Marginales

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vendredi, juin 19 2009

Contribution à une critique prolétarienne de l’éducation (2)

La suite du texte introductif de Philippe Geneste à son dernier ouvrage paru chez Acratie[1].

Notes

[1] Philippe Geneste Le Travail de l’école : contribution à une critique prolétarienne de l’éducation, éditions Acratie, 15 euros, 180 pages (en vente en librairie ou chez l’éditeur Acratie, L’Essart, 86310 La Bussière).

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Contribution à une critique prolétarienne de l’éducation (1)

Dans le texte qui suit Philippe Geneste présente un point de vue prolétaire sur la question éducative. Il rappelle que ce point de vue a un objectif : « construire un projet éducatif autonome du prolétariat », une histoire (celle du mouvement ouvrier) et qu'il passe nécessairement par une critique de l'école et des pratiques en cours.

L'importance du texte de Philippe Geneste, en ouverture de l'ouvrage qui vient de paraître aux éditions Acratie[1], est de montrer que les projets éducatifs actuels masquent (mal) derrière la division en filières (générale, technologique et professionnelle) un projet de reproduction sociale qui entend bien donner à chaque classe la formation « professionnelle » correspondante à sa fonction dans la société.

L'énonciation de cette vérité (simple analyse de classe de la situation) étonne et détonne face aux nombreuses analyses de l'école et de son fonctionnement qui ne s'attardent sur la complexité des processus éducatifs que pour mieux masquer l'usage social de contrôle et de reproduction à l'école par le pouvoir. La machine éducative qui pourrait servir à l'émancipation est bien le principal outil d'asservissement du peuple. « Il faut se rendre à l'évidence : les filières générale, technologique et professionnelle sont trois filières professionnelles et c'est pour cela qu'elles forment l'architecture du système éducatif. »

Notes

[1] Philippe Geneste Le Travail de l’école : contribution à une critique prolétarienne de l’éducation, éditions Acratie, 15 euros, 180 pages (en vente en librairie ou chez l’éditeur Acratie, L’Essart, 86310 La Bussière).

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mardi, décembre 9 2008

Les paradoxes de Jean-Marie Gustave Le Clezio

Faut-il désespérer des moyens de communications actuels et se résigner à ce que nos mots ne soient jamais entendus ? Faut-il désespérer de ce que peut la littérature ou comme le souligne Philippe Geneste remarquer que l'actualité d'un écrivain comme Stig Dagerman à qui JMG Le Clézio emprunte le titre de son discours doit tout autant à son style qu'à son engagement pour un système politique jamais nommé et jamais essayé - l'anarchie - qui prône la démocratie et l'action directe et peut se résumer dans la phase suivante : “Je suis anarchiste : c’est que je n’aime ni recevoir, ni donner des ordres.”

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vendredi, février 29 2008

Folie électorale par Howard Zinn

Cet article de l'historien américain Howard Zinn* a été publié le jeudi 28 février dans le journal italien Il Manifesto. Il nous a été transmis et traduit depuis l'italien par Marie-Ange Patrizio.

Howard Zinn s'interroge sur la part envahissante que les élections prennent dans nos vies au détriment de l'action et de l'organisation : « notre temps, notre énergie, nous devrions les employer à instruire, mobiliser, organiser nos concitoyens sur leur poste de travail, dans notre quartier, dans les écoles. Notre objectif devrait être de construire, laborieusement, patiemment mais énergiquement, un mouvement qui puisse secouer qui que ce soit à la Maison Blanche, et au Congrès, en imposant un changement de politique nationale sur les questions de la guerre et de la justice sociale. »... Il revient sur plusieurs points d'histoire où les choix politiques ont été infléchis par la rue, et suggère de ne consacrer au vote pas plus des deux minutes nécessaires à mettre le bulletin dans l'urne.

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mardi, mai 1 2007

Nécessité d'une littérature prolétarienne (3)

Tous les jours pareils. J’arrive au boulot et ça me tombe dessus, comme une vague de désespoir, comme un suicide, comme une petite mort, comme la brûlure de la balle sur la tempe. Un travail trop connu, une salle de contrôle écrasée sous les néons – et des collègues que, certains jours, on n’a pas envie de retrouver. On fait avec, mais on ne s’habitue pas. On en arrive même à souhaiter que la boîte ferme. Oui, qu’elle délocalise, qu’elle restructure, qu’elle augmente sa productivité, qu’elle baisse ses coûts fixes. Arrêter, quoi. Qu’il n’y ait plus ce travail, qu’on soit libres. Libres, mais avec d’autres soucis.

Jean-Pierre Levaray, Putain d'usine (2001).

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vendredi, décembre 8 2006

Nécessité d’une littérature prolétarienne (2)

Le rôle de la littérature prolétarienne n’est pas de définir des programmes mais bien de révéler dans toutes son ampleur la misère que recèle la vie.

« Tout n’est quand même pas aussi moche que tu le dis » : telle fut la réaction spontanée d’un camarade de travail à la lecture de La Main d’un homme mort. Peut-être a-t-il raison. Mais, pour l’instant, on se cache derrière un romantisme mensonger ou bien on espère pouvoir changer de classe grâce à un miracle quelconque.

Mais une fois qu’on a fini de lire le livre des rêves, il ne reste plus que la réalité, une réalité crue, sans voiles, qui, un jour, nous mènera peut-être au but : la dignité humaine.

Folke Fridell (1904-1985), Les travailleurs et la littérature prolétarienne (1947).

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mercredi, novembre 22 2006

Nécessité d'une littérature prolétarienne (1)

Derrière la cloture d’un affreux petit parc fleurissait par un printemps glacial, un buisson d’aubépines. Un matin de bonne heure un petit prolétaire en haillon, la morve au nez, vint à se trouver devant lui. Il resta longtemps à contempler d’un œil haineux ces petits rameaux et finit par les empoigner vigoureusement, le cœur plein de rage et d’envie : « Tu fleuris, salaud ? » Si quelqu’un pouvait ouvrir les yeux de ce garçon à la beauté de ce buisson en fleurs et aux innombrables valeurs qui sont cachés derrière cette beauté – ce serait un écrivain prolétarien.

Martin Koch (1882-1940), Art poétique prolétarien (1929) in L'Écrivain et la Société, Philippe Bouquet (dir), Plein chant (1988)

http://www.lekti-ecriture.com/contrefeux/Le-roman-proletarien-suedois.html

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