Pour fêter l'arrivée en librairie du numéro 6 de la revue Marginales, voici un nouvel inédit de Stig Dagerman. Comme le rappelle Philippe Geneste dans son introduction ce qui étonne dans ces textes c'est leur capacité à « renouveler sans cesse notre compréhension du monde (...) Beaucoup d’œuvres d’écrivains célèbres ou obscurs (des années 1940) apparaissent aujourd’hui écrasées par les circonstances. Ce n’est pas le cas de celle de Dagerman. » À lire ce court texte de « circonstance » écrit en 1949, on mesure l'actualité toujours brûlante d'un auteur, placé à tort par certains de ses commentateurs, dans « les rangs des incompris de l’histoire », qui s'efforce de dire avec clarté ce qu'il voit et ne se prive pas de dénoncer son peu de goût pour la camisole du « possible » dans laquelle les dominants cherchent à nous maintenir.
Stig Dagerman
La vie et l’œuvre de Stig Dagerman se confondent avec son combat pour les idéaux libertaires. Né en 1923, abandonné par sa mère à la naissance, il est élevé par ses grands-parents paternels, paysans de l’Uppland. Dès l’hiver 1941, il adhère à la section des jeunes du mouvement anarcho-syndicaliste suédois. Nommé à l’âge de vingt-deux ans responsable de la rubrique culturelle du journal Arbetaren (Le travailleur), organe de presse de l’anarcho-syndicalisme suédois, il poursuit parallèlement à une intense activité littéraire, une activité journalistique dont témoignent des centaines d’articles (politiques, culturels ou de simple actualité) et plus de deux mille billets de révolte quotidienne. Automne allemand marque un des moments forts de son travail de journaliste ; voyage au cœur d’une Allemagne vaincue, peuplée d’hommes et de femmes qui ont reçu tant « de leçons dans l’art de mourir qu’ils ne (savent) plus vivre » et violent réquisitoire contre cet « ordre mondial aussi inébranlable qu’archaïque qui (nous) condamne à vivre dans un désespoir perpétuel ». L’Île des condamnés dresse le tableau saisissant d’un monde absurde où chacun, enfermé dans sa solitude et ses fantasmes, retourne contre soi la lutte qu’il faudrait diriger contre les forces hostiles de ce monde. Il se suicide en 1954 à l’âge de 31 ans.jeudi, mars 15 2007
La seule chose qui est insensée est d’accepter le possible
Par marginales le jeudi, mars 15 2007, 17:01
mardi, décembre 19 2006
La seule chose qui vaille la peine d’être sauvée est la vie à tout prix
Par marginales le mardi, décembre 19 2006, 20:03
Un court texte inédit de l'écrivain suédois Stig Dagerman à qui la revue Marginales consacre son prochain numéro (parution mars 2007). Ce texte écrit en réponse à une enquète auprès des rédacteurs du journal anarcho-syndicaliste Arbetaren fut publié par ce même journal le 30 décembre 1950.
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