Marginales

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vendredi, février 29 2008

Folie électorale par Howard Zinn

Cet article de l'historien américain Howard Zinn* a été publié le jeudi 28 février dans le journal italien Il Manifesto. Il nous a été transmis et traduit depuis l'italien par Marie-Ange Patrizio.

Howard Zinn s'interroge sur la part envahissante que les élections prennent dans nos vies au détriment de l'action et de l'organisation : « notre temps, notre énergie, nous devrions les employer à instruire, mobiliser, organiser nos concitoyens sur leur poste de travail, dans notre quartier, dans les écoles. Notre objectif devrait être de construire, laborieusement, patiemment mais énergiquement, un mouvement qui puisse secouer qui que ce soit à la Maison Blanche, et au Congrès, en imposant un changement de politique nationale sur les questions de la guerre et de la justice sociale. »... Il revient sur plusieurs points d'histoire où les choix politiques ont été infléchis par la rue, et suggère de ne consacrer au vote pas plus des deux minutes nécessaires à mettre le bulletin dans l'urne.

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mardi, mai 1 2007

Nécessité d'une littérature prolétarienne (3)

Tous les jours pareils. J’arrive au boulot et ça me tombe dessus, comme une vague de désespoir, comme un suicide, comme une petite mort, comme la brûlure de la balle sur la tempe. Un travail trop connu, une salle de contrôle écrasée sous les néons – et des collègues que, certains jours, on n’a pas envie de retrouver. On fait avec, mais on ne s’habitue pas. On en arrive même à souhaiter que la boîte ferme. Oui, qu’elle délocalise, qu’elle restructure, qu’elle augmente sa productivité, qu’elle baisse ses coûts fixes. Arrêter, quoi. Qu’il n’y ait plus ce travail, qu’on soit libres. Libres, mais avec d’autres soucis.

Jean-Pierre Levaray, Putain d'usine (2001).

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vendredi, décembre 8 2006

Nécessité d’une littérature prolétarienne (2)

Le rôle de la littérature prolétarienne n’est pas de définir des programmes mais bien de révéler dans toutes son ampleur la misère que recèle la vie.

« Tout n’est quand même pas aussi moche que tu le dis » : telle fut la réaction spontanée d’un camarade de travail à la lecture de La Main d’un homme mort. Peut-être a-t-il raison. Mais, pour l’instant, on se cache derrière un romantisme mensonger ou bien on espère pouvoir changer de classe grâce à un miracle quelconque.

Mais une fois qu’on a fini de lire le livre des rêves, il ne reste plus que la réalité, une réalité crue, sans voiles, qui, un jour, nous mènera peut-être au but : la dignité humaine.

Folke Fridell (1904-1985), Les travailleurs et la littérature prolétarienne (1947).

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mercredi, novembre 22 2006

Nécessité d'une littérature prolétarienne (1)

Derrière la cloture d’un affreux petit parc fleurissait par un printemps glacial, un buisson d’aubépines. Un matin de bonne heure un petit prolétaire en haillon, la morve au nez, vint à se trouver devant lui. Il resta longtemps à contempler d’un œil haineux ces petits rameaux et finit par les empoigner vigoureusement, le cœur plein de rage et d’envie : « Tu fleuris, salaud ? » Si quelqu’un pouvait ouvrir les yeux de ce garçon à la beauté de ce buisson en fleurs et aux innombrables valeurs qui sont cachés derrière cette beauté – ce serait un écrivain prolétarien.

Martin Koch (1882-1940), Art poétique prolétarien (1929) in L'Écrivain et la Société, Philippe Bouquet (dir), Plein chant (1988)

http://www.lekti-ecriture.com/contrefeux/Le-roman-proletarien-suedois.html

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