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  <title>Le bloc-notes de Gil Jouanard</title>
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  <title>Quiconque a vu les ruines de Ninive, de Babylone et d’Ur...</title>
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  <dc:date>2006-07-18T11:23:54+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Gil Jouanard</dc:creator>
  <dc:subject>Images du monde</dc:subject>
  <description>Quiconque a vu les ruines de Ninive, de Babylone et d’Ur sait que l’émergence de l’esprit en système de survie et en devoir d’excellence aura permis de comprendre que la vie, tributaire de conditions dérisoires ou lamentables, n’est guère estimable, et que ce fut la grandeur des hommes...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Quiconque a vu les ruines de Ninive, de Babylone et d’Ur sait que l’émergence de l’esprit en système de survie et en devoir d’excellence aura permis de comprendre que la vie, tributaire de conditions dérisoires ou lamentables, n’est guère estimable, et que ce fut la grandeur des hommes du désert de sortir de cette fatalité qui les environnait et les sertissait comme un carcan plutôt qu’à la façon d’un écrin, pour se délivrer du monde par la grandeur pathétique de ses créations.</p>


<p>Que cet héroïsme ait pu dériver sous la forme de monothéismes castrateurs et porteurs d’inhibition, c’est certes lamentable, nul esprit sain n’en disconviendra&nbsp;; mais il faut comprendre que ces gens, issus de la pénurie, cherchèrent désespérément à promouvoir une hypothèse rédemptrice, salvatrice, compensatrice, un placebo autorisant l’illusion d’un espoir. Ne leur en voulons par conséquent pas trop de ce qu’ils aient pu ainsi dévoyer l’existence et abâtardi la vie. Ils ont fait ce qu’ils ont pu. Leur premier mouvement s’était accompli en direction de la grandeur&nbsp;; ils avaient inventé l’écriture, la poésie, le mythe, et une architecture pour héberger tout cela. Ils ont failli par opportunisme, par lâcheté, par hypocrisie, par faiblesse&nbsp;: un roi, un chef, un responsable (l’un absolu, l’autre relatif), cela les rassurait. Alors, ils trahirent l’intuition initiale, celle qui, surgie du fond des grottes du Magdalénien, avait trouvé son apothéose dans l’Eden mésopotamien.</p>


<p>Nous qui venons si longtemps après cinq mille ans de dégradations successives, il ne nous reste que nos yeux pour pleurer et nos mots pour nous plaindre.</p>


<p>Mais, bien sûr, on peut toujours choisir de se rapatrier. Mon hésitation n’a d’autre cause que celle de la reconnaissance du lieu géométrique idéal&nbsp;: Grotte Chauvet, bords de l’Euphrate ou berges du Tigre&nbsp;? Cela demande réflexion. Il me reste quelques années, inch’Allah, pour me décider.</p>


<p>Paris, ce 25 novembre 2005.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.lekti-ecriture.com/blogs/jouanard/index.php/2006/07/06/12-certes-l-affaire-est-entendue">
  <title>Certes, l'affaire est entendue...</title>
  <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/jouanard/index.php/2006/07/06/12-certes-l-affaire-est-entendue</link>
  <dc:date>2006-07-06T14:59:34+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Gil Jouanard</dc:creator>
  <dc:subject>La littérature</dc:subject>
  <description>Certes, l’affaire est entendue, il n’y a de poésie que dans les poèmes, et la poésie est l’affaire exclusive de la littérature. Pas plus qu’on ne saurait pertinemment parler de sentiment ou de sensation poétique, ont ne saurait dire que la poésie est partout. La poésie est le...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Certes, l’affaire est entendue, il n’y a de poésie que dans les poèmes, et la poésie est l’affaire exclusive de la littérature. Pas plus qu’on ne saurait pertinemment parler de sentiment ou de sensation poétique, ont ne saurait dire que la poésie est partout. La poésie est le résultat textuel d’une volonté de création artificielle, au moyen de l’écriture, d’une atmosphère allusive, évocatrice, d’une ambiance propice à l’advenue toute mentale d’une sorte de rêverie éveillée. Elle, cette poésie, n’est donc pas la rêverie elle-même, mais ce qui la suscite (disons plutôt l’une de ses causes éventuelles ou virtuelles, la musique et la peinture ayant le pouvoir de produire le même effet, tout comme l’image photographique ou cinématographique).</p>


<p>Justement je fais partie de la première (peut-être la deuxième en fait) génération d’êtres humains dont le réservoir à images poétiques s’est vu principalement alimenté par cette catégorie d’images <em>à la fois réelles et, sinon transfigurées du moins sélectionnées</em>, dont ont été prodigue les Doisneau, Jacques, Ronis, ainsi que les Carné, Renoir, Vigo, Clair, Murnau, Misogushi.</p>


<p>La palette de mon imaginaire, si elle tourne autour de <em>La Vie antérieure</em> et de l’<em>Invitation au voyage</em>, comporte de larges plages de sensations suggestives, où chacun reconnaîtra ces rues  de banlieues, dont les pavés luisent de la récente que vient exalter la caresse tamisée d’un lampadaire&nbsp;; il y reconnaîtra aussi les roseaux paludéens, enrobés de cette brume lunaire (et lunatique) qu’on voit dans les <em>Contes de la Lune vague après la pluie</em> ou dans <em>L’Aurore</em> (mais aussi dans le petit matin de <em>L’Atalante</em> et dans le soir angoissant de <em>Quai des Brumes</em>).</p>


<p>Ainsi mon répertoire poétique, à l’égal de celui de mes contemporains, est-il nourri de ces <em>clichés</em> (qui en sont par conséquent doublement&nbsp;; ce qui ne les rend pourtant ni galvaudés ni désuets).</p>


<p>La poésie est exclusivement dans les mots du texte poétique&nbsp;; mais sa stimulation, l’acte poétique, qui est un acte d’écriture délibérément artistique, la prend où il la trouve&nbsp;; et ce serait mensonge ou hypocrisie de nier le fait que nos images <em>pré-poétiques</em> (en quelque sorte la matière première dont est nourri l’objet littéraire de complexion poétique) puisent aujourd’hui abondamment dans le réservoir à <em>clichés</em> dont nous a généreusement dotés l’iconographie fixe et mobile produite par les objectifs d’une poignée de photographes et de cinéastes des années 20, 30 et quarante du vingtième siècle.</p>



<p>Rue des Cordelières, ce vendredi 25 novembre.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.lekti-ecriture.com/blogs/jouanard/index.php/2006/07/06/11-malentendu-semantique">
  <title>Malentendu sémantique</title>
  <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/jouanard/index.php/2006/07/06/11-malentendu-semantique</link>
  <dc:date>2006-07-06T14:27:26+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Gil Jouanard</dc:creator>
  <dc:subject>Elitisme et démocratie</dc:subject>
  <description>Le malentendu sémantique à l’origine de la façon péjorative dont on use du terme « élitisme » ou de celui d’« élitiste » tient au fait que l’on a détourné le  mot « élite » de son sens premier qui désigne la catégorie, littéralement asociale, des meilleurs pour...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Le malentendu sémantique à l’origine de la façon péjorative dont on use du terme «&nbsp;élitisme » ou de celui d’«&nbsp;élitiste » tient au fait que l’on a détourné le  mot «&nbsp;élite » de son sens premier qui désigne la catégorie, littéralement asociale, des meilleurs pour l’appliquer à ceux qui, socialement parlant, sont les plus riches et les plus favorisés&nbsp;!</p>


<p>Or, l’élite des peintres, des poètes, des danseurs, des musiciens, des architectes, des philosophes, des sportifs, des menuisiers, des boulangers, des bergers, ce ne sont bien évidemment pas les plus favorisés par la naissance ou les mieux fournis en ressources financières&nbsp;: ce sont ceux qui, dans leur art, leur métier ou leur pratique, sont parvenus au plus haut degré d’excellence.</p>


<p>Le principe de l’élitisme est donc celui qui permet de discerner ces «&nbsp;meilleurs » dans chaque discipline ou catégorie et de les désigner comme exemples qualitatifs à imiter, comme idéal à atteindre. Faire partie de l’élite, c’est accéder au plus haut degré de maîtrise dans sa matière ou sa «&nbsp;partie » de prédilection ou dans l’exercice de son activité professionnelle (qu’elle soit ou non lucrative).</p>


<p>Ainsi, le sommet de l’élite est-il atteint, en poésie, par Baudelaire, qui ne roula jamais sur l’or ni n’exerça jamais le moindre pouvoir&nbsp;; Van Gogh fut un peintre d’élite dont la pauvreté voisina l’état de miséreux. Comble de détachement matériel, adepte maniaque du dénuement total, Diogène se situe en haut de l’élite des philosophes.</p>


<p>Tout démocrate ne peut que mobiliser son énergie en vue de l’accession du plus grand nombre possible, et idéalement de tous, au rang de l’élite. L’école de la République aurait dû avoir cet objectif généreux et digne en point de mire permanent, et ne jamais céder à la tentation démagogique de la facilité qui incite à laisser chacun mariner dans son bain originel et à s’y développer à la seule mesure de ses médiocres ambitions. Qui connaît la mesure de ses ambitions personnelles, quand il ne sait que peu de choses sur ce qu’il est, sur ce qu’est l’homme en général, sur ce que comporte d’aptitudes la condition humaine, sur ce que permet la libre disposition de nos facultés et de nos aspirations, celle de nos désirs avoués ou secrets&nbsp;?</p>


<p>L’idée même qu’il pourrait y avoir une «&nbsp;culture de masse » ou une «&nbsp;culture populaire », pour public de catégorie sociale inférieure, et une «&nbsp;culture élitiste » pour nantis est une aberration pernicieuse, un signe de mépris adressé aux défavorisés&nbsp;; pis encore&nbsp;: un crime contre l’humanité.</p>

<pre></pre>

<p>L’esprit libre, surtout s’il a dû se battre contre la prétendue «&nbsp;fatalité sociale » pour gagner sa liberté, a le devoir de s’insurger haut et clair contre le diktat, de surcroît hypocritement moralisateur, de la bien-pensance, qui voudrait maintenir artificiellement cette ségrégation vicieuse, complice d’un état de fait circonstanciel et non inéluctable dont résulte la «&nbsp;classification » des «&nbsp;catégories » socioprofessionnelles et leur corollaire socioéconomique, donc leur incidence financière.</p>



<p><em>Agadir, ce 16 novembre 2005.</em></p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.lekti-ecriture.com/blogs/jouanard/index.php/2006/05/04/8-de-l-autocratisme-en-regime-democratique">
  <title>De l'autocratisme en régime démocratique</title>
  <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/jouanard/index.php/2006/05/04/8-de-l-autocratisme-en-regime-democratique</link>
  <dc:date>2006-05-04T14:56:07+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Gil Jouanard</dc:creator>
  <dc:subject>La littérature</dc:subject>
  <description>Ecrit trop tard pour être inclus dans le corps du livre, ce texte, qui devait le conclure, avait pour vocation d'en "cadrer" le motif déclencheur (qui était l'éradication d'un lieu dédié à la création littéraire et à ses rebondissements — qui vont, en chaîne, jusqu'au lecteur — par un " fait du prince " anachronique, dont la classe politique se soucia mollement, mais qui souleva l'indignation, et même l'écoeurement de milliers d'esprits parmi les plus libres et les plus fertiles de ce temps ).</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Ecrit trop tard pour être inclus dans le corps du livre, ce texte, qui devait le conclure, avait pour vocation d'en "cadrer" le motif déclencheur (qui était l'éradication d'un lieu dédié à la création littéraire et à ses rebondissements — qui vont, en chaîne, jusqu'au lecteur — par un " fait du prince " anachronique, dont la classe politique se soucia mollement, mais qui souleva l'indignation, et même l'écoeurement de milliers d'esprits parmi les plus libres et les plus fertiles de ce temps ).</p> <p>Les principes qui sous-tendent et animent les réflexions dont ce livre est constitué, trente années d'action culturelle militante et passionnée les ont mis en oeuvre avec constance et obstination (mais aussi professionnalisme), dans des circonstances parfois difficiles ou complexes, bien souvent contre le courant dominant des préjugés et des idées toutes faites souvent dictés par le vice sournois qui taraude et pervertit de façon insidieuse l'idée même de démocratie, en la faisant basculer dans le syndrome de la démagogie, dont les avatars, toujours totalitaristes, comportent un relent de populisme (ici ouvriériste, là fascisant; mais c'est à peu près le même). En la circonstance, l'abus était teinté de cette espèce de mépris dont la paranoïa se nourrit au point de s'en gaver. Le parfum délicat de bassesse vulgaire, qui l'accompagnait, en était l"émanation toute naturelle, et bien habituelle dans ce genre de cas qu'on dira volontiers clinique (à ceci près qu'il implique beaucoup plus qu'une personne seule, et qu'il sait pouvoir draîner l'adhésion de médiocres, d'opportunistes et d'intrigants, dont beaucoup sont aussi des jaloux haineux).</p>


<p>La question des personnes importe peu&nbsp;: en disant qu'elles sont "n'importe qui", on désigne l'aspect dramatiquement dérisoire de la situation, qui veut que ce soient des clowns sans charisme ni avenir qui tiennent le rôle du fou combiné à celui du Père fouettard  (à ceci près que l'inadvertance, et le laxisme opportuniste des institutions, les autorisent à sévir ainsi que bon leur semble, avec la complicité des uns et la lâcheté des autres). Sortez donc de votre tête le nom de tel potentat clochemerlesque&nbsp;: son cas n'est que broutille dans le marécage des petites turpitudes locales, cantonnales, départementales, régionales, nationales, internationales&nbsp;: ce n'est pas d'hier que la médiocrité prétencieuse gouverne ici ou là, incidemment, avec l'aval du consensus. La seule Histoire de France croule sous le poids de ces inepties grotesques et tragiques, qui durent chaque fois ce qu'elles durent, mais toujours un jour de trop</p>


<p>Bref, on l'aura compris&nbsp;: ceci est l'anthologie de quelques réflexions libertaires à propos d'un phénomène si crucial que l'avenir de notre espèce (du moins telle que nous la connaissons depuis le Magdalénien) en dépend probablement&nbsp;: celui qu'on désigne improprement sous le terme de culture, et dont l'écriture "de création" et son "support", le livre sont à la fois la partie la moins "spectaculaire" et de loin la plus décisive car elle est ce qui reste des questions, des inquiétudes, des intuitions, des désirs qui nous hantent et nous animent.</p>


<p>Pour conclure provisoirement ce constat plus offensif que désabusé, qui  veut être une incitation à résister à l'avilissement, à la vulgarité, à la bassesse, à la stupidité, je dirai que, les principes de la démocratie, je continue d'aller les chercher dans les écrits de Montesquieu, de Voltaire, de Rousseau, dans ceux des taoïstes et ceux des présocratiques aussi, mais sûrement pas dans le comportement d'autoproclamés "révolutionnaires" tels que les assez répugnants Marat,  Staline, Mao tse dong, Ceaucescu, Hodja, sans parler de ce cambodgien et de ce Coréen du nord dont les noms m'échappent passagèrement, qui sont tous les sosies de ces autres monstres, également issus du suffrage universel, qui avaient pour noms Hitler ou Mussolini.</p>


<p>Les pages qui constituent ce livre sont libertaires, idéologiques mais apolitiques, éthiques mais non moralisatrices, altruistes mais sans la moindre velléité de complaisance à la démagogie, à l'opportunisme ou au consensus.</p>


<p>C'est l'autobiographie d'un combat (qui continue, ainsi qu'on le clamait inconsidérément, en 1968...)</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.lekti-ecriture.com/blogs/jouanard/index.php/2006/05/04/7-la-litterature-peut-elle-etre-encore-ce-qu-elle-etait">
  <title>La littérature peut-elle être encore ce qu'elle était ?</title>
  <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/jouanard/index.php/2006/05/04/7-la-litterature-peut-elle-etre-encore-ce-qu-elle-etait</link>
  <dc:date>2006-05-04T10:38:45+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Gil Jouanard</dc:creator>
  <dc:subject>La littérature</dc:subject>
  <description>Le livre lui-même, en tant qu'objet de conservation et de transmission, est pour l'instant irremplaçable du fait de sa maniabilité, mais aussi de sa charge sensorielle intense et de la facilité de manipulation comme de transport qu'il offre à son usager, lequel peut l'amener avec lui en rase...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Le livre lui-même, en tant qu'objet de conservation et de transmission, est pour l'instant irremplaçable du fait de sa maniabilité, mais aussi de sa charge sensorielle intense et de la facilité de manipulation comme de transport qu'il offre à son usager, lequel peut l'amener avec lui en rase campagne, aussi bien que passer instantanément, par simple feuilletage, de la page cent à la page douze, par simple remords de curiosité.</p>


<p>Et enfin, la littérature (quels que soient son support et son vecteur), si elle constitue un mode de distraction, d'évasion, mais aussi d'instruction et d'information hors pair, dispose également d'une fonction que nul autre art ne sait prendre en charge, car il est l'apanage ou la spécialité du seul langage des mots. Cette fonction, plutôt que de la désigner, car elle n'est pas aisément nommable (et de ce fait réductible), on la fera reconnaître instantanément à tout lecteur averti, on donnant les noms de quelques-uns de ses praticiens les plus experts&nbsp;: Montaigne, Chateaubriand, Baudelaire, Proust, Reverdy, Michaux, Ponge, Follain...</p>


<p>Ce qu'écrivirent ces héros de la langue, la littérature seule peut l'exprimer. Car il ne s'agit plus d'y conter, raconter, narrer, inventer, imaginer, mais de creuser, creuser, creuser, avec probablement l'espoir inconscient de rejoindre l'autre hémisphère, l'antipode absolu du sens connu, et d'accéder ainsi à cet hypothétique plus de lumière que Goethe réclama en fermant aussitôt et pour toujours les yeux.</p>


<p>Ce qui justifierait peut-être que la littérature disparaisse, ce serait que nous devinssions tous, et chacun, Hercule et Lao tseu, Tarzan et François d'Assise. Nous ne sommes pas à la veille d'un tel avènement.</p>


<p><strong>Tout écrivain est par nature bilingue</strong>
Plus un texte rapproche ses lecteurs d'un sens unique, moins il assume sa fonction littéraire, qui est d'abord poétique et de ce fait à la fois contestataire et transcendante. Car, à l'inverse de la langue de communication, les langues littéraires ont toujours plus à dire que ne disent les mots, qu'elles ont pour fonction de faire déborder hors du récipient lexical, grammatical et culturel.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.lekti-ecriture.com/blogs/jouanard/index.php/2006/05/04/6-l-avenir-du-livre">
  <title>L'avenir du livre</title>
  <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/jouanard/index.php/2006/05/04/6-l-avenir-du-livre</link>
  <dc:date>2006-05-04T10:32:24+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Gil Jouanard</dc:creator>
  <dc:subject>Le livre</dc:subject>
  <description>À l'heure où le livre cesse progressivement d'assumer sa mission de support et de vecteur principal, sinon exclusif, spécialisé dans la conservation et la circulation d'informations de tout ordre, pour devenir un objet de luxe intellectuel, spirituel et artistique, parler de " politique du livre...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>À l'heure où le livre cesse progressivement d'assumer sa mission de support et de vecteur principal, sinon exclusif, spécialisé dans la conservation et la circulation d'informations de tout ordre, pour devenir un objet de luxe intellectuel, spirituel et artistique, parler de " politique du livre ", c¹est accepter en préalable d¹émarger au registre des archaïques excentricités.</p>


<p>C'est du moins ce que quelques esprits en pointe de l'actualité commerciale et culturelle nous font savoir&nbsp;; non par pure provocation, mais au vu de ce que chacun peut constater du point de vue des " pratiques culturelles dominantes ". L'espace du livre, en effet, se réduit de jour en jour et de façon apparemment inéluctable.</p>


<p>Ce constat s'accompagne, pour peu que l'on dispose d¹un tempérament observateur et d¹un caractère trempé, d¹un correctif substantiel et peu contestable, dont la formulation pourrait être la suivante&nbsp;: inéluctablement, le livre réduit de jour en jour le champ de son intervention au seul domaine de l'essentiel, qui ne concerne ni la communication ni l'information, ni le divertissement ni la pédagogie.</p>


<p>On peut même aller jusqu'à prétendre que le livre constitue le témoignage le plus actuel et le plus pathétiquement appétissant de l'indélébile contemporanéité de cette intuition qui s'empara de l'esprit de nos proches parents qui, au Magdalénien, barbouillèrent les grottes de la Vézère, de l'Ardèche et de bien d'autres lieux, de ces signes de reconnaissance qu'ils furent les premiers à adresser ostensiblement à l'énigme universelle.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.lekti-ecriture.com/blogs/jouanard/index.php/2006/05/04/5-la-france-n-a-plus-d-ecrivains">
  <title>La France n'a plus d'écrivains</title>
  <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/jouanard/index.php/2006/05/04/5-la-france-n-a-plus-d-ecrivains</link>
  <dc:date>2006-05-04T10:28:26+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Gil Jouanard</dc:creator>
  <dc:subject>La littérature</dc:subject>
  <description>Nous n'avons plus de ci-devant " grands écrivains " parce que nous avons cessé d'avoir de " grandes illusions ". Nos écrivains se sont rapprochés de nous, je veux dire du centre, ou du lieu géométrique, de chacun de nous, et se tiennent désormais à l'écart du tout venant social, politique,...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Nous n'avons plus de ci-devant " grands écrivains " parce que nous avons cessé d'avoir de " grandes illusions ". Nos écrivains se sont rapprochés de nous, je veux dire du centre, ou du lieu géométrique, de chacun de nous, et se tiennent désormais à l'écart du tout venant social, politique, économique, conjoncturel. Ils sont par conséquent moins " grands " que " profonds ", perspicaces et fortement engagés dans un combat de soi avec et contre soi-même, auquel l'environnement versatile et instable n'a guère de part.</p>


<p>La France ne manque donc pas de grands écrivains. Tout au plus manque-t-elle d¹une conscience collective, d'une lucidité ambiante, d¹une attention aussi large que dense, que lui offrirait un lectorat élargi, davantage éclairé, plus exigeant, plus perspicace, et d'un appareil de divulgation qui fût à la mesure de ce vœu pieux et susceptible d¹en stimuler les effets et d'en accomplir la vocation, toute inscrite dans cette langue des profondeurs, moins faite pour le lyrisme ou pour la proclamation que pour l'introspection et pour l¹aventure fondamentale (terme à prendre dans le sens ou l'on parle de " recherche fondamentale ").</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.lekti-ecriture.com/blogs/jouanard/index.php/2006/05/04/4-de-l-elitisme-comme-principe-democratique">
  <title>De l'élitisme comme principe démocratique</title>
  <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/jouanard/index.php/2006/05/04/4-de-l-elitisme-comme-principe-democratique</link>
  <dc:date>2006-05-04T10:20:52+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Gil Jouanard</dc:creator>
  <dc:subject>Elitisme et démocratie</dc:subject>
  <description>Vu ainsi, l'élitisme est le principe moteur de toute visée démocratique, si on en fait non pas le dépositaire de privilèges héréditaires ou pécuniaires, mais la voie royale (c'est-à-dire libératrice, émancipatrice) vers l'autonomie de pensée, de propos, de désirs, de refus, vers la...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Vu ainsi, l'élitisme est le principe moteur de toute visée démocratique, si on en fait non pas le dépositaire de privilèges héréditaires ou pécuniaires, mais la voie royale (c'est-à-dire libératrice, émancipatrice) vers l'autonomie de pensée, de propos, de désirs, de refus, vers la libération de ces sourds quartiers de noblesse spirituelle, affective et intellectuelle qui dorment, dès sa naissance, en chacun.</p>


<p>Depuis pas mal de temps, la tendance s'affirme à confondre démocratie et démagogie, et l'on bafoue sans vergogne l'intuition de ceux qui, au XVIII e siècle imaginèrent l'advenue d¹un monde dans lequel chacun serait invité à faire effort (puis prendrait plaisir, une fois franchi le cap de l'apprentissage) en vue d'accéder au meilleur, au plus haut degré, de ses virtualités, de ses aspirations méconnues, de ses facultés, de son identité particulière, individuelle, personnelle.</p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://www.lekti-ecriture.com/blogs/jouanard/index.php/2006/05/04/3-l-elitisme-pour-tous">
  <title>L'élitisme pour tous</title>
  <link>http://www.lekti-ecriture.com/blogs/jouanard/index.php/2006/05/04/3-l-elitisme-pour-tous</link>
  <dc:date>2006-05-04T10:16:19+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Gil Jouanard</dc:creator>
  <dc:subject>Elitisme et démocratie</dc:subject>
  <description>Les précurseurs de l'idée démocratique, au XVIIIe siècle avaient rêvé d'une République qui donnerait à tous, c¹est-à-dire à chacun, l'envie et les moyens d'accéder au plus haut étage de sa conscience. Aujourd'hui, nous en sommes là : parlez de cette exigence, la seule qui respecte...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Les précurseurs de l'idée démocratique, au XVIIIe siècle avaient rêvé d'une République qui donnerait à tous, c¹est-à-dire à chacun, l'envie et les moyens d'accéder au plus haut étage de sa conscience. Aujourd'hui, nous en sommes là&nbsp;: parlez de cette exigence, la seule qui respecte tous les individus, fussent-ils démunis et incultes, l'insulte suprême vous sera crachée au visage&nbsp;: " Elitiste&nbsp;! " . Eh bien oui, la culture, celle que préconisait Malraux, que Vilar avait mise en route, c'était celle d¹un élitisme démocratique. Ce rêve, l'idée de culture l'assumait tant bien que mal, avec son ambiguïté, ses approximations. La communication, la consommation et le laxisme démagogique l'auront tué. Je m'efforce de donner à entendre qu'il ne faut pas se laisser prendre aux discours dangereusement consensuels, souvent purement opportunistes, sur la culture, laquelle n'est jamais le produit de la facilité laxiste, mais toujours celui de l'effort désirant. "</p>]]></content:encoded>
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