De l'autocratisme en régime démocratique
Par Gil Jouanard, jeudi 4 mai 2006 à 14:56 :: La littérature :: #8 :: rss
Ecrit trop tard pour être inclus dans le corps du livre, ce texte, qui devait le conclure, avait pour vocation d'en "cadrer" le motif déclencheur (qui était l'éradication d'un lieu dédié à la création littéraire et à ses rebondissements — qui vont, en chaîne, jusqu'au lecteur — par un " fait du prince " anachronique, dont la classe politique se soucia mollement, mais qui souleva l'indignation, et même l'écoeurement de milliers d'esprits parmi les plus libres et les plus fertiles de ce temps ).
Les principes qui sous-tendent et animent les réflexions dont ce livre est constitué, trente années d'action culturelle militante et passionnée les ont mis en oeuvre avec constance et obstination (mais aussi professionnalisme), dans des circonstances parfois difficiles ou complexes, bien souvent contre le courant dominant des préjugés et des idées toutes faites souvent dictés par le vice sournois qui taraude et pervertit de façon insidieuse l'idée même de démocratie, en la faisant basculer dans le syndrome de la démagogie, dont les avatars, toujours totalitaristes, comportent un relent de populisme (ici ouvriériste, là fascisant; mais c'est à peu près le même). En la circonstance, l'abus était teinté de cette espèce de mépris dont la paranoïa se nourrit au point de s'en gaver. Le parfum délicat de bassesse vulgaire, qui l'accompagnait, en était l"émanation toute naturelle, et bien habituelle dans ce genre de cas qu'on dira volontiers clinique (à ceci près qu'il implique beaucoup plus qu'une personne seule, et qu'il sait pouvoir draîner l'adhésion de médiocres, d'opportunistes et d'intrigants, dont beaucoup sont aussi des jaloux haineux).
La question des personnes importe peu : en disant qu'elles sont "n'importe qui", on désigne l'aspect dramatiquement dérisoire de la situation, qui veut que ce soient des clowns sans charisme ni avenir qui tiennent le rôle du fou combiné à celui du Père fouettard (à ceci près que l'inadvertance, et le laxisme opportuniste des institutions, les autorisent à sévir ainsi que bon leur semble, avec la complicité des uns et la lâcheté des autres). Sortez donc de votre tête le nom de tel potentat clochemerlesque : son cas n'est que broutille dans le marécage des petites turpitudes locales, cantonnales, départementales, régionales, nationales, internationales : ce n'est pas d'hier que la médiocrité prétencieuse gouverne ici ou là, incidemment, avec l'aval du consensus. La seule Histoire de France croule sous le poids de ces inepties grotesques et tragiques, qui durent chaque fois ce qu'elles durent, mais toujours un jour de trop
Bref, on l'aura compris : ceci est l'anthologie de quelques réflexions libertaires à propos d'un phénomène si crucial que l'avenir de notre espèce (du moins telle que nous la connaissons depuis le Magdalénien) en dépend probablement : celui qu'on désigne improprement sous le terme de culture, et dont l'écriture "de création" et son "support", le livre sont à la fois la partie la moins "spectaculaire" et de loin la plus décisive car elle est ce qui reste des questions, des inquiétudes, des intuitions, des désirs qui nous hantent et nous animent.
Pour conclure provisoirement ce constat plus offensif que désabusé, qui veut être une incitation à résister à l'avilissement, à la vulgarité, à la bassesse, à la stupidité, je dirai que, les principes de la démocratie, je continue d'aller les chercher dans les écrits de Montesquieu, de Voltaire, de Rousseau, dans ceux des taoïstes et ceux des présocratiques aussi, mais sûrement pas dans le comportement d'autoproclamés "révolutionnaires" tels que les assez répugnants Marat, Staline, Mao tse dong, Ceaucescu, Hodja, sans parler de ce cambodgien et de ce Coréen du nord dont les noms m'échappent passagèrement, qui sont tous les sosies de ces autres monstres, également issus du suffrage universel, qui avaient pour noms Hitler ou Mussolini.
Les pages qui constituent ce livre sont libertaires, idéologiques mais apolitiques, éthiques mais non moralisatrices, altruistes mais sans la moindre velléité de complaisance à la démagogie, à l'opportunisme ou au consensus.
C'est l'autobiographie d'un combat (qui continue, ainsi qu'on le clamait inconsidérément, en 1968...)

Commentaires
1. Le vendredi 30 juin 2006 à 12:33, par la beste
2. Le lundi 3 juillet 2006 à 19:59, par Aristophane
3. Le mercredi 5 juillet 2006 à 09:25, par gil jouanard
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