commandes et des envois par des distributeurs professionnels. Pour faire face à ce risque de restriction de la diffusion et de la publication des livres, le ministère de la culture et de la communication a mis en place un groupe de travail réunissant l'ensemble des parties concernées (direction du livre et de la lecture, Centre national du livre, direction du développement des médias, Syndicat national de l'édition, coordination des indépendants du livre, syndicat de la librairie française, groupe La Poste) afin de définir, dans le cadre de la réglementation applicable, des conditions tarifaires favorables à une meilleure circulation des oeuvres. &lt;strong&gt;Lors de sa première réunion le 23 mai 2008, ce groupe de travail a notamment pu prendre acte de la réactivation du «&amp;nbsp;Sac de livres&amp;nbsp;» parmi l'offre de prestations postales et de la prochaine mise en place par La Poste en septembre 2008 d'un tarif plus adapté à l'envoi d'un seul livre.&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous prenons acte de cette réponse du ministère et demandons que les revendications de la coordination des indépendants du livre soit étudié lors de la prochaine réunion de ce groupe de travail (&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/public/RAPPEL_POSTE.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;PDF ci-joint&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour les éditeurs et libraires qui souhaitent envoyer leurs livres par sac postal, &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/public/SACS_DE_LIVRES.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;voici les démarches à suivre&lt;/a&gt;. Merci de faire parvenir par courriel à la coordination des indépendants du livre les dysfonctionnements que vous aurez constatés (et il y en a !).&lt;/p&gt;</description>
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Lettre ouverte aux parlementaires et à leurs lobbyistes sur la création d'un tarif postal « livre et revue »</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/07/04/Lettre-ouverte-aux-parlementaires-et-a-leurs-lobbyistes</link>
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    <pubDate>Fri, 04 Jul 2008 17:42:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>De première bourre</category>
        <category>critique</category><category>diffusion</category><category>la poste</category><category>travail</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Lettre ouverte adressée le vendredi 4 juillet 2008 par la &lt;a href=&quot;http://www.acrimed.org/article2677.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Coordination des indépendants du livre&lt;/a&gt;, à l'ensemble des députés ayant posé une question écrite au gouvernement sur la question d'un tarif postal pour le livre, à quelques autres parlementaires, syndicalistes et journalistes...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Bonjour,&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au moment ou des professionnels publient dans &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 2 juillet 2008 un «&amp;nbsp;Appel pour le livre&amp;nbsp;» faisant suite aux amendements (finalement repoussés) proposés par deux députés qui menaçaient la loi sur le prix unique du livre, il nous semble utile de vous faire connaître les quelques avancées du dossier sur le tarif postal «&amp;nbsp;livre et revue&amp;nbsp;» (&lt;em&gt;cf.&lt;/em&gt; notre précédent article&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/06/02/Ras-le-bol&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Une offensive peut en cacher une autre&lt;/a&gt; »).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- l'acceptation par les guichets de Poste de l'envoi au tarif «&amp;nbsp;lettre », suite à la condamnation par l'Arcep en septembre 2007...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- la confirmation par la direction de la Poste de l'existence du tarif  «sacs de livres ». Notons tout de même que cette reconnaissance s'accompagne d'un durcissement des conditions (sacs payants - complication administrative - quasi impossibilité d'obtenir ces fameux sacs), au point qu'il semble que la direction de la Poste tienne un double langage: à &lt;em&gt;Livres hebdo&lt;/em&gt;, elle affirme que les sacs de livres font toujours partie de l'offre de la Poste et sont disponibles, alors qu'en pratique, elle multiplie les obstacles pour se les procurer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- la publication par de nombreuses revues et bulletins professionnels des tarifs en cours à la Poste et de notre revendication d'un tarif pour le livre et les revues (notamment le dossier sur le «&amp;nbsp;transport du livre&amp;nbsp;» du n° 16 de la revue &lt;em&gt;Dazibao&lt;/em&gt; publiée par l'Agence régionale du livre en Provence-Alpes-Côte-d'Azur).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rappelons que la pétition pour un tarif postal préférentiel «&amp;nbsp;livre et revue&amp;nbsp;» rassemble plus de 8 000 signataires et a suscité plus de 40 questions au gouvernement &lt;a href=&quot;http://www.questions.assemblee-nationale.fr&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;[http://www.questions.assemblee-nationale.fr&lt;/a&gt; recherchez&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;tarifs postaux »]... Elle a été déposée en septembre 2007 auprès de la Commission européenne qui l’a transmise à la commission «&amp;nbsp;culture et éducation&amp;nbsp;» et une réunion de travail a eu lieu en mars 2008 à Bruxelles. Enfin, qu'elle a été officiellement remise aux deux Ministères (Cuture et Industrie) directement concernés par la question et à la Poste le 10 décembre 2007 accompagnée d'un dossier sur la question du transport du livre &lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/bloc-notes/public/DOSSIER_POSTE.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;[http://www.lekti-ecriture.com/bloc-notes/public/DOSSIER_POSTE.pdf&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous nous interrogeons sur l'absence quasi totale de curiosité de la part des quotidiens nationaux et régionaux pour les actions et les documents produits par la Coordination des indépendants du livre. En effet, notre pétition rassemble à ce jour plus de 8 000 signataires (moitié professionnels de la chaîne du livre, moitié lecteurs de tout horizon...), mais aussi par le truchement des 42 questions posées par des députés (de tous bords politiques et de toutes les régions) elle représente près de 1 500 000 citoyens. Tout cela pour une mesure aussi simple et facile à mettre en place que celle de l'instauration d'un tarif postal et l'inscription de celui-ci dans les missions de service public de l'entreprise la Poste. Que faut-il faire maintenant pour faire avancer cette réforme, demander à Amazon, Fnac, Alapage, Leclerc ou quelque autre entreprise de nous soutenir&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rappelons que depuis la remise de la pétition, seule une réunion de travail rassemblant au ministère de la culture, la Poste, le Syndicat de la librairie française (SLF), celui de l'édition (SNE) et la Coordination des indépendants du livre a eu lieu sans même que la question d'un tarif postal préférentiel «&amp;nbsp;livre et revue&amp;nbsp;» soit étudiée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par ce courrier, nous aimerions savoir où en est la possibilité d'ouvrir une commission de travail sur cette question du tarif postal comme nous l'avions suggéré à M. Jean-François Copé (président du groupe UMP) et à M. Jean-Marc Ayrault (président du groupe socialiste) ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En attendant de vous lire,&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La coordination des indépendants du livre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Contact&amp;nbsp;: laposte@lekti-ecriture.com&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour signer la pétition&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Site&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.cynthia3000.info/petition/?petition=3&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.cynthia3000.info/petition/?petition=3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/07/04/Lettre-ouverte-aux-parlementaires-et-a-leurs-lobbyistes#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Fuck Myspace ! Petite note à l'usage des égarés sur Myspace</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/06/24/Fuck-Myspace-Petite-note-a-lusage-des-egares-sur-Myspace</link>
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    <pubDate>Tue, 24 Jun 2008 09:23:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>À boulet rouge</category>
        <category>critique</category><category>engagement</category><category>patron</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Faut-il détruire internet&amp;nbsp;? Avant que de trancher cette question très rarement posée sur la toile, il nous semble utile de relayer cet appel qui présente quelques bonnes raisons de déserter des espaces mis à disposition ici et là et qui ne servent, encore une fois que ceux qui en sont les propriétaires. En l'occurrence, cette fois-ci, le milliardaire australo-américain Rupert Murdoch... &lt;/em&gt;
&lt;em&gt;Où l'on voit comment des groupes qui se proclament contestataire, autonome et indépendant peuvent se laisser berner par la technique et contribuer par leur présence sur Myspace à l'enrichissement de leur ennemi de classe.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi fuir MySpace ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À qui appartient MySpace&amp;nbsp;? À l’homme d’affaires australo-américain Rupert Murdoch. Milliardaire (on l'a déjà dit), ami personnel de la famille Bush, propagandiste politique par le biais de son empire médiatique (dont la très fameuse chaîne de TV Fox News, première chaîne d’information américaine) et soutien actif des interventions militaires des USA à travers le monde. Rappelons simplement que durant la préparation de l'invasion irakienne, les 175 journaux et publications que possède Murdoch à travers le monde ont toutes largement défendues l'entrée en guerre américaine&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/06/24/#pnote-41-1&quot; id=&quot;rev-pnote-41-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La logique est simple. La chose la plus complexe (et coûteuse) aujourd'hui pour les sites internet qui tirent leurs revenus de la publicité est de créer du contenu. Le contenu du réseau MySpace est créé à 100% par ses utilisateurs. MySpace a été racheté 580 millions de dollars et en vaudrait aujourd'hui 10 fois plus. Tout ça grâce à chacun de ses utilisateurs... Et cet argent ne sert qu'à renforcer le pouvoir et le contrôle social sur les populations.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais au-delà de ça, ça fait encore plus mal de voir des groupes, qui se revendiquent anti-capitalistes et prétendent défendre des alternatives, se vendre sans sourciller chez MySpace, endessous d'un beau bandeau de pub pour Air France, Meetic ou SFR. Et pire encore, de moins en moins de gens semblent se poser la question, l’effet de mode a marché en un temps-record, parfois même dès les premiers répétitions&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;il nous faut un MySpace&amp;nbsp;! ». Un gadget stupide gavé de pubs, devenu vital, avec d'acharnés défenseurs qui voient rouge dès qu'on leur parle de ce que ça représente.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Certains prônent le DIY mais ne sont pas foutus de passer plus d'une demi-heure pour faire un site qui va diffuser leur zique et servir de vitrine au monde entier. Les mecs passent des heures et des heures a torcher des morceaux, soigner des mélodies, mettre sur papier et en musique ce qu'ils ont dans les tripes... et balancent ça au monde entier sur des sites tous ripoux remplis de pubs, appartenant à la lie de l'humanité.. parce que c'est simple, facile et que presque tout le monde en a un. Et tant pis si on alimente les caisses d'une pourriture faf ultra puissante pour faire connaitre ses chansons anti-militaristes super-engagées, le manque de temps ou de compétences techniques à bon dos&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le jour où on distribuera à l'entrée des concerts le catalogue Dell ou des dépliants promo pour le Crédit Lyonnais et MMA (qui auront bien sûr subventionné le concert), on en trouvera toujours pour venir expliquer que c'est subversif et que ça nuit au système... excusez-nous par avance de pas être convaincu.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Petites réponses aux arguments trop souvent entendus...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Myspace est un outil formidable&lt;/strong&gt;
Et comment faisions-nous avant MySpace&amp;nbsp;? Et bien on créait des sites internet nous mêmes (avec nos doigts et notre cerveau), on s'envoyait des e-mails et tout fonctionnait tout aussi bien. Des connexions et des réseaux s'organisaient tout aussi bien. Nous nous revendiquons du mouvement punk, qui lui même a toujours défendu une vision DIY dans ses actes. Do It Yourself. Faire une page internet pour présenter son groupe est à la portée de tout le monde (ou d'un ami qui s'y connaît, dans le pire des cas). Cela demande un (tout petit) peu plus d'efforts que d'ouvrir un compte MySpace mais cela permet de rester indépendant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dommage de boycotter MySpace qui est un formidable outil de communication gratuit pour des dizaines de millier de groupes. Grâce à MySpace on entend et communique avec des groupes que l'on entend nulle part ailleurs... ou presque.&lt;/strong&gt;
Faux. Il existe encore (et heureusement !) des milliers de groupes qui n'ont pas de MySpace, ou n’en veulent pas. Et rien ne t'empêche de les découvrir, via un bon moteur de recherche, en lisant quelques fanzines, en écoutant quelques bonnes émissions de radios, ou en fréquentant quelques bons forums.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On peut rencontrer plein de gens grâce à MySpace.&lt;/strong&gt;
Curieux, moi qui pensait que ça servait seulement à dire «&amp;nbsp;thanks for the add&amp;nbsp;! ». Chacun peut ainsi de targuer d’avoir plein d’amis virtuels dans la scène, c’est formidable, en effet...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si l'on se pose la question pour MySpace, alors il faut se la poser pour toute la chaine dont il fait partie&amp;nbsp;: votre fournisseur d'électricité, la marque de votre ordi, votre système d'exploitation, etc.&lt;/strong&gt;
Ce raisonnement est faux. Il faut différencier déjà ce sur quoi on a le choix et ce sur quoi on ne l'a pas. Vous connaissez un un moyen alternatif de contourner EDF pour les particuliers&amp;nbsp;? Nous non... Vous connaissez un moyen de contourner les constructeurs informatiques&amp;nbsp;? Nous non... Et au passage, il est curieux de mettre MySpace au même niveau que son fournisseur d'électricité, l'un étant tout de même plus vital que l'autre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On sait qu'il y a plein de choses à critiquer chez MySpace, mais bon...&lt;/strong&gt;
Le principe du DIY qu'il ne faudrait quand même pas perdre de vue&amp;nbsp;: - si je sais consciemment que quelque chose est puant, je me prends en main pour trouver/proposer une alternative.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a des combats plus importants que MySpace.&lt;/strong&gt;
Ce genre de trucs, qui consiste à définir des priorités d'action, c'est juste l'excuse habituelle pour ceux et celles qui ne font jamais rien et se cherchent des excuses. Il faut voir ça d'une façon plus globale, comme un tout&amp;nbsp;: comment chacun agit concrètement contre le capitalisme, et autres formes d'exploitation, alors, si il trouve toujours un moyen de rabaisser les formes de luttes, aussi simples et en apparence insignifiantes soient-elles&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;Y'a plus important que le végétarisme », «&amp;nbsp;y'a mieux à faire que de critiquer Nike ou Mc Donald's », «&amp;nbsp;la lutte pour les OS libres OK, mais y'a plus important », et là «&amp;nbsp;critiquer Myspace ouais, mais vous avez rien de mieux à faire&amp;nbsp;? » Mais tout ça, ce sont juste différentes facettes de lutte, qui illustrent une lutte consciente ou non beaucoup plus globale. Si l’on s’en prends à ça au nom d'une tolérance bidon, du genre «&amp;nbsp;soyez un peu cools les mecs c'est pas méchant », on bride toute la mécanique de l'activisme quotidien - qui par définition a pas vocation à être trop visible, et qui comprend beaucoup de trucs en apparence «&amp;nbsp;insignifiants ». Mais au final ces trucs s'ajoutent, s'ajoutent, et l’on obtient une lutte cohérente, à son échelle, mais au moins elle existe.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a des groupes super engagés sur MySpace !&lt;/strong&gt;
T'as besoin de suivre des idoles&amp;nbsp;? Surtout quand elles sont elles-mêmes incohérentes, sciemment ou par ignorance...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Argument ultime&amp;nbsp;: Myspace est un outil de communication pour les groupes et les gens qui veulent se contacter rapidement sans se prendre la tête, se balancer des conneries, bla bla...&lt;/strong&gt;
Cette fois, laissons la parole à Patrick Le Lay, PDG de TF1: «&amp;nbsp;Dans une perspective &quot;business&quot;, soyons réaliste&amp;nbsp;: à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca- Cola, par exemple, à vendre son produit (...). Or pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible&amp;nbsp;: c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible (...). Rien n'est plus difficile que d'obtenir cette disponibilité. C'est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l'information s'accélère, se multiplie et se banalise ».&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/06/24/#rev-pnote-41-1&quot; id=&quot;pnote-41-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Pour en savoir plus sur Murdoch et Fox news, matez &lt;em&gt;Outfoxed, la guerre de R. Murdoch contre le journalisme&lt;/em&gt; : &lt;a href=&quot;http://www.ecranlarge.com/test-dvd-299.ph&quot; title=&quot;http://www.ecranlarge.com/test-dvd-299.ph&quot;&gt;http://www.ecranlarge.com/test-dvd-...&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://dynamite.lautre.net&quot; title=&quot;http://dynamite.lautre.net&quot;&gt;http://dynamite.lautre.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
</description>
    
    
    
          <comments>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/06/24/Fuck-Myspace-Petite-note-a-lusage-des-egares-sur-Myspace#comment-form</comments>
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    <title>Une offensive peut en cacher une autre !</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/06/02/Ras-le-bol</link>
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    <pubDate>Mon, 02 Jun 2008 13:52:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>À boulet rouge</category>
        <category>critique</category><category>diffusion</category><category>la poste</category><category>patron</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Alors que deux parlementaires viennent de provoquer une levée de boucliers au sein des professionnels du livre, la question d'un tarif postal pour le livre n'est toujours pas mise à l'étude. Qui se moque de qui ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Dans un articulet publié par &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; de vendredi 30 mai 2008 titré «&amp;nbsp;Offensive parlementaire contre le prix unique du livre&amp;nbsp;» on apprend que deux députés proposent un amendement qui signerait la mort du prix unique du livre. Une proposition d'amendement vite retirée devant la levée de boucliers de la profession. Tant mieux pour cette fois&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'affaire pourrait s'arrêter là si elle ne recouvrait pas l'énorme silence de la profession et des journalistes devant la proposition de la Coordination des indépendants du livre au sujet d'un tarif postal pour le livre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une «&amp;nbsp;offensive&amp;nbsp;» peut en cacher une autre... Cependant à consulter les noms des 40 députés ayant posé une question au gouvernement et des 8000 signataires de la pétition &quot;pour une libre circulation des idées&quot; lancée fin 2006 par l'Atelier du gué on se demande pourquoi la profession, les parlementaires et les journalistes tardent à agir sur cette question qui mobilise vingt fois plus de personnes&amp;nbsp;? Certaines mauvaises langues nous ont dit que la presse (et les parlementaires) ne pouvaient pas se permettre de critiquer l'entreprise postale...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Est-ce trop compliqué de voir que les choses sont simples&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;D'un côté deux députés de la majorité, de l'autre plus de 40 (de tous bords politiques). D'un côté 8000 signataires (dont plus de la moitié de professionnels), de l'autre une entreprise qui échappe à la loi française puisque son siège social est au Luxembourg !?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cela fait bientôt six mois que la Coordination des indépendants du livre a remis aux deux ministères concernés (culture et économie) et à la Poste un dossier conséquent sur le transport du livre et les tarifs postaux qui démontrent point par point comment l'augmentation des tarifs postaux provoque une censure qui ne dit pas son nom et fragilise non seulement les éditeurs indépendants mais aussi les libraires et à court terme l'ensemble de la chaîne du livre...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour ceux qui n'ont pas encore signé la pétition et qui veulent lire le dossier sur la Poste, une adresse&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.cynthia3000.info/petition/?petition=3&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.cynthia3000.info/petition/?petition=3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Folie électorale par Howard Zinn</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/02/29/Necessite-dune-litterature-proletarienne-4</link>
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    <pubDate>Fri, 29 Feb 2008 13:58:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Remue-méninges</category>
        <category>critique</category><category>engagement</category><category>Zinn</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cet article de l'historien américain Howard Zinn* a été publié le jeudi 28 février dans le journal italien &lt;/em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/28-Febbraio-2008/art4.html&quot;&gt;Il Manifesto&lt;/a&gt;&lt;em&gt;. Il nous a été transmis et traduit depuis l'italien par Marie-Ange Patrizio.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Howard Zinn s'interroge sur la part envahissante que les élections prennent dans nos vies au détriment de l'action et de l'organisation&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;notre temps, notre énergie, nous devrions les employer à instruire, mobiliser, organiser nos concitoyens sur leur poste de travail, dans notre quartier, dans les écoles. Notre objectif devrait être de construire, laborieusement, patiemment mais énergiquement, un mouvement qui puisse secouer qui que ce soit à la Maison Blanche, et au Congrès, en imposant un changement de politique nationale sur les questions de la guerre et de la justice sociale. »... Il revient sur plusieurs points d'histoire où les choix politiques ont été infléchis par la rue, et suggère de ne consacrer au vote pas plus des deux minutes nécessaires à mettre le bulletin dans l'urne.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;En Floride, il y a un homme qui m’écrit depuis des années (dix pages manuscrites) sans que je ne l’aie jamais rencontré. Il me raconte les différents travaux qu’il a faits, vigile, technicien réparateur, etc. Il a fait toutes sortes de travaux postés, nuit et jour, qui lui permettent à peine d’entretenir sa famille. Ses lettres ont toujours été pleines de rage, elle pestent contre notre système capitaliste qui ne garantit pas aux travailleurs «&amp;nbsp;la vie, la liberté, la recherche du bonheur ». Aujourd’hui justement j’ai reçu une lettre de lui. Heureusement elle n’était pas manuscrite, maintenant il se sert d’Internet&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Voila, aujourd’hui je vous écris parce que ce pays est pris dans une situation désastreuse que je ne peux pas accepter, je dois dire quelque chose là-dessus. Je suis vraiment furieux de cette crise des crédits. Ça me fout en l’air que la majorité des américains doive passer sa vie dans une situation d’endettement perpétuel, et que tant d’entre eux soient en train d’être ensevelis sous ce poids. P… , ça me fout en l’air. Aujourd’hui j’ai travaillé comme vigile et mon boulot était de surveiller une maison qui a été saisie et sera vendue aux enchères. Ils ont ouvert la maison aux visiteurs, et moi j’étais là pour monter la garde pendant la visite. Dans le même quartier il y avait trois autres vigiles qui faisaient la même chose, dans trois autres maisons. Pendant les moments creux je m’asseyais et je me demandais qui étaient ces gens qui avaient été expulsés, et où ils étaient maintenant ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce même jour où j’ai reçu cette lettre, le &lt;em&gt;Boston Globe&lt;/em&gt; a publié un article intitulé «&amp;nbsp;Des milliers de maisons saisies dans le Massachusetts en 2007 ». Le sous titre disait&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;on a réquisitionné 7563 maisons, presque le triple de 2006 ». Quelques soirs plus tôt, Cbs avait déclaré que 750 000 personnes infirmes attendaient depuis des années leurs allocations de prévoyance sociale parce que le système était insuffisamment financé et qu’il n’y avait pas assez de personnel pour traiter toutes les requêtes, même les plus graves.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce genre d’histoire est rapporté par les médias, mais elles disparaissent instantanément. Ce qui ne disparaît pas, ce qui occupe la presse jour après jour, impossible de l’ignorer, c’est la frénésie électorale.
Ça, ça passionne le pays tous les quatre ans parce que nous sommes éduqués pour croire que voter est fondamental pour déterminer notre destin&amp;nbsp;; que l’acte le plus important qu’un citoyen puisse accomplir c’est de se rendre aux urnes pour choisir une des deux médiocrités qui ont déjà été choisies pour nous. C’est un test à choix multiples tellement limité, tellement spécieux qu’aucun enseignant qui aurait le moindre respect pour lui-même ne le donnerait à ses étudiants.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et c’est triste de le dire, le défi présidentiel a hypnotisé de la même façon les libéraux et les radicaux. Nous sommes tous vulnérables.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Est-il possible ces jours-ci de voir des amis en évitant ce thème des élections présidentielles&amp;nbsp;?
Ces personnes même qui devraient être les plus averties, ayant critiqué l’emprise des médias sur la mentalité nationale, se retrouvent paralysées par la presse, scotchées à la télé, pendant que les candidats décochent œillades et sourires en proposant une marée de clichés avec une solennité qui tient du poème épique. Même dans nos soi-disant périodiques de gauche, il faut reconnaître qu’une quantité exorbitante d’attention est consacrée à l’examen minutieux des principaux candidats.
À l’occasion on jette un os à ronger aux candidats mineurs, même si tout le monde sait que notre merveilleux système politique démocratique les laissera dehors.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Non, je ne suis pas en train de prendre une position d’ultra-gauche selon laquelle les élections seraient totalement insignifiantes, et que nous devrions refuser de voter pour préserver la pureté de notre moralité. Oui, il y a des candidats qui sont un peu mieux que les autres, et dans certaines périodes de crise nationale (les années 30, par exemple, ou aujourd’hui) même une légère différence entre les deux partis peut être une question de vie ou de mort.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je suis en train de parler d’un sens des proportions qui a disparu de la folie électorale. Soutiendrais-je un candidat contre un autre&amp;nbsp;? Oui, pendant deux minutes&amp;nbsp;: le temps qu’il faut pour abaisser le levier dans une cabine électorale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais avant et après ces deux minutes, notre temps, notre énergie, nous devrions les employer à instruire, mobiliser, organiser nos concitoyens sur leur poste de travail, dans notre quartier, dans les écoles. Notre objectif devrait être de construire, laborieusement, patiemment mais énergiquement, un mouvement qui, une fois que nous aurions atteint une certaine masse critique, puisse secouer qui que ce soit à la Maison Blanche, et au Congrès, en imposant un changement de politique nationale sur les questions de la guerre et de la justice sociale. Souvenons-nous que même quand il y a un candidat «&amp;nbsp;meilleur&amp;nbsp;» (oui, mieux Roosevelt que Hoover, mieux n’importe qui que Georges Bush), cette différence ne signifiera rien à moins que le pouvoir du peuple ne s’affirme en des modes que l’occupant de la Maison Blanche aura du mal à ignorer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les politiques sans précédents du New Deal – prévoyance sociale, assurance chômage, créations d’emplois, salaire minimum, subventions pour le logement- ne furent pas simplement le résultat du progressisme de Roosevelt. L’Administration Roosevelt, dès son installation, trouva face à elle une nation en ébullition. La dernière année de l’Administration Hoover avait vu la rébellion du Bonus Army&amp;nbsp;: des milliers de vétérans de la première guerre mondiale avaient marché sur Washington avec leurs familles pour demander de l’aide au Congrès, parce que leurs familles crevaient de faim. Des manifestations de chômeurs eurent lieu à Detroit, Chicago, Boston, New York, Seattle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En 1934, au début de la présidence Roosevelt, il y eut des grèves dans tout le pays, y compris une grève générale à Minneapolis, une grève générale à San Francisco., des centaines de milliers de gens qui croisèrent les bras dans les industries textiles du Sud. Dans tout le pays on assista à la naissance des conseils de chômeurs. Les gens, désespérés, se mobilisèrent, de façon autonome, en imposant à la police de remettre à leur place les meubles des locataires expulsés, et en créant des organisations d’aide mutuelle avec des centaines de milliers de membres. Sans une urgence nationale –destitution et rébellion économique- l’Administration Roosevelt aurait peiné à décider ces réformes courageuses.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Aujourd’hui, nous pouvons être sûrs que le Parti Démocrate, à moins de se trouver devant une mobilisation populaire, ne quittera pas le centre. Les deux principaux candidats à la présidence ont été clairs&amp;nbsp;: s’ils sont élus ils n’arrêteront pas la guerre en Irak immédiatement, et ils n’institueront pas un système d’assistance sanitaire gratuite pour tous. Ils n’offrent pas de changement radical par rapport au statu quo. Ils ne proposent pas ce que le désespoir actuel de la population demande désespérément&amp;nbsp;: la garantie de la part du gouvernement d’un poste de travail pour tous ceux qui en ont besoin, un revenu minimum pour chaque famille, une aide pour tous ceux qui risquent l’expulsion ou la saisie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ils ne suggèrent pas les coupes radicales dans les dépenses militaires ou les changements radicaux dans le système fiscal qui libèrerait des milliards, et même des trillions, pour les destiner aux programmes sociaux afin de transformer notre mode de vie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rien de tout cela ne doit nous étonner. La Parti Démocrate n’a rompu avec son conservatisme historique, sa complaisance envers les riches, sa prédilection pour la guerre que quand il a rencontré en face de lui la rébellion d’en bas, comme dans les années 30 et 60. Nous ne devons pas nous attendre à ce qu’une victoire dans les urnes en novembre commence à libérer le pays de ses deux maladies fondamentales&amp;nbsp;: l’avidité du capitalisme et le militarisme. C’est pour cela que nous devons nous libérer de la folie électorale qui emporte toute la société, y compris la gauche.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Oui, deux minutes. Avant, et après, nous devons nous mobiliser personnellement contre tous les obstacles à la vie, à la liberté, et à la recherche du bonheur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Par exemple, les saisies qui arrachent des millions de personnes à leurs maisons devraient nous rappeler une situation semblable qui eut lieu après la guerre révolutionnaire, quand les petits agriculteurs (comme aujourd’hui nombre de nos SDF) ne pouvaient pas se permettre de payer les impôts et furent menacés de perdre leur terre, leur foyer. Ils se rassemblèrent par milliers autour des tribunaux et empêchèrent le déroulement des ventes aux enchères.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Aujourd’hui, l’expulsion des gens qui n’arrivent pas à payer leur loyer devrait nous rappeler ce que firent les gens dans les années 30, quand ils se mobilisèrent et remirent les affaires des familles expulsées dans leurs appartements, en défiant les autorités.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Historiquement le gouvernement, qu’il fut dans les mains des républicains ou des démocrates, des libéraux ou des conservateurs, a failli à ses propres responsabilités, jusqu’à ce qu’il n’y soit obligé par la mobilisation directe&amp;nbsp;: sit-in et freedom rides pour les droits des noirs, grèves et boycotts pour les droits des travailleurs, rébellions et désertions des soldats pour arrêter la guerre. Voter est un geste facile et d’utilité marginale, mais c’est un pauvre ersatz de la démocratie, qui requiert la mobilisation directe des citoyens engagés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Traduit de l’anglais à l’italien par Maria Impallomeni &lt;/em&gt;The progressive magazine&lt;em&gt; et de l'italien au français par Marie-Ange Patrizio&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Howard Zinn est l’auteur notamment de &lt;em&gt;Une histoire populaire des Etats-Unis, de 1492 à nos jours&lt;/em&gt; traduit de l’américain par Frédéric Cotton, Agone, 2002.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/02/29/Necessite-dune-litterature-proletarienne-4#comment-form</comments>
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    <title>Ordre scolaire bourgeois contre culture prolétarienne</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/Ordre-scolaire-bourgeois-contre-culture-proletarienne</link>
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    <pubDate>Mon, 14 Jan 2008 12:16:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>marginales</dc:creator>
        <category>Manifeste</category>
        <category>critique</category><category>prolétariat</category><category>école</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ce texte de Philippe Geneste a été publié dans le deuxième numéro de la revue&lt;/em&gt; Marginales, Le refus de parvenir. Misère de l'école, utopies éducatives. &lt;em&gt;paru en juillet 2003.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;En France, l’école dite laïque, dite obligatoire, dite gratuite est mise en place par la bourgeoisie à un moment de reconstitution du mouvement ouvrier, après l’écrasement sanglant de la Commune. La bourgeoisie a le cœur encore soulevé de frayeur d’avoir vu le peuple insurgé auto-organisant les rouages sociaux, économiques et symboliques. Si, à droite et à l’extrème droite, s’agitent les très cléricaux monarchistes et légitimistes, adossés aux grands propriètaires ruraux et à la bourgeoie négociante, c’est à ce que l’on va nommer les républicains modérés que la bourgeoisie industrielle va confier ses intérêts pour éviter de nouveaux soubressauts. Elle est révolue la période de 1848, où la bourgeoisie avait la bouche pleine de discours humanitaires sur les conditions de vie du peuple, sur l’ignorance et les scandales de l’exploitation. Après 1871, la rupture entre la classe bourgeoise et le prolétariat est accomplie. Le partage des eaux claires du socialisme d’avec celles teintés du sang des travailleurs du capitalisme est achevé. Comme le vote va être l’instrument de l’illusion d’une autonomie de pensée et de choix politique, la pédagogie primaire sera celui de l’écrasement du peuple dans sa conscience sociale même.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jules Ferry est un bourgeois à l’esprit clair, fier &lt;em&gt;condottiere&lt;/em&gt; du Capital, dont on a voulu faire un mythe. Homme de l’école laïque &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#pnote-32-1&quot; id=&quot;rev-pnote-32-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, on oublie combien son œuvre scolaire est liée à son œuvre coloniale. L’asservissement des consciences, ici, avait pour pendant l’assujetissement des peuples colonisés, là-bas. À en croire le mythe, la Troisième République apporta les lumières de l’instruction à un peuple ignare. Mais il y a un envers du tableau, que brosse la littérature ouvrière du 19e siècle &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#pnote-32-2&quot; id=&quot;rev-pnote-32-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&amp;nbsp;: celui de prolétaires, fiers de la culture qu’ils s’étaient forgée dans la lutte menée pour une écriture prolétarienne. Dans la voracité de lecture des autodidactes, comme à travers les activités d’organisations prolétariennes, se dessine un désir passioné d’émancipation. La bourgeoisie n’était pas dupe. La fin du 19e siècle est marqué par la conscience internationale des opprimés, l’avénement du syndicalisme, la poussée vers les Bourses du travail. C’est toute une contre-société qui se met en place, avec ses propres canaux de diffusion, ses journaux, sa propre littérature. Le mouvement de littérature prolétarienne reflète cette conception de la culture comme moyen de gagner son indépendance de classe et, par là, oeuvrer à l’émancipatiopn de ceux d’en bas.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette conquête culturelle n’est pas le fruit d’une minorité isolée du peuple. Martin Lyons &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#pnote-32-3&quot; id=&quot;rev-pnote-32-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; a recensé en angleterre, entre 1790 et 1900, quelque 800 autobiographies ouvrières. Étudiant les manuels didactiques, il pointe chez les élites bourgeoises les craintes qui accompagnent l’alphabétisation des classes laborieuses.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En France, l’institution de l’école des années 1880 relève de cette même volonté de canalisation du peuple dans les voies culturelles de la bourgeoisie. C’est le principal fondement des discours de Jules Ferry argumentant devant des parterres de sa classe, en faveur de son projet d’école primaire. Il s’agit de casser les espaces d’autonomie prolétariennes pour mieux enchaîner le peuple à la reproduction de l’ordre bourgeois. C’est pourquoi, contrairement à ce que les débats contemporains sur l’école peuvent laisser entendre, l’école de Jules Ferry n’est pas une école des savoirs, mêmes élémentaires, mais une école des valeurs bourgeoises; ce n’est pas une école de l’instruction, c’est une école de l’éducation&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Cette éducation n’a pas pour but de faire savoir, mais de faire vouloir », dit l’article «&amp;nbsp;Politique&amp;nbsp;» du &lt;em&gt;Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire&lt;/em&gt; dû à Ferdinand Buisson, un des plus prôches collaborateurs de Jules Ferry. Et il ajoute&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;L’instituteur est un instrument d’éducation, et même, si on y réfléchit bien, d’éducation politique.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La lecture des programmes de 1886 et 1887 démontre que l’école laïque est une école de classe. L’enseignement moral et civique vient remplacer le catéchisme pour stipuler à l’enfant ses devoirs et bien peu de droits&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Le grand tour de passe-passe est de transformer en un noble devoir social, tout auréolé de sacrifices, l’obligation où est le travailleur de peiner pour les capitalistes. C’est là un lieu commun de tous les traités de morale &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#pnote-32-4&quot; id=&quot;rev-pnote-32-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&amp;nbsp;» Ainsi peut-on lire dans &lt;em&gt;L’Honnête Homme&lt;/em&gt;, la manuel de Jules Steeg paru en 1888&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Ce n’est pas avec mollesse, par contrainte et par nécessité, sans goût, plaisir que nous devons travailler; mais avec entrain, avec conviction, moins pour le gain pécuniaire que pour le gain moral. Le travail est notre champ de bataille. Comme les armées vont au combat, musique en tête, tambour battant pour conquérir la gloire des armes, ainsi nous devons aller au travail&amp;nbsp;: vivement, comme de braves gens, pleins de courage et de vaillance, sûrs de nous-mêmes et de la victoire.&amp;nbsp;» Le style lyrico-épique épouse la pensée binaire de l’auteur qui ne manque pas de dénoncer ces «&amp;nbsp;grèves qui risquent de porter un coup à la richesse nationale ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais comment faire ravaler au peuple ses espaces d’autonomie culturelle? En brisant ses sources linguistiques ( les langues locales), en installant l’individu comme valeur sociale de base en lieu et place du collectif et de sa classe d’appartenance. Cette mission est confiée à l’idéologie de l’égalité des chances alors même que le système scolaire est divisé selon l’origine sociale des élèves (le primaire et primaire supérieur pour le peuple, le secondaire - lycées et colléges incluent des classes primaires payantes en leur sein - pour les enfants de la bourgeoisie). Écoutons le fameux discours de Jules Ferry, daté du 10 avril 1870 (déjà)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Je ne viens pas prêcher je ne sais quel nivellement absolu des conditions sociales qui supprimerait dans la société les rapports de commandement et d’obéissance (…) Ce que j’appelle le commandement démocratique ne consiste donc plus dans la distinction de l’inférieur et du supérieur; il n’y a ni inférieur ni supérieur; il y deux hommes égaux qui contractent ensemble, et alors, dans le maître et dans le serviteur, vous n’apercevrez plus que deux contractants ayant chacun leurs droits précis, limités et prévus; chacun leurs devoirs, et, par conséquent, chacun leur dignité &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#pnote-32-5&quot; id=&quot;rev-pnote-32-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il s’agit, par l’école et par la langue nationale unique, d’instituer les conditions de marché, de la libre circulation du capital humain national sur un territoire uniformisé. Le but de l’idéologie égalitariste des chances est d’empêcher les classes populaires de remmettre en cause l’ordre social par l’élaboration de savoirs dans le cadre de l’éducation coopérative ou mutuelle qui se met en place. La littérature prolétarienne, les organisations ouvrières, les regroupements qui vont donner naissance au syndicalisme sont, en effet, autant d’espaces autonomes de production des savoirs, donc, autant de foyers de résistance aux menées de la bourgeoisie. Et c’est bien cela le plus innacceptable pour tout pouvoir, car c’est dans le creuset de la production des savoirs que se love la charge subversive ou assujetissante de l’acte d’éducation; car c’est dans le creuset des pratiques que se construit une culture collective. Jules Ferry en a conscience&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Dans les écoles confessionnelles, les jeunes reçoivent un enseignement dirigé tout entier contre les institutions modernes. On y exalte l’ancien régime et les anciennes structures sociales. Si cet état de choses se perpétue, il est à craindre que d’autres écoles se constituent, ouvertes aux fils d’ouvriers et de paysans, où l’on enseignera des principes diamétralement opposés, inspirés peut-être d’un idéal socialiste ou communiste emprunté à des temps plus récents, par exemple à cette époque violente et sinistre comprise entre le 18 mars et le 24 mai 1871 &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#pnote-32-6&quot; id=&quot;rev-pnote-32-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Or, il faut, pour la bourgeoisie, tuer dans ses organes vifs cette autonomie du peuple et d’une expression artistique propre, qui parvient à s’expliquer avec elle-même, “car un tel art serait un art prolétarien, un art de classe par lequel la réalité du travail salarié et de l’exploitation serait reconnue comme telle, ce qui serait le premier pas vers son abolition &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#pnote-32-7&quot; id=&quot;rev-pnote-32-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;© Philippe Geneste&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#rev-pnote-32-1&quot; id=&quot;pnote-32-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] La laïcité reste la seule vraie avancée de son ministère par l’opposition aux cléricaux qu’elle implique, mais il ne faut pas oublier qu’elle a joué un rôle idélogique actif dans la masquage des oppositions de classes et l’uniformisation mentale patriotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#rev-pnote-32-2&quot; id=&quot;pnote-32-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Lire Edmond thomas &lt;em&gt;Voix d’en bas,&lt;/em&gt; Maspero, 1979 (Ouvrage disponible chez Plein Chant, 16120 Bassac.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#rev-pnote-32-3&quot; id=&quot;pnote-32-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] « La Culture littéraire des travailleurs. Autobiographies ouvrières dans l’Europe du 19°siècle », &lt;em&gt;Annales&lt;/em&gt; n° 4-5 juillet-octobre 2001, p. 927-946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#rev-pnote-32-4&quot; id=&quot;pnote-32-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] Antoine Richard, « L’école de la bourgeoisie conservatrice », L’École émancipée, n° 35, 31 mai 1931&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#rev-pnote-32-5&quot; id=&quot;pnote-32-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Cité par Chistian Nique et Claude Lelièvre, &lt;em&gt;La République n’éduquerar plus. La fin du mythe Ferry,&lt;/em&gt; Plon, 1993, p. 31&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#rev-pnote-32-6&quot; id=&quot;pnote-32-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] Cité par Jean Foucambert, &lt;em&gt;L’École de Jules Ferry,&lt;/em&gt; Retz, 1990, p. 58&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.lekti-ecriture.com/blogs/marginales/index.php/post/2008/01/14/#rev-pnote-32-7&quot; id=&quot;pnote-32-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] Walter Benjamin, &lt;em&gt;Œuvres&lt;/em&gt;, Gallimard, 2000, p. 160&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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